HISTOIRE
cifier Je pays. Il mourut à Valence, âgé de 86 ans, en 1626.
•Sous Louis XIII, la paix ne fut pas troublée; Richelieu ordonna seulement la démolition d'un certain nombre de Forteresses, entre autres le cbâteau de Crest dont la tour seule lut épargnée. Vers la fin du règne de Louis XIV, lors de la révocation de Tédit de Nantes, de nouveaux troubles ensanglantèrent le pays. Les villes si florissantes et si industrieuses de la Drôme, Valence, Romans, Die, perdirent plus de la moitié de leur population. Le duc de Savoie (1691-92), en représailles de l'incendie du Palatin at, ayant envahi le Dauphiné, ses troupes pénétrèrent jusqu'à Nyons : là elles furent arrêtées par l'héroïne Philis de la Tour-du-Pin, qui, ayant armé les paysans, contraignit les troupes piémontaises à se retirer alors qu'elles s'étaient déjà emparées d'une partie des Baronnies.
Les populations de la Drôme qui, dans toutes les luttes qu'elles eurent à soutenir contre les seigneurs, contre les évoques ou contre le fanatisme religieux, avaient montré tant d'énergie, de patience, de courage et surtout un amour si vif pour la liberté, furent naturellement des premières à se jeter dans le mouvement qui, vers la fin du dix-huitième siècle, allait emporter la royauté. Lorsque dans leur aveuglement les ministres de Louis XVI essayèrent de briser la résistance qu'opposaient à leurs édits arbitraires les différents parlements de la France et qu'ils exilèrent celui de Grenoble, cette ville se souleva pour empêcher l'exil de ses magistrats. Les Etats provinciaux convoqués à Grenoble se réunirent le 22 juillet 1788, au château de Vizille, et là, après avoir résolu de refuser tout impôt nouveau tant que les représentants des trois ordres n'en auraient pas délibéré dans les États généraux du royaume, ils s'ajournèrent au mois de septembre dans la ville de Romans, où délibérèrent avec eux les députés que le ministère, pour leur faire opposition, avait convoqués suivant l'ancienne division des bailliages.
Quoique ayant été des premiers à donner le signal de l'agitation, les habitants de cette partie de la province du Dauphiné, qui avait reçu, lors de la création des départements en 1790,1c
nom de département de la Drôme, ne se laissèrent point entraîner aux excès révolutionnaires.
En 1815, lorsque Napoléon eut débarqué au golfe Juan, le duc d'Angoulême, chargé de s'opposer à sa marche, essaya vainement de l'arrêter au pont de la Drôme; il évacua Valence, traversa Montélimar et se retira sur le Pont-Saint-Esprit.
La Drôme est un des départements dont la résistance au coup d'État du 2 décembre 1851 a été des plus fermes. Un véritable combat fut livré au pont de Crest, mais la colonne qui avait failli s'emparer de cette ville fut dispersée par la troupe. De nombreuses arrestations furent opérées dans la plupart des communes. La tour de Crest a un instant renfermé plus de trois cents prisonniers; tous ces malheureux furent enfermés dans des forteresses, internés dans des villes éloignées, transportés à Lambessa ou à Cayenne, où bon nombre d'entre eux sont morts victimes de climats meurtriers.
¥11. — Personnages célèbres.
Onzième siècle. — Saint Hugues , évêque de Grenoble (1053-1152).
Douzième siècle. — Raymond du Puy, grand maître de Tordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, mort en 1161.
Seizième siècle. — Diane de Poitiers, favorite du roi Henri II (1499-1566). — Antoine Escalin des Aimars*, baron de La Garde , premier ambassadeur dp France en Turquie , né à la Garde (1498-1578); — Le maréchal d'Albon de Saint-André (1505-1562). — Laurent Joubert, savant médecin, né à Valence (1529-1585). — Charles Dupuy-Montbrun, célèbre capitaine protestant, né à Montbrun (1530-1575). — Esnemond- Bonnefoi, célèbre jurisconsulte calviniste, professeur de l'université de Valence, né à Chabeuil (1556-1574). — Barthélémy de Laffémas, chef de la police de Richelieu, né à Beausemblant (1545-1612). — Daniel Chamier, célèbre théologien calviniste, qui prit part à la rédaction de l'édit de Nantes, né à Montélimar (1570-1621).