COURS D'EAU
département (le la Loire. C'est le point le plus élevé du Massif de Tarare, que traverse dans un tunnel le chemin de fer de Lyon à Roanne, près de la ville manufacturière qui lui donne son nom.
Au sud du Massif de Titrare, dans les monts da Lyonnais, aucun sommet ne se dresse à 1,000 mètres au-dessus des mers, mais plusieurs dépassent 900. La montagne qui domine Saint-Anilré-la-Côte a 937 mètres d'altitude.
Tout à fait au sud, entre la vallée du Rhône et les gorges du Gier, le département du Rhône possède une partie du Pilât, mais la cime la plus haute de ce massif, le Crest de la Perdrix (1,434 mètres), appartient au département de la Loire.
Le Mont-dOr et le Mont-Ceindre commandent la vallée de la Saône, entre Lyon et Neuville. Le premier n'a que 612 mètres, le second dépasse à peine 450 mètres; tous deux sont justement renommés par leurs magnifiques points de vue sur la vallée de la Saône et par la beauté des vallons descendant de leur sommet vers la belle rivière qui coule à leurs pieds.
Cours d*eau.
Le département presque tout entier est compris dans le bassin du Rhône : autrement dit, tous ses cours d'eau finissent par rejoindre le Rhône, fleuve qui se perd dans la Médi(erranét\ Sur la lisière occidentale, plusieurs communes des cantons de Monsols, Lamure, Thizy, Amplepiiis, Saint-Laurent-de-Chamoiisset, Saint-Symphorien-sur-Coise envoient leurs ruisseaux vers la Loire, affluent de l'océan Atlantique.
Le Rhône n'est pas le fleuve français le plus Jong. A cet égard il le cède à la Loire; mais il tient le premier rang pour la masse d'eau qu'il verse à la mer.
Sa longueur est de 812 kilomètres, rétendue de son bassin
4 ÏUIONE.
de 9,780,000 hectares, dont 9,0Co,U00 hectares en France, et le reste en Suisse.
C'est en Suisse qu'il naît, à 1,784 mètres d'altitude, dans le canton du Valais, au pied du glacier qui porte son nom. 11 traverse le Léman, l'un des plus beaux lacs du monde, puis il cnire en France où il coule dans des gorges profondes, entre les escarpemenis du Jura.
Quand il commence à toucher le territoire du département, à quelques lieues au-dessous du confluent de l'Ain, le Rhône n'est déjà plus qu'à 173 mètres d'altitude. Il serpente d'abord, en plusieurs bras,«dans une vaste plaine comprise entre les hautes collines du département de l'Ain à droite, et le talus peu élevédes Balmes Viennoises à gauche. Il passe ensuite sous les beaux ponts de Lyon, ville qu'il sépare de ses grands faubourgs des Brotteaux et de la Guillolière. A la sortie de cette grande cité, à l'extrémité de la presqu'île de Perrache, il reçoit la Saône.
Jusqu'à Lyon, le fleuve se dirige vers l'ouest, abstraction faite de grands détours vers le nord ou le sud. A partir de Lyon, il court droit au midi. Il coule au pied des coteaux d'Oullins, de Saint -Genis-La val etd'Irigny, et, cessant d'appartenir en entier au département du Rhône, commence à le séparer du département de l'Isère. Après avoir baigné la base des collines de Charly, de Millery et de Grigny, il passe devant Givors, longe les contreforts du Pila et sépare Vienne (Isère) de ses faubourgs de Saint-Romain et de Sainte-Colombe (Rhône).
Saint-Cyr, Ampuis, Tupin, Condrieu sont les dernières communes riveraines. Le fleuve quitte définitivement le département près de cette dernière ville, par 140 mètres d'altitude. C'est là le point le plus bas du territoire. En retranchant ces 140 mètres de 1,012 mètres, qui expriment l'altitude duSaint- Rigaud, point le plus haut du département, on trouve une différence de 872 mètres. Il faudrait donc bâtir dans le lit du Rhône, en face de Condrieu, une tour seize à dix-sept fois plus élevée que Notre-Dame-de-Fourvière, pour arriver à la même altitude que le Saint-Rigaud.
lilil!ip!iyiilii!itlliBjllî!i|Ù^^^
De Condrieu à la mer, le Rhône baigne Tournon (Ardèche) Valence et Montélimnr (Drôme), Avignon (Yancluse), Tarascon (Bo;iclies-du-Rhône), Beaucaire (Gard). DevantArles (Bouchesdu Rhône), il se dédouble : le bras de gauche ou Grand-Rhône entraîne à la mer plus des quatre cinquièmes de Tcau du fleuve; le reste s'écoule par le Petit-Rhône. Entre les deux branches, s'étend la Camargue, deha marécageux qui empiète journellement sur la Méditerranée par le dépôt des alluvions.
Le Rhône est un des fleuves les phis abondants de l'Europe. Au plus bas étiage connu, il roulait encore 100 mètres cubes d'eau par seconde, au-dessous du confluent de l'Arve, près de Genève, avant son entrée en France. — On nomme étiage l'état d'une * rivière quand ses eaux ont été fortement réduites, soit par l'effet de la sécheresse, soit par les froids d'hiver, qui arrêtent l'écoulement des sources et empêclicnt la fonte des neiges et des glaces dans les monlagnes.
En aval du conjluentde la Saône, à Lyon, le Rhône débile en moyenne 550 mètres cubes par seconde, et dans les hnutes eaux 2,000 à 2,500. 11 verse à la mer 500 à 550 mètres cubes d'eau par seconde en temps d'étiage, 2,200 en eaux moyennes, 10,000 à 12,000 dans les crues. Ses inondations sont terribles ; elles le seraient plus encore si tous ses affluents grossissaient à la fois. Heureusement pour les fertiles campagnes de la vallée, les torrents qui se jettent dans le fleuve en amont de Lyon, venant de la Suisse, de la Savoie, des chaînes du Jura, ne débordent pas en même temps que les rivières qui se perdent en aval et qui puisent leurs eaux dans les Alpes françaises méridionales et dans les Cévennes.
Le Rhône est classé comme navigable à partir du Parc (Ain) jusqu'à la mer, sur une longueur de 497 kilomètres; mais en bien des endroits situés au-dessus de Lyon et à Lyon même, le courant est très-rapide, le lit inconstant. Au-dessous de Lyon, la navigation est moins active qu'avant l'établissement du chemin de fer de la Méditerranée. Dans cette partie de son cours, le fleuve porte des gabarres de 200 à 250 tonnes et même de longs bateaux à vapeur d'un tonnage de 700 tonnes.
La Saône n'a dans le département du Rhône qu'un parcours le 22 kilomètres, mais elle lui sert de limite avec le dt'parteaient de l'Ain pendant 42 kilomètres.
Son bassin comprend environ les trois cinquièmes du département.
La Saône, Tune des plus grandes rivières de France, a 455 kilomètres de longueur; elle en aurait 620, si l'on prenait le Doubs, son principal affluent, pour la brancbe-mère. La surface de son bassin est d'environ 5 millions d'hectares.
Elle naît dans le département des Vosges, au sud-ouest d'Épinal, à Vioménil, par 396 mètres d'altitude, au pied d'un coteau de 472 mètres qui fait partie des monts Faucilles. Elle baigne Gray (Haute-Saône), reçoit l'Ouche, rivière de Dijon (Côte-d'Or), le Donbs, rivière de Besançon (Doubs), passe à Chalon et à Màcon (Saône-ct-Loire).
Quand elle conmience à séparer le département du Rhône de celui de l'Ain, la Saône a déjà toute sa grandeur; sa largeur est de 150 à 200 mètres. Généralement, son courant est peu rapide, en raison de la faible pente de la vallée. Dans les soixante et quelques kilomètres où elle appartient au déparlement, elle ne descend que de 7 mètres environ, de 169 mètres à 162 mètres, altitude du confluent.
La vallée est large, peuplée, riante, féconde. « De Villefranclic à Anse, c'est la plus belle lieue de France )), dit un proverbe du pays. La rivière passe à 4 kilomètre de Belleville, à 2 kilomètres de Saint-Georges-de-Reneins, à 2 kilomètres et demi de Villefranche, à I kilomètre d'Anse, puis baigne le pied de la colline qu'occupe la ville de Trévoux (Ain), bâtie en amphithéâtre. Plus bas, la plaine se transforme en une espèce de gorge : à gauche, dans le département de l'Ain, se dressent des collines abruptes, à droite s'étendent les ravissants coteaux qui composent le massif du Mont-d'Or. Port-Macon, Neuville, Albigny, Conzon, Rochetaiilée, Fontaine, de riches hameaux, bordent les deux rives. Plus la rivière s'approclic de Lyon, plus les châteaux, les parcs, les villas, les usines, les gais villages se multiplient. A Pile-Barbe, dominée par le fort de Caluire, la
||i:i!!i!'ÈII:lîi'^iiili!^^
im2!n^«!!'lLtl;i'iMii!'l';L::"'''!!''''i'
Saône entre dans la baniieue de Lyon et, dès lors jusqu'au confluent du Rhône, elle coule enlre deux lignes de maisons à peu près continues. Elle sépare la Croix-Rousse, Lyon proprement dit et Perraclie, de Vai^e, de Fourvicre, de Saint- Irénée et de Sainte-Foy.
Malgré son rang do grande rivière, la longueur de son cours, la laigenr de son lit, Faire considérable de son bassin, la Saône est très-inférieure au Rhône. Entre les quais de Lyon, elle roule environ GO mètres cubes d'eau par seconde à Fétiage; dans les eaux moyennes, son débit est de 250 mètres par seconde ; dans les grandes crues, il s'élève à 4,000 mètres. Classée comme navigable pendant 3G5 kilomètres, à partir du déparlement de la Haute-Saône, elle est plus favorable à la navigation que le Rhône, surtout à cause de la vitesse moindre de ^on courant. Dans le département du Rhône, elle porte des ba teaux de 100 à 350 tonnes.
Les prinjpipales rivières que la Saône reçoit dans le département sont la Grosne, la Petite Grosne, la Mauvaise, FArdière, la Vauxonne, le Nizerand, leMorgon, FAzergues.
La Grosne (90 kilomètres) n'a dans le département que le cours supérieur des deux ruisseaux qui la constituent : la Grosne occidentale, née au pied du Saint-Rigaud, et la Grosne orientale. La Grosne occidenlale arrose Monsols. — Les deux Grosne se réunissent en Saône-et-Loire ; la rivière qu'elles forment baigne la célèbre ville de Cluny et tombe dans la Saône, entre Chrdon et Tournus.
La Petite Grosîie, également, n'a dans le département qu'un cours restreint. Elle descend des montagnes de Cenves, passe en Saône-et-Loire et gagne la Saône, en aval de Màcon, après un parcours de 30 kilomètres.
L^ Mauvaise, issue du massif des Éguillettes (847 mètres), a la moitié supérieure de son cours de 18 kilomètres dans le département du Rhône, et la moitié inférieure dans celui de Saône-et-Loire. Elle passe à la Chapelle-de-Guinchay.
VArdière (30 kilomètres) commence dans le massif du