PHYSIONOMIE GÉNÉRALE
Feniers, qui domine la source de la Creuse, à 020 mètres. Quant au point culminant (951 mètres) de (out le département, il se dresse dans la forêt de Châteauvert, à 2 ou 3 kilomètres au sud est de Saint-Oradoux-de-Chirouze. L'arête culminante dont ces principaux sommets font partie est formée de plateaux, de collines arrondies dont la faible hauteur relative ne laisse pas soupçonner que l'on se trouve àprès.de 1000 mètres au-dessus du niveau de la mer. On n'aperçoit sur ces mornes plateaux que des ondulations stériles, des vallons dépouillés, des sommets déserts, de nombreux ruisseaux, quelques prairies, des terrains incultes couverts de bruyères, d'ajoncs, de genêts, de pins, peu de pentes boisées, si ce n'est celles que recouvrent les forêts de Châteauvert et de Magnat.
La chaîne qui traverse les cantons de Crocq et d'Àuzances atteint 799 mètres au Signal des Farges, et 792 à celui de Lascourt-Faucher. La ramification de cette chaîne, qui s'allonge entre le Cher et lu Tardes et dont le point le plus éle\é (721 mètres) est à Sermur, va se terminer, au nord d'Évaux, par des escarpements (451 mètres) dominant la Tardes.
La ligne de hauteurs entre la Creuse et la Tardes qui, dans les parties voisines de Crocq, a près de 600 mètres, n'en a plus que 300 à Fresselines, à l'embouchure de la Petite-Creuse. Elle se relève à Toulx-Sainte-Croix, où le Puy des Pierres- Jaumathres atteint 595 mètres, et deux autres sommets 626 et 655 mètres.
Les montagnes qui portent les vastes plateaux de Gentioux ctdeRoycre (750 à 850 mètres) ont pour points culminants, à l'est de Gentioux, le Signal de Groscher (906 mètres), le Puy de Coudreau (874 mètres), celui de la Brause (859 mètres); et, si ces hauteurs s'abaissent d'.une manière sensible dans la direction de Bourganeuf, elles ont encore 700 mètres au sud et à l'est de cette ville, et 727 mètres à Soubrebost.
La chaîne qui se détache du massif précédent près de Pigerolles, et qui accompagne à des distances variables le cours de la Creuse, a pour sommets les plus remarquables : le Puy d'Hyverneresse, au nord-est de Gioux (854 mètres); celui
qui se dresse au sud-est de Saiut-Michol-de-Veisse (684 mètres) ; la montagne de Peyrabout (687 mètres), près de la source de ia Gartempe ; le Puy Gaudy (651 mètres) ; le Maupuy (686 mètres); et, au delà de Guéret, la montagne des Trois-Comes (656 mètres), qui domine Saint- Vaulry. Enfin une dernière ramification de collines, qui s'unit à la chaîne précédente au sud des sources de la Gartempe, court directement vers l'ouest et sépare le bassin de cette rivière de celui duTaurion. Ces collines atteignent, au sud-ouest de la Chapelle-Taillefer, 678 mètres (le Taurion) , et, près de Saint- Goussaud, au Puy Monljuvis, 697 mètres.
Ces nombreuses chaînes de montagnes, qui s'appuient sur le massif méridional du département, s'abaissent graduellement vers le nord. Çà et là, elles s'aplatissent pour former de vastes plateaux peu fertiles. Séparées les unes des autres par des vallées parfois très profondes, par des vallons ou par des gorges, elles le sont très rarement par des plaines même de peu d'étendue. Les vallées les plus importantes ne s'élargissent jamais assez pour fournir aux agriculteurs de vastes étendues de terrain d'alluvion où ils puissent récolter en abondance des céréales et se livrer aux cultures qui font la fortune de la plupart des départements voisins-
La principale vallée du département est celle de la Creuse. Au-dessus d'Ahun, cette vallée n'est encore qu'une gorge étroite et pittoresque. Les escarpements granitiques qui l'encaissent s'ouvrent brusquement çà et là pour donner accès à de petits torrents qui coulent dans des vallons ravissants, ombragés et fertiles, contrastant avec l'aridité des hauteurs. Ces escarpements, qui d'abord ne dominent la vallée, que de 100 à 150 mètres, atteignent 300 à 400 mètres au-dessus de Felletin, et n'ont plus que 200 mètres dans les environs d'Aubusson ; mais, aux abords de cette ville, la vallée, dès qu'elle a atteint Lavaveix-les-Mines, s'élargit ou se rétrécit tour à tour, et la rivière, bien que peu abondante, y arrose de magnifiques prairies. La vallée du Taurion est étroite, rocheuse et profonde ; celle de la Gartempe est plus large et
plus fertile; la vallée de la Petite-Creuse, bordée comme celle de la Creuse de rocs granitiques, a un aspect sauvage et pittoresque; enfin la vallée de la Tardes est remarquable, surtout entre Chambon et le Cher, où sa rivière coule dans des gorges qui rivalisent avec les pkis belles de l'Auvergne. « Le pays est adorable, dit George Sand, en parlant de la vallée de la Tardes : on quitte de grands plateaux, d'un terrain maigre et humide, couvert de pelils arbres et de grands buissons, et l'on descend dans une gorge longue, sinueuse, qui, par endroits, s'élargit assez pour devenir vallée. Au fond de cette gorge qui se ramifie, coulent des rivières de vrai cristal, point navigables et plutôt torrents que rivières, quoiqu'elles ne fassent que filer vite en tourbillonnant un peu et sans menacer personne... C'est un pays d'herbes et de feuilles, un continuel berceau de verdure. »
Les eaux du département se partagent d'une manière fort inégale entre les bassins de la Loire et de la Dordogne : à ce dernier bassin n'appartiennent, en effet, que dix communes situées dans le sud-est du département.
Bassin de la Loire. — La Loire passe à une distance considérable du département de la Creuse, dont la séparent le département de l'Indre et la majeure partie de celui d'Indreet-Loire. Ce fleuve, dont le cours dépasse 1,000 kilomètres, dans un bassin de il, 050, 000 hectares, naît à environ 100 kilomètres à vol d'oiseau au nord de la Méditerranée, dans le département de l'Ardèche, au Gerbier-de-Joncs, cône trachitique haut de 1,562 mètres. La Loire coule d'abord au nord, comme si elle devait se perdre dans la mer du Nord; puis, de Digoin à Orléans, vers le nord-ouest, comme pour gagner la Manche dans le département du Calvados; enfin elle prend la direction de l'ouest et va se jeter dans l'Atlan-
tique à Saint-Nazaire, à 53 kilomètres en aval de Nantes. Elle longe ou traverse douze départements : i'Ardêche, la Haute- Loire, la Loire, Saône-et-Loire, l'Allier, la Nièvre, le Cher, le Loiret, Loir-et-Cher, Indre-et-Loire , Maine-et-Loire, la Loire-Inférieure; et baigne Roanne, Nevers, Orléans, Blois, Tours, Saumur, Nantes (elle passe aussi à peu de distance du Puy-en-Velay et des deux grandes villes de Saint-Étienne et d'Angers). La Loire, qui a pour principaux affluents l'Allier, le Cher, l'Indre, la Vienne et la Maine, est redoutable par des crues terribles, pendant lesquelles elleroule 10,000, 12,000et 15,000 mètres cubes d'eau par seconde; mais, en été, ses eaux, 1res basses, ne coulent plus que sur une faible partie de son large lit de sable, beaucoup trop vaste autrefois, avant qu'il eût été rétréci par l'établissement de levées ou digues. En temps d'étiage, elle ne débite guère que 30 à 40 mètres cubes par seconde entre Orléans et Tours, et 60 à 75 audessous du confluent de la Vienne. En aval du confluent de la Maine, le minimum est de 127 mètres cubes.
Les eaux du département descendent à la Loire par le Cher, l'Allier, l'Indre et la Vienne.
Le Cher, dont la vallée moyenne, vers Saint-Amand-Mont- Rond, est la plus centrale de la Fiance, est une rivière longue de 520 kilomètres. Il a sa source dans le département de la Creuse, au sein de montagnes de 700 à 800 mètres, au hameau du Cher, près de Mérinchal, canton de Crocq. 11 se dirige vers le nord-nord-est et baigne Char.l, passe à l'est d'Auzances, sépare la Creuse des départements du Puy-de- Dôme et de l'Allier sur un parcours d'environ 20 kilomètres, pendant lequel il arrose Chambouchnrd, puis entre définitivement dans l'Allier. Après avoir baigné Montluçon, le Cher pénètre dans le département auquel il a donné son nom et où il arrose Saint-Amand-Mont-Rond et Vierzon. Il sert ensuite de limite aux départements de l'Indre et de Loir-et-Cher; dans ce dernier département il reçoit la Sauldre, principale rivière de la Sologne. En Indre-et-Loire, il coule au pied du château historique de Chenonocaux arrose la banlieue de Tours et va
12 CUEUSK.
s'unir à la Loire (rive gauche) en face de Cinq-Mars, au Becdu-Cher, par 59 mètres d'altitude. Malgré sa longueur, malgré L'étendue de son bassin, le Cher roule peu d'eau, sut tout en amont du confluent de la Sauldre. Il e*t censé navigable à partir de Vierzon, mais il porte très peu de bateaux.
[Ceux de ses affluents qui appartiennent au département, en totalité ou en partie, sont : le ruisseau d'écoulement de F Étang Neuf (rive gauche), qui baigne Auzances ; — la Pampeluze (rive droite), qui sort d'un élang situé au sud de Verghéas (Puy-de-Dôme), baigne Charron, sert de limite au département sur un parcours d'environ 9 kilomètres et a son embouchure près du pont de la Gode; — et enfin la Tardes (62 kilomètres de cours ; rive droite), qui naît à 5 kilomètres de Basville, dans des montagnes de 750 à 852 mètres, canton deCrocq, passe près de Crocq, de Saint-Avit, et reçoit le Roudeau (rive droite), qui sort de trois étangs au sud-sud-ouest de Sermur. La Tardes, grossie du Roudeau, coule à 3 kilomètres à l'est de Bellegarde, serpente dans une vallée profonde, où elle fait mouvoir de nombreux moulins, baigne Tardes, Chambon, où elle reçoit la Méouse et la Vouise ou Vouegse (50 kilomètres de cours; rive gauche) qui vient de Juchefaux, se grossit, à Peyrat-la-Nonière, du ruisseau de Vétancj de Lepis (rive gauche) et de celui de l' étang de Pinaud (rive gauche), entre Saint-Julien-lc-Châtel et Gouzon; elle reçoit ensuite le ruisseau (rive gauche) qui vient de Gouwugnat, et, à Chambon, la Verneigette (rive gauche) et le ruisseau du grand étang de Landes (rive droite), et, après avoir coulé dans des gorges pittoresques, se perd dans la Tardes. La Tardes, accrue de la Vouise, reçoit enfin le Chaicit (rive droite) et serpente, au nord d'Evaux, dans de belles gorges qu'elle arrose jusqu'à son embouchure, qui s'ouvre sur la limite du département.]
L'Allier (il passe à une soixanUine de kilomètres à vol d'oiseau du département) est une rivière considérable, qui
est peut-cire plus abondante que la Loire quand elle la rejoint au lieu dit le Bec-d'Allicr, à 6 ou 7 kilomètres audessous de Nevers, par 172 mètres d'altilude. Né dans le département de la Lozère, à 1,423 mètres au-dessus de la mer, l'Allier a un cours d'environ 575 kilomètres. Il coule, sur une grande étendue de son parcours, au fond de gorges déchirées appartenant à la Lozère, à l'Ardèche, à la Haute- Loire. Après avoir passé près de Brioude, dans ce dernier département, puis non loin de Clermont-Ferrand et de Riom, dans le département du Puy-de-Dôme, l'Allier pénètre dans le département auquel il a donné son nom ; il y baigne Moulins, sépare ensuite le département du Cher de celui de la Nièvre et se perd dans la Loire.
[L'Allier recueille les eaux de la partie orientale du canton de Crocq, non pas directement, mais par la Saunade et le ruisseau de Condat, affluents de gauche du Sioulet, qui grossit la Sioulc, tributaire de l'Allier.
La Sioule est une abondante rivière, de 1 GO kilomètres de cours, qui appartient en entier aux départements du Puyde-Dôme et de l'Allier. Elle coule en général dans des gorges éttoites et pittoresques. Sortie du lac de Servièrc, elle baigne trois chefs-lieux de canton, Pontgibaud (Puy-de-Dôme), Ébreuil et Saint-Pourçain (Allier), et tombe dans l'Allier.
Son affluent (rive gauche) le Sioulet, qui appartient en entier au Puy-de-Dôme, se divise en deux branches, qui vieilli! ut l'une de Giat et l'autre de Tortebesse^ et se jette dans la Sioulc au nord de Saint-Jacqnes-d'Amburq. 11 reçoit le ruisseau de Condat (10 kilomètres de cours, dont 5 dans le département), qui naît près de la Mazièrc-aux-Bons-Hommes, traverse un étang et sort du département pour passer dans celui du Puy-de-Dôme et y baigner Condat.
La Saunade (22 kil. de cours, dont 9 seulement dans le département) a sa source à l'est de Mérinchal, traverse deux étangs, sort du département à l'Azcreix et va tomber dans le Sioulet au-dessous de Ponlaumur (Puy-de-Dôme).]
L'Indre n'englobe dans son bassin qu'une commune du département de la Creuse, celle de Bussière-Saint-Gcorges, où prend sa source le ruisseau des Pattes, un de ses affluents. L'Indre est une charmante rivière, de 240 à 250 kilomètres de cours, qui commence à la Fontaine d'Indre, commune de Saint-Priest-Ia-Marche, canton de Cliâteaumeillant (Cher). Dans le département auquel elle donne son nom, elle baigne la Châtre, Châteauroux; en Indre-et-Loire, elle passe à Loches, croise le chemin de 1er de Paris à Bordeaux sous un beau viaduc de 59 arches, et tombe dans la Loire (rive gauche) entre Langeais et la Chapelle.
La Vienne, l'affluent le plus abondant de la Loire avec l'Allier, est une rivière longue de 572 kilomètres; elle limite le territoire de la Creuse, à son extrémité sud, sur un parcours de 2 kilomètres. Née dans les monts du Limousin, hauts de 900 à 1000 mètres, elle baigne Limoges (Haute- Vienne), Confolens (Charente), Châtcllerault (Vienne), Chinon (Indre-et-Loire), et tombe dans la Loire, par 50 mètres d'altitude, à quelques lieues en amont de Saumur. Dans son cours inférieur, sa largeur moyenne dépasse 150 mètres.
Les principaux affluents de la Vienne qui appartiennent en partie au département sont : la Chandouille, la Maulde, le Taurion et la Creuse.
La Chandouille (15 kilomètres dont 6 dans le département et. 4 sur sa limite; rive droite) a sa source à une petite distance à l'est de Gentioux, entre celles du Taurion, de la Maude et d'un affluent de la Creuse. Elle traverse l'étang de Chandouille et passe dans la Corrèze. où elle tombe dans la Vienne en amont de Tarnac.
La Maulde ou Maude (70 kilomètres de cours, dont 51 dans la Creuse; rive droite) naît au pied du Puy-de-Coudreau (87-4 mètres), au sud de Gentioux, coule dans nne vallée pittoresque, sort un instant du département, y rentre bientôt pour y baigner Saint-Martin- Château et former la belle cascade des Jarreaux (V . p. 25). Elle sert ensuite de limite entre le département de la Creuse et celui de la Haute-
Gorges chi Taurion,
Vienne sur un parcours de 2 kilomètres. A\ <*ès avoir serpenté aux environs de Peyrat-le-Chàteau, de Saint-Julienle-Pctit et de Bùjaleuf, elle rencontre la Vienne en aval de Saint-Denis-des-Murs. La Maulde, dont le cours est très sinueux, roule, en toute saison, une quantité d'eau assez abondante. Sa largeur moyenne est de 24 mètres, sa profondeur moyenne de 45 centimètres.
La Taurion (90 kilomètres de cours, dont 83 dans le déparlement; rive droite) liait à Paillier, au pied de la B rau se (859 mètres), canton de Gcntioux, baigne Villemoneix, coule dans une vallée sauvage, passe au nord-est du Monteilau- Vicomte, reçoit la Villeneuve (rive droite) qui baigne la Nouaille, Valiières et Banise;'se grossit ensuite du ruisseau de Vidaillat (rive gauche) et, à Saint-Hilaire-le-Châtean, du ruisseau qui vient de Sa int-Sulpice-le-Donzeil (rive droite). Le Taurion baigne plus loin Pontarion, Bosmoreau, passe au nord de Bourganeuf, où tombe la Gane- Molle (rive gauche) ; passe au pied des bois de Mérignat, de Faye-Froide ou il reçoit la Leyrenne (rive droite), du Cbanverne-Nègre et à Chatelus-le-Marcheiv. ïl limite ensuite le département sur un parcours de 10 kilomètres, se grossit de la Vigie (rive gauche), et enfin delà Babilance (rive gauche), au point où il quitte le département pour celui de la Haute-Vienne. Dans ■la Haute- Vienne le Taurion baigne Saint-Laurent-des-Églises, Saint-Marlin-Terresus et se jette dans la Vienne, par 252 mètres d'altitude, à Saint Pricst-Taurion. Cette jolie rivière, dont les eaux coulent constamment dans une vallée pittoresque, a dans sa partie inférieure une largeur moyenne de 45 mètres et une profondeur de 60 centimètres.
La Creuse, le tributaire le plus long (250 kilomètres de cours, dont 121 dans le département ou sur sa limite) et le plus large de la Vienne, prend sa source à 1500 mètres au sud-est de Féniers, au pied d'une montagne de 920 mètres qui dépend du massif du mont Odouze et sépare la Creuse de la Corrèze. Elle passe à Féniers, à Villecrouseix, au pied de la colline de Gioux, remonte directement vers le nord,
baigne Croze, s'enfonce dans la vallée de Felleiin, coule dans des gorges sauvages, baigne Aubusson, serpente au fond de défilés boisés 1res pittoresques, où, longée par le chemin de fer, elle rencontre Àlleyrat et la liochetlc, traverse le bassin bouiller d'Abun, et transforme ses gorges en une étroite et jolie vallée. Au delà du Mouticr-d'Almn, elle coule sous le beau viaduc du chemin de fer de Montluçon à Limog< s, à 6 kilomètres à Test de Guéret, dans une vallée profonde, bordée d'escarpements granitiques, et passe à Celle-Dunoise, à Fresselines, au pied des pittoresques collines de Crozanl où elle sert de limite au département, sur un parcours de 7 kilomètres. Entrée dans le département de l'Indre, la Creuse y coule dans une vallée tortueuse et encaissée, passe à l'est d'Éguzon, baigne Argeulon, le Blanc, Tournoi i, la llayc-Deicartes, sépare le département d'indre-et-Loire de celui de la Vienne et se jette dans la Vienne à Bec-des-Eaux.
Dans la partie inférieure de son cours, la largeur moyenne de la Creuse est de 96 mètres. Les crues de celte rivière atteignent, selon la largeur de son lit, 4 mètres 75 à 8 mètres 90 au-dessus de l'étiage ; mais en été ses eaux sont peu abondantes, et elle serait presque à sec sans les retenues d'usines et les Jards, dépôts de gros cailloux et de sable graveleux formant des barrages naturels.
D'après les documents officiels, la Creuse est regardée comme flottable du confluent de la Petite-Creuse jusqu'au port de l'Auvernière (15*2 kilomètres) ; la partie navigable comprend les 8,250 mètres qui séparent l'Auvernière de son embouchure : le tirant d'eau est tout au plus de 50 centimètres.
Les aifluents de la Creuse qui ont la totalité ou une partie de leur cours dans le département sont les ruisseaux de Pigerolles et de Clairavaux, la rivière de Poussanges, le Gourbillon, la Bozeille, le ruisseau d'Épié, la Petite-Creuse, la Sedelle et la Gartempe.
Le ruisseau de Pigerolles (8 kilomètres; rive gauche). formé au nied de la Miioie (950 mètres) uar les fontaine;
de Fonfrèile, des Sagnoles et de Foncouliade, baigne Pigerolles et tombe dans la Creuse au hameau de Villecrouseix.
Le ruisseau de Clairavaux (10 kilomètres; rive droite), <[iii a sa source à l'ouest du Mas-d'Artige, au pied d'une hauteur de 853 mètres, arrose Clairavaux et rejoint la Creuse en amont de Croze.
La rivière de Poussanges (1 1 kilomètres ; rive droite) sort de la fontaine du Bournardeix, passe à l'ouest de Poussanges et a son embouchure en amont de Felletin.
Le Gourbillon (14 kilomètres; rive gauche) a sa source a l'est de celle du Taurion, au nord de Pigerolles et son embouchure à 500 mètres en amont de Felletin.
La Rozeille (30 kilomètres; rive droite) commence à 2 kilomètres au nord-est du Truci|, au pied du Puy de la Fagitière (886 mètres), traverse la forêt de Magnat, baigne la commune de ce nom, arrose une pittoresque vallée, passe à l'ont-Charaud, à Sainte-Feyre-la-Montagne et se jette dans la Creuse à 3 kilomètres au-dessus d'Aubusson.
Le ruisseau d'Épié (12 kilomètres; rive droite) , venu de Ghénérailles, atteint la Creuse au-dessous du Moutier-d'Ahun.
La Petite-Creuse (65 kilomètres; rive droite) prend sa source à la Bussière, au pied du Puy-Chevrier (514 mètres), laisse à gauche Soumans, Lavaufranche, croise le chemin de fer de Limoges à Montluçon, s'engage dans les gorges étroites et profondes de Boussac, baigne Malleret, Genouillat, Mal val, Chéniers et tombe dans la Creuse à Fres^elines, par 198 mètres d'altitude. Les cours d'eau dont se grossit la Petite- Creuse sont : le ruisseau de Leyrat (10 kilomètres; rive droite), qui a sa source sur les confins du département, à l'est de Saint-Pierre-le-Bost, sépare un instant le déparlement de la Creuse de celui de l'Allier, passe à l'ouest de Leyrat et a son embouchure à Antraigues; — le Béroux (9 kilomètres ; rive droite), dont la source est à l'ouest de Saint-Marien et l'embouchure à Boussac; — le Verraux, qui sort de l'Étang- Neul, traverse l'étang de Parsac et se jette dans la Petite- Creuse à pics de 3 kilomètres à l'uuest de Malleret.
La Sedelle (56 kilomètres ; rive gauche) a ?on origine dans les collines de Saint-Priest-la-Feuille, croise le chemin de fer de Châteauroux à Limoges, baigne la Souterraine, Saint- Aignant-de-Versillat, reçoit le déversoir de Y étang de Noth, la Brézentine, coule dans une vallée profonde et tombe dans la Creuse au pied des pittoresques collines qui portent le château de Crozant.
La Gartempe (170 kilomètres, dont 52 dans le département; rive gauche) a sa source près de Lépinas, canton d'Ahun. Elle baigne Saint-Christophe, la Chapelle-Taillefer, croise le chemin de 1er de Limoges à Montluçon, passe au pied de la colline qui porte les ruines du château de Montaigut, arrose Gartempe, passe au nord de Grand-Bourg-dc-Salagnac, à Saint-Pierre, à Saint-Etienne-de-Fursac, et, 2 kilomètres en aval, entre dans la Haute-Vienne, où elle arrose un chef-lieu de canton, Châteauponsac. Dans le département de la Vienne, elle baigne un chef-lieu d'arrondissement, Montmorillon, et se jette dans la Creuse à la Roche-Posay. La Gartempe coule en général dans une vallée pittoresque. Dans le département de la Haute-Vienne, lorsqu'elle s'est grossie de ses principaux affluents, sa largeur moyenne est de 48 mètres et sa profondeur de près de 80 centimètres.
Les affluents de la Gartempe dans le département sont : le ruisseau des étangs de Saint-Vaury (rive droite), qui rejoint la Gartempe au nord-est de Grand-Bourg ; — le Péroux (rive gauche), qui naît au sud-est de Grand-Bourg, traverse ['étang du Grand-Murat et a son embouchure à Saint-Étiennede-Fursac; — YArdour (28 kilomètres, dont 20 dans le département; rive gauche), qui sort du vaste étang de Montboucher, situé près d'Augèrcs, baigne Mourioux, Marsac, entre dans la Haute-Vienne où il coule dans un profond vallon et se jette dans la Gartempe un peu au-dessus du pont du chemin de fer de Paris à Limoges.
La Gartempe reçoit en outre, hors du département, YAnglin (80 kilomètres, dont 4 dans le département; rive droite), qui a sa source près d'Azerables, passe dans l'Indre et se
jcltedans la Gartempe au-dessous d'Angles. Un des affluents de l'Angiin, YAbloux, a son origine dans le département de la Creuse, près de Bazelat, et en sort après un cours de 9 kilomètres pour se perdre dans l'Angiin, à quelques kilomètres à l'ouest de Prissac (Indre).
Enfin la partie occidentale du canton de la Souterraine envoie ses eaux à la Gartempe par la Benaize, qui vient de Vareilles, et par ses affluents, la Chaume, qui sert d'écoulement au vaste étang de ce nom, et la Planche; enfin par la Brame, qui naît près de Saint-Maurice, et par la Semme, qui vient de Saint-Priest-la-Feuille, traverse Y étang de Semme, croise le chemin de fer de Limoges à Châteauroux, et, peu après, entre dans le département de la Haute- Vienne, où elle tombe dans la Gartempe au nord de Blanzac.
Bassin de la Dordogne. — La Dordogne (490 kilomètres de cours dans un bassin de 2,340,000 hectares), qui passe à 16 kilomètres environ de la limite sud-est du département, sort d'un pré mouillé situé à 1,720 mètres d'altitude, sur les flancs du Puy-de-Sancy (1,886 mètres), département du Puy-de-Dôme. Elle sépare le Cantal de la Corrèze, traverse la partie méridionale de ce dernier département, une portion de celui du Lot, le sud de celui auquel elle donne son nom et où elle baigne Bergerac, passe plus loin dans la Gironde, y arrose Libourne, et, au Bec-d'Ambès, môle ses eaux à celles de la Garonne pour former la Gironde, qui se perd dans le golfe de Gascogne, par un vaste esti.aire, entre Boyan et la pointe de la Grave, en face du rocher de Cordouan. A Bergerac la Dordogne ne roule que 56 mètres cubes par •cconde; mais, en temps de crue, elle peut en rouler près de 5,000. Eile est navigable à la rcmonle comme à la descente a partir de Souillac (Lot); sa largeur varie de 100 mètres, dans son cours supérieur, à 1,200 mètres, près de son embouchure.
Les affluents de la Dordogne qui, par leur cours supérieur,
appartiennent au déparlement sont le Chavanon et la Diège.
Le Chavanon (52 kilomètres, dont 9 seulement dans le département ou sur sa limite) prend sa source près de Monteil-le-Guillaume, canton de Crocq, traverse le vaste étang de la Ramade, sert de limite entre la Creuse et le Puy-de- Dôme, puis entre le Puy-de-Dôme et la Corrèze, se grossi'. dans ce dernier département de la Me'ousette (16 kilomètres dans le département), qui naît au sud de Mallerct et Iraverse le vaste étang de Méouse. Le Chavanon coule ensuite dans une profonde vallée granitique, reçoit de nombreux cours d'eau, et, à l'ouest de Singles (Puy-de-Dôme) lombe dans la' Dordogne.
La Diège (50 kilomètres, dont 2 seulement dans le département) a sa source non loin de celle de la Creuse, au sud de Féniers, au pied d'un Puy de 920 mètres, pa<se à peu de distance de Sornac (chef-lieu de canton delà Corrèze), reçoitla Courtine (22 kilomètres, dont 9 dans le département), qui vient du Mas-d'Artige. Grossie de cet affluent, la Diège passe au pied de la colline d'Ussel, s'enfonce dans des gorges profondes et se jette dans la Dordogne au-dessous de P\oche-lc-Peyroux.
Étangs. — Le département de la Creuse possède un grand nombre d'étangs. Les plus remarquables sont : l'étang de la Ramade, de Montboucher , de la Chapelle-Saint-Martial; celui que traverse le Péroux, ceux des environs de Malleret, de Noth, de Saint-Vaury, de Pinaud, des Landes, de Fragnes, etc.
■V. — (limai.
Le climat d'un lieu, d'un pays, dépend surtout de cinq conditions : de la latitude, de son altitude, de son plus ou moins grand éloignement de la mer, de la prédominance de certains vents, de la nature du sol.
Comme latitude le département de la Creuse est situé presque à égale distance du Pôle et de l'Equateur, c'est- à-