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le nombre de leurs plantes rares, devraient être également visite'es par les simples touristes, amoureux de la nature. Aussi bien que les Alpes et les Pyrénées, le système des Maures, qui couvre seulement une superficie de 80 000 hectares, et dont la hauteur moyenne ne dépasse pas 400 mètres, a sa chaîne principale et ses chaînons latéraux, ses vallons et ses gorges, ses torrents et ses rivières; il a même son bassin fluvial complètement fermé, offrant en miniature tous les phénomènes que présentent les vallées des grands fleuves. » Les plus hautes cimes des Maures s'élèvent au nord de Collobrières : le pic de Notre-Darne-des- Anges, qui porte un ermitage, a 779 mètres; la Sauvette, à 5500 mètres en ligne droite à l'est de Notre-Dame-des-Anges, s'élève également à 779 mètres. Parmi les cimes secondaires, nous citerons : la Roche de Valescure, au nord-est de Collobrières (648 mètres); le Boussicaut (640 mètres), à l'estsud-est de cette même ville, et, près du Boussicaut, le mont qui domine la chartreuse de la Verne (629 mètres) ; les Roches- Blanches (658 mètres) , près de la route du Luc à Saint- Tropez; le Roc de la Garde-Freinet (451 mètres) , qui lut, au neuvième et au dixième siècle, la principale citadelle des Maures ou Sarrasins en Provence (ils ne la perdirent qu'en 975) ; les Pradels (524 mètres), au-dessus du rivage de Cavalaire; le Bisquart (481 mètres), qui commande aussi le littoral, en arrière du cap Nègre, etc.

L'Esterel, comme les Maures, est une chaîne littorale. Elle est séparée des Maures par la vallée de l'Argens et par la plaine encore marécageuse que ce charmant petit fleuve a gagnée peu à peu sur la mer. Ce massif « se compose de roches primitives d'éruption, » autour desquelles se sont redressés des schistes. Comme les Maures, c'est un système absolument indépendant des Alpes crayeuses et calcaires du reste du département du Var. Projetant sur la mer de superbes promontoires de porphyre, notamment l'admirable cap Roux, il s'étend le long du rivage, des alluvions du golfe de Fréjus aux rives du golfe de la Napoule, à l'est de Draguignan, à

l'ouest de Cannes, au nord de Fréjus et du val d'Argens, au sud du val du Biançon, qui est un affluent de la Siagne. Plus de deux fois moins grand que les Maures , il n'a guère que 50 000 hectares, dans sa longueur de 20 kilomètres avec une largeur de 15. Jadis il était entièrement couvert de forêts. Quelques sommets y dépassent 500 mètres, et la cime culminante, lemont Vinaigre, n'en a que 616 : elle s'élève près du hameau de l'Esterel, dans le voisinage de la route de Fréjus à Cannes. Bien des montagnes, deux, trois, quatre et cinq fois plus hautes, n'offrent point, de leur sommet, un panorama aussi grandiose. La'seconde cime du massif, comme altitude, est le mont des Civières (560 mètres), à 4 kilomètres en ligne droite à l'est du Vinaigre; la troisième, le Marsaou (552 mètres), tient au mont des Civières.

Le littoral du Var, harmonieusement découpé, est un des plus beaux, des plus variés, des plus pittoresques de la France et même de l'Europe.

C'est au fond du golfe des Lèques ou de la Ciotat que la côte cesse d'appartenir au département des Bouches-du-Uhône pour dépendre du Var. De ce point à Toulon, on remarque successivement : la plage où s'élevait Tauroentum, colonie phocéenne dont les sables de la mer recouvrent de plus en plus l'emplacement ; Baudol, port de peu de profondeur, mais d'une entrée facile ; l'embouchure de la Reppe ou Rèpe, descendue des monts calcaires du canton du Beausset ; Saint- Nazaire, port d'un peu moins de 6 hectares qui reçoit des navires d'un tirage moyen (jusqu'à 5 mètres 50 centimètres), et où se déverse dans la mer une autre Reppe ou Rèpe : ce torrent, qui sort d'une foux ou source donnant à l'étiage 106 litres par seconde, passe dans les gorges sauvages d'Ollioules, défilé long de 4 kilomètres entre des roches volcaniques arides, au pied des monts d'Évenos, à Test, et du Grand-Cerveau (443 mètres), à l'ouest. Entre les eaux de Saint-

Nazaire et celles de Toulon, s'avance en mer la presqu'île du cap Sicié, célèbre pour la grandeur de ses caps et la grâce de ses calanques ou petites baies; le cap qui lui donne son nom a 559 mètres d'altitude; une chapelle de pèlerinage fort ancienne, Notre-Dame de la Garde, en occupe le sommet.

Toulon, avec Brest le principal port militaire delà France, est notre grand arsenal naval sur la Méditerranée : sa rade, très-vaste, complètement sûre, a également pour riveraine, à 4 ou 5 kilomètres sud ouest de Toulon, la ville de la Seyne,

Entrée des gorges d'Ollioules.

très-importante par ses chantiers de construction de navires elle se nom me la petite rade, par opposition à la grande rade la presqu'île du cap Cépet, qui est un long appendice de la presqu'île du cap Sicié, la protège en partie des vents du large; à son tour, la grande rade communique, à l'est-sud-est, avec la rade ou golfe de Giens. La petite rade reçoit la Dardennes, charmant torrent né d'une source donnant 146 litres par seconde à l'étiage, et grossi, en temps de pluie, par le tribut

du gouffre du Ragas. La Dardeimes passe entre le Faron et les monts d'Évenos.

La rade de Giens est bordée au nord par des montagnes de 500 mètres d'altitude dominant la plage où fut Pomponiana, ville gallo-romaine; elle est longée, à Test, par un cordon de sable parallèle, ou peu s'en faut, à une autre levée,- de sable également. Ces deux jetées, entre lesquelles miroite l'étang des Pesquiers, d'où l'on tire du sel, unissent au continent la presqu'île de Giens, qui fut évidemment une île : cette péninsule montueuse, assez boisée, trèspropre, comme d'ailleurs presque tout ce littoral, à la construction de villas d'hiver, a 7 kilomètres de longueur sur 1 kilomètre de largeur. Un détroit de 3 kilomètres environ la sépare de Porquerolles, l'une des îles d'Hyères.

Les îles d'Hyères séparent de la grande mer \a.rade d'Hyères, longue de 18 kilomètres, large en moyenne de 40 kilomètres, vaste de plus de 15,000 hectares, avec des profondeurs qui vont jusqu'à 70 mètres; cinq passes de 16 à 60 mètres de profondeur font communiquer avec la Méditerranée ce bassin qui sert de rendez- vous aux escadres d'évolution de la Méditerranée, de champ d'exercice à nos équipages, de point de départ et de ralliement à nos expéditions ; en un mot, de complément à l'établissement de Toulon. Les îles d'Hyères (600 habitants), espacées de l'ouest à l'est, sont au nombre de trois, les îlots à part. Porquerolles, longue de 8 kilomètres, large de 2, haute à son point culminant de 150 mètres, n'est guère qu'une forêt de pins et de chênes. Port- Cros, qui a 4000 mètres sur 2500, s'élève à 197 mètres; elle est sauvage et à peu près déserte. L'île du Levant, appelée aussi île du Titan, le cède peu comme étendue à Porquerolles ; elle est très-boisée ; sa principale colline , les Pierres-Blanches, monte à 129 mètres.

La rade et les îles d'Hyères doivent leur nom à une ville d'hiver, Hyères, bâtie à 4 kilomètres de la plage, sur le penchant d'une colline abrupte, à quelque distance du Gapeau. Le Gapeau naît de foux abondantes dans le vallon de Signes,

environné de monts de 800 à 850 mètres : grossi presque immédiatement du Latay, il passe à Belgentier, à Solliès-Toucas,a Solliès-Pont, à la Grau et reçoit le Réal-Martin : celui-ci, long de près de 40 kilomètres, est formé par deux beaux ruisseaux qui s'unissent près dePierrefeu, venus, l'un dePignans, l'autre de Collobrières, ville des Maures ; de belles foux lui envoient leurs eaux (notamment celles de Pignans, de Carnoules, deCuers), et lui-même se répand en canaux d'irrigation dans la charmante vallée de Sauvebonne. Le Gapeau, dont le cours dépasse 50 kilomètres, verse à la rade d'Hyères 1718 * litres d'eau par seconde à l'étiage.

De la rade d'Hyères, bordée de salines, au golfe de Grimaud ou de Saint-Tropez, la côte est admirable : elle s'arrondit en courbes harmonieuses, et les montagnes des Maures y plongent par de fiers promontoires entre lesquels se succèdent de charmantes calanques. On sort de la rade d'Hyères au cap Bénat, qui fait partie d'un massif de 187 mètres, et l'on entre dans la rade de Bonnes, dont le port, où les vents du Nord ne soufflent jamais, est le Lavandou, ancienne colonie génoise que domine la Pierre-d'Avignon (442 mètres). De cette rade on passe dans celle du Port-Mousquier, commandée par le Bisquart (481 mètres); puis vient la ravissante plage arrondie de Cavalaire, au-dessus de laquelle se dresse le mont des Pradels, haut de 524 mètres.

Si l'on veut aller de la plage de Cavalaire au golfe de Grimaud, il faut contourner une presqu'île des Maures dont le point culminant, le moulin ruiné de Paillas, atteint 525 mètres. Cette presqu'île est très-nettement séparée du reste du massif par la dépression fort basse comprise entre le moulin de Paillas, à l'est, et le chaînon des Pradels, à l'ouest. En la contournant, on rencontre successivement le cap Lardier, le cap Cartaya, le cap Camarat (131 mètres), où s'élève un phare de 50 kilomètres de portée, l'anse de Pampelune, ouverte et allongée, et le cap des Salines ou de la Moutte.

Le golfe de Grimaud ou de Saint-Tropez, abrité de presque tous les vents, est l'un des meilleursdela Provence : il a environ

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