INDUSTRIE; MINES
1,600 tonneaux. A Calais, il est construit et lancé 20 lougres ou sloops, jaugeant ensemble 700 tonneaux; à Etaples, 5 lougres ou sloops, jaugeant ensemble 140 tonneaux ; et à Berck, 15 à 20 lougres ou sloops, jnugeant ensemble 170 tonnes.
La fabrication du sucre occupe 52 fabriques (39,641,571 kilogr. de sucre raffiné et 5,175,939 démêlasse en 1886-1887), sans compter les raffineries; celle des alcools, 25 distilleries (180,000 hectol. d'alcool); celle de la bière, 530 brasseries (1,500,000 hectol.). La fabrication des huiles donne par an 25,000 kilog. d'huile de chènevis, 500,000 d'huile de lin, 2,400,000 d'huiles d'oeillette, navette, cameline, etc., et 600 000 kilog. d'huile de colza.
En 1886, la filature et le tissage du coton comptaient 81, 056 broches et 750 métiers en activité ; la filature de la laine, 25,500 broches; h filature et le tissage du lin, du chanvre, du jute, 15,592 broches et 636 métiers. A Calais, la filature du lin emploie 1,200 ouvriers dans trois établissements; à Boulogne, 3 filatures de lin, chanvre, jute, dont une s'est joint un tissage de toiles à voiles, produisent chaque année 1,664,000 kilogrammes de fils et 750,000 de toiles.
Calais est le grand centre français de la fabrication des tulles et dentelles mécaniques. Les usines où se trouvent les métiers à tulles sont en totalité réunies dans le quartier de Saint-Pierre ; ces métiers, au nombre d'env. 2,000, sont répartis dans une quarantaine d'usines. Dans les années favorables, l'importance des affaires industrielles a pu s'élever au chiffre de 100 millions. Outre les fabriques proprement dites, il existe d'importantes maisons pour l'apprêt, le blanchiment et la teinture des toiles fabriquées. Le découpage des pièces de tulles se fait non seulement dans les environs immédiats de Calais, mais encore à une grande distance de la ville. Les matières premières employées sont des fils de soie, de laine, de lin, de coton, provenant de France, d'Angleterre, d'Alsace et de Suisse.
La bonneterie se confectionne principalement à Arras et à Saint- Omer, d'où sortent aussi des broderies sur tulle, batiste et mousseline.
19 papeteries (1,590 ouvriers), situées à Hallines, Wizernes, Lapugnoy, Camblin-Châtelin, Marenla, etc., ont fabriqué, en 1886, 103,147 quintaux métriques de papiers et de carton, valant ensemble 5,505,572 francs. — A Lillers, ainsi que dans les localités voisines, se fabrique une quantité considérable de chaussures d'hommes pour l'exporta tion.
Parmi les autres établissements industriels du pays, il faut citer • des fabriques de pipes, à Arras, Béthune, Fruges, Saint-Omer (celles de celle dernière ville produisent chaque année 50 à 40 millions de
pipes), qui s'exportent jusqu'en Amérique et aux colonies; les scieries mécaniques à vapeur de Calais, qui livrent le bois non seulement débité en madriers et en planches, mais encore raboté, muni de joints pour parquets et tout prêt à être employé ; celles de Boulogne, entretenant avec la Suède et la Norvège des relations très importantes ; la poudrerie nationale oVEsquerdes, l'une des plus considérables de la France.
Enfin on trouve dans le département une vaste fabrique de biscuits de desserts (à Calais), système anglais, occupant 300 à 400 ouvriers; des fabriques de chicorée et d'essence de chicorée, des féculeries, des distilleries de genièvre, des raffineries de sel, des fabriques de velours, barèges, châles, dentelles dites de Valenciennes, des scieries de marbre, une fabrique de vitraux d'église (à Arras), des fabriques de chaises en acajou et en cerisier (à Audruick), des imprimeries, 4 faïenceries (180 ouvriers), 5 verreries (100 ouvriers), des fabriques de produits chimiques, noir animal, potasse, savon, bougies (400 ouvriers), de poteries, carreaux, briques, pannes et tuiles, de ciments ; de nombreux moulins à vapeur ou à eau, etc.
En résumé, le département possède 1,123 établissements industriels, mis en mouvement par 1,568 machines, de la force totale de 34,416 chevaux-vapeur.
Outre l'industrie manufacturière, il ne faut pas oublier la pêche du maquereau, de la morue, du hareng, qui constitue la principale ressource des habitants du littoral. La pêche maritime prend chaque année dans le département un développement de plus en plus considérable. Environ 600 bateaux (5,000 hommes d'équipage) rapportent par an 17 millions de francs de poisson.