‹ Géographie du département de la DrômeChapitre 14 sur 20 · AGRICULTURE · texte numérisé non relu

AGRICULTURE

Dans la majeure partie du département on cultive le mûrier, et l'on s'adonne à l'élevage des vers à soie. La Drôme est aussi un pays de vignobles renommés , malheureusement depuis quelques aimées, la majeure partie des vignes a été ravagée par le phylloxéra. Les crus les plus recherchés sont ceux de Crozes, Tain (Ermitage), Die, Gervans, Larnage, Roche-de-Glun, Roche gude, Vercheny et Rarsac(vins blancs mousseux), de Remuzat, Donzère, etc. — On trouve d'excellentes truffes sur presque tous les points du département de la Drôme.

Comme toutes les montagnes du département sont couvertes de plantes odorantes qui poussent naturellement et fournissent une quantité notable d'eau de Lavande, etc., les abeilles y produisent un miel excellent, surtout dans les environs de Barret-de-Lioure, du Buis, île Ferrassières, Izon, Marges, Séderon, Volvent, etc.

Les céréales ne sont pas cultivées avec le même succès sur tous les points du département : les plaines situées sur les rives de l'Isère ou qui longent le Rhône produisent du blé, de l'avoine en quantité considérable; dans ces plaines, arrosées par les nombreux affluents du Rhône, les prairies naturelles occupent une notable partie du territoire. Mais si l'on s'éloigne du fleuve, les champs n'ont plus la môme fertilité ; cependant les vallées de la Drôme et de ses affluents, celles du Roubion, de l'Aygues et de l'Ouvèze sur certains points sont aussi fertiles que les terrains d'alluvion de la vallée du Rhône. Sur les pentes des montagnes s'étendent des champs de blé, des vignes, des plantations d'arbres fruitiers de toute espèce , mais principalement de pommiers, de pruniers et de pêchers ; Y olivier enfin n'est pas rare dans le midi du département. Mais si l'on s'élève vers les montagnes du Vercors, du Rayannais, du Dévoluy, les céréales disparaissent, ou du moins le seigle, l'orge seuls y prospèrent ; les pâturages y sont plus' abondants, et de grands bois de chênes, de sapins, de pins, et de nombreuses autres essences d'arbres, mais en bien moindre quantité, couvrent les pentes de quelques-unes de ces hautes montagnes qui malheureusement, en majeure partie déboisées, sont ravinées par les pluies, hérissées de rochers et presque entièrement dénudées. De nombreuses tentatives de reboisement ont été faites avec quelque succès dans les communes de Menglon, Treschenu, Glandage. Châtillon, Lus, Bonneval, du Luc, etc.

Parmi les for$ti qui ont échappé à la destruction, il faut citer celles de Lente, de Mantaille, de Marsanne, de Thivolet, de Saou, de Vassieux. Il existe 8,400 hectares de bois domaniaux, c'est-à-dire exploités par l'État, et 50,545 hectares de bois exploités au profit des communes.

Dans la région arrosée par le Lez, l'Aygues et l'Ouvèze, région s'étenclant au-dessous du versant méridional des montagnes qui, partant de Donzère, passent au nord de Valréas, Nyons et du Buis, les cultures sont celles de la Provence : là le laurier rose pousse en pleine terre, les collines sont couvertes d'oliviers, de figuiers, à' amandiers; si à Vinsobres, à Nyons, à Mollans, Venterol, Izon, etc., les oliviers ne sont pas aussi beaux que ceux de la Provence, ils y sont en aussi grand nombre, et l'huile qu'ils fournissent est presqu'aussi estimée. Au-dessous de cette limite, l'olivier ne croît plus qu'exceptionnellement, dans des vallons exposés au Midi.

Le département de la Drôme depuis le déboisement des montagnes est exposé à une sécheresse périodique. Aussi en attendant que les gazons et les bois recouvrent de nouveau ses montagnes arides, on s'est occupé de remédier à ce fâcheux état de chose par la création de canaux d'arrosage.

Le département de la Drôme, qui a un domaine agricole de 295/26*2 hectares, ne possède en prairies qu'une surface de 16,454 hectares dont 10,000 seulement sont arrosées. Les taxes locales d'arrosage que le département paie s'élèvent à environ 46,000 fr. ; elles se répartissent sur us grand nombre de petites associations situées dans les vallées de la Drôme, de l'Isère, du Roubion, du Lez, de l'Aygues et du Rhône. La grande irrigation n'y existe encore qu'à titre d'essai. Si le département possédait, au lieu de 10,000 hectares de prés, les 88,000 qui lui sont indispensables pour atteindre à l'apogée de la prospérité agricole, il en résulterait pour son agriculture une plus-value annuelle de 6 à 7 millions. Pour obtenir ce résultat, plusieurs projets d'irrigation ont été proposés. Le premier, celui du canal de la Bourne, aujourd'hui exécuté, comprend une surface arrosable de 25,000 hectares, sur lesquels il en arrosera 70,00, puisqu'il emprunte à la Bournè 7 mètres cubes dreau par seconde.

Le second projet de canal, beaucoup plus important, présenté par M. Aristide Dumont, ingénieur, arroserait la rive gauche du Rhône, dans la Drôme et une partie des départements de Vaucluse, du Gard et de l'Hérault. Ce canal, qui emprunterait au Rhône, près des Roches-de-Gondrieu ou dans l'Isère, une masse d'eau de 40 mètres cubes par seconde, transformerait ces régions désolées par des sécheresses périodiques en un immense jardin, et les habitants de la Drôme, de Vaucluse, du Gard et de l'Hérault, si cruellement éprouvées par la perte de leurs vignobles, n'émigreraient plus en masse, comme ils le font aujourd'hui, vers nos colonies d'Afrique ou vers l'Amérique pour y trouver des terres qui les paient de leurs labeurs.

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