‹ Géographie du département de VaucluseChapitre 11 sur 19 · AGRICULTURE, PRODUCTIONS · texte numérisé non relu

AGRICULTURE, PRODUCTIONS

On comptait en 1877 dans le département : 11,350 chevaux, 20,650 mulets, 5,150 ânes, 650 animaux de l'espèce bovine, 52,820 porcs,.. 13,360 chèvres, 186,500 moutons de races du pays et 2,608 de races perfectionnées et 11,400 ruches ayant produit 114,140 kilog. de miel et 45,640 kilog. de cire. On y rencontre le renard assez fréquemment, mais le loup est rare, même dans les montagnes. Le lapin pullule sur les rives du Rhône ; enfin on y trouve des lièvres, des écureuils, des fouines, des loutres et parfois le castor, qui vit isolé sur les bords du fleuve.

Sous le rapport agricole, le département est divisé en deux zones, qui comprennent : Tune, les plaines et les vallées ; l'autre, la montagne. Les cultures des plaines ne difTèrent pas d'une manière sensible des cultures qui réussissent dans les vallées et sur les coteaux peu élevés qui les encaissent.

Dans les plaines qui s'étendent sur la rive gauche du Rhône on rencontre des prairies naturelles et artificielles, des céréales, quelques champs de garance, des vignes, des arbres fruitiers, des plantations de mûriers, de chardons, de maïs, de millet à balais, etc. Dans les vallées et sur les coteaux abrités, prospèrent les arbres fruitiers, Tolivier surtout ; la vigne y produit un vin recherché, les mûriers y abondent. Si l'on remonte les vallées, si l'on s'enfonce dans la mon» tagne, on rencontre encore les mêmes cultures sur les pentes inférieures ; mais si Ton s'élève plus haut, l'olivier, le figuier, la vigne disparaissent, on ne trouve plus que des champs de seigle, des bois, quelques vastes plateaux où les terrains cultivés sont rares et où abondent les plantes aromatiques, les genêts, et des chênes kermès.

Le département a récolté, en 1877 : 1,019,560 hectolitre%de froment; 7,145 de méteil ; 20,159 de seigle; 9,545 d'orgo ; 916 de sarrasin; 47,075 de grains de mais et millet; 164,980 d'avoine; 4,027,292 de pommes de terre ; 32,049 de légumes secs ; 140,800 quintaux métriques de betteraves ; 1 3,040 quintaux de garance ; 39 de chanvre ; 280,000 hectol. de fruits ; 4,052,400 kilog. d'huile; 113,664 hectol. de viu. 11 résulte de cette statistique que les récoltes les plus importantes sont celles des céréales, qui cependant ne sont pas récoltées en quantité suffisante pour les besoins de la population ; de rhuile, des pommes de terre, des fruits, des cocons, etc. La ga-' rance, qui disparait de jour en jour, était il y a quelques années une des cultures les plus rémunératrices du département ; une couleur extraite du goudron, Valizarine^ tend aujourd'hui à la remplacer. La culture du mûrier s'est restreinte, depuis quelques années; cependant on constate une amélioration sensible dans le produit des magnaneries ; b6»343 onces de graines de vers à soie, mis k

l'éclosion» ont produit en 1877, 2,289,403 kilog. de cooons.

Volivier est cultivé dans tout le département, et plus spéciale* ment sur les pentes des coteaux tournés vers le sud; il ne devient pas aussi beau que sur le littoral de la Méditerranée, mais il produit, tous les deux ans, une récolte médiocre et une deuxième abondante, soit, en moyenne, par an, 15 hectolitres par hectare. La vigne couvrait, il y a une dizaine d'années, 50,000 hectares sur tous les points du territoire; cette superficie a été réduite un instant à 5,000 ou 6,000 hectares, par suite des ravages exercés par le phylloxéra. Depuis quelques années, grâce aux plantations nouvelles qui remplacent celles qui disparaissent, le chiffre primitif est presque atteint aujourd'hui. Le département avait autrefois des crus célèbres, tels que celui de la Nerte à Ghâteauneuf-Galcernier; aujourd'hui sa réputation est bien déchue ; néanmoins les crus de Ghâteauneuf, Sorgues, Rasteau, Sarrians, Saint-Satumin-d'Apt, n'ont pas cessé d'être fort appréciés. Les vins de liqueur les plus renommés- étaient ceux de Baumes-de- Yenise et de Mazan.

La truffe est l'objet d'une culture spéciale au département. On y cultive le chêne truffier sur les montagnes qui entourent le Yentoux, dans les monts Yaucluse et du Luberon ; aussi à Garpentras et à Apt, où se tiennent régulièrement des marchés de truffes, ce cryptogame, est-il l'objet de transactions très importantes. Le millet à balais, cultivé surtout dans la plaine d'Orange, donne de beaux produits, mais épuise rapidement le sol.

La pomme de terre est d'un bon rapport dans les terrains d'alluvions qui ont le privilège d'être arrosés. Sur les bords de la Durance, les récoltes de ce précieux tubercule s'élèvent parfois jusqu'à 50,000 kilogrammes par hectare. La betterave réussit moins bien. Les légumes secs occupent près de 2,270 hectares; enfin les primeurs de toute nature, melons, asperges, petits pois, etc., sont cultivés avec succès dans les environs de Gavaillon, d'Avignon et de Garpentras. De magnifiques luzemières, de vastes prairies naturelles on artificielles couvrent les plaines, la rive du Rhône et les bords de ses afQuents. Des plantations d'arbres fruitiei's de toute espèce, jujubiers, grenadiers, figuiers, pêchers, poiriers, pommiers, amandiers, cerisiers, pruniers, etc., occupant plus de 14,000 hectares, prospèrent dans tout le département et alimentent Timportant commerce de fruits confits dont la ville d'Apt est le centre. Enfin la culture du tabaCf qui a été récemment autorisée dans le département, contribuera, lorsque le canal du Rhône sera créé, à relever en partie son agriculture, qui a été si cruellement atteinte par le phylloxéra, et l'Abaissement du prix de la garance*

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