XI. — Industrie
Il existe des mines de fer dans les communes d'Ampus, de Châteaudouble et de Collobrières ; une mine de fer chromaté, à Cavalaire (commune de Gassin). — Le plomb associé à d'autres métaux, et notamment à l'argent, se rencontre à Cogolin, la Garde-Freinet, Grimaud, Hyères, Saint-Tropez; les mines de Cogolin contiennent jusqu'à 10 millièmes d'argent. — A Cabasse s'extraient des pierres minérales qui fournissent de Y aluminium et qui sont exportées en Allemagne,
Plusieurs mines de houille ou d'anthracite ont été concédées sur le territoire des Adrets, de Bagnols, Callian, Collobrières, Fréjus, Montauroux/fanneron et de la Garde (près de Toulon). Le lignite s'exploite ou a été exploité à la Cadière, Nans, Ollioules, au Plan-d'Aups, à Saint-Zacharie, Salernes et Toulon. En 1878, ces mines ont produit 8,996 tonnes de houille et 5,700 de lignite.
Près d'Hyères existent d'importants marais salants, appelés les Vieux-Salins et les Saïins-Neufs; les premiers, appartenant à la Com-
pagnie parisienne des Salins du Midi, produisent chaque année, comme les Salins-Neufs, environ 12,000 tonnes de sel. Leur étendue est de 400 hectares environ. Les Salins-Neufs occupent 556 hectares. La fabrication du sel dans les Salins, et des produits chimiques, notamment de la soude, dans l'ile de Porquerolles, emploie 500 à 400 ouvriers en moyenne. La soude se fabrique aussi à l'ile de Portcros, et une saline existe à l'île des Ambiers.
L'ile du Levant, une des îles d'flyères, est remarquable par ses curiosités minéralogiques : grenats, tourmaline, asbeste, etc.
A Béguines et au Saint-Pilon, principaux sommets de la Sainte- Baume, on trouve un marbre blanc veiné de rouge, renfermant entre ses couches des cames et des tellines. D'autres carrières de marbre existent à Ampus, Lorgues, Saint-Zacharie, ïourves, etc. — De nombreuses carrières de pierre à plâtre, de pierre à chaux, d'argile, de grès, etc., dont on évalue la production à plus d'un million par an, alimentent une grande quantité de fours à chaux, fours à plâtre, briqueteries, plus de 200 poteries, des faïenceries et des tuileries. — On trouve dans le département des bancs de sable quartzeux; à Sainte-Anne, hameau voisin du Beausset, ce sable est exploité pour la verrerie et pour le polissage des miroirs.
Le Var n'est pas riche en sources minérales : on ne peut guère citer qu'une source ferrugineuse aux Arcs, et les eaux ferrugineuses arsenicales de Portonfus, près de Cogolin. A 5 kilomètres de Draguignan jaillit la source de la Foux, aux eaux salines aluminées.
Le principal établissement industriel du'Var est l'arsenal maritime de Toulon. Bâti en 1680, d'après les plans de Yauban, il occupe, avec l'arsenal de Castigneau, une surface totale de 270 hectares, c'est-à-dire près de 5 millions de mètres carrés. Ces divers établissements se développent sur une ligne de 7 kilomètres ; ils ont coûté plus de 160 millions, y compris 40 millions qu'il a fallu dépenser pour prolonger l'arsenal de Castigneau jusqu'à la Goubran et au delà. L'arsenal de Toulon comprend notamment une corderie, un atelier des forges, dont Y atelier de zingage et la petite tôlerie forment des dépendances. On y remarque un énorme marteau-pilon, du poids de 2,500 kilogrammes, mû parla vapeur, et servant à forger ou à réparer les mèches de cabestans, les pattes des ancres brisées les barres de gouvernail, les arbres de couche des grands navires à vapeur, etc. Au delà du chantier de construction des mâts et du hangar de la mâture, se trouvent deux cales couvertes, dont chacune a 55 mètres de hauteur sur 22 mètres de largeur et 82 mètres de longueur. De nombreux ouvriers y travaillent sans encombrement autour des plus gros vaisseaux. A côté est une cale découverte,