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XI. — Industrie; mines

Le Pas-de-Calais est un des premiers départements industriels de la France. L'extraction de la houille surtout y a pris d'énormes développements. Les mînes de houille du département appartiennent à deux bassins. Le bassin houiller du Pas-de-Calais proprement dit est le prolongement de la grande formation houillère qui commence en Westphalie, passe à Aix-la-Chapelle, Liège, Namur, Charleroy et se continue en France par Valenciennes, Douai, Lens, Nœux, jusqu'à Estrée-Blanche. Il s'étend du S.-E. au N.-O. sur une longueur de 60 kil. environ. Sa largeur, qui est sur certains points de 8 à 10 kil., va en se rétrécissant jusqu'à Auchy et Estrée-Blanche, où elle n'est plus que de 1 kil. Il comprend une étendue superficielle de 476 kil. carrés, partagée en 17 concessions : Dourges, Courrières, Lens, Grenay, Nœux, Bruay, Maries, Ferfay, Cauchie-à-la-Tour, Auchy-au- Bois, Fléchinelle, Liévin, Vendin, Meurchin, Carvin, Ostricourt, Douvrin. Découvert en 1847, le bassin houiller du Pas-de-Calais a pris d'année en année, un très grand dévoloppement. Son extraction dépasse aujourd'hui celle du départ, du Nord et s'élève à plus de 32 millions de quint, met. par an. Indépendamment du bassin du Pasde-Calais proprement dit, le départ, possède dans le Boulonnais un petit bassin dont l'exploitation, qui remonte à plus d'un siècle, n'a jamais été bien productive (800,000 quint, met. par an). Ce bassin (52 kil. carrés) est partagé en 5 concessions (Fiennes, Ferques, Hardinghen). Les mines du Pas-de-Calais (23 concessions dont 4 abandonnées) emploient environ 21,500 ouvriers, dont 17,000 au fond et 4,500 à la surface. Le salaire moyen est de 3 fr. 50 par jour. La quantité de combustible extrait en 1890 s'est élevée au chiffre de 9,096,004 tonnes, dont le prix moyen est de 13 fr. 40 la tonne.

Les tourbières (800 ouvriers), très nombreuses, surtout dans la

vallée de la Scarpe, en aval d'Arras, et dans la vallée de l'Aa, près de Saint-Omer, ont donné, en 1886, 15,658 tonnes de tourbe.

Le minerai de fer s'extrait dans l'arrondissement de Boulogne, qui a produit en 1886, 2,830 tonnes de minerai, valant 19,800 francs.

11 existe 112 carrières souterraines, occupant 500 ouvriers, et 530 a ciel ouvert, en employant 1,700. Les environs de Marquise et de Rinxent offrent d'importantes carrières de marbre (350 ouvriers), dont les principales sont exploitées au hameau de Bréquenecque et sur les territoires communaux de Leulinghen, de Ferques et deLandrethun-le-Nord. Les carrières Napoléon, d'où Ton a tiré les marbres de la colonne de la Grande-Armée, et celles du Haut-Banc de Ferques sont les plus renommées pour leurs produits. Une nouvelle carrière de marbre à veines très colorées a été récemment découverte dans la vallée du Denacre.

Entre le cap Griz-Nez et la Pointe du Hourdel, à l'embouchure de la Canche, s'étend un banc de phosphate de chaux fossile, exploité à Lottinghen et aux environs. Ces phosphates, qui se trouvent à 5 mètres environ du sol, au-dessous d'une couche épaisse de glaise, sont employés comme engrais en Angleterre et en Bretagne. Cette industrie, dont le produit, exporté par le chemin de fer, atteint 300,000 tonnes, occupe environ 800 ouvriers.

11 existe à Boulogne et à Saint-Pol des sources ferrugineuses, Fruges et Wierre-aux-Bois ont également des eaux minérales.

L'industrie métallurgique est principalement représentée par : les hauts fourneaux et fonderies de Boulogne (40 millions de fonte par an) ; les forges et hauts fourneaux exploités à Marquise et qu'alimente en grande partie le minerai du pays ; les forges et fonderies de Saint- Laurent-Blangy et Lens ; les forges de Guînes ; les deux hauts fourneaux de Montataire (commune d'Outreau) ; les importantes usines métallurgiques de Biache-Saint-Vaast(fonderie, affinage et laminage du cuivreet du zinc, traitement du plomb et de l'argent aurifère) ; les fonderies et ateliers d'instruments aratoires perfectionnés d'Arras; les fonderies et clouteries de Frévent ;la fonderie et la chaudronnerie deCorbehem ; la fonderie de Carvin ; 3 fabriques de plumes métalliques à Boulogne (2,500,000 à 3 millions de grosses par an), dont les principales sont celles de MM. Blanzy, Poure et Cie, Lebeau et Cie, etc. A Calais (2 fonderies de fer et de cuivre) existent 12 ateliers de construction de machines et 35 dits metteurs en œuvre, etc. En 1890, les usines métallurgiques du Pas-de-Calais ont fabriqué 86,710 tonnes de fonte d'affinage et 49,994 de rails en acier.

Les chantiers de construction de navires de Boulogne construisent chaque année 35 à 40 lougres ou sloops, jaugeant ensemble env.

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