‹ Géographie du département du CherChapitre 3 sur 15 · II. — Physionomie générale · texte numérisé non relu

II. — Physionomie générale

Souvent dissimulé sous les argiles de$ terrains tertiaires, le sol jurassique occupe de beaucoup la plus grande partie du Cher, où il forme le vaste quadrilatère compris entre Saint-Jeanvrin (pi es de Châteaumeillant), Tentrée du Cher dans le déparlement, Savigny (canton de Léré) et Graçay. L'ensemble de ces terrains, appartenant aux lias et aux trois étages oolithiques, se présente généralement sous la forme d'un plateau peu mouvementé, d*une hauteur de 140 à 200 mètres. Ce plateau central est borné, au nord, par les terrains tertiaires de la Sologne, qui occupent, comme étendue, la seconde place dans le département. Entre la Loire et les plateaux jurassiques et tertiaires, se dresse la puissante chaîne de collines d'Hurabligny, qui appartient, avec une partie du pays de Sancerre, à la formation crétacée; enfin Tétage supérieur du terrain triasique, celui des marnes irisées, sépare, au sud du département, le plateau jurassique des terrains granitiques de six communes: Yesdun, Gulan, Saint-Saturnin, Sidiailles, Saint- Priest et Préveranges, derniers contre-forts du plateau granitique de la France centrale. On trouve de grands dépôts d'alluvions modernes dans le val de la Loire et dans les vallées du Cher, de TArnon, de TAubois, de TAuron et de TYèvre.

Le département du Cher, au centre et à l'ouest, est peu accidenté : des collines peu élevées, des coteaux, y inclinent en pente douce leurs versants vers le bord des rivières. Au sud, les chaînes de l'Allier et de la Creuse rattachent les collines du Cher aux montagnes de la France centrale, dont elles forment les premières assises. Le chaînon granitique qui pénètre dans le Cher, à l'angle sud-ouest, entre Saint-Priest et Préveranges, y donne naissance à l'Indre et renferme les points culminants du département : le mont de Saint-Marien, d'où

descendent l'Indre et le Béroux» tributaire de la Petite-Creuseï et qui s'élève sur les frontières de la Creuse, à 3 kilomètres au sud-est de Saint-Priest, atteint 508 mètres, et un grand nombre de sommets ont de 450 à 500 mètres. De beaux sites se font remarquer dans les vallons encaissés où coulent l'Indre, la Taissonne, la Joyeuse et TArnon.

Par leur hauteur et par leurs formes accentuées et pittoresques, d'autres massifs se distinguent des cliaînes de collines basses, écrasées et monotones qui sillonnent le pays ; ce sont : — 1<^ le massif de collines jurassiques, à pentes très raides vers le sud, qui domine Saint-Âmand, la vallée de la Marmande et celle du Cher : le point culminant, le mont du Belvédère^ ou Tour Malakoffy près de Saint-Âmaud, a 328 mètres ; — 2<* le massif de collines crétacées d'où descendent les deux Sauldre, au sud-ouest de Sancerre, qui atteignent leur plus grande hauteur à la Moite d'Humbligny (454 mètres) et à la montagne de Neuilly-en-Sancerre (427 mètres), et dont un certain nombre de sommets dépassent 350 mètres; — 3<^le massif sur l'un des plus hauts mamelons duquel (275 mètres) est bâtie Sancerre et qui se profile hardiment du côté de la Loire.

Le plateau central jurassique du département offre, en général, une siu'face uniforme, où se creusent des vallées, telles que celles du Cher, de i'Arnon, de l'Aiiron, ayant rarement une profondeur moyenne de plus de 15 à 20 mètres et présentant quelques paysages gracieux. Extrêmement riche en mines de fer, ce plateau, médiocrement fertile, est tantôt nu, tantôt recouvert de bouquets d'arbres, de taillis et de forêts. Au nord des collines crétacées de Morogues et de celles que revêt la vaste forêt d'Allogny, le terrain» changeant dénature, change aussi d'aspect : on entre dans la Solog^ne. Cette région, d'une infertilité proverbiale, mais dont le sol a été bien amélioré depuis 40 ans, ne renferme pas, dans le département du Cher, autant d'étangs que la Sologne du département de Loir-et-Cher ; se relevant vers une ligne de faîte trois fois plus élevée que celles d'où descendent, dans Loir-et-Clier, les lr>-

butaires du Beuvron (la rivière solognote par excellence), les terrains y ont plus de pente, les plateaux y sont plus mouvementés, et, si le sous-sol argileux y rend les teties froides et humides et Tair insalubre, on trouve encore dans les V3llé!?s des deux Sauldre, de la Nère et de leurs afflueiïts, des chumps fertiles , de jolies prairies et des eaux courantes.

Sur la rive gauche de rAllicr et sur celle de la Loire, liont la plaine s'appelle dans le pays le Val, s*éteïi<knt de beîles campagnes, d'une admirable fécondité.

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