INDUSTRIE, MINES, SOURCES MINÉRALES
Industrie, mines, sources minérales.
L'industrie manufacturière du Cantal est insignifiante. Il faut en chercher les causes dans l'émigration, dans la faiblesse numérique de la population et dans l'indifférence des Cantaliens, qui laissent sans exploitation la plupart de leurs richesses minérales. Une mine de plomb, argent et or a été concédée en 1859 dans la commune de Saint-Santin. Quelques parcelles d'or sont mêlées aux sables de la Jordane. — Le fer se trouve aux environs de Nébouzac, de Molèdes et de Thinières ; le plomb sulfuré, à Cazaret (près de Saint-Santinde-Cantalès), à Rouffiac, à Saverniole (commune de Madic) et à Thinières. Les gisements d'antimoine les plus importants se rencontrent dans le nord de l'arrondissement de Saint-Flour, à Bonnac, à Leyvaux, et dans les communes d'Àuriac, de la Chapelle-Saint- Laurent et de Saint-Mary-le-Plain ; deux mines seulement sont en exploitation : elles n'occupent que sept ouvriers extrayant environ 170 quintaux métriques d'antimoine, réduits par les préparations à 85 quintaux, d'une valeur de 5,100 francs.
Les houillères du Cantal font partie d'un immense bassin de 1,000 mètres au plus de largeur, qui, reparaissant au nord des Orgues de Bort (Corrèze), s'étend d'abord le long de laDordogne, passe par Bourg-Lastic et va se terminer, après 176 kilomètres de parcours, dans le dép. de l'Allier. Le bassin houiller de Jaleyrac-Bassignac- Champagnac a 17 kil. de longueur sur 500 à 2,800 met. de largeur ; au sud se montrent quelques lambeaux de terrains houillers, au Pontd'Auze, près de Mauriac, et près de Pléaux et de Saint-Christophe. Les mines concédées, au nombre de dix, s'étendent sur 6,042 hectares : ce sont celles de Lempret (commune deChampagnac), de Madic de la Graille et Montgroux (commune de Veyrières), de Pradelles (commune de Champagnac), de Champleix (communes de Jaleyrac, Méallet et Bassignac), et la mine de schiste bitumineux de Vendes (mêmes communes). La mine de Lempret. la seule utilisée (100 ouvriers), est exploitée à l'aide d'une machine à vapeur, de la force de 16 chevaux, qui tire la houille d'une profondeur maxima de 60 mètres ; la production s'est élevée en 1878 à 1^82 tonnes. Les lignites et les tourbes se rencontrent dans les monts Cézallier. Entre cette
chaîne et les monts du Cantal, la tourbe se montre en nombreux et puissants gisements, exploités en 28 endroits (65 ouvriers ; 8,400 quintaux par an).
Nous citerons aussi : le long du ruisseau de Labiou, près de Mauriac, plusieurs carrières de marbre; à Ydes, du grès pour pierres d'appareil et meules de moulin ; à Bassignac, de h pierre à meules; à Chastel-sur-Murat, une carrière de basalte ; des dalles pour toitures à Laqueuille, près de Dienne ; des carrières de pierres de taille à Chavagnac. Près de Menet, le Puy de Menouère, presque entièrement composé d'un beau trachyte gris et blanc, fournit d'excellentes pierres de taille. Près du hameau voisin d'Angoules et à Prunet, s'exploite du schiste micacé. Enfin, les usines de Decazeville(Aveyron) font une grande consommation de calcaire de Montmurat, qui leur sert de castine.
Le Cantal est un des départements les plus riches en eaux minérales : les sources y sont au nombre de 103, parmi lesquelles nous ne citerons que les principales. Les eaux de Chaudesaigues étaient, dit-on, connues des Romains, et Ton y a trouvé des restes d'anciens thermes. Elles étaient négligées depuis longtemps, lorsque M. Barbier les tira de l'oubli, vers 1850. On compte 12 sources principales (57° à 81°), donnant, par jour, 9,749 hectolitres. La source du Par, qui va se jeter dans le ruisseau du Remontalou, donne, à elle seule, 5,750 hectolitres par jour, et alimente d'abord une fontaine dont l'eau est employée à toutes sortes d'usages domestiques. La tempe- , rature de cette source est de 80° centigrades. C'est avec cette eau que les habitants de la ville chauffent, en hiver, leurs habitations, qu'ils trempent leur soupe, qu'ils préparent leurs aliments sans user de combustible. « Sur 450 maisons agglomérées, 500 environ profitent de cet avantage. Au rez-de-chaussée de chacune d'elles est pratiqué un petit canal en maçonnerie, communiquant avec un bassin intérieur, recouvert d'une dalle, mobile : l'eau, entrant par le canal, se répand dans le bassin, chauffe le pavé et va ensuite ailleurs. Chacun peut augmenter ou diminuer le degré de chaleur, que l'on élève, si l'on veut, jusqu'à 26°. » Deux plantes, le tremelle et un fucus d'un vert éclatant, naissent sur ces eaux, dont les épaisses vapeurs couvrent la ville d'un nuage lorsque la pression atmosphérique se fait plus fortement sentir, Les eaux de Chaudesaigues, salines, iodo-bromurées, arsenicales, excitantes, légèrement stimulantes, sont limpides, inodores, incolores, onctueuses, presque insipides; elles sont administrées dans trois petits établissements, assez mal aménagés. On les prend en boissons, en bains (d'eau ou de vapeur) et en douches; elles s'emploient notammentdans les rhumatismes chroni-
ques, les gastralgies, les engorgements, les laryngites, les catarrhes chroniques, etc.; elles sont fréquentées, chaque année, de juin à octobre, par 800 à 1,000 personnes, venues, pour la plupart, des villes voisines. — A 5 minutes de la ville, se trouve la source froide, ferrugineuse, de la Condamine.
Dans la vallée de la Cère, et à 1,200 mètres de la petite ville de Vie, adossé à la montagne boisée du Griffoul, se trouve un établissement de bains, exploitant trois sources d'eaux minérales froides (12°), bicarbonatées, chlorurées, sodiques, ferrugineuses et gazeuses, qui jouissent d'une certaine réputation. On croit que ces eaux furent connues des Romains. D'après l'analyse qui en a été faite, elles ont une grande analogie, quant à leur composition, avec les eaux de Marienbad, de Spa et d'Ems. Elles s'emploient dans le traitement des obstructions et des maladies de la vessie. Une petite maison, où l'on prend les eaux en boisson, a été bâtie à côté de l'établissement des bains, qui est fréquenté, chaque année, par 500 à 600 personnes.
Le hameau de la Bastide (commune de Fontanges) possède une source minérale froide, intermittente et assez fréquentée pendant la belle saison. Cette eau est employée, dit-on, avec succès dans les atonies de l'estomac et des viscères abdominaux, ainsi que dans la céphalalgie sus-orbi taire. — Près de Saint-Martin- Valmeroux , la source minérale incrustante de Font-Sainte est fréquentée, par les malades du voisinage, pendant les mois de juillet et d'août. — Les eaux ferrugineuses de Magnac, près de Sarrus, contiennent du gaz hydrogène sulfuré, mélangé à du gaz acide carbonique, des souscarbonates de fer, de soude et de magnésie. — Mentionnons aussi : la source minérale et thermale de Conches, près de Chanet; la source de Rouvelet, près de Sainte-Marie, efficace contre la chlorose, l'aménorrhée, l'atonie de l'estomac ; celles de Teissières, de Canines, de la Baraquette, de la Capelle-en-Vézie, etc.
A' part l'usine de lainages de Saint-Flour, le Cantal ne possède pas de grandes manufactures ; mais on y compte : 2 carderies (à Aurillac), 48 tanneries, 5 brasseries et 11 chaudronneries, industrie assez importante qui a nécessité l'établissement de plusieurs martinets à cuivre au Menut, à Patey. à Peyrolles, à Vigouraou, à Roanne- Saint-Mary, à Arpajon (près d'Aurillac).
Les principales tanneries sont celles de la Roquebrou, de Chaudesaigues, Maurs, Murât, Malzieu-Ville, etc. Deux verreries existent à Cros-de-Montvert et à Siran. Les étoffes (filatures de laine renfermant 4,380 broches en activité; 161 métiers mécaniques) se fabriquent à Saint-Flour (couvertures et étoffes connues sous le nom de