‹ Géographie du département du RhôneChapitre 6 sur 14 · HISTOIRE · texte numérisé non relu

HISTOIRE

de riiôtel de ville, conjointement avec la troupe de ligne. Mallieureusement, une crise commerciale ne tarda pas à éclater, et quelques fabricants refusèrent de se soumettre à un tarif nouveau qui, rédigé avec Tapprobation des autorités locales, avait été accepté par un grand nombre de leurs confi ères. Les ouvriers s'insurgèrent au mois de novembre 1851 (le 21), arborant un drapeau noir qui portait cette inscription : « Vivre en travaillant ou mourir en combattant ! » et en poussant ces cris : (( Du travail ou la mort ! )) La lutte fut sanglante : les ouvriers triomphèrent ; ils maintinrent l'ordre ; ils firent respecter les propriétés ; mais divisés bientôt entre eux, ils ne surent rien organiser. Le 5 décembre, le duc d'Orléans et le maréchal Soult reprirent, à la lête d'une nombreuse armi'e, possession de la ville que la garnison avait dû évacuer. Le tarif ne fut pas exécuté, la garde nationale fut dissoute, une foi te garnison remplaça celle qui avait dû se retirer. Des forts s'élevèient de tous côtés.

En 1854, une nouvelle insurrection eut lieu. Cette fois elle n'était pas seulement industrielle, elle était devenue politique. La Société des droits de Vhomme prit fait et cause pour la Société des Mutueliisies ^ dont neuf membres étaient accusés de coalition. La lutte dura plus longtemps ; elle fut acharnée ; le désastre fut immense; le nombre des morts et des blessés, tant du côté de la troupe que de celui des insurgés, s'éleva à plus de mille. Plusieurs quartiers furent entièrement détruits par le canon.

Lyon avait à peine effacé les traces de cette guerre civile qu'une inondation, plus terrible que toutes celles dont on avait gardé le souvenir, vint y causer d'affreux ravages. Le faubourg de Vaise presque tout eîitier fut emporté par les eaux ; on alla en bateau dans la plupart des rues de la ville. Le Pdiône ui la Saône se rejoignirent sur les places Bellecour et de, la Préfecture. Mais rinondation de 1856 fut encore plus désastreuse. Le 18 mai, la Saône déborda et envahit toule la partie de la ville comprise entre les places des Terreaux et Bellecour. Le 21, elle atteignit son maximum d'élévation, puis elle baissa pour

grossir de nouveau le 50. Malheureusement, la crue du Rhône prit des proportions formidables; le 51 mai, ses eaux, renversant la levée de la Téte-d'Or, firent irruption sur le territoire des Gharpennes et envahirent les Brotteaux etla Guiilotière. De nombreuses maisons s'écroulèrent, engloutissant sons leurs rnines une partie des habitants. Vingt mille individus durent camper sur les points que l'inondation n'avait pu atteindre. Les pertes furent immenses ; mais des souscriptions furent ouvertes de tous côtés, et Tempereur Napoléon III vint apporter aux inondés des consolations et des secours.

Lyon, dont la tranquillité n'avait été qu'un instant troublée en 1849, par une émeute soulevée à la Croix-Rousse et bientôt réprimée, traversa de tristes épreuves en 1870 et 1871. Depuis le 4 septembre 1870, il fut plusieurs fois sur le point de passer de l'anarchie à la guerre civile. Les passions populaires, mal contenues pendant les jours néfastes de notre guerre avec la Prusse, finirent par éclater. Les élections du 50 avril servirent de prétexte à cette explosion préparée par les émissaires de la Commune de Paris. Les rues de la Guiilotière furent ensanglantées. La lutte fut courte heureusement. Le lendemain l'ordre était rétabli, grâce à l'énergie de la troupe.

YII

Personnag^es célèbres.

' Germanicus naquit à Lyon, Pan 16 avant Jésus-Christ. Ce fut un des guerriers les plus brillants et les plus heureux de Rome. Il vainquit les Dalmates, les Germains, les Arméniens, et mourut à 54 ans, empoisonné peut-être par ordre de l'empereur Tibère, son oncle.

Claude, empereur romain, naquit aussi à Lyon, 10 ans avant Jésus-Christ. Ce monarque, à demi imbécile, régna 14 ans et mourut empoisonné.

Caracalla, né aussi à Lyon, fut aussi empereur de Rome.

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