‹ Géographie du département de la VienneChapitre 14 sur 16 · INDUSTRIE · texte numérisé non relu

INDUSTRIE

sent le châtaignier, le noyer et l'amandier. Les arrondissements qui présentent la superficie la plus considérable de brandes ou terres incultes sont ceux de Montmorillon et de Ci vrai.

Le département a produit en 1877 : 2,200,944 hectolitres de froment, 194,629 de méteiJ, 165,886 de seigle, 653,743 d'orge, 21,036 de sarrasin, 32,775 de mais et millet, 1,255,572 d'avoine, 1,128,640 de pommes de terre, 25,339 de légumes secs, 7,900 de châtaignes, 377,250 quintaux de betteraves, 9,650 quintaux de chanvre, 150 de lin, 41,600 kilogrammes d'huile de chènevis, 11,900 hectolitres de colza, dont la moitié environ a produit 122,068 kilogrammes d'huile, enfin 1,949,590 hectolitres de vin. Cette statistique démontre que les récoltes les plus importantes du département sont d'abord celle du froment, qui est produit en quantité plus considérable que n'en exigent les besoins des habitants du pays ; la récolte du vin est presque aussi importante que celle des céréales; l'avoine et les pommes de terre viennent en troisième ligne. On évaluait, il y a une dizaine d'années, à la somme de 80 millions environ la production agricole totale de la Vienne : cette somme est aujourd'hui considérablement dépassée.

Ces diverses cultures ne sont pas également réparties entre tous les arrondissements : en effet, on récolte spécialement dans l'arrondissement de Poitiers, le froment, l'avoine et les légumes (le marché de Poitiers est l'un des mieux fournis de la France en jardinage); l'orge dans celui de Loudun ; les plantes oléagineuses, dans celui de Montmorillon ; le chanvre et les légumes, dans celui de Châtellerault ; le canton de Lencloître, le mieux cultivé de cet arrondissement, produit du chanvre, des légumes, des primeurs de toute sorte et des fruits, livrés à l'exportation. Les autres espèces de cultures du département sont le trèfle, le colza, la luzerne, le maïs et la vigne. Les arrondissements de Poitiers et surtout celui de Montmorillon sont les plus riches en fourrages. Les prairies artificielles produisent annuellement plus de 3 millions de quintaux métriques de fourrages.

L'arrondissement le plus riche en vignobles est celui de Poitiers; ceux de Montmorillon, Châtellerault et Loudun viennent ensuite. Les vins sont généralement médiocres, à l'exception des vins rouges de Saint-Georges-les-Baillargeaux, Dissais, Couture, Chauvigny, Bonnes, Vaux, Champigny, Jaulnay, et des vins blancs de Roiffé, Saix et Salonne.

XI* — In du strie,

Le déparlement de la Vienne est porté au budget des recettes pour

la somme d'environ 12 millions 500,000 francs : il occupe sous ce rapport le cinquante-quatrième rang. Pour les dépôts de la caisse d'épargne il est, avec 3,710,138 francs, le soixante- deuxième seulement. Ces divers chiffres, dont la médiocrité n'est pas en rapport avec l'étendue territoriale du département, s'expliquent par la proportion peu élevée du nombre de ses habitants avec sa superficie, et par ses 79,770 hectares de brandes infertiles.

L'industrie manufacturière, moins florissante que l'industrie agricole, ne tend pas à modifier rapidement cette situation, bien qu'elle progresse chaque jour. L'extraction des richesses minérales du département n'occupe pas un grand nombre de bras ; cependant les gisements de fer y sont assez nombreux sinon très importants. Les seuls qui soient exploités sont ceux de la Trimouille, de Verrières, de Montmorillon et du Vigean ; mais il en existe d'autres à Oyré, Saint-Romain, Chêne-Rond, Chauvigny, Verrières, Lhommaizé, Coulonges, Journet, Mouterre, Couhé, etc. — Le manganèse se rencontre aussi sur le territoire, mais il n'est pas utilisé. — Plus de 950 carrières, — à la Maladrie et au Breuil, près de Chauvigny ; à Buxerolles, à Lavaux, aux Lourdines (commune de Migné), à Lussac-les-Châteaux, à Monts-sur-Guesnes, à Tercé, aux environs de Poitiers, à Bonnillet, à Bonnes, etc., — fournissent les unes d'excellentes pierres calcaires à bâtir et pour la statuaire, les autres des tu faux recherchés, des pierres lithographiques valant celles de Munich (Bavière), à grain plus fin et plus serré, et de la pierre à chaux. Les pierres meulières viennent des environs de Vicq et de Lésigny et de la lorêt de Lussac. Les cailloux transparents, susceptibles d'être taillés et appelés autrefois diamants de Châtellerault, se rencontrent dans le voisinage de cette ville. Près de Montmorillon, on extrait des calcaires, alimentant de nombreux fours à chaux. Près de Mirebeau, se trouve le grand gisement de faïun du moulin Pochard.

Parmi les sources minérales, il faut citer celles de la Roche-Posay, qui s'emploient avec succès dans les maladies de la peau, les scrofules, les fièvres intermittentes, les engorgements des viscères abdominaux, les coliques néphrétiques, la chlorose, les leucorrhées, les affections de la vessie, etc. Un établissement d'hydrothérapie a été construit près des sources. Les autres sources sulfureuses qui ne sont pas exploitées se trouvent dans les communes de Saint-Genest, Vendeuvre, de Saint-Cyr. Il existe aussi des sources ferrugineuses inexploitées à Verger-Mondon, à Saint-Cyr, à Lhommaizé, et des sources légèrement magnésiennes à la Trémouille. Les sources minérales appelées eaux d'Availles sont situées sur le territoire de la Charente.

L'usine la plus considérable de la Vienne est sans contredit la ma-

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