‹ Géographie du département du DoubsChapitre 3 sur 19 · PHYSIONOMIE GENERALE · texte numérisé non relu

PHYSIONOMIE GENERALE

elle se compose de deux chaînons, séparés, à l'ouest de Pontarlier, par une dépression où passe aujourd'hui la petite rivière du Drugeorf, et qui dut être jadis le lit d'un lac. Dans le chaînon du sud, qui domine les lacs de Remoray et de Saint- Point, le mont de Saint-Sorlin a 1,240 mètres, et- le mont du Laveron, au-dessus même de la dépression, 1,051 mètres ; dans le chaînon du nord, nul crêt ou mont n'atteint 1,150 mètres, mais, surtout à partir du lac de ChaiUexon et du Saut du Doubs, la montagne domine la rivière par des rochers à pic hauts de 200 à 300 mètres ; vis-à-vis, sur la rive suisse, se dressent des escarpements semblables ; au fond, le Doubs serpente dans des gorges étroites et sombres. Dans son ensemble, la seconde arête du Jura est boisée comme la première.

La troisième arête, de 100 à 200 mètres moins élevée que la seconde, va se terminer à Saint-Hippolyte, après avoir constamment dominé de ses énormes murailles la fissure où court leDessoubre.

La quatrième arête retrouve à ses pieds le Doubs qui, après s'être dirigé du sud-ouest au nord-est, dans toute la longueur du département, fait un brusque détour et retraverse tout le territoire dans une direction opposée. On la nomme le Lomont; c'est elle qui s'élève vis-à-vis de Besançon, au-dessus de Baume-les-Dames,deClerval, de l'Isle-sur-le-Doubs, de Pont-de- Roide; plus basse que les trois autres, elle atteint 500 mètres devant Besançon et de 550 à près de 900 au sud de Glerval et aux environs de Pont-de-Roide.

Telles sont les montagnes du département du Doubs; entre les diverses arêtes, surtout entre la seconde et la troisième chaîne, et plus encore entre celle-ci et Je Lomont, s'étendent de vastes et hauts plateaux très-accidentés, très froids en hiver, impropres aux cultures qui craignent les rigueurs du ciel, mais riches en pâturages et en forêts. Ces plateaux sont découpés d'innombrables vallons servant de bassins à de petits torrents qui çà et là disparaissent tout à coup dans des fissures du calcaire pour aller reparaître en sources abondantes dans des vallons inférieurs (F., dans le chapitre intitulé Cours

4 DOUDS.

d'eau, lacs : la Barbèche, le Cusancin, le Dessoubre, le Lison, et surtout la Loue).

Si, descendant du Lomont, on traverse le Doubs, on arrive aussitôt au pied d'un massif qui n'appartient plus au Jura, mais qui a pourtant la même direction sud-ouest et la même nature calcaire; comme le Jura, ses collines sont riches en grottes, et surtout en entonnoirs où s'engouffrent les eaux. Ce massif, haut généralement de 300 à 400 mètres, a 510 mètres d'élévation au nord-ouest de l'Isle; il renferme de nombreux bouquets de bois et la forêt de Chailluz (V, p. 39). 11 sépare la vallée du Doubs de celle de l'Ognon, dans lesquelles reparaissent les eaux qui se sont perdues sur le massif. La ravissante vallée del'Ognon n'appartient au département du Doubs que sur la rive gauche ; la rive droite est dans le département de la Haute-Saône.

Par opposition aux quatre chaînons du Jura et à leurs hauts plateaux, les collines d'entre Doubs et Ognon forment, avec les vallées inférieures de ces deux rivières et celle de la Loue au-dessous de Quingey, la région basse du département, dite la Plaine.

Page 1