AGRICULTURE
Canton de Massiac (12 corn.; 8,925 h.; 27,539 hecl.) . Auriac
Bonnac — la Chapelle-Laurent — Laurie — Leyvaux Massiac
Molèdes — Molompize — Saint-Mary-le-Cros — Saint-Mary-le-Plain
— Sainl-Poncy — Valjouze.
Canton de Pierrefort [H com.; 7,157 h.; 24,706 hect.). Brezons
— Cczens — Gourdicges — la Capelle-Barrès — Malbo — INarnhac — Oradour — Paulhenc — Pierrefort — Sainte-Marie — Saint-Martin-sous- Vigouroux.
Canton de Ruines (13 com.; 7,023 h.; 26,638 hect.). *— Bournoncles
— Celoux — Chaliers — Chazelles — Clavières — Faverolles — Lorcières — Rageade — Ruines — Saint-Just — Saint-Marc — Soulages
— Védrines-Saint-Loup.
Canton de Saint- F tour [Nord] (15 com.; 9,796 h.; 29,596 hect.). — Andelat — Anglards —Coltines — Coren — Lastic — Mentières — Montchamp — Rézentières — Roffiac — Saint-Flour — Saint-Georges — Talizat — Thiviers — Vabres — Vieillespesse.
Canton de Saint-Flour [Sud] (11 com.; 11,384 h.; 27,550 hect.). — Alleuze — Cussac — Neuvéglise — Paulhac — Sériers — Tanavelles — les Ternes — Ussel — Value) uols — la Vastrie Villedieu.
Agriculture.
Sur les 574,147 hectares du département, on compte :
Terres labourables 180,656 hectares.
Prés 87,802
Vignes 400
Bois 64,399
Landes 50,000
Le reste se partage entre les pâturages et pacages, les étangs, lea emplacements de villes, de bourgs, de villages, de fermes, les surfaces prises par les routes, les chemins de fer, les cimetières, etc.
On compte dans le département : 10,180 chevaux (de petite taille, mais durs à la fatigue), 2,950 ânes, 1,225 mulets ; 109,225 bœufs d'excellente race, élevés principalement dans les grasses prairies qui recouvrent les vastes plateaux basaltiques de Salers et de Mauriac ; 380,700 moutons, estimés pour la délicatesse de leur chair et la finesse de leur toison (en 1875, 700,250 kilogrammes de laine, valant 1,372,490 francs); 49,100 porcs ; 30,150 chèvres, dont le lait
sert à faire d'excellent fromage appelé cabecou; 13,600 chiens et 55,700 ruches d'abeilles. A la ferme de SouiDard, près de Pierrefort
existe un dépôt de reproducteurs étrangers, chèvres d'Angora
lamas, alpagas, — dont le croisement avec les races du pays a donné d'excellents résultats.
La principale richesse du département consiste dans les excellents pâturages qui recouvrent ses montagnes volcaniques. Dans les monts d'Aubrac s'engraissent de nombreux troupeaux destinés à l'approvisionnement du midi de la France et surtout de Marseille. Mais c'est du massif central des monts du Cantal que viennent les excellents fromages exportés dans la France entière. Ces fromages se fabriquent en été dans les burons, cahutes misérables accrochées aux flancs des arêtes qui rayonnent autour du Plomb du Cantal. Chaque buron est habité par un vacher et deux bergers qui exploitent une trentainede vaches parquées, la nuit, dans un enclos. Pendant le jour, elles errent dans les montagnes, dont les plantes odoriférantes forment les éléments d'un lait savoureux et abondant. Les troupeaux, les vachers et les bergers passent la mauvaise saison dans les vallées. — Dans le but de perfectionner l'industrie fromagère, l'administration départementale a créé, au Croizet, près d'Aurillac, une école de fabrication de fromage de Hollande, dirigée par une famille hollandaise et subventionnée par l'État.
La ferme-école de la Chassagne (dans le canton de Pierrefort) est destinée à former de bons chefs de culture, des contre-maîtres ruraux, maîtres- vacher s et fromagers.
Les céréales — blé, froment, seigle, sarrasin ou blé noir — se récoltent principalement sur le plateau basaltique de la Planèze (compris entre la ville de Saint-Flour et celle de Murât), plaine froide et battue des vents, mais produisant, malgré sa grande élévation audessus du niveau de la mer (presque partout supérieure à 1,000 mètres), assez de céréales pour avoir mérité le nom de Grenier delà Haute- Auvergne. Toutefois les récoltes ne suffisent pas à la consommation des habitants, et dans un grand nombre de communes on y supplée par les châtaignes, qui sont abondantes surtout dans les cantons de Maurs, Montsalvy et Saint-Mamet.
Les autres produits du sol sont l'orge, les plantes oléagineuses, le chanvre, le lin et les légumes : les petits pois de Montsalvy sont particulièrement estimés. Quelques hectares de vignes, situés dans les environs de Massiac et de Maurs, produisent un vin de mauvaise qualité.
En 1875, on a récolté dans le département 93,000 hectolitres de froment, 15,560 de méteil, 750,840 de seigle, 77,096 d'orge,
95,000 desarrasin, 154,000 d'avoine, 554,400 de pommes de terre, 5,250 de légumes secs, 264,160 de châtaignes, 3,500 quintaux métriques de chanvre, 288 de lin et 12,090 hectolitres de vin.
Les forêts, jadis bien plus vastes, occupent encore environ la huitième partie du territoire, et sont habitées par des sangliers ainsi que par des bandes de loups qui portent souvent la terreur au milieu des troupeaux et dans les villages. Les forêts les plus importantes sont: dans l'arrondissement d'Aurillac, celles du Bousquet, deConros (184 hectares de hêtres), de Marmiesse, deMontvert et d'Ytrac ; dans l'arrondissement de Saint-Flour, les bois du Siniq (59 hectares, commune de Malbo), la forêt de sapins de la Margeride (1,050 hectares), le bois de Béranger, à Saint-Urcize ; dans l'arrondissement de Mauriac, le Bois-Noir (610 hectares de sapins), les forêts d'Algères, de Chalvignac, de Trémouille et les 5,640 hectares boisés sur les côtes de la Dordogne et de l'Auze; dans l'arrondissement de Murât, les forêts de Murât et duLioran,desMaubert,des Gaulis,dela Pignatelle (1,000 hectares), le bois de Combret, etc. Les essences dominantes sont: dans les régions froides, le sapin et le pin ; dans le moyen pays, le hêtre, le frêne et l'ormeau ; dans le bas pays, le châtaignier, et le chêne converti en merrain pour la tonnellerie. On a entrepris sur plusieurs points le reboisement des montagnes. — Les meilleurs fruits du département sont les pommes de reinette. — Une pépinière départementale existe à Arpajon.
Dans la plus grande partie du Cantal, les procédés et les instruments de culture offrent une grossièreté toute primitive. Toutefois les habitants ne négligent pas les améliorations du sol : dans ces dernières années, 150 hectares environ ont été drainés ; les marais de Cussac et de Paulhac, de Pierrefitte, de la Morte, de Valat, de la Camp-de-Montvert, ont été desséchés en totalité ou en partie. Malheureusement la longueur de la mauvaise saison n'est pas favorable au développement de l'agriculture et des surfaces cultivées ; aussi, une partie de la population émigre-t-elle temporairement chaque année. A la fin des travaux de la campagne, c'est-à-dire en automne, dix mille émigrants environ quittent le Cantal et se rendent soit dans Fintérieur delà France, soit en pays étranger, et surtout dans la Catalogne (Espagne), en qualité de chaudronniers, marchands de bois et de charbon, de porteurs d'eau, hommes de peine. Après une absence plus ou moins longue, ils reviennent apportant leurs économies, qu'on évalue en masse à 1,500,000 fr. par an. Malheureusement beaucoup de ces émigrants, attirés dans les grandes villes par l'appât du gain, s'y marient, font fortune, et dédaignent de revenir aux âpres montagnes qui les ont vus naître.