‹ Géographie du département de la MancheChapitre 2 sur 17 · MANGUE · texte numérisé non relu

MANGUE

d'Escal grain, terminée, au sud, par le Nez-de-Jobourg, cap à partir duquel les falaises, se dressant jusqu'à 128 mètres, donnent à la côte une indescriptible grandeur. Le Nez de- Jobourg tourné, on entre dans Vanse évasée de Vauville , qui a 18 kilomètres d'ouverture entre le Nez-de-Jobourg et le cap de FlamanviUe; le fond de cette anse est occupé par une plage sablonneuse, derrière laquelle les falaises font place aux hautes dunes du Pont-des-Sablons. Les falaises se relèvent à partir des rochers qui signalent Diélette, le seul bon port de refuge entre Cherbourg et Granville. Les falaises de FlamanviUe, qui se dressent au sud du port de Diélette, sont les plus belles du département, sinon les plus hautes (90 mètres au cap de FlamanviUe).

Entre les falaises du cap de FlamanviUe et l'île anglaise de Gueniesey, le dangereux passage de la Déroute a 40 à 50 kilomètres de largeur. Son nom, ne se rattachant à aucune bataille navale historique, signale éloquemment les périls qu'y rencontrent les navires, ballotés entre le courant qui suit la côte, celui qui vient de la liante mer, par le détroit ouvert entre Aurigny et Gnernesey, et celui qui passe entre Guernesey et Jersey.

Au sud du cap de FlamanviUe, on trouve successivement : Y anse de Sciolot, dont le fond est occupé par une grève; la Pointe du Bozel; la grève de Surtainville et de Bauhigny; le cap de Carteret, où s'arrêtent les falaises du système silurien et granitique, pour faire place aux dunes qui courent jusqu'au nord de Granville; le phare, le fort et le petit port de cabotage de Carteret, que 8 kilomètres séparent du havre de Portbail, oii se jette Ja Grise ou rivière d'Olonde. En haute mer, le passage de la Déroule est rétréci, par les écueils des Trois- Grunes, des Bancs-Fêlés et des Basses-de-Taillepied. La côte continue à être bordée de grèves ; on y remarque : le havre de Surville ; la grève immense où l'embouchure de l'Ay forme le port de Saint-Germain-sur-Ay ; les dunes de Pirou , en face desquelles se montrent, sur le rivage, les roches du Sac-de-Pirou et, à 12 kilomètres en mer, les périlleux écueils

> a es u o

o fco

es

de la Chaussée des Bœufs. Le liavre de Regnéville offre un petit, port de cabotage très-fréquenté, où se jette la Sienne. A partir de ce havre, le rivage, bordé par une large grève, du sein de laquelle émergent des archipels de rochers, n'a rien de remarquable jusqu'à Granville; il est formé de petites dunes hautes de 6 à 14 mètres, du sommet desquelles on découvre Jersey et les îles Chausey.

Toute la côte occidentale du Cotentin est une côte inhospitalière, dont les petits havres, gardés à Tentrée par de redoutables barrières de récifs, restent tous presque à sec à marée basse. Du cap de la Hague à l'extrémité de la baie de Saint- Michel, dans ce dangereux détroit long de 130 kilomètres, les navires sont obligés d'attendre l'heure du flot pour trouver un refuge. Le meilleur port de cette côte, le seul qui fasse un commerce notable, est celui de Granville, situé à l'embouchure du Bosq et abrité du vent du nord par le rocher sur lequel la ville est construite.

Dix à douze kilomètres séparent Granville des innombrables îlots des îles Chausey. Cet archipel forme un groupe d'îlots ou d'écueils d'un développement moyen de 12 kilomètres. A marée basse, on peut compter plus de 300 de ces îlots ; mais, à marée haute, il en émerge à peine une cinquantaine. Le plus grand, au sud-ouest, est appelé la Grande-Ile. La composition chimique des rochers des îles Chausey diffère de celle de Granville et de Saint-Malo : aussi attribue-t-on leur formation à une éruption isolée du feu central. Cette masse incandescente, brusquement refroidie, subit un retrait considérable ; de nombreuses fentes se produisirent dans tous les sens, et, sous l'action violente des lames, d'énormes blocs, s'étant détachés, furent entraînés par la mer. C'est ce qui explique le chaos apparent que présentent ces îles. — H y a une quinzaine de kilomètres des îles Chausey au groupe de récifs des Minquiers, dans lequel se dressent les formidables rochers décrits par Victor Hugo dans les Travailleurs de la mer.

Au sud de Granville, la grève de Saint-Pair est traversée, à

Page 1