III. -— Cours d'eau f eaimtix
Toutes les eaux du département du Cher 5ë dirigent vt^rs la Loire, soit directement, soit par le Beuvron, le Cher et rindre. La Loire, l'Allier et le Cher sont navii^alilcs.
La Loire est un grand fleuve. Elle naît trois ïoh plus pr^.ifi de la Méditerranée que de l'Atlantique, dans les niontiignes du département de l'Ardèche, sur le Ilanc du Gt-ibit^r de Jour. haut de 1,554 mètres, qui fait partie de la chuine des Cévenries. L'altitude de sa première fontaine est de 1,57"» rnLiLrcs. Av^mi d'atteindre le déparlement du Cher, elle arroge du Lonle sii déparlements, l'Ardèclie, la Haute-Loire, la Loir^, Saùtieet-Loire, l'Allier et h Nièvre. Dans un cours dirii^é, en moyenne, d'abord vers le nord-nord-est, piiis vers le iiordnord-ouest, elle laisse à gauche le Puy-en-Velfly, à droite Saint-Étienne-en-Forez, baigne Roanne et Ne vers. O^and elle commence à toucher par sa rive gauche le (léparlfîmpïir. du Cher, où elle ne pénètre point mais qu'elle sépare du dé[ïartement de la Nièvre, elle a parcouru à peu près le tiers de «;a longueur, qui dépasse un peu 1,000 kilomètres.
Pendant 91 kdomètres, la Loire appariit^nt, par sa rive gauche, au département du Cher, du confliifial de rAllicr jusqu'ub peu au delà de Belle ville. Sa rive droite est tlominée généralement par des collines assez élevées, Lmcliii que la rive gauche est bordée par une plaine où passe le can^l
Latéral à la Loire. De ce côté, les bourgs et les villages» que menacent les inondations de la Loire, ne sont pas bâtis au l)ord du fleuve, mais sur le canal Latéral qui suit le pied des coteaux.
C*est par 172 mètres d'altitude que la Loiro commence à toucher le territoire du Cher. En face de Fourchambault (Nièvre), son niveau est de 168 mètres; il est de 160 devant la Charité (Nièvre), de 154 devant Pouilly (Nièvre), de 150 au pont de Saint-Thibault, au pied de la colline de Sancerre, de 146 devant Gosne (Nièvre), de 157 à sa sortie du département.
La largeur de la vallée, dans la partie coutiguë au Cher, varie entre 1,500 et 4,000 mètres. Le fleuve, généralement peu profond (bien que navigable ou censé tel) et parfois trèsélargi par des iles, a une largeur moyenne de 700 à 800 mètres. Des levées ou digues sont destinées à arrêter les inondations. Un canal Latéral (F. p 19) assure en tous temps le service de la navigation.
La Loire baigne, dans le département du Cher, le territoire des communes suivantes : Cuffy, Cours-les-Barres, Jouet-sur- TÂubois, Ma.seille-lès-Aubigny, Belles, Saiiit-Léger-ie-Petit, Argcnvières, la Chapelle-Monilinard, Herry, Couargues, Saint- Bouise, Thauvenay, Méiiétréol-sous-Sancerre, Saint-Salur, Bannay, Boulleret, Léré, Sury-près-Léré et Belleville.
De sa sortie du département du Cher jusqu'à la mer, la Loire traverse encore cinq départements, le Loiret, Loir-et- Cher, Indre-et-Loire, Maine-et-Loire, la Loire-Inférieure. Changeant de direction, elle se ^orte vers l'ouest, baigne Gien, Orléans, Blois, Amboise, Tours, Saumur, passe près d'Angers, à Ancenis, à Nantes. Là, elle commence à se transforuier en un estuaire qui acquiert successivement 2,500, 5,000, 4,000 mètres de largeur, puis se resserre à 2,000 mètres au point oii elle entre dans l'Atlantique, à Saiiit-Nazaire, à 55 kilomètres en aval de Nantes, à l'issue d'un bassin de 12 millions d'hectares, c'est-à-dire plus du cinquième de la France.
La Loire est un fleuve capricieux. Au-dessus du point où la marée lui donne plus de profondeur et de régularité, et notamment en amont du confluent de la Maine» elle ne couvre son lit qu'à la suite des grandes pluies, des fontes de neige, au printemps et quelquefois en été. Alors elle est teirible, et peut rouler jusqu'à 12,000 mèlres cubes d'eau par seconde, c'est-à-dire 12 millions de litres d'eau ; tandis qu'à Tétiage, autrement dit aux eaux très basses, on la voit descendre à 25 mètres cubes par seconde devant Orléans, à 50 au-dessous du confluent de la Vienne. En somme, la moyenne de son débit, étiage et crues compris, est de 985 mètres cubes d'eau par seconde.
La Loire a pour affluents, dans le département du Cher, l'Allier, l'Aubois, la Vauvise, la Belaine, le Moulin-Neuf ou les Buteaux, la Judelle, la Balance ; et, hors du département, le ruisseau de Maimbray, la Nôtre-Heure, le Beuvron, le Cher et rindre. Ces affluents débouchent tous par la rive gauche, puisque la rivé droite appartient au département de la Nièvre.
L'Allier est une des plus grandes rivières de la France, en même temj)s que l'affluent le plus long et en moyenne le plus abondant de la Loire. Son cours est de 410 kilomètres, dans un bassin de 1,445,580 hectares, mais 20 kilomètres seulement appartiennent au Cher, et par une seule rive, la rive gauche (la rive droite appartenant à la Nièvre). U prend sa source à 1,4;23 mètres, dans la Lozère, coule vers le nord, plus ou moins parallèlement à la Loire, dont il est séparé par la chaîne des monts du Velay, du Forez et de la Madeleine, et traverse ou longe six départements : la Lozère, la Haute- Loire, le Puy-de-Dôme, TAllier, la Nièvre et le Cher. 11 baigne Brjoude, Issoire, diverses villes de la Limagne d'Auvergne, Vicliy et Moulins. Dans son cours inférieur, c'est une rivière pe^u profonde, ayant de 200 à 500 mètres de largeur, et, quand il rencontre la Loire, à 7 kilomètres en aval de Nevers, au Bec-d'AlIicr, il serait difflcile de décider quel est le plus considérable des deux cours d'eau. Il impose sa direction
iO CHER.
propre'à la Loire, et lui apporte, en moyenne, iOf) mètres cubes d'eau par seconde (l'ctiage serait de 12 mètres cubes, mais ces chiffres ne sont pas déGnitifs). Certains calculs donneraient une grande prépondérance à la Loire, dont le cours remporterait de 20 kilomètres, le bassin de 353,000 hectares et le débit moyen de 60 mètres cubes par seconde. L*Âllier ne baigne aucune ville dans le département du Cher; il laisse à une dizaine de kilomètres à gauche Sancoins et la Guerche. Eotré dans le département du Cher par 187 mètres d'altitude, il a son embouchure à 172 mètres, nprès avoir arrosé les communes de Mornay, Neuvy-le-Barrois, Âpremont et Cuffy. A 3 kilomètres en amont du confluent, il passe sous un beau pont du chemin de fer de Vierzon à Saincaize (entre la station du Guétin et celle de Saincaize), et, à 1,200 ou 1,500 mètres plus bas, sous le célèbre pont-aqueduc du Guétin, qui porte d'une rive à Fautre le canal Latéral de la Loire et le relie au canal du Berry (500 mètres, 18 arches).
VAubois prend sa source dans des collines de 250 mètres, près d'Augy, passe à Sancoins, où il rencontre le canal du Centre (F. p. 19), qui le suit jusqu'à son embouchure, et reçoit YArcueiL L'Aubois baigne ensuite la Chapelle-Hugon, la Guerche où il croise le chemin de fer de Vierzon à Saincaize, Jouel-sur-rAubois, et se jette dans la Loire près de Marseilleslès-Aubigny. Cours, 45 kilomètres. Il fait mouvoir les forges d'Aubigny, de Fournay, de Trézy.
La Vauvise sort d*nn étang dominé par une colline de 261 mètres, à 2 kilomètres et demi de Nérondes, bdgne Sancergues, reçoit le ruisseau de Menelou-Coniure, le Ragnon (il passe à Lugny Champagne) et la Planche-Godard, croise le canal Latéral à la Loire, et tombe dans la Loire, par 150 mètres environ, an pied du mont de Sancerre. Cours, 54 kilomètres. — La Planche-Godard descend des collines crétacées de Neuvy-Deux-Clochers (355 mètres), baigne Veaugues et Vinon et se jette dans la Vauvise à Saint-Bouise.
La Belainey qui vient de Sury-en-Vaux, dcbouchc dans h fleuve à Bannay.
COURS D'EAU, CANAUX. Il
Le Moulin-Neuf, ou les Butteaux^ a son embouchure en aval de Boulleret.
La Judelle passe à Léré
La Balance coule au nor<l de Sury.
Le ruisseau de Maimbray, qui n*a que son cours supérieur dans le département du Cliox, où il passe près de Santrangest tombe dans la Loire à Maiiiibray (Loiret).
La Nôtre-Heure ou Yèvre-duNord naît dans le canton de Vailly, au pied d*une colline de 350 mètres, puis entre daiis le département du Loiret, où elle débouche dans la Loire, près de Gien.
Le Beuvron sort, à 2 Kilomètres au nord d'Argent, d'un étang de la Sologne (180 mètres), passe à Cordon (Loiret), entre en Loiret-Glier, baigne la partie la plus infertile de la Sologne, et tombe dans la Loire au-dessus de Gandé. Cours, 125 kilomètres.
Le Cher (550 kilomètres, dont 120 dans le déparlement), qui, un peu moins long que TA Hier, roule une moins grande quantité d*eau, a son origine dans les montagnes de la Marche (Creuse), traverse la paitie occidentale du département de l'Allier et y baigne Montluçon,où commence le canal du Berry, qui suit sa vallée jusqu'à Saint-Aniand. Le Cher entre dans le dépirtemcnt auquel il a donné son nom à 1,500 mètres en aval de Vallon-en-Sully (Allier) et le sépare pendant 5 kilomètres du département de l'Allier. Puis il le quitte pour traverser ce dernier département, de Maulne jusqu'aux environs d'Urçay. Servant de nouveau de limite aux deux départements, d'Urçay à rÉtelon, il pénètre déûnitivement dans le Cher près de rÉtelon, par 165 mètres d'altitude.
Le Cher baigne les communes d'Ëpineuil, de la Perche, d'Ainay-le-Vieil, de la Groutte, Colombier, Drevant (158 mètres), Saint-Georges-de-Poisieux, Bouzais, Saint-Amand (155 mètres), Orval, Nozières, Farges-d'Allichamps, la Celle, Bruère-Allichanips, Yallenay, Crésançay, Saint-Loup des-Chaumes, Saint- Symphorien, Venesmes, Chàlcauneuf (157 mètres), Corquoy, Lapan, Lunery, Saint-Gaprais, Sainl-Florent, Villeneuve (119
mètres), Sainte-Thorette, Preuilly, Quincy (H2 mètres), Foëcy, Brinay, Vierzon (98 mètres), Saint-Hilaire-sous-Court, Saint-Georges-sur-la-Prée, Méry-sur-Cher et Thénioux. 11 prête sa vallée au chemin de fer de Bourges à Moulin? et à celui de Tours à Vierzon. Sorti du département du Cher, par 96 mètres d'altitude, ce qui donne 408 mètres pour la pente totale du département, le Cher traverse les départements de Loir-et- Cher, de Tlndre, d'Indre-et-Loire, passe à 3 kilomètres au sud de Tours et va tomber dans ]a Loire (rive gauche) au Bec-du- Clier^ entre Tours et Langeais. Le Cher, qui fait mouvoir un grand nombre d'usines à fer, est censé flottable de la limite du département de la Creuse à Vierzon (159 kilomètres), et navigable de Vierzon à la Loire ; mais, en réalité, le flottage est nul, et la navigation, qui n*a lieu que de Saint-Aignan à la Loire (76 kilomètres), n'est pas très active à cause du peti de profondeur de la rivière en certains endroits et du grnîid nombre des retenues d'usines.
[Le Cher a pour affluents, dans le département, la Queugne ou Iiucugne, la Loubicre, la Marmande, rilivernin, le Trian, la Btii réelle, l'Yèvre, TArnon, le Fouzon (hors du déparlemeul) et la Sauldre.
La Queugne ou Rueugne naît au sud de Coursais (Allier), au pied des Loges de Forgette (358 mètres), reçoit les ruisiGLiuît de la BoiUelière et du Bœuf, croise le chemin de fer de Bnurges à Moulins et le canal du Berry, et se jette dans If Clicr (rive gauche) près d*Épineuil.
L;\ Loubière (rive gauche) sort d'un étang à 2 ou 3 kilojiicticâ au sud de Saulzais-le-Potier, baigne, outre cette lommune, celles de Faverdines, Saint-Georges-de-Poisieux Biiuzaist Orval, et tombe dans le Cher (rive gauche) en face du Saint-Amand et de l'embouchure de la Marmande.
La Marmande (rive droite) naît près de Cérilly (Allier), l ni verse une partie de la vaste forêt de Tronçais, alimente un r&^^t voir de 400,000 mètres cubes dont une rigole porte les Faux au canal du Berry, rencontre ce canal, qui la suit jus-
qu'à son embouchure, reçoit la Cocuelle, la Sologne et le Chignon, passe à Charenton, au pied de collines escarpées de 328 mètres qui portent la Tour Malakoff, à Saint-Amand- Mont-Rond, et tombe près de cette ville dans le Cher (155 mètres). Cours, 42 kilomètres. — La Sologne, son affluent le plus important (rive gauche), sort d'un étang (Allier) situé au pied d'un coteau de 376 mètres, au nord du Vilhain, traverse la forêt de Tronçais, passe à Saint-Bonnet-le-Désert, à Aina^4e-Ghâteau et a son embouchure à 4 kilomètres en aval de cette ville. Cours, 25 kilomètres.
VHlvemin sort d'un étang de la forêt de Meillant, baigne Meilbut et se jette dans le Cher au-dessous d'Allichamps.
Le Trian naît dans les plateaux de Marçais (225 mètres), baigne Saint-Symphorien, croise le chemin de fer de Bourges à Moulins et se jette dans l'un des deux bras du Cher (rive gauche) i]ui enserrent l'île de Châteauneuf.
L'A Margelle vient de Morthomiers et débouche sur la rive di'oite du Cher entre Villeneuve et Sainte-Thorette.
L'ITèvr© sort, au pied d'une colline de 248 mètres, d'un étaij^ situé à 180 mètres, au nord de Baugy, passe à Baugy, près du camp d'Avord, croise le chemin de fer de Vierzon à Saincaize, qui n'abandonne plus sa vallée jusqu'à Vierzon, baigne les communes de Savigny-en-Septaine, Osmoy, Mouliiis-sur-Yèvre, Bourges (130 mètres d'altitude) où elle rencontre le canal duBerry qui longe sa rive gauche, Marmagne, Mehun^ Foëcy, et se jette dans le Cher à Vierzon, par 98 mctres. Cours, 00 kilomètres. — L'Yèvre reçoit : à 2 ou 3 kiîoniètres en amont de Savigny-en-Septaine, (rive droite) le Viliahoiiy qui baigne le village du même nom ; — au-dessous de Savigny-en-Septaine, (rive gauche) VYévrette ou Airain, fiui sort de l'étang (188 mètres) de Nérondes, croise le chemin de l'er de Vierzon à Saincaize, se grossit du Préau, dé* versiûir de l'étang d'Ourouer, du Blet sorti du gouffre de Blet, biignii Ûsmery et reçoit, au-dessus de Crosse, le Grand-Craon (il naît près de Nérondes, dans des collines de 277 mètres, Laigii*î Bengy, . Jussy-Cliampagne et débouche à Vornay, rive
COURS D'EAU, CANAUX. f5
droite); quand l'Yévrette se joint à l'Yèvre, elle a parcouru 46 kilomètres, tandis que celle-ci n'est qu'à 25 kilomètres de sa source; — à Moulins-sur- Yèvre, (rive droite) i Omiier, <\ai naît à Yalentigny, près des Aix-d*Angillon, kii^iïe Sainte^ Solange, reçoit la Tripande, et croise le chemin lio Ter de Vierzonà Saincaize; — à Bourges, par 150mÈLtes (Fiiltitude, (rife droite) le Colin, le Langis, IcMoulonetrAuioiL Lr Colin naîl dans les hautes collines crétacées d'Humbligïiy (45 i mil;' 1res), baigne Morogues, Aubinges, les Aix-d'Angilloii» S;iinl,- Germain-du-Puy, et croise le chemin de fer tie Viei^on I Saincaize; le Colin s'engouiïre en partie près du i huLe:m de Lussonet rejaillit parla belle source de Yalentigny. l.e Langù ou Rotte naît à la Rongère, commune de Parassy, tlims des collines de 267 mètres, baigne Soulangis, Saiiil-Michel-de- Soulangis et croise le chemin de fer de Yierzon à Siûiicaize ; cours, 21 kilomètres. Le Moulonon Bézonde nali à la fonltiine du Coquin, près de Menetou-Salon, dans des e{}liines de Ht^O mètres, passe au pied de Saint-Martin-d'Auxigny et h l"«^i^y ; cours, 50 kilomètres. UAuron (84 kilomètres) naît près de Cérilly (Allier), dans des collines de 313 mètres, passeà Valigny, remplit de ses eaux un réservoir de 4miHioui demèlres cubes alimentant le canal du Berryqui longe sa vullée jus^^u'a Bourges, entre dans le Cher, arrose Bannegou où loiiibe le Sagonin (qui naît dans des collines de 260 mètres, bui^ni; Sagonneet Givardon), reçoit le Bouzon ou Brosse, imi^iit Saint- Denis-de-Palin, Annoix, Saint-Just, Plaimpied, et icçoit IcUeu* gnon ou Bamponne (il naît au bois de la Fin, commune dt Saint-Germain -des-Bois, et baigne Levet); — u Mclmn, (rive droite) VAnnain, qui descend de la forêt ti'Allo^^nj ; — au-dessus de Yierzon, (rive droite) le Baranjon (4(^ kilomètres), qui naît près de Saint-Palais, sur le j)late;ru do Mittirand, à la lisière de la forêt d'Allogny, passe a Neuvy, Vouzeron, Saint-Laurent, Yignoux et reçoit le Croulas.
L'Arnon (i40 kilomètres) se forme au pied des anilines (508 mètres) de Saint-Marien et de Saint- Pierre-de-Dost (Creuse), passe presque aussitôt dans TAllieret, fjeu aprè^^ d^iis
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le Cher, coule au pied du roc escarpé qui porte les ruines de la Roche-Guillebaud, baigne Gulan, Ârdennais, Lignières, entre deux fois dans Tlndre, pour rentrer ensuite dans le Cher, baigne Saint-Ambroix, Darne-Sainte, Chârost, croise, près de Lu-y, le chemin de fer de Paris à Toulouse, et se jette, en deux bras, dans le Cher (rive gauche) à 4 kilomètres en aval de Vierzon (97 mètres). — L'Amonapour afQuents: — au pied de la colline de Sidiailles, (rive gauche), la Joyeuse^ qui descend des montagnes granitiques de Préveranges (504 mètres) et baigne 1 étroit vallon où s'élèvent les ruines de Tabbaye de Pierres ; — près du hameau des Bandons (rive gauche), le Portefeuille (30 kilomètres), qui descend des collines granitiques de Saint-Saturnin (376 mètres), passe à Saint-Maur, au Châtelet, et reçoit le Cheminon; — près de Tjuchay, (rive gauche) la Sinaise^ qui naît au pied du bois de Bougaseau (335 mètres), passe à Ghâteaumeillant, reçoit la Goutte-Noire et le ruisseau de V étang de Saint-Janvrin ; — à Condé, (rive droite) le ruisseau de PoniCliauve, ancien déversoir de l'étang desséché de Villiers; — au-dessous deMareuil, (rive gauche) le ruisseau de Chezal-Benoît ; — en av:il de Saint-Ambroix, (rive droite) le Pontet; — en amont de Migny, (rive droite) Vahonàtinle fontaine de Polsieux ; — à Lazenay, (rive gauche) la Théols, qui a sa source et la plus grande partie de son cours dans le département de l'Indre, où elle baigne Issoudun. Un affluent de la Théols, la Grande" Thonaise^ arrose dans le Cher le canton de Lignières.
Le Fouzon^ qui n'a que quelques kilomètres de cours dans le département du Cher, dont il baigne un chef-lieu de canton, Graçay, où il reçoit le Pot, rejoint le Cher (rive gauche) en amont de Châlillon (Loir-et-Cher).
La Grande - Saaldre (166 kilomètres) naît près de Humbligny, au pied de collines crétacées de 434 mètres, passe à Neuilly, Sens-Beaujeu, au Noyer, à Vailly, à Concressault, à Blancafort, puis, après avoir arrosé depuis Humbligny une vallée fertile , coule dans une vallée creusée à travers les tristes plateaux de la Sologne, arrose Argent, alimente le
canal de la Sauldre, el baigne Glëmont ; puis elle entre dans le déparleoient de Loir-et-Cher, où elle rejoint le Clier (rive droite) entre Selles-sur-Cher et Châtillon. — La Grande-Sauldre reçoit : au moulin de Jars, (rive droite) la Balance, qui vient de Menetou-Ratel ; — en amont de Vailly, (rive droite) la Salereine^ appelée Aunaie dans son cours supérieur ; — eutre Vailly et Concressault, (rive gauche) ITonn^, qui descend de collines de 561 mètres ; — un peu en amont d'Argent, (rive gauche) VOizenotte; — à Clémoiit, (rive gauche) la Nère (56 kilomètres), qui naît aux Fontaines, commune d*Yvoy-le-Pré, se creuse une vallée dans les plateaux de la Sologne et passe à Aubigny; — au-dessus de Pierrefitte (Loir-et-Cher; rive gauche), la Boule-Vive y qui nait dans le plateau de Sainte-Montaine (Cher) et se creuse une vallée dans les plateaux de la Sologne; — à 4 kilomètres au-dessus deSalbris (Loir-et-Cher; rive gauche), la Petite-Sauldre (56 kilomètres), qui naît au pied de collines crétacées de 454 mètres, près du château de Parassy, canton des Aix-d'Angillon (Cher), passe non loin d'Ilcnrichemont, reçoit la Vernou, passe à la (ihapellc-d'Aiigillon, où tombe le Maucardy à Enuordrcs, à Ménétréol (148 mètre<$), entre dans le département de Loir-et-Cher et reçoit la Boule-Morte qui a sa source dans le Cher; — au-dessous de Selles (Loir-et-Cher ; rive gauche), le Naoriy qui n*a guère dans le Cher que 9 kilomètres, sur 55 ; — au-dessus de Yilleherviers (Loir-et-Cher ; rive gauche), la Rère (62 kilomètres, dont la moitié dans le Cher, l'autre moitié dans Loir-et-Cher), qui naît à Sommerère, à 5 kilomètres de la Chapelle-d'Angillon, au pied d'une colline de 255 mètres, passe à Presly-le-Chétif, puis entre en Loir-et-Cher.]
Llndre, rivière de 260 à 265 kilomètres, affluent direct i!e la Loire, commence à la fontaine d*lndre, commune de 'oaint-Priest-la-M arche (Cher), dans un massif (504 mètres) tie granits et de gneiss qui sont, de ce côté, le dernier baslion (In grand Pl.iteau Central de la France. A peine a-t-elle [htrcuuru 4 ou 5 kilomètres qu'elle entre dans le dépar*
teraent de l'Indre où elle baigne la Châtre et Châteauroux. Puis elle passe dans le département d'Indre-et-Loire, ok ette arrose Loches, et tombe dans le ileave ifxmps^dÊéf, par 55 mètres d'altitude, entre hmgam et fa Ôiapelle-sur-Loire.
Lfe déportoMent du Cher envoie à Tlndre une rivière, la Taissonne, qui a son embouchure dans le département de rindre, près de Sainte-Sévère.
Étangs. — Le département du Cher possède un assez grand nombre à*étangsy dont la plupart se trouvent dans les bassins de TAubois et de la Vauvise ; on peut citer l'étang de Javoidet, celui de la Grogne^ celui de Villiers, près de Lignières.
Canaux. — Le canal du Berry se compose essentiellement d'une branche principale qui part de la Loire un peu en aval de l'Allier et aboutit de nouveau à la Loire, près du confluent du Cher. Cette branche fonctioiuie comme une grande dérivation destinée à éviter à la batellerie le long parcours, les lenteurs et les difficultés de la navigation du llcnvc lui-mômc. Près du bief de partage vient s'embi-ancher sur la maîtrcsse-ligni> une voie secondaire qui, partant de Fonlblissc, près du Uhimbé (commune de Bannegon), aboutit sur le Cher à Montluçon. Le canal du Berry est alimenté par le Cher, la Queugne ou Ruongne, TAuron et TYèvre, par le lés^^rvoirdeMarmande (SOhoclares; 5,725,000 mètres cubes), celui de Valigny-lc-Monial (114 hectares ; 5,780,000 mètres cubes) et celui des Élourneaux (1 million de mètres cubes). Mais ces réservoirs sont insuffisants, et, pendant les grandes s«''cheresses, la batellerie est quelquefois interrompue faute dune profondeur d'eau suffisante. Parmi les divers projets qui ont été étudiés pour assurer l'ahmentation du canal du Berry, le plus largement conçu consiste à dériver les eaux de l'Allier à Moulins et à les amener au bief de partage au moyeu <^'une rigole navigable longue de 50 kilo:iiètres. La longueur totale du canal du Berry est de 522 kilomètres 50 (dont 194 dans le département du Cher), ainsi répartis : de Montluçon
à Fonlblisse, 69 kilomètres 74; de Fonlblisse à la Loire, 40 kilomètres 12; de Fontblisse au Cher, 142 kilomètres 21 ; Cher canalisé, 59 kilomètres; jonction du Cher à la Loire, près de Tours, 2 kilomètres 45. Le bief de partage a une loiigiienr de 17,316 mètres. La somme des pentes et coLitre-pentes rachetées (114 écluses) est de 245 mètres 69, savoir: dii bief de partage à la Loire en amont, 26 mèli eïs 22 ; tlu bief de Fonlblisse à Montluçon, 78 mètres 08; de roiilblls^ à la Loire, près de Tours, 141 mètres 59. Le timnillage normal est de 1 mètre 50. Le trafic annuel est Jenviron 270,000 tonnes.
Le canal Latéral à la Loire fait suit^^ à ct^lui de Roanne à Digoin, dont la fonction est la même et a pour but de suppléer à rinsuffisance de navigabilité du Hetiv^. tl suit la rive gauche de la Loire, reçoit le canal du Centre ^ qui Irai»chit la Loire sur un pontpaqueduc, traverse IHJnzyiicc, la Lodde, le Roudon, la Bèbre, quitte le départemeia île l'A Hier pour entrer dans celui de la Nièvre, franchit rAcolin, rAhroii, la Colùtre, TAllier sur un magniiique pont-aquettui:, entre dans le département du Cher, traverse TAubois et U \ an vise, passe au pied de Saucerre; entre en Loiret, traveiiïti la Loire a Ousson, au-dessous de Châtillon, et se joint au canal de Briare. Le canal Latéral est alimenté par le canal de Roanne à Digoin, le canal du Centre, la Bèbre, TAbron, lu Co1;\ire» l'Allier, le canal de Briare, etc. Développement total, 197,014 mètres, sans compter les end)ranchements de Fourchaniliault et de Saint-Thibault; pente totale, 105 mètres 10, rauljctéii par 42 écluses; tirant d'eau normal, 1 mètre 6(L Charge moyenne des bateaux, 50 tonnes.
Le canal de la Sauldre, destiné à favoriser rartiélioration du sol de la Sologne par Temploi des amendimcMs marneux, relie les gisements de marne de B]i}i^euibLL au chemin de fer de Paris à Toulouse, près deLamatte-Beuvrou. La longueur du canal est de 47 kilomètres; la pente totale, de 54 mètres 55, rachetée par 22 écluses. 11 est alimente j^nv diverses prises d*eau faites dans la Sauldre et par reiaii^^ du
Puits (6,500,000 mètres cubes). Le mouillage est de i mètre 50.
1¥. — Climat.
Le Cher appartient à la zone moyenne et tempérée de la Ft'anue* Sa situation à égale distance de l'Océan et des Alpes le met k Tabri de ces deux grandes influences météorologiqui^s î TMûis il est exposé à des sécheresses persistantes et à il es gel tes tardives. La chaleur (les grandes chaleurs règnenL pendant la deuxième quinzaine de juillet) n'y dépasse jituiais 56®; la moyenne du froid n'est guère inférieure ù — 12^, car rhlver de 1879, où le thermomètre est descendu à — 50% est tout à fait exceptionnel : la température moyenne est doini de + 12*. L'automne offre en général une température iigréabic et douce, qui permet aux fruits de mûrir et d'awjnérir le.s qualités qui les caractérisent.
D'a[nî's Le Cher agricole et industriel, ' \e savant ouvraj^e de M. Ga nicher auquel sont empruntés les renseignements ijni suivent, là moyenne des jours pluvieux observés dans une prritule de cînq ans (1865-1869) est de 123 par an. La liauLeiii d'eau recueillie au pluviomètre a été en moyenne de 6(>5 mil*'^lètres.
Les grands orages^ qui embrassent une vaste étendue de pays» et partent ordinairement de l'Océan, pour ne s'arrêter qu'aux Alpeâ ou au Jura, sont rares dans le département du Clier; on uit^^ celui du 16 août 1868 comme un des plus violents dont on se souvienne. Les orages partiels sont plus frë> qnenLs d^iis le sud du département, à la hauteur de Saint- Âm<iDd, que sur le Plateau Central. Les sommets boisés des coilines du nord sont également un point d'attraction pour ces oiages qnit de là, se dirigent vers le Sancerroiset la vallée de fa Loiro, qui sont aussi les deux régions les plus menacées par i;i grêle. La moyenne des jours d'orage est de 28 par an.
La neige^ peu fréquente, fond rapidement dans toute la partie basse el calcaire du département. Les vents doniiuaut:^ ^ont ceux d'ouest, de nord-ouest et de sud-ouest.
Curiosités naturelles.
Le Cher ne renferme pas de curiosités natureJles bien remarquables. On signale cependant : la fontaine pétrifiante de Saint-Clair, commune de la Celle ; aux kin, h source de Valentigny; la grotte du Chétif-Moulin, à laGroulle; h Verdigny, la vaste carrière de la Perrière ; le puitâ taillé dans le roc, le ruisseau souterrain et la fontaine pétrifiante de Suryès-Bois ; la grotte de Saint-Saturnin ; la cascade d'Orval ; la grotte de la Loutonnière, à Farges-AUichamps*
¥1. — Histoire.
LeBerry, dont une moitié a formé le département du Cher, était à l'époque gauloise habité par les Biturigea, d'nfi egt venu son nom. Ce peuple fut un des plus piiiss^nts. de la Gaule et donna des rois à la Celtique, si l'on en croit Tite- Live, qui fait remonter cette grandeur des Bituriges au tempg où le premier Tarquin régnait à Rome. Au sixième siècle avant J.-C, les Bituriges et, à leur suite, les Gaulois, envahirent ritalie sous la conduite de Bellovèse et les rives dn Danube sous la conduite de Sigovèse.
Avaricum (Bourges) était la capitale des Bituriges et lune des villes les plus importantes de la Gaule; César, dans ses Commentaires^ dit même que c'était la plus belle ville de ce pays. D'autres villes existaient déjh du temps des Bituriges, telles que Dun-sur-Auron, Châteaumeillant {Mediolanum)^ Mehun et Sancoins. Les Bituriges excellaient dan^ la iabrieation des armes et des vases d'étain, la construction des chars et le tissage des toiles à voiles.
L'invasion romaine amena la ruine du pays. Tendant la dernière période de la lutte héroïque que les Bituriges, avec les autres peuples confédérés, soutinrent contre César, ils incendièrent leurs villes et ravagèrent leur territoire pour affamer les légions romaines. Avaricum , seule épargnée par
eux, malgré les conseils de Vercingétorix, fut assiégée, puis, après une résistance opiniâtre, dévastée par César, qui en massacra les habitants (52 ans avant J.-G.).
Après la chute d* Alise, où parmi les défenseurs on comi)tait 12,000 Bihiriges, et la soumission définitive de la Gaule, les Romains relevèrent Bourges de ses ruines, y établirent le centre d'une province appelée l'Aquitaine, y construisirent des monuments et des aqueducs, dont les vestiges encore esistanU attestent l'importance. D'autres villes, Drévant, Allidiamps, Saint-Thibault, Saint-Satur, Chàrost (Carrofum), MoritaloîÏT Nca\"y-sur-Barangeon, ont été bâties ou embellies par les conquérants. De belles routes, appelées aujourd'hui voies romaines, relièrent Bourges à Tours par Mehun et Vierzon, à ClennnrU par AUichamps, à Limoges par Ghâteaum cillant, à la Loire ver^ le Oliâteau-Gordon (Saint-Satur), à Orléans par Alïùgny el Neuvy-sur-Barangeon, etc.
La prospérité dont jouit le Berry pendant les premiers siècles de l'occupa tion romaine disparut bien vite après le quatrième siècle, [iourtes, devenue en 567 la capitale de la 1'® Aquitaine, conserva ce titre jusqu'à la chute de l'Empire. Les Wisigoths, qui envahirent la Gaule au commencement du cinquième siècle^ s'emparèrent du Berry; ils s'y maintinrent, malgré remjATeur Anlhemius, qui, en 458, avait appelé dans le pays 1^2,000 Bretons pour raffermir l'autorité romaine ébranlée, et qu'ils luittirenl près de Déols.
A h suite de la défaite d'Alaric, roi des Wisigoths, à Vouillé, pn hi\l, Cîovis 1^^ se rendit maître du Berry. Depuis lors, ce pays, pHiveniL' par des comtes, fit partie du royaume d'Orléans ou de ci4ni de Bourgogne. Sous les Francs, les pays du Cher furent plus d'ane fois troublés par la guerre. Chilpéric, ayant aUa<|ué son frcre Gontran, fit envahir le Berry par ses généraux, qui bLiilirent les Berruyers dans les plaines de Châteaumet liant (^85),
Dès le troisième siècle, saint Ursin vint à Bourges prêcher l'Évungile et y établit la première église dans une maison que lui doruja le sénateur Léocadius. Parmi ses successeurs.
on cite Sulpice le Sévère (sixième siècle) et Sulpice le Débonnaire (septième siècle). Les évêques de Bourges commencèrent k prendre le titre d*archevêque et (huitième siècle) de primat d'Aqmtainej titre qui leur donnait des droks de su* prématie sur une grande partie des évêchés du Sud. Les grands monastères fondés sous les deux preniières dynu^ties royales sont : sous Glotaire II, Tabbaye Saint>Sulpicc* datis un faubourg de Bourges ; celle de Charenton (620); celle de Bfassay (commencement du neuvième siècle); celle de Dêvre, transférée en 926 à Vierzon.
Sous les Garlovingiens, le Bcrry éprouva de grandes vtchsitudes. Pépin le Bref le dévasta pendant la ^iicne d^* liuit années qu*il fit à Waïfcr, duc d*Aquilaine, et ù JlLrnibett, comte de Bourges, adversaires des Francs du Nord (TCO). La Tille de Bourges fut incendiée, le comte tué, et le pjtys niiué, G*est à cette époque que le Berry fut réuni à lu coumime de France. Plus tard, Cliarlemagne Ten délacba pour ériger TAquitaine en royaume en laveur de son fils Louis [781). Les comtes de Bourges continuèrent à gouverner le Bcr*^ an nom des rois d'Aquitaine. Parmi ces comtes, on cite Girard, qui, dépouillé de son comté par Gharles le Gliauve en S47, prit les armes contre son suzerain. Gelui-ci murcba conirc \\u et ravagea le Berry. Girard, ayant fait sa soumission, rulttiainieiiu dans son comté. Le dernier comte, Guillaume If, mourut eu 927.
Les Normands, qui avaient envahi la Gaule dès Iq jjcuvièuie siècle, occupaient les bords de la Loire; ils s'empara rcut de Bourges en 857 et en 867, et la pillèrent. Plus Uni, ils mivaliirent le Berry une troisième fois cl s'avancèrent jusfju'fi Massay.
Lorsque le comte Guillaume II fut mort sans héritier, le roi Haoul réunit le comté de Bourges à la Couronne, [l n'y eut plus qu'un vicomte de Bourges, qui reçut ce fief du roi en léconlpen^e de ses services. Pendant toute la féodal i lé, te Beri7 fut orgauisé comme le reste de la France ; mais un de ses fiefs, la principauté de Loisbelle (près d'ilenricîjemont),
offre une singularité notable : elle était enclavée dans la vicomte de Bourges, et son seigneur, indépendant, se vantait de ne relever que de Dieu.
Eudes Arpin, vicomte de Bourges, partant pour la première Croisade, vendit son fief au roi pour 60,000 écus d'or. Depuis cette époque, les pays qui forment le département du Cher demeurèrent directement soumis à Tautorité royale. En 1102, Philippe l^^ visita son nouveau domaine, et établit à Bourges un bailli pour rendre justice en son nom.
Leroi Louis le Jeune, voulant se faire pardonner la destruction (1142) de la ville de Vitry-en-Perthois, prit la croix et convoqua à Bourges, en 11 45, une grande assemblée d*évêques et de Ijarons. Godefroy, évêque de Langres, y prêcha la Croisade, qui toutefois ne fut entreprise qu'en 1147, après une nouvelle assemblée à Vézelay, en Bourgogne, présidée par saint Bernard.
En 1114, le comte de Sancerre, révolté contre Tautorité royale, pillait les environs de Bourges, à la tête d'une bande d'aventuriers appelés Brabançons, Le roi marcha contre lui et dispersa ses bandes, à l'aide des Confrères de la Paix, association formée au Puy en 1182, et qui s'était donné pour mission de rétablir la justice dans le royaume.
Le roi d'Angleterre, Bicliard Cœur de Lion, de retour de la Croisade de 1191, ralluma la guerre dans le Berry pour forcer Guillaume, seigneur de Vierzon, à lui rendre hommage. Il envahit ses domaines et s'empara de Vierzon, qu'il pilla. Le roi de France marcha contre Richard, et la guerre finit par la mort de ce dernier, blessé à mort au siège de Châlus, en Limousin, en 1199.
La ville de Bourges avait conservé une partie de son antique organisation municipale. Les bourgeois administraient la ville par leurs élus et prenaient part aux assises bourgeoises ^ que présidait le bailli royal. Louis le Jeune leur accorda, en 1175, une charte contenant des droits importants, ainsi qu'aux hommes habitant la Septaine, ou banlieue de la ville, et à ceux de la châtellenie de Dun. Du reste, c'est vers cette époque que
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commença raffranchissement des serfs. Les premières com^ inunes aifranchies furent Preuilly (1177), Santranges (1178), Barlieu et Sancerre (H90), Cbîlrost (H94), Mehun (1209), Châteaumcillant (1220), Vierzon (avant 1248), Culan (1270), les Aix-d*Angillon (1501), etc.
Le règne de saint Louis fut un temps de prospérité pour ie Derry comme pour le reste de la France. En 1554, te roi ocheta la suzeraineté du comté de Berry, qui apparteimît à un prince puîné de la maison de Champagne. Mais, pendant que saint Louis était à la Croisade en 1249, des bandes innombrables de vagabonds appelés Pastoureaux envahirent le Nord de la France, l'Orléanais, le Berry et pillèrent Bourges. Heureusement la mort de leur chef, tué par un boucher de Bourges, désorganisa les Pastoureaux, qui furent exterminés u Villeneuve-sur-Cber.
En 1360, le roi Jean le Bon érigea le Berry, avec les terres de Vierzon, de Lury et de Mehun-sur-Yèvre, en duclié-poirie en faveur de son troisième fils, Jean. Il y eut alors deux justices : celle du duc et celle du roi, qui était représeiUé par le bailli de Samt-Pierre-le-Moûtier ; ce juge recevait les appels des justices inférieures et siégeait à Sancoins.
Après le désastre de Crécy (1346), le prince de Galles entra dans le Berry, assiégea Bourges sans succès, mais prit Vierzon, sans toutefois pouvoir réduire le château. Après la bataille de Poitiers (1356), les Anglais envahirent de nouveau le duché, s'emparèrent d'une foule de villes et de villages el notamment d'Aubigny, de Blet, de Saint-Amand et du château de Montrond.
Au quinzième siècle, la guerre des Armagnacs et des Bourguignons exposa le Beri^ à de nouveaux dangers. Le duc Jean de France, partisan des Armagnacs, fut att^iqué dans Bourges par le duc de Bourgogne (juin-octobre 1412), Pendant le siège, les Bourguignons ravagèrent le pays, prirent Dun-le-Boi, Montfaucon et d'autres places. Knfin les deux princes liront la paix, et Bourges se soumît.
Le duché de Berry fut donné, en 1416, en apanage k
Charles, plus tard dauphin, et ensuite (1422) foi de France, ou « roi de Bourges » , comme l'appelaient, par dérision, les Anglais.
En 1429, Jeanne d'Arc assembla à Bourges un corps d'armée pour aller attaquer Saint-Pierre-le-Moûtier et la Charité. L'année suivante, elle partit de Mehun-sur-Yèvre pour sa dernière expédition. Charles VII vint souvent à Bourges, où il reçut la somptueuse hospitalité de son argentier Jacques Cœur, alors le plus riche marchand de tout le royaume. 11 mourut, en 1461, au château de Mehun, qu'il avait fait rebâtir.
C'est à Bourges que se réunit, en 1438, une assemblée des États Généraux et du clergé de la France pour l'acceptation des décrets du concile de Bâle; cette assemblée rédigea la fameuse déclaration appelée Pragmatique Sanction, dans laquelle furent consignés les droits de l'Église gallicane.
Louis XI rétablit le duché-apanage du Berry pour son frère Charles, et fonda l'Université de Bourges, qui eut pour professeurs rilalien Alciat (dont Théodore de Bèze, Amyot et Calvin vinrent prendre les leçons), puis le Toulousain Cujas.
Au seizième siècle, les doctrines de la Réforme se répandirent de bonne heure dans le Berry. Les professeurs de l'Université de Bourges dissertaient sur les nouveaux dogmes, et Calvin émit à l'Université ses idées critiques des vieilles institutions. Il fit de nombreux prosélytes, même parmi le clergé; mais il fut bientôt obligé de quitter Bourges pour se retirer à Genève, où le suivirent plusieurs Berruyers. A la première prise d'armes des Réformés, Bourges fut pris par le comte de Montgommery, qui saccagea les églises et les couvents (mai 1562). Les Calvinistes, se répandant ensuite dans les campagnes, poursuivirent et traquèrent de toutes parts prêtres et religieux. Mais les catholiques, ayant repris Bourges, ne tardèrent pas à user de représailles. Tout l'effort de la lutte se porta bientôt sur la ville de Sancerre, la plus forte du Berry.
Les Sancerrois avaient embrassé le calvinisme vers 1540 : après la conjuration d'Amboise, de nombreux huguenots se réfugièrent dans leur ville, qui devint bientôt, avec Nîmes, Montauban et la Rochelle, un des principaux boulevards de la
CIliUcuu du Mciliaiit.
Réforme en France. Kespectée durant la première guerre o- \ile (1563), Sancerre subit, en 1568, un siège, ou plutôt une tentative de siège, car les troupes envoyées contre la ville, effrayées par une sortie de la garnison, prirent la fuite avant d'avoir atteint le pied de la colline.
L'année suivante, le comte Sciarra Martinengo, noble vénitien, François d'Entragues, gouverneur d'Orléans, et La Châtre, gouverneur de Berry, s'entendirent pour réduire la ville rebelle, que l'on appelait déjà, non sans raison « la Petite- Rochelle. » Sans canonâ, armés seulement de frondes, qu'on nomma « les arquebuses de Sancerre » , et aussi d'arquebuses véritables, les assiégeants tinrent avec vigueur pendant cinq semaines, jusqu'à ce que le baron des Adrets, alors catholique, eut jugé l'entreprise difficile et conseillé à La Châtre de se retirer. Ce nouveau succès porta au comble l'exaltation des Sancerrois, qui crurent pouvoir impunément piller et ruiner les environs. Ils furent pourtant, dans une de leurs excursions, battus par. les hourgeois de la Charité et de Nevers. Ayant tenté de surprendre de nuit la Grosse-Tour de Bourges, à la faveur de quelques intelligences qu'ils croyaient s'être ménagées dans cette place, ils furent trompés, et beaucoup des leurs périrent dans cette audacieuse entreprise.
Après les massacres de la Saint-Barthélémy, Sancerre, qui en avait souffert bien moins que Bourges, dont les principaux professeurs se réfugièrent en Suisse, refusa de recevoir une garnison royale. Honorât de Bueil, beau-frère du comte, noua des intelligences dans le château, et envoya son frère, le sieur de Racan, le surprendre, dans la nuit du 9 novembre 1572. Grâce aux efforts des conjurés, le château fut occupé par Râcan ; mais les habitants, tenus en éveil, avaient pris des dispositions qui leur permirent de recouvrer leur forteresse, après une vigoureuse attaque de dix-sept heures (1 novembre). Pour parer aux conséquences de leurs révoltes, qui tôt ou tard devaient leur attirer un siège décisif, les Sancerrois auraient approvisionné leur ville; mais, confiants dans leurs premiers succès, ils se livrèrent plus que jamais à des actes d'hos-
Ruines du château de Mehnn-sur-Yèvre*
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tilité. Du 3 au 15 janvier 1573, la place fut peu à peu investie par des corps de troupes que commandait la Châtre, et qui se fortifièrent dans les villages ou les hameaux environnams. Le& habitants, sous les ordres de Tavocat Jouhanneau, leur maire, et au ministre Jean de Léri, repoussèrent si vivement les premières attaques et Tassant général donné le 19 mars, que le siège fut rfn^yi rn blocus. La famine se fit bientôt sentir et devint eflVoyable r «Bk Ut sortir les bouches inutiles, on mangea les rats, les taupes el ^squ*aux vieux cuirs. Une petite fille, morte de faim, servit ;»!» repas de ses parents ; mais le conseil de la ville, instruit de celte scène horrible, fit brûler le père et étrangler la mère. Beaucoup d'habitants cherchèrent h se sauver. Enfin, ne recevant pas un secours promis par les Nîmois, et ne se voyant pas comprise dans le traité conclu avec les Roclielois le 24 juin, Sancerre se décida à capituler. La Châtre y entra, le 31 août, et, les jours suivants, il fit démolir les remparts de la ville par les paysans des environs. Sancerre avait tenu près de huit mois, sans artillerie.
Le département du Cher fut pendant la Ligue le théâtre de nouvelles agitations et de nouveaux combats. Bourges , Dunle-Roi, Vierzon, Mehun, tenaient pour la Ligue, tandis que Sancerre et les principaux seigneurs du pays soutenaient le roi (1589). Pendant cinq ans, le pays fut continuellement ravagé ; il ne respira que lorsque Henri IV eut abjuré à Saint- Denis, entre les mains de Regnaud de Beaune, archevêque de Bourges (1593).
Le Berry se releva de ses ruines, et Sully, qui avait acheté les terres de Montrond, de Monlfaucon et, en 1605, de Boisbelle, porta à ce pays un intérêt tout particulier, et améliora le bien-être des paysans. Ce grand ministre lit construire sur la terre allodiale de Boisbelle une ville qu'il appela Ilcnriciiemont. Cette ville présente l'aspect d'un quadrilatère régulier, dont chaque côté a un développement d'environ 500 mètres, avec une place carrée au centre.
Mais de nouveaux troubles jetèrent encore l'inquiétude
dans le pays. Ce fut d*abord, en 1616, Tarrestation du prince de Condé, gouverneur du Berry,puis le siège et la prise de la Grosse -Tour de Bourges par son successeur, le maréchal de la r.raiige-Montigny. Celte ville , qui avait embrassé le parti du prince, dut se soumettre au roi. ainsi que les autres places fortes du Berry.
Richelieu, qui, pour détruire les restes de la féodalité, faisait démanteler dans la France entière les anciens châteaux forts, fit démolir la Grosse-Tour de Bourges.
Le grand Condé, qui avait succédé à son père dans le gouvernement du Berry, ayant été emprisonné pendant la Fronde, la province fut occupée par les troupes royales. Mais le pays se divisa : les uns tinrent pour le roi, les autres pour le prince. La guerre dura deux ans. L*énorme château de Montrond, qui avait été le boulevard de Condé, celui de Baugy et d'autres places, qui avaient été occupés par les partisans du prince, furent mis dans l'impossibilité de soutenir un siège.
Les années suivantes, des émeutes provoquées par des taxes sur le blé (1654) et sur le vin (1664) furent facilement réprimées. La révocation de l'édit de Nantes (1685) amena la destruction des temples protestants de Sancerre et d*Asnières (près de Bourges) , et Témigralion d'ouvriers industrieux. Les guerres continuelles de la fin du règne de Louis XIV achevèrent d'appauvrir le pays.
Le dix-huitième siècle n'olTre pas d'événements bien marquants pour l'histoire locale. La dauphine Marie-Josèphe de Saxe mit au monde en 1754 un fils qui fut plus tard Louis XYl et qui reçut en naissant le titre de duc de Berry. C'est sous ce prince que le duché de Berry et la seigneurie d'Iicnricliemont, alors récemment acquise de M. de Bélhuue, furent donnés en apanage au comte d'Artois, frère du roi (1770).
Louis XVI, qui avait conservé pour le Berry des sentiments affectueux, choisit, en 1778, cette province pour faire l'essai d'un nouveau mode d'administration provinciale. Ce prince voulait remédier aux charges trop onéreuses des populations, eu conli.uil directement k une assemblée composée de mem-
bres des trois ordres, dans chaque province, la répartition des impôts, la direction des travaux publics, etc. L'assemblée de Bourges décida lexe'culion du canal du Berry, rachèvemenl des anciennes routes, Tétude de la construction de nouvelles voies de communication, et demanda la réforme des impôts (1786). Hais les événements se précipitaient, et la Révolution ne laissa pas à cette assemblée le temps d'achever son œuvre. La crise des subsistances, qui se faisait sentir dans toute la France, amena le pillage des blés à Yierzon.
Sous la Révolution, le représentant du peuple La Planche établit la Terreur à Bourges, pilla les églises et se fit reconnaître dictateur dans les départements du Cher et du Loiret.
En 179D,lesVendéens,qui cherchaient à étendre leur action au centre de la France, profitant du mécontentement que la levée en masse avait causé dans les populations, se jetèrent dans le Sancerrois et, conduits par Phélyppeaux, s'emparèrent de la ville même de Sancerre. Mais bientôt le général qui commandait' à Bourges fit marcher des troupes sur cette ville, qui se rendit à la première sommation (1796).
Après les Cent-Jours, l'armée se retira dei rière la Loire, selon les conventions faites avec les Alliés. Ole occupa Bourges et tout le plat pays, qui fut lourdement chargé de réquisitions.
Le dernier prince qui porta le titre de duc de Berry fut le second fils de Charles X, assassiné par Louvel en 1820.
Dans les premières années du règne de Louis-Philippe, des troubles eurent lieu à Maubranches, à Sancoins, à Aubigny, à Lignicies et à Châteaumeillant, à l'occasion des droits sur les vins et de la cherté des blés.
En 1839, Bourges fut choisi pour servir de lieu de captivité à don Carlos et à sa suite. Ce prince y demeura jusqu'en 1845, époque à laquelle il partit pour Fltalie.
Depuis 1861, Bourges est doté de vastes établissements militaires, qui font de cette ville le centre de la défense nationale.
TII. — Peraonnages célèbres.
Neuvième êiècle. — Sainte Solange, patronne du Berry, habitait Villemont, paroisse de Saint- iMartin-du-Croz, aujourd'hui Sainte-Solange. Sa beauté frappa le fils de Bernard, comte de Bourges, qui lui proposa de l'épouser. Elle refusa, déclarant qu'elle avait voué sa vie à Jésus-Christ. Le jeune homme furieux la poursuivit et la tua d'un coup d'épée.
Quatorzième siècle. — Henri IV de Sully, seigneur de Chateaumeillant, grand bouteillier de France en 1517, gouverneur de Navarre; mort en 1555. — Louis de Sancerre, baron de Luzy et de Montfaucon, né en 1545, célèbre par son amour pour la justice et la loyauté de son caractère. Gompa-gnon d*armes de Du Guesclin; maréchal de France en 1569. Après la mort du connétable, il prit le commandement de l'armée royale. Il fut en 1597 nommé connétable, et mourut en 1405.
Quinzième siècle. — Guillaume Boisratier, archevêque de Bourges, orateur, conseiller de Jean, duc de Berry, mêlé aux affaires du règne de Charles VI; mort en 14-21. — Louis de GuLAN, amiral de France, mort en 1444. — Jacques Cœur, né à Bourges à la fin du quatorzième siècle. Célèbre par ses grandes entreprises commerciales ; argentier (c'est-h-dire ministre des finances) de Charles Vil, fit construire de grands édifices à Bourges, à Paris et ailleurs. Son immense fortune ayant excité d'ardentes convoitises, il fut accusé d'avoir falsifié les monnaies, d'avoir fourni des armes aux Sarrasins, etc., et, ^près une procédure inique, fut banni du royaume et offrit ses services au pape contre les Turcs. Il mourut en allant les comiiattre, en 1450. — Louis XI, roi de France, né à Bourges, en 1425, mort au château de Plessis-lès-Tours, en 1485. — Jean, sire de Bueil, comte de Sancerre, amiral de France, surnommé le Fléau des Anglais, mort en 1475. — Claude l'Aubespine, baron de Chateauneuf-sur-Cher, ambassadeur sous François I" et ses deux successeurs, mort en 1567.
Seizième siècle. — François Dujon, ministre protestant et
Jacques Cœur.
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