‹ Géographie du département du RhôneChapitre 4 sur 14 · CLIMAT · texte numérisé non relu

CLIMAT

Climat.

Le département du Rhône étant fort montagneux, le climat des endroits habités y varie considérablement, même sur un espace aussi restreint que l'est une commune : on sait que la température des lieux devient de plus en plus froide à mesure qu'on s'élève au-dessus des plaines basses, et que les grandes montagnes gardent toute l'année de la neige sur leurs cimes.

Le climat qui règne dans le département a reçu le nom de rhodanien, parce que les principales villes qui le subissent sont situées sur le cours du Rhône ou de ses affluents. Le climat rhodanien est caractérisé par des hivers assez froids et des étés chauds : néanmoins il mérite le nom de tempéré.

A Lyon, la température moyenne de l'année est de 1 1 degrés et demi à 12 degrés, c'est-à-dire supérieure à celle de Paris d'un peu plus d'un degré. La moyenne de l'iiiver n'y est que de 2^,0, mais celle de Tété y est de 21^,11. Celle du printemps, 10^,9, se rapproche de celle de l'automne, 12^, 84.

Les pluies sont fréquentes à Lyon. En supposant que toute la pluie tombée dans l'année restât sur le sol, la hauteur de la couche d'eau serait, au bout des douze mois, de 78 centimètres à Lyon et le long du Rhône et de la Saône, de 100 sur les montagnes entre le Gier et la Brevenne, de 80 dans le reste du département (la moyenne annuelle, pour toute la France, est de 77 centimètres). Les brouillards sont épais et fréquents à Lyon.

Lyon n'est point la ville la plus favorisée du département; à Condrieu il fait plus chaud qu'à Lyon, et il y a un plus grand nombre de beaux jours dans l'année. En revanche, beaucoup de communes de la montagne, telles que Monsols, voient leurs hauteurs blanches de neige de novembre en avril, La vigne et le mûrier, qui font la richesse de la plaine, y sont remplacés par le noyer, le châtaignier ou même le sapin.

Curiosités naturelles.

Les sites gracieux, les vallons agréables, les vastes points de vue abondent dans le département du Rhône, mais on n'y doit chercher aucune de ces grandes curiosités naturelles qui attirent les voyageurs : glaciers, cascades, roches immenses, précipices, grandes sources, pertes de rivière, etc.

Sans parler de la colline de Fourvière, d'où la vue s'étend jusqu'aux Alpes, on trouve, dans le canton de Limonest, les sites ravissants et l'admirable panorama du Mont-d'Or ; dans celui de Vaugneray, la belle vallée de l'Yzeron, que dominent des montagnes et des ravins boisés. Yzeron présenta un superbe point de vue; Saint-Symphorien-sur-Coise est entouré de montagnes rocheuses ; à Riverie se déploie un immense panorama embrassant le massif du mont Pila, les Alpes du Dauphiné et de la Savoie, les plaines du Dauphiné et du Lyonnais, le cours du Rhône, etc. A l'Arbresle, deux vallées se réunissent au milieu d'une contrée montagneuse et pittoresque. Le canton de Tarare offre des sites admirables et de beaux panoramas que l'on découvre de Saint-Loup et de Saint-Romain. Les bords de la Saône présentent à chaque pas des paysages charmants ou des scènes grandioses, comme le défilé de Rocheîaillée et les rochers de Couzon.

Histoire.

Avant la conquête romaine, le pays qui est aujourd'hui le département du Rhône était couvert d'épaisses forêts et habité par les Ségiisiaves, tribu qui occupait tout le Lyonnais et le

IliSTOlUE.

Forez actuels. Leurs principaux centres de population étaient VùUYs et Roanne; ils lurent tour à tour soumis aux Arvernes

Cathédrale de Lyo"-

t aux Eduens, confédérations puissantes qui se disputaient la jpi ématie en Gaule. '

l'an 41 avar.t Jésus-Christ, le consul Lucius Munatius lancus fonda sur le plateau de Fourvière, au-dessus du cou- Lient de la Saône et du Rhône, une colonie romaine dont les

premiers citoyens furent des colons chassés de Vienne par les Allobroges, tribu importante qui habitait les Alpes du Dauphiné et de la Savoie. Cette ville reçut le nom gaulois de Lug- (lunum. Favorablement située, elle ne devait pas tarder à prendre un développement considérable. Agrippa en fit le point de jonction de quatre grandes voies dont il ordonna la construction à travers la Gaule. L'empereur Auguste y séjourna pendant trois ans dans un palais où. devaient naître plus tard Claude et Caracalla. Des aqueducs y amenèrent l'eau des campagnes environnantes; des temples et un théâtre y furent édifiés, et cette ville, fondée à peine, devint l'émule pacifique de Rome et la capitale de la Celtique, province romaine qui prit bientôt le nom de Lyonnaise. Claude accorda de nombreux privilèges aux habitants. Entièrement détruite par un incendie, l'an 59 de notre ère, sous le règne de Néron, la cité renaquit plus belle de ses cendres. L'an 102, Trajan y fit élever un grand édifice, le Forum Vetus^ nom qui, par corruption, s'est transformé plus tard en celui de Fourvière. Ce forum s'écroula en 840.

Adrien et Antonin le Pieux y créèrent des foires annuelles qui accrurent considérablement son commerce et sa prospérité.

Le christianisme, prêché par un apôtre venu de la Grèce, saint Pothin, fit de nombreux prosélytes à Lugdunum. Une première persécution eut lieu sous Marc Aurèle, et l'apôtre de la foi nouvelle en fut la première victime. Avec lui périrent un grand nombre d'enfants et de femmes. Vingt ans après, Septime Sévère livra la ville à feu et à sang pour la punir d'avoir soutenu Albinus, son compétiteur à l'empire. Saint Iréiiée et 18,000 chrétiens périrent dans ces massacres.

Lorsque la puissance romaine, divisée à l'intérieur, pressée à l'extérieur par le flot des Barbares du nord, se fut écroulée, les Burgondes, ou Bourguignons, s'établirent à Lyon et en firent la capitale de leur royaume (478). Bien que ces nouveaux maîtres traitassent le pays conquis avec assez de dou- :iieur, leurs mœurs grossières parurent étranges dans une ville raffinée par cinq siècles de civilisation. Le poëte Sidoine Apol-

fBB^MÏ<'v.ïM]> :â 'M'i^f'Ë'} i|''.i;!i";!IIIJi!ii;ii!;K:iii'l:;i:, :|/l'^if|l^^^inii : ^ ■: • . , . ;i-

iJ.l^.lllInMj™^^

liiiaire, qui vivait à Lyon pendant le cinquième siècle, se plaint de (( ces hommes puants dont la longue chevelure est imprégnée de beurre aigre, et qui mangent par jour dix bottes d'oignons. ))

L'an 500, Clovis vainquit près de Dijon leur roi Gondebaud et Tobligea à se reconnaître son tributaire. Ses deux fils, Glotaire et Childebert, continuèrent son œuvre : ils assiégèrent Autun, et, ayant mis en fuite le roi des Burgondes, Gondemar, ils s'emparèrent de tout le pays (534). Childebert en demeura le possesseur, et, en 558, Glotaire le réunit au reste de la monarchie franque.

Au huitième siècle, les Arabes, maîtres du midi de la France, s'emparèrent de Lyon, qu'ils livrèrent à la flamme et au pillage; mais Gharles Martel écrasa, à la sanglante bataille de Poitiers, ces redoutables envahisseurs (752).

Sous Gharlemagne, Lyon se releva de ses ruines et fut, à la mort de ce prince, la capitale du royaume de Provence, pour devenir plus tard un fief de l'empire d'Allemagne (1024). Mais, à la mort de Rodolphe le Fainéant (1052), un grand nombre de vassaux, les dauphins du Viennois, les comtes de Savoie, les sires de Beaujeu, les seigneurs de Yillars, les comtes du Lyonnais et Forez, se rendirent indépendants, et l'archevêque de Lyon, Burchard II, primat des Gaules et neveu de Rodolphe le Fainéant, usurpa le pouvoir temporel et devint de fait le souverain de la ville. Les comtes de Forez protestèrent contre cette usurpation. Aussi cette époque est remplie de luttes sourdes, de guerres déclarées, dont les principaux acteurs sont les comtes qui se prétendent suzerains de Lyon en droit, les archevêques de Lyon, qui sont les vrais maîtres de la ville, et les bourgeois lyonnais, hostiles à leurs évcques.

En 12G9, saint Louis mit un terme à ces querelles, en rattachant le territoire et la ville de Lyon à la couronne dcFiance. Fn 1510, l'archevêque, Pierre de Savoie, dut cédera Philippe le Bel la justice séculière, et, vers le môme temps, les bourgeois obtinrent de ce prélat l'émancipation de la commune lyonnaise,

Page 1