‹ Géographie du département de VaucluseChapitre 8 sur 19 · HISTOIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE

Deux tentatives que les Avignonais firent contre cette ville échouèrent. Mais TÂssemblée nationale ayant envoyé trois commissaires pour s'interposer entre les belligérants, ces commissaires furent reçus avec enthousiasme, et, le 14 septembre 1791 , un décret réunit à la France Avignon et leGomtat Yenaissin. Malheureusement, cet événement fut suivi d'effroyables massacres et de troubles sans fin. Jourdan, surnommé coupetête,pour venger un certain Lescuyer assassiné dans une réunion de séparatistes, fit arrêter les auteurs ou complices de ce crime, les enferma au nombre de 62 dans le palais des Papes, où ils furent assommés et précipités ensuite dans la Glacière.

A Orange, où le tribunal révolutionnaire siégeait dans Tancien temple des Pères-de-Saint-Jean aujourd'hui transformé, la guillotine était dressée en permanence, au sud de la promenade qui s'étend à l'ouest de la ville. De nombreuses victimes furent sacrifiées aux passions révolutionnaires. A Bédouin, un arbre de la Liberté ayant été abattu, le chef de bataillon Suchet fut chargé d'incendier ce village et d'en massacrer les habitants. Cet ordre reçût son exécution. Plus tard la Convention vota 300,000 livres pour relever les maisons de ce malheureux village. En 1795, les bataillons fédéralistes Marseillais ayant envahi Avignon, Bonaparte, aloi s officier d'artillerie, qui était de passage dans cette ville, parvint avec deux canons placés sur le Bocher de Justice qui se dresse sur la rive droite du Rhône, à démonter Tartilierie des Marseillais commandés par le général Villeneuve, qui ordonna de battre en retraite.

En 1815, le duc d'Angoulême, qui avait été chargé d'arrêter Bonaparte à son retour de Tile d'Elbe, reculant devant lui, arriva à la Palud où il signa sa capitulation. Après la chute définitive de l'Empereur, de graves désordres, représailles sanglantes de la Terreur, troublèrent de nouveau le département. Le maréchal Brune fut assassiné à Avignon par Trestaillon et ses sicaires, puis jeté dans le Rhône.

Un département où, pendant le moyen-âge, tant de villes avaient lutté pour leur indépendance et possédé même des gouvernements démocratiques^ devait, lors du coup d'État du

*2 décembre 1851, s'insurger pour soutenir la constitution. Aucun excès ne fut commis par les bandes soulevées, mais la répression fut aussi prompte que violente, et un grand nombre de citoyens furent exilés en Afrique et à Cayenne, d'où malheureusement plusieurs d'entre eux ne devaient plus revenir.

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