HISTOIRE
qui se gouverna elle-même par douze consuls de son choix.
Intérieur de l hôlel de ville de Lyon. '
En ISOOç eut lieu à Lyon, le couronnement du pape Clément V.
A partir de Tannée 1320, l'industrie et le commerce, favorisés par une liberté entière, prirent à Lyon des développements considérables. Les guerres civiles de l'Italie y amenèrent un grand nombre de familles qui lui apportèrent tout à la fois des procédés de fabrication pour les étoffes de soie, et d'immenses capitaux pour les exploiter. Des foires, instituées par Cbarles VII, organisées par Louis XI, augmentèrent encore sa prospéiité croissante. Aussi au quatorzième, au quinzième et au seizième siècle, Lyon devint l'une des villes les plus importantes de France, par ses imprimeries, ses chapelleries, ses tanneries, ses fabriques de drap d'or, d'argent et de soie.
Les guerres d'Italie, si ruineuses pour la France, furent d'abord favonibles à Lyon, qui resta pendant longtemps le séjoui' de la cour; mais la défaite de François l^'^ à Pavie ruina le commerce et l'industrie de cette cité florissante.
En 1560, les protestants s'en emparèrent par surprise; mais ils ne purent s'y maintenir. En 1562, ils l'occupèrent de nouveau, sous la conduite du baron des Adrets, et jusqu'en 1572, ce fut entre eux et les catholiques une série de terribles représailles.
La nouvelle du massacre de la Saint-Barthélémy, qui avait eu lieu à Paris le 24 août 1572, détermina à Lyon une dernière et funeste explosion; plus de mille protestants furent traîtreusement égorgés par une populace fanatique.
En 1594, les Lyonnais, fatigués des luttes fratricides qui depuis trop longtemps ensanglantaient la France, se déclarèrent pour Henri IV et lui firent unesplendide réception.
La révocation de l'Édit de Nautes (1685), qui supprimait la liberté de conscience, provoqua l'émigration de plus de trois cent mille réformés. Lyon perdit ainsi les plus laborieux de ses habitants, et ses industries les plus productives furent gravement compromises.
Une effroyable inondation (1711), des émeutes occasionnées parla misère des ouvriers, des incendies, telles sont les tristes calamités que Lyon enregistre dans ses annales au dix-huitième siècle. Cependant les découvertes de la science et de
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l'industrie donnent un nouvel essor à la fabrication lyonnaise.
En 1795, la malheureuse cité fut menacée dans son existence même : les Lyonnais s'étant révoltés contre la Convention, trois corps d'armée, sous les ordres de Kellermam/, les assiégèrent dans leur ville (22 août 1793). Après une s*5» rieuse mais inutile résistance, les assiégés furent obligés de capituler (10 octobre) et de se rendre à la merci de la Convention. Celle-ci envoya à Lyon trois hommes sanguinaires, Couthon, Collot-d'Herbois et Fouché; la guillotine et la fusilladvj firent périr plus de cinquante habitants par jour; la mine détruisit les plus beaux quartiers, entre autres la place Bcll«> cour, rétablie depuis, et la mitraille même fut employée contre les proscrits. La chute de Robespierre arrêta seule ces massacres et ces démolitions stupides.
Sous Napoléon I^% Lyon se releva de ses ruines. Jacquard y inventa, en 1802, le métier qui porte son nom et qui exerça une si grande influence sur la fabrication des étoffes. Mais Ijs défaites de l'empereur ayant amené une invasion étrangère, les Autrichiens entrèrent à Lyon le 21 mars 1814. Un an après, Napoléon, évadé de l'île d'Elbe, y arrivait avec une f)etite armée; mais, vaincu à Waterloo (18 juin 1815), il laissa la France ouverte de toutes parts à l'ennemi, et le 17 juillet les Autrichiens reparurent à Lyon. Le général Mouton-Duvernet, qui s'était rallié à l'Empereur lors de son retour, fut traduit devant un conseil de guerre par le gouvernement i!d Louis XVlll, et fusillé sur le chemin des Étroits (1816). La Terreur blanche fit encore d'autres victimes à Lyon.
L'ovation faite à Lyon au général la Fayette, en 1829, par ie peuple et la bourgeoisie, eût dû éclairer la Restauration s:ïr l'état de l'opinion publique dans la seconde ville du royaume. Mais de funestes conseils l'entraînaient à sa perte. La nouvelle de la révolution de Juillet fut accueillie avec satisfaction par la majorité de la population lyonnaise ; le changement de gouvernement ne coûta pas une goutte de sang : après une heure de pourparlers, la garde nationale fut admise à prendre possession