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Géographie du département du Cantal

Le département du Cantal doit son nom à un beau massif de montagnes qui se dresse à une grande hauteur au centre de son territoire, et qui envoie des ramifications dans toutes les directions, vers l'ouest comme vers Test, vers le nord comme vers le sud.

Il a été formé, en 4790, delà Haute-Auvergne, portion méridionale de 1 Auvergne, Tune des provinces qui constituaient alors la France.

Le Cantal est situé dans une région de la France intermédiaire entre le centre et le midi : si deux départements seulement, TAveyron et l'Hérault, le séparent de la mer Méditerranée, il n'est égalemen' séparé du Cher, centre de la France, que par deux départements, le Puy-de-Dôme et l'Allier, et encore ce dernier est-il presque aussi central que le Cher. Enfin, il est exactement aussi éloigné de l'Atlantique, à l'ouest, qu'il l'est, à l'est, de la frontière d'Italie. Son chef-lieu, Aurillac, est à 590 kilomètres au sud de Paris par le chemin de fer, à 435 seulement à vol d'oiseau. Le département du Cantal est traversé par le degré 0 du méridien de Paris et par le 45e

degré de latitude septentrionale : il est donc situé sur la zone essentiellement tempérée, à égale distance du Pôle et de l'Equateur, séparés l'un de l'autre, comme on le sait, par 90° ou par un quart de cercle.

Le Cantal est borné : au nord, par le département du Puyde-Dôme ; à l'est, par celui de la Haute-Loire ; au sud-est, par celui de la Lozère; au sud, par celui de l'Àveyron ; à l'ouest, par ceux du Lot et de la Corrèze. Ses limites sont le plus souvent conventionnelles ; toutefois il a aussi des frontières naturelles : telles sont, au nord-ouest, le cours de la Dordogne, sur une cinquantaine de kilomètres, comme ligne de séparation avec le département de la Corrèze ; et, du côté opposé, au sudest, le cours du Bès, comme ligne de séparation avec le département de la Lozère, sur 25 kilomètres environ ; tels sont encore, sur de plus courts espaces, le lit de la Maronne, de la Cère, de la Veyre, du Lot, du Goul, de la Truyère, etc.

La superficie du Cantal est de 574,147 hectares. Sous ce rapport, c'est le 57e département de la France : en d'autres termes, il y en a 56 de plus étendus. Sa plus grande longueur

— du nord-est au sud-ouest, de la limite septentrionale du canton de Massiac à la limite méridionale du canton de Maurs,

— est de 110 kilomètres environ. Sa largeur, qui est de 90 à 95 kilomètres du nord au sud, entre l'endroit où la Dordogne commence à toucher le département et celui où le Lot cesse de lui appartenir, n'est plus que de 50 kilomètres, également du nord au sud, le long d'une ligne qui irait de la frontière du Puyde-Dôme à celle de l'Aveyron, en passant par la plus haute montagne du pays, c'est-à-dire parle Plomb du Cantal. Enfin, son pourtour a un peu plus de 400 kilomètres, en ne tenant pas compte des sinuosités secondaires.

Physionomie générale.

La France centrale est, on ne doit pas l'ignorer, un pays

Physionomie générale. ;>

montagneux et pittoresque, et ses plus hautes cimes se trouvent précisément clans celte ancienne Auvergne, dont le Cantal n'est qu'un démembrement. De ces cimes, la plus élevée

Le Lioran. — Vue de la percée du côté de Murât, et Plomb du Cantal

appartient au département du Puy-de-Dôme : c'est le Puy de Sancy (1,884 mètres); la seconde pour la hauteur appartient au département du Cantal; elle lui a même donné son nom ;

c'est le Plomb du Cantal, qui atteint \ ,858 mètres, et qui, par conséquent, n'est inférieur que de 26 mètres au Puy de Sancy.

Cette altitude de 1,858 mètres, quelque considérable qu'elle soit, — elle est environ 53 fois plus grande que la hauteur des deux clochers de la cathédrale de Saint-Flour, — n'est pourtant pas même la moitié de l'élévation du Mont-Blanc, en Savoie : le Mont-Blanc (4,810 mètres) est, d'ailleurs, la plus haute montagne non-seulement de la France, mais encore de l'Europe, non compris le Caucase, qui est, du reste, une chaîne asiatique autant qu'européenne.

Le Plomb du Cantal se dresse à une petite distance au sudouest de la ville de Murât, entre des torrents dont les uns se déversent dans l'Alagnon, et, par l'Alagnon, dans la Loire, et dont les autres descendent à la Truyère ou à la Gère, rivières que le Lot et la Dordogne déversent dans la Gironde : c'est une espèce de mamelon dominant un piédestal de croupes nues, et d'où Ton jouit d'un magnifique panorama : au N. se dessinent les silhouettes du Mont-Dore et des Monts-Dômes ; à l'E., on aperçoit, au delà des mornes ondulations de la Planèze, toute la chaîne de la Margeride, par-dessus laquelle pointent quelques cimes du Mézenc; au S.-E. se dressent brusquement les monts d'Aubrac, tandis que vers le S.-O. la vue s'étend jusqu'aux Pyrénées. Le Puy Mary (1,787 mètres) s'élève àl'O. de Murât, au N.-O. du Plomb du Cantal, à l'origine de plusieurs vallées étalées en éventail vers tous les points de l'horizon, et toutes également remarquables par leur fraîcheur et par leur beauté. Le Puy Chavaroche, voisin du Puy Mary, a 1,744 mètres; le Puy Griou, peu éloigné du célèbre col du Lioran, en a 1,694.

Ces puy s — ce mot veut dire montagne, comme le latin podium — sont les débris d'anciens volcans, d'où sortirent jadis les coulées de basalte et de trachyte qui s'étendent, plus ou moins dissimulées, sur une grande partie du département, sur plus de la moitié au moins. Souvent ces coulées, formant des plateaux, sont cachées par des pâturages; souvent aussi elles se

relèvent en talus élevés, en murailles superbes, en orgues ou colonnades basaltiques, qui sont une des grandes curiosités de la nature en France. Et comme ces talus, ces murailles, ces orgues, se dressent surtout au-dessus des vallons, des gorges, qu'ont peu à peu creusées les torrents, et que ces gorges sont elles-mêmes charmantes, et que ces torrents abondent en sources et en cascades, la plupart des vallées qui rayonnent autour du massif du Cantal sont remarquablement pittoresques : on peut citer celles de la Cère, de la Jordane, de la Doire, de la Bertrande, de la Maronne et principalement celle de l'Aspre, entre le village de Fontanges et les cimes du Puy Çhavaroche et du Roc des Ombres.

Le plateau le plus vaste qu'aient formé les laves rejetées par *es volcans du Cantal est la Planèze, que sa fertilité en céréale? a fait surnommer le Grenier de la Haute-Auvergne. Comme son nom l'indique, la Planèze est une plaine accidentée; son altitude considérable, le plus souvent supérieure à mille mètres, et les vents violents qui y soufflent du Cantal ou des monts de la Margeride et des monts d'Aubrac, en rendent le climat trèsfroid. Comprise entre les gorges de l'Alagnon, au nord, celles delà Truyère, au sud, les monts cantaliens, à l'ouest, la Margeride, à l'est, la Planèze a pour ville principale Saint-Flour. Les monts de la Margeride, qui bordent la Planèze à l'est, n'appartiennent pas seulement au département du Cantal; ils recouvrent aussi en partie le département de la Lozère et celui de la Haute-Loire. Ils se présentent sous la forme d'une chaîne de montagnes assez uniforme, peu déchirée en pics, riche en pâturages. Ces monts ne sont point volcaniques, ainsi que le Cantal, mais granitiques. Leurs flancs portent encore d'assez vastes forets, où les loups ne sont point rares. Leur cime la plus haute dans le département, entre Ruines et la lisière de la Haute-Loire, atteint i ,423 mètres, soit 455 de moins que le Plomb du Cantal. Quant au « géant » de la chaîne, le mont de Randon (1,554 mètres), il appartient au département de la Lozère.

Les monts d'Aubrac n'appartiennent pas non plus exclu-

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