II. — Physionomie générale
Le département de la Creuse est formé presque entièrement de terrains primitifs recouverts d'une mince couche de terre végétale. On y rencontre le granit pur, les porphyres, le schiste micacé, le quartz, le gneiss, etc. Les cantons d'Évaux et de Chambon sont de formation schisteuse. Les terrains de formation secondaire comprennent seulement les bassins houillère d'Ahun, de Lavaveix-les-Mines et les environs de Bourganeuf. Les dépôts tertiaires et alluvions modernes n'occupent qu'une étendue insignifiante du territoire de la Creuse. La constitution géologique de ce département donne la raison du peu de fertilité de son territoire. « La contrée, dit M. Elisée Reclus (Nouvelle Géographie universelle), qui se trouve presque en entier sur le versant de la Loire, n'offre guère qu'un sol ingrat, soit dans les montagnes, soit sur les pentes faiblement inclinées du plateau; des châtaigneraies, des landes, des jachères, de maigres champs de seigle y couvrent encore de vastes surfaces, et la culture soignée n'y a pu faire que de faibles progrès. »
L'inclinaison générale du sol est indiquée par le lit de la Creuse, qui court du sud-est vers le nord-ouest et quitte le territoire par 175 mètres d'at itude, point le plus bas du département. Cependant les badins du Taurion, de la Maulde et de la Gartcmpe, assez élevés vers le centre du département, sont inclinés vers l'ouest.
De la ligne de hauteurs qui passe par les communes de Saint-Agnant, Malleret, le Trucq, le Mas-d'Artige et Feniers, on aperçoit, vers le nord, quatre chaînes principales de mon-
lagnes disposées en éventail. La première, dirigée vers le nordpst, à travers les cantons de Crocq et d'Anzances, forme h ligne de partage des eaux entre le bassin de l'Allier et celui du Cher. La seconde chaîne, sur la rive droite de la Creuse, se dirige vers le nord en traversant les cantons de Bellegarde, Chénérailles, Jarnages et Boussac, d'où elle envoie à l'ouest une ramification embrassant le bassin de l'Indre. La troisième chaîne, partant de Gentioux, à l'ouest de la vallée de la Creuse, va vers le nord-ouest à travers les cantons de Felletin, de Saint-Sulpice-les-Champs, d'Ahun, de Guéret, deSaint-Vaury, du Grand-Bourg et de la Souterraine ; elle forme ligne de faîte entre le bassin de la Creuse, à droite, et les bassins du Taurion et de la Gartcmpe, à gauche. Ces deux derniers bassins sont séparés par une chaîne secondaire qui s'embranche, dans le canton d'Ahun, sur la chaîne principale, et traverse les cantons de Pontarion et de Bénévent. Enfin la quatrième chaîne, à l'ouest, sépare le bassin du Taurion de celui de la Vienne.
Au centre commun d'où se ramifient ces diverses chaînes s'en ral!achent deux autres. La première relie les montagnes de la Marche à celles de l'Auvergne et, traversant le canton de Crocq, sépare les eaux qui vont à la Dordogne de celles qui descendent vers l'Allier. La seconde court directement vers le Midi, entre les cantons de Gentioux et de la Courtine, sépare le bassin de la Vienne de celui de la Dordogne, puis va se relier au plateau de Millevache (Corrèze) et, au sud-ouest, aux montagnes du Limousin.
La plus élevée de ces diverses chaînes est celle qui entre dans la Creuse à 4 ou 5 kilomètres au sud-est de Crocq et forme ligne de faîte entre le bassin de la Loire et celui de la Dordogne. Entre les sources de la Tardes et celles du Chavanon, ces hauteurs varient entre 800 et 832 mètres d'altitude; mais, entre le Chavanon et laDiège, elles se maintiennent entre 800 et 900 mètres : Malleret est à 835 mètres, le Puy-Chevrol à 876 mètres, le Signal de la Fagitière, près du Trucq, à 895 mètres, la montagne du Mas d'Artiges à 895, et celle de