AGRICULTURE
France, dans l'Inde, le Brésil, la Californie. — Brignoles, Cuers, Laroque, Lorgues, Ollioules, Pierrefeu, Saint-Maximin, Saint-Nazaire, Saint-Tropez, Saint-Zacharie, Tourves, produisent des vins d'ordinaire estimés. Roquebrune récolte le vin renommé de Pélignon. L'oïdium d'abord, le phylloxéra ensuite ont malheureusement envahi les vignobles de toute la zone maritime du Var, dont la riche production est maintenant réduite de 60 0/0.
En 1875, la surface de terrain cultivée en oliviers était de 51,996 hectares, ayant produit 642,799 hectolitres de fruits, qui ont donné 4,303,896 kilogrammes d'huile.
Les diverses espèces de fruits récoltées dans le Var sont la poire, la pêche, la prune, l'orange^ la grenade, le citron, la figue, l'amande, etc. La plaine d'Hyères, surtout, est célèbre par ses admirables vergers, et ses vastes jardins plantés d'orangers, de vignes, d'oliviers, de jujubiers , de chénes-liége , de pins, de palmiers, de lauriers-roses et de rosiers. Parmi les plantes étrangères, cultivées en pleine terre dans les vergers de la ville provençale, il faut compter, en première ligne, 20 à 25 espèces d'orangers, les citronniers et les bigaradiers (aujourd'hui beaucoup plus rares) qui ont tant contribué à la célébrité d'Hyères. Le dattier peut y atteindre jusqu'à la hauteur de 15 mètres. Veucalyptus globulus, au port gracieux, y atteint une haute dimension. Le cliamœropshumilis croît sans réclamer de soins. Depuis plus de vingt ans, les jardiniers ont également acclimaté les balisiers, les bignoniées, les casuarinées, les cactus de diverses espèces, y compris Yopuniia. Les goyaviers donnent des fruits quand ils sont disposés en espalier; les néfliers du Japon prospèrent comme des arbres indigènes, et déjà leurs fruits sont vendus sur tous les marchés du littoral de la Provence. La canne à sucre, cultivée avec succès avant la découverte de l'Amérique, a été de nouveau introduite dans les vergers d'Hyères, mais seulement comme plante d'agrément.
llyères fait un grand commerce de fleurs et de graminées. Ollioules, Bandol, e'c. , produisent une grande quantité d'immortelles. Le village de la Valette, près de Toulon, cultive des fraises renommées et des violettes, llyères, Ollioules, la Valette, la Crau, expédient, en outre, à Paris, une quantité considérable de primeurs, légumes et fruits frais.
Parmi les autres produits du département, nous signalerons les pommes de terre du canton de Comps, les haricots noirs de Collobrières, les oignons de la plaine de la Garde, aux environs de Toulon, les fourrages de la plaine de Fréjus, les câprières des bords du Gapeau, les plantations de tabac des environs du Puget et de Fréjus, les marrons delà même localité , ceux des Maycns-du-Luc et de la
Garde-Freinct, les figues de Salernes, les amandes des cantons de Tavernes, Aups et Rians, etc.
En 1875, il s'est récolté dans le département 526,500 hectolitres de froment, 6,400 de méteil, 5,250 de seigle, 16,200 d'orge, 5,200 de maïs et millet, 120,000 d'avoine, 450,000 de pommes de terre, 37,979 de légumes secs, 25,566 de châtaignes, 2,256 quintaux de betteraves, 712 de tabac, 55 de garance, 20 de chanvre, 642,799 hectolitres d'olives ayant donné 4,505,896 kilogrammes d'huile, 5,550,000 hectolitres de vins.
Le Yar est l'un des départements les plus boisés de la France. Ses vastes forêts de chênes blancs, de chênes verts, de ehênes-liége, de pins maritimes, font la richesse d'un grand nombre de communes. Et pourtant le pays était plus boisé jadis : YEsterel, notamment, sur un espace de 500 kilomètres carrés, n'était qu'une immense forêt de pins et de chênes-liége. Charles-Quint la fit brûler pour en chasser les paysans qui le harcelaient; plus tard, les communes imprévoyantes ont laissé détruire de grandes étendues de bois, et maintenant on voit en beaucoup d'endroits la roche tout à fait nue ou couverte seulement de maigres broussailles. Ce déboisement a eu les plus fatales conséquences pour le régime des torrents et pour la fécondité des montagnes environnantes. Il ne reste guère aujourd'hui que des fourrés de bruyères et d'arbousiers. Les forêts du Var fournissent des truffes estimées.
La chaîne des Maures et des Maurettes, au contraire, est presque entièrement recouverte par des forêts de chênes-liége et de pins, dont l'exploitation fait la richesse de plusieurs communes : les Arcs, Collobrières, Gonfaron, la Garde-Freinet. Les châtaigniers des Maures donnent des produits estimés.
La forêt de la Sainte-Baume, malgré les mutilations qu'elle a subies à diverses époques, est encore de 158 hectares. C'est en quelque sorte une forêt vierge, car l'administration forestière a respecté les ordonnances royales qui défendaient, même à la marine de l'État, d'en couper les arbres. Du milieu de ses rochers, roulés en débris et enveloppés de ronces, de scolopendres, de capillaires et de fougères, s'élancent des arbres de haute futaie, aux troncs séculaires, aux cimes dénudées, aux racines monstrueuses et serpentantes. La forêt se compose de hêtres surtout, dont quelques-uns offrent un aspect vraiment majestueux avec leurs branches revêtues de lichens d'où pendent des usnea qui ressemblent à la barbe d'un vieillard, d'érables, de tilleuls, hêtres, chênes blancs, ormes, cornouillers, frênes, peupliers, trembles, ifs, sycomores, nerpruns, pins sylvestres, etc. Leurs branches entrelacées et leurs hautes tiges, couronnées