PHYSIONOMIE GÉNÉRALE
lomètres, en ne tenant pas compte d*une foule de sinuosités secondaires.
II« — Physionomie générale.
Le département du Tarn est très-accidenté : sur environ 575,000 hectares, 80,000 appartiennent à la plaine, 210,000 à la montagne et 285,000 aux collines : division quelque peu arbitraire, car si la plaine se distingue essentiellement des collines et de la région montagneuse, il est bien difficile de délei miner le point où le coteau cesse d'être coteau pour devenir montagne. Les plaines occupent surtout Touest du territoire; les collines, le nord et le centre; les montagnes, l'est et le sud.
On sait que les quatre grands massifs ou chaînes de montagnes de la France sont, par ordre d'altitude, les Alpes, les Pyrénées, le Jura, les Cévennes.
C*est ù ce dernier système que se rattachent les montagnes du département du Turn, qu'on peut diviser en monls de Lacaune, Sidobre et Montagne-Noire.
Les monts de Laoaime, généralement nus, et presque partout stériles, se lient aux Cévennes de l'Hérault et de rAvejron, lesquelles séparent les eaux qui descendent au Tarn (bassin de rAtlantique) de celles qui se déversent vers rOrb et dans l'Hérault (bassin de la Méditerranée). Leur cime culminante est en même temps le sommet le plus haut de tout le département du Tarn.
Cette cime culminante (1,266 mètres d'altitude), appelée Pic de MontcUetf s'élève dans l'espèce de coin que le département du Tarn enfonce entre les territoires de l'Hérault et de TAveyron, à 4 ou 5 kilomètres en ligne droite au sud-est de Lacaune; de ses flancs coulent des ruisseaux qui se déversent dans le Viau, tributaire de la Vèbre, ou dans la Vèbre, affluent de l'Agout.
Le Pic de Montalet est voisin, à l'ouest, du Roc de Montakt, haut de 1,260 mètres; au nord-est, il touche presque
le Montgrand (1,167 mètres). Plusieurs autres sommets de cette partie des monts de Lacaune dépassent 1,100 mètres : tels sont Peyre-Blanque (1,177 mètres) et VÉcu (1,187 mètres), tout près de Lacaune, aux sources de Gijou ; le Bois de Montroucous (1,169 mètres), au sud de la route de Lacaune à Brassac; des monts de 1,169, de 1,165, de 1,182, de 1,138, de 1,164 mètres, peu éloignés de ce groupe supérieur où se dressent le Pic de Moiitalet, le Roc de Montalet et le Montgrand. Beaucoup d'autres ont plus de 1,000 mètres; ces montagnes, appartenant aux roches dures qu'on nomme gneiss, schistes, micaschistes, granits, porphyre, etc., s'étendent çà et là en plateaux stériles et d'un aspect triste, ou forment des croupes monotones, glacées pendant la plus grande partie de l'année, de 600, 800, 900 à 1000 mètres; sur ces froides hauteurs battues des vents, le blé ne vient plus; il n'y croît que des pommes de terre, du sarrazin ou blé noir,. du seigle, de l'orge, de l'avoine ; mais l'abondance des eaux y entretient de vastes pâturages.
Le Sidobre, qui n'est qu'une dépendance des monts de Lacaune, est beaucoup moins élevé. C'est un plateau de 500 à un peu plus de 600 mètres d'altitude, séparé des monts de Lacaune par la profonde vallée, ou pour mieux dire par la gorge, où coule la belle rivière d'Agout. Il s'étend des collines de Castres à Brassac, au-dessus de la rive gauche de l'Agout. Cet étrange et pittoresque pays est ainsi décrit par M. Compayré {Guide dans le Tarn) : « Le Sidobre est parsemé de blocs de granit gris à mica noir et à grands cristaux de feldspath d'une grande ténacité et très-propre aux constructions monumentales. Ces blocs diffèrent par les formes et par les dimensions; on en voit d'isolés, déposés les uns sur les autres, ou d'amoncelés en tas extraordinaires dans des ravhis profonds et sur les pentes de la vallée de l'Agout. Ces entassements gigantesques offrent le coup d'œil le plus grandiose et le plus surprenant. »
Si les monts de Lacaune sont généralement nus, la Montagne Noire est généralement boisée, du moins siirsonvcr-