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Géographie du département de la Manche

Le département de la Manche doit son nom à la mer qui baigne ses côtes et qui s'appelle la Manche.

Il a été formée après 1789, de trois territoires appartenant à la Normandie, l'une des provinces qui constituaient alors la France: le Cotentin, ou ancien diocèse de Coutances ; VAvranchin, on ancien diocèse d'Avi anches; et le Bocage (quelques parcelles seulement).

Situé dans la région Nord-Ouest de la France, c'est un de nos 25 départements maritimes, dont 9 bordent la Manche. Trois départements seulement, la Mayenne, la Sarthe, Loir-et- Cher, le séparent du Cher, qui est le centre de la France; trois également, le Calvados, l'Eure et Seine-et-Oise, le séparent de Paris. Saint-Lô, son chef-lieu, est à 514 kilomètres à l'ouest de Paris par le chemin de fer, à 255 seulement en ligne droite. Il est traversé, à l'ouest de Cherbourg, pnr le 4® degré de longitude ouest du méridien de Paris. En latitude, il est coupé, à 6 ou 7 kilomètres au sud de Coutances, par le 49*^ degré : il est donc un peu plus rapproché du Pôle que de TEquateur, séparés l'un de l'autre par 90 degrés.

Le département de la Manche est borné: au sud-est, par le département de l'Orne ; à Test, par celui du Calvados ; au

nord, au nord-est et à Touest, par la mer qu'on nomme la Manche ; au sud, par les départements d'IUe-et-Vilaine et de la Mayenne. Ces limites sont en grande partie naturelles, et en partie artificielles ou tracées à travers champs par des lignes conventionnelles, des chemins, des sentiers. Les principales limites naturelles sont avant tout la mer; puis, en faisant à partir de Temhouchure de la Vire le tour du département dans la direction du sud : la Vire, TElle, la Dromme ou Drôme, la Sienne, qui séparent chacune pendant quelques kilomètres la Manche du Calvados; l'Egrenne, quiforme environ un tiers de la hmiteavec le département de l'Orne ; le Colmont et un affluent de l'Airon, servant de frontière avec le département de la Mayenne ; un affluent de la Sélune, le Tronçon et le Couesnon, qui séparent le département de la Manche de celui d'Ille-et-Vilaine.

La superficie du. département de la Manche est de 592, 838 hectares. Sous ce rapport, c'est le3;8^ département de la France : en d'autres termes, 47 sont plus étendus. Sa plus grande longueur, du nord-ouest au sud-est, — c'est-à-dire de l'extrémité du cap de la Hague au point de rencontre des limites de la Manche, de l'Orne et de la Mayenne, — est de 130 kilomètres environ. Le département, qui a environ 45 kilomètres de largeur dans ses parties centrale et méridionale, n'en a guère que 28 à la hauteur de Granville.

lï, — Physionomie générale ; littoral.

Entouré de trois côtés par la mer, le département de la Manche, ou presqu'île du Cotentin, est sillonné par des collines, presque toutes déboisées, qui se rattachent, au sud, à celles du Maine, de la Bretagne et de la Normandie, et séparent entre eux les bassins des fleuves côtiers. Les vallées sont généralement luxuriantes, et les plateaux couverts de gras pâturages. Mais aux environs de Carentan s'étendent de vastes marais, notamment ceux de Gorges, et, au sud de Lessay, une immense lande inculte. Les collines de la Manche,

PHYSIOiSOMIE GENERALE. 5

hautes de 150 à 179 mètres dans les environs de Cherbourg et dans toute cette partie extrême du Cotentin qui se termine au cap de la Hague, vont en s'élevant graduellement du nord au sud ; elles ont 276 mètres à Montabot et 563 à Test de Tessy (montagne de Guilberville). Dans l'arrondissement de Mortain, plusieurs sommets atteignent de 500 à 568 mètres ; Saint-Martin-de-Chaidieu, situé à 568 mètres, est le point culminant du département.

Les hautes collines de la Manche, qui paraissent d'autant plus élevées qu'elles sont plus rapprochées de la mer, offrent des paysages pittoresques et même grandioses; quelques-unes sont hardiment découpées, surtout aux environs de Mortain, contrée qu'on a nommée, toutes proportions gardées, la Suisse de la Normandie. Ce n'est pas à la Suisse, mais à l'Angleterre, qu'il faudrait comparer la Manche avec ses côtes déchiquetées, où vit un peuple d'infatigables et vaillants marins, aussi habitués aux brumes de Terre-Neuve qu'aux courants, aux vagues, aux marées, aux formidables écueils de la Bretagne et de la Normandie. Constamment baignée, comme l'Angleterre, par une atmosphère humide, la Manche a, comme elle, de superbes prairies et des vallons admirablement verts. Mais le pays doit sa principale beauté à la mer qui en assiège les caps et dépose à leur base de larges grèves.

Les côtes de la Manche, généralement composées de hautes falaises ou de vastes plages, ont un développement de 550 kilomètres sur une mer sauvage. Les grèves de la Ravine, du Grand -Vey et de la Madeleine, qui s'étendent à l'ouest • des roches de Grandcamp, sont communes aux deux départements du Calvados et de la Manche ; là se jettent la Vire et la Taute, qui vient de couler dans d'immenses prairies marécageuses, si basses que des digues sont nécessaires pour les garantir de l'Océan ; là aussi commence la presqu'île du Cotentin. Le rivage, courant au nord-nord-ouest, reste longtemps bas; il est bordé par une grève : à 7 kilomètres en mer, le rocher Bastion, l'île de Terre et l'île fortifiée du Large forment Tarchipel des îles Saint-Marcouf.

Les forts de Saint-Marcouf, de Quinéville, de Lestre, du Milieu, d'Aumeville, sont voisins de l'embouchure du petit fleuve de Sinope, au nord de laquelle s'ouvre la rade de la Uougue. La péninsule étroite et allongée dont le fort et le phare de la Hougue occupent l'extrémité sépare cette rade de celle de Saint- Vaast, que défend Yile fortifiée de Tatihou, C'est dans cette rade que se jette la Saire, qui a donné son nom à la Pointe deSaire, A partir de ce cap, les grèves disparaissent; le rivage se découpe et se remplit d'écueils; le petit port de Landemer précède celui de Barfleur, voisin lui-même du havre de Crabec, qu'abrite la Pointe de Barfleur^ reliée par une chaussée à l'ilot qui porte le superbe phare de Barfleur.

A la Pointe de Barfleur, la côte tourne brusquement à l'ouest, puis au sud-ouest, puis au nord-ouest, pour décrire une baie gracieuse en arc de cercle, dont la partie centrale est occupée par Cherbourg. Sur le pourtour de cette baie, où le rivage est très-dentelé et parsemé de récifs, on remarque: l'anse de la Mondree, terminée à l'ouest par le cap Lévi; l'anse et le port du Cap-Lévi ; l'anse du Pied-Sablon ; Yîle Pelée (fort) ; l'embouchure de la Divette; Cherbourg, se3 forts, son port militaire et sa digue fameuse; Tanse Sainte-Anne, entre celle de Cherbourg et la pointe et le fort de Querqueville; la grève d'Urville-Hague ; la pointe Jardeheu; le port d'Omcnville-la- Rogue; l'anse Saint-Martin, et enfin le cap de la HaguCy promontoire syénitique terminant au nord -ouest la presqu'île du -Cotentin, et dominant l'entrée du golfe des îles normandes, redouté par les navigateurs à cause de ses courants et de ses écueils. Le cap de la Hague est séparé de l'île anglaise d'Aurigny par un détroit large de 16 kilomètres, le Raz Blanchard^ le premier de ces terribles défilés marins où le flot de marée et le jusant, resserrés entre des chaînes d'écueils et de bas-fonds, coulent avec une vitesse déplus de 18 kilomètres à l'heure.

Au cap de la Hague et au phare du rocher du Gros-du-Raz, le rivage commence à courir au sud-sud-est, direction qu'il garde jusqu'au Mont-Saint-Michel et jusqu'à la lisière du département d'Ille-et-Vilaine. On rencontre d'abord la baie

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