AGRICULTURE, PRODUCTIONS
leurs ; ses caves sont de véritables usines. Le grand atelier de fabrication des vins de Champagne est la ville d'Épernay. Là, dans des caves immenses, pratiquées dans un roc crayeux, se conservent les précieux vins, en bouteilles rangées par centaines de mille. A Châlons, les galeries d'une même cave n'ont pas moins de 10 kilomètres de développement et peuvent contenir plus de 5 millions de bouteilles.
Les vins de Champagne, entreposés à Epernay, à Reims, à Châlons, sont expédiés de là dans toutes les parties du monde. Les acheteurs les plus empressés sont ceux de FAngleterre, de l'Allemagne, de la Russie, des États-Unis, de l'Amérique méridionale, des Indes et de la Sonde ; la France n'en garde que la cinquième ou sixième partie. La récolte (lu Champagne s'est élevée en 1873 à :^2, 582, 000 bouteilles, et l'expédition à 18,918,000 bouteilles valant 60 millions de francs.
Outre les vins blancs, pétillants et mousseux, la Champagne produit des vins rouges de table de Bouzy, dont les crus les plus estimés en dehors de ceux que nous avons précédemment indiqués, sont les vignobles de Dizy, de Cumières, d'IIautvillers, de Vertus.
Les autres productions du département sont : le froment, dont le rendement excède les besoins de la consommation ; le seigle, l'orge, l'avoine, le sarrazin. Les cultures fourragères sont très-répandues dans l'arrondissement de Châlons ; les cultures industrielles (betteraves, colza, navette, lin, cameline), dans celui de Vitry. Les flsy^er^esdeSainte-Ménehould sont très-belles et s'exportent en grande quantité. Ecury et Nuisement sont renommés pour leurs choux, Alliancelles et Tramery pour leurs haricots, Châlons pour ses melons, Courtisols et Saint-Quenlin-les-Marais pour leurs navets, Angluzelles, Courville et Marigny pour leurs oignons, Serzy pour ses petits pois, etc.
La propriété est extrêmement divisée dans le département ; mais l'agriculture y a fait depuis quelques années de très-grands progrès, grâce au drainage, aux irrigations, à l'emploi des engrais, dont l'usage s'est développé à mesure que les chemins ont été améliorés. La multiplication des bestiaux et l'extension des prairies artificielles ont aussi contribué à obtenir d'heureux résultats.
En 1870, on a récolté dans le dépaiTcment 1,171,456 hectolitres de froment, 55,918 de méteil, l,0'i9,857 de seigle, 549,477 d'orge, 53,382 de sarrasin, 1,798,520 d'avoine, 828,270 de pommes de terre, 54,000 de légumes secs, 1,015,700 de betteraves, 1,776 quintaux de chanvre, et 559,756 hectolitres de vins.
Sur les 155,856 hectares boisés dans la Marne, 13,311 seule-^ ment appartiennent à l'État. Les principales forêts sont celles de la Montagne de ^Reims, d'Épernay, d'Enghicn, de Vassy, de Monlmort,
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de la Charmoye, de Vertus, des Rouges-Fossés, de Beaumont, de la Loge-du-Gault (1,200 hectares), de Traconne (5,000 hectares), de Trois-Fontaines, de Belval et d'Argonne. Dans les arrondissements de Beiiiis et deChàlons existent de nombreuses plantations de sapins, qui s'étendent chaijue jour et dont les bois sont exportés dans le Nord et en Belgique, pour le boisage des mines. — L'arbre fruitier le plus répandu est le pommier, dont les fruits servent à fabriquer de bon cidre dans les arrondissements de Sainte-Ménehould et d'Épernay. Courthiézy récolte des reines-Claude et des cerises estimées ; les cerises de Florent servent à fabriquer un bon kirsch. Enfin, à Yitryle-François, existent de magnifiques pépinières (20 hectares).