‹ Géographie du département du VarChapitre 5 sur 20 · G VA · texte numérisé non relu

G VA

2000 hectares de superficie, de grandes profondeurs, et 7 kilomètres de longueur, sur 4 de largeur à l'entrée. Ses ports principaux sont : Saint-Tropez, où parvient malheureusement le mistral ; Sainte-Maxime, mouillage parfait; il reçoit la Molle et le Préconiou. La Molle est la plus grande rivière, ou, si l'on veut, le plus grand ruisseau qui appartienne en propre aux Maures, dont elle arrose la vallée centrale : formée par le confluent du torrent des Campeaux et du torrent de la Verne, qui passe près des ruines de la Chartreuse de ce nom, elle coule devant le château de la Molle et reçoit, près de Cogolin, la Gisèle ou rivière deGrimaud. Son cours est de 32 à 55 kilomètres. Le Préconiou a ses sources au nord-est de la Garde- Freinet, sur un des versants des Maures qui atteint 511 mètres, et son embouchure à Sainte-Maxime.

De Sainte-Maxime au golfe de Fréjus, on continue de longer les collines sylvestres des Maures dont les petits caps sont dominés par le Lissandre (241 mètres). Aux pointes de Saint- Aigoux, la montagne finit brusquement, et des rives basses longent le golfe de Fréjus ou plage de Saint-Raphaël.

Ce golfe, aujourd'hui fort évasé, se modifie déplus en plus : jadis il s'avançait profondément dans les terres; mais peu à peu l'Argens (on prononce Argent) l'a comblé avec ses dépôts ; les alluvions apportées par le petit fleuve, suivant une progression continue des plages, repoussent incessamment la mer. L'Argens est un fleuve charmant qui a tout son cours, tout son bassin, dans le département du Var. 11 naît à quelques kilomètres au nord-est de Saint-Maximin, non loin deSeillons, d'une grande source qui coule à 270 mètres environ d'altitude, au pied de collines crayeuses hautes de 400 à 624 mètres audessus de la mer, dont les roches fissurées expliquent sou abondance.

L'Argens coule d'abord vers le sud-est, puis vers le nordest, comme s'il devait atteindre le Verdon, tributaire de la Durance ; mais bientôt il prend la direction de l'cst-sud-esL qu'il garde jusqu'à la mer. Il court sinueusement dans une belle vallée, qui tantôt se rétrécit en gorges pittoresques,

tantôt s'élargit en plaines fertiles; il reçoit un grand nombre de petites rivières qui, malgré la brièveté de leur cours, roulent constamment une grande quantité d'eau provenant des faux de leur bassin. Il passe à Châteauvert, où plusieurs sources sortent des rochers ; à Correns, site délicieux où déjà son altitude n'est plus que de 150 mètres; à Carcès, où elle n'est même plus que de 115; à 2 kilomètres à droite de l'abbaye du Thoronet, située au fond d'un vallon latéral. Au point où il quitte définitivement les défilés pour entrer dans une vallée de quelque largeur, à 4 kilomètres environ de Vidauban, dans une gorge profonde, il formé une belle cascade, le Saut de Saint-Michel. Tout près de la chute, l'Argens passe sous deux ponts naturels, débris d'une grotte de 230 mètres de longueur sous laquelle il s'engouffrait , et qu'un effondrement Se la roche a divisée eu deux passages voûtés. C'est ce qu'on appelle la Perte de TArgens. A 1500 mètres en aval de Yidauban, le chemin de fer de Paris à Menton le traverse par un pont de 5 arches de 50 mètres d'ouverture. Puis il entre pour la dernière fois dans des gorges, qui s'ouvrent au Muy. A quelque distance au-dessous de ce bourg, il pénètre dans les terres basses et, laissant à gauche la vieille cité de Forum Julii, verse à la Méditerranée les eaux qu'il a recueillies dans un cours qu'on peut estimer à 115 kilomètres, dans un bassin de 521,600 hectares. Quoiqu'il perde une partie de son débit normal dans les irrigations de sa vallée, il porte à la mer, en temps d'étiage, 12,688 litres par seconde. Officiellement, l'Argens est flottable du Muy à la mer, pendant 18 kilomètres, mais, en réalité, il porte très-peu d'embarcations ; en revanche, il est navigable à bûches perdues depuis le confluent delà Bresque (eu aval de Carcès); et, en effet, il flotte des pins et des planches destinés à Toulon ou à Marseille.

L'Argens reçoit la rivière de Sceaux, le Cauron, l'Eau Salée, la Bibeirotte, la Cassole, rissole, la Bresque, la Florieye, l'Aille, laNartubie, l'Indre et le Reyran.

La rivière de Sceaux a pour origine la belle foux de Meyi jiine. Elle tombe dans l'Argens (rive droite) à 1500 mètres

• seulement de lu source de ce fleuve. — Le Cauron ou Caulou, peu abondant malgré son cours de 50 kilomètres, commence par la source de la Grand-Foux, que dominent les monts de la Sainte-Baume ; il laisse à gauche Nans, Saint-Maximin et passe à Bras; quand il atteint l'Argens (rive droite) , il est sept à huit fois plus long que ce fleuve, dont la source n'est qu'à 4500 mètres du confluent. — L'Eau-Salée fait mouvoir un certain nombre de moulins, d'établissements industriels, d'usines ; elle se forme dans le joli vallon de Barjols, surnommé le Tivoli de la Provence, par la réunion du Fovery ou Fonvery, qui descend du Bessillon (814 mètres), et de la rivière des Écrevisses. Tout près de Barjols, elle reçoit la rivière de Varages. Elle mérite bien son nom d'Eau-Salée, et « communique à l'Argensunesaveur amère, qui toutefois n'est plus appréciable à quelque distance du confluent. » C'fcst un affluent de gauche. — La Ribeirotte , tributaire de droite, naît près du Val, par les Treize Bais, fontaine considérable qui sort de treize trous et met aussitôt en mouvement des usines nombreuses. — La Cassole, affluent de gauche, naît de la foux de Saint-Martin, à Cotignac ; elle a son embouchure à Carcès. — L'Issole, charmante rivière d'une soixantaine de kilomètres de cours dansun vallon ravissant , a son origine dans le même massif que le Gapeau, à Signes : elle passe à la Hoquebrus-* sanne.Près de Besse, elle laisse à quelques centaines de mètres à droite, sur la montagne , le lac de Gavoti, qui n'a point d'écoulement apparent, et reçoit un peu plus bas, sur la rive gauche, le déversoir du lac de Besse, qui a plus de 30 mètres de profondeur. Elle baigne ensuite Flassans, Cabasse, et, grossie du Carami, forme une belle cascade avant de tomber dans l'Argens (rive droite), à Carcès, par moins de 115 mètres d'altitude. Le Carami ou Caramy, appelé également Calami, naît, comme rissole, dans le massif de la Sainte-Baume ; il se forme dans le vallon de Mazaugues, au pied d'une chaîne de rochers de 800 à 900 mètres, reçoit l'écoulement d'un des trois lacs de Tourves, et tout le long de son cours, de plus de 40 kilomètres, des foux abondantes

et limpides ; il « coule dans une délicieuse vallée, immense verger bordé de belles montagnes, » baigne Brignoles,'et, à l'issue de profonds défilés, s'unit à l'Issole (rive gauche), entre Cabasse et Carcès. Son principal affluent est la rivière du Val de Camps (rive droite) , en amont et près de Briguons. — La Bresque ou Bresc, longue de 56 kilomètres, absorbe aussi de grandes foux, notamment celle du château de Bresque ou Bresc, qui est sa véritable origine et lui donne son nom ; àSeillans, elle forme une cascade haute de 50 mètres ; àSalernes (forte source), elle recueille la Grave, venue d'Aups par l'étroit mais pittoresque et joli vallon de Saint- Barthélémy, puis un peu plus bas la rivière de Villecroze. Devenant alors très-sinueuse, elle coule dans la vallée d'Entrecasteaux. C'est un affluent de gauche. — La Florièye ou Floriège, ou encore Florieille, vient des hauteurs deTourtour, qui ruissellent d'eaux vives; elle reçoit le Flayosquet ou ruisseau de Flayosc et envoie à Flayosc un canal d'irrigation ; elle passe à 5 kilomètres à l'est de Lorgues ; son embouchure , sur la rive gauche, est au-dessous de Vidauban, au-dessus du pont du chemin de fer sur l'Argens. — L' Aille, affluent de droite, naît en vue et tout près des cimes les plus élevées des Maures, à 1500 mètres sud-ouest de Gonfaron, à la fontaine d'Aillé ; elle passe à Gonfaron et arrose « une des vallées les plus belles et les plus riches de toute la France. » Grossie, à droite, d'une foule de torrents des Maures, et, à gauche, du Ritord ou Riotord, qui vient du Luc, elle a un cours très-long dans la plaine, et ne s'engage dans des gorges qu'à quelques kilomètres en amont de son confluent avec l'Argens, entre Vidauban et le Muy. — La Nartubie, nommée aussi Pis dans son cours inférieur , est un riant cours d'eau de 40 à 45 kilomètres : elle naît dans une gorge dominée par les montagnes de 1000 à 1175 mètres qui portent le Grand Plan de Ganjuers, l'un de ces vastes plateaux qui couvrent le nord du département en dominant le profond précipice où coule le Verdon ; elle baigne Montferrat, reçoit la rivière de Baudron, se grossit, au sortir des gorges pittoresques de

Chateaudouble , dominées par d'immenses rochers, de la grande source des Frayières, et envoie à Draguignan un canal qui met en mouvement un grand nombre de moulins et d'usines en. même temps qu'il sert à l'irrigation. De cette ville à l'Argens, qu'elle atteint au Muy (rive gauche), la Nartubie recueille encore (rive gauche), en aval du pont du chemin de 1er de l'embranchement de Draguignan, 1er uisseau de la Foux, puissante source « aux eaux salines aluminées » ; elle forme à Trans plusieurs chutes, puis, près de la Motte, le Saut du Capelan (du Prêtre), cascade haute d'une trentaine de mètres. — L'Indre, affluent de gauche, long de 30 kilomètres environ, descend des hauteurs de Saint-Paul-de-Fayence et coule dans le beau vallon de Penafort. Il reçoit le Riou de Bargemon et de Claviers, torrent souvent à sec en été qui passe à quelque distance de Callas, leruisseau du Val de Saint-Pons, où tombe la source de Figanières, et les deux sources d'Esclans nommées la Doux et les Cabanons. — LeReyran, affluent de gauche, d'un peu moins de 50 kilomètres, a son cours dansl'Esterel, au fond dégorges « que dominent deux ou trois cônes volcaniques, » et dans la plaine de Fréjus, ville dont il arrose les jardins.

Fréjus n'est plus sur le bord du golfe qui porte son nom, et où elle a pour escale le petit port de Saint-Raphaël, charmante station balnéaire et hivernale. De là jusqu'au département des Alpes-Maritimes, la côte, le long de l'Esterel, aux promontoires de porphyre, est fort belle. On y rencontre d'abord la tour de Darmont, cap conique haut de 140 mètres portant une tour ancienne et un sémaphore ; puis la rade d'Agay, abritée des vents du nord par les escarpements des Mornes-Rouges et du Rastel-d'Agay (309 mètres) ; cette rade, ouverte au sud et grande de plus de 100 hectares, avec des profondeurs de 25 mètres, est certainement une des plus sûres de toute la Provence. Puis les promontoires succèdent aux promontoires, et les calanques aux calanques ; on admire successivement le sémaphore d'Agay (170 mètres) , le cap Roux, le pic d'Aurelle (316 mètres) et l'Ours (492 mètres). Le cap Roux, haut d#455 mètres, et formé d'un « porphyre rougeâtre

qui brille au soleil sur la sombre verdure des pins , » offre un des plus beaux panoramas de la Fiance entière.

Ce sont là toutes les côtes du Var, mais ce ne sont pas toutes ses rivières : à l'ouest du département, des vallons donnent naissance à l'Huveaune et à l'Arc; à l'est, la Siagnolle et le Biançon courent vers la Siague; au nord, des rivières, des ruisseaux, des foux se déversent dans le Verdon.

L'Huveaune naît à la Sainte-Baume. Elle quitte le Var par environ 250 mètres d'altitude, après un cours d'une douzaine de kilomètres au plus, au-dessous de Saint-Zacharie, bourg où son étiage est de 666 litres par seconde. Dans les Bouches-du-Rhône, elle arrose le vallon d'Aubagne et tombe dans la mer à Marseille, à l'extrémité du Prado. Cours total, 50 à 60 kilomètres.

L'Arc naît à 5 ou 4 kilomètres au sud-ouest de Saint- Maximin, au pied de montagnes arides, hautes de 600 mètres, qui se rattachent au massif de l'Etoile ou de Notre-Damedes-Anges, dont le point culminant , V Olympe (895 mètres), est dans le Var, mais qui prend tout son développement dans les Bouches-du-Rhône. L'Arc laisse à gauche Pourcieux, à droite Pourrières, et quitte le Var après 15 ou 16 kilomètres de cours. Dans les Bouches-du-Rhône, il couteau pied des collines d'Aix et passe sous l'aqueduc de Roquefavour. 11 tombe, audessous de Saint-Chamas, après 80 kilomètres de cours, dans l'étang de Berre, grande nappe d'eau salée communiquant avec la mer.

La Siagnole, qui , sous les Romains, alimentait Fréjus, et le tortueux Biançon, qui reçoit les sources du canton de Fayence, sont des affluents de droite de la Siagne : cette rivière est courte, mais fort abondante , car elle reçoit un grand nombre de foux; elle forme sur une certaine étendue la limite entre le Var et les Alpes-Maritimes, et va se perdre dans le golfe de la Napoule, au sud-ouest de Cannes. Cours, 50 kilomètres.

Le Verdon est une fort belle rivière d'environ 170 kilomètres, qui a la plus grande partie de son bassin dans le déparlement des Basses-Alpes, où elle prend ses sources dans

des montagnes de 2500 à 5000 mètres, et où elle arrose Castellane. Sauf pendant les 6 ou 7 kilomètres qui précèdent son embouchure, le Verdon n'appartient que par sa rive gauche au département du Var, qu'il sépare des Basses-Alpes. C'est une rivière abondante, ou plutôt un grand torrent, qui serpenteau fond de gorges régulières, très-profondes, très-pittoresques, où l'on ne rencontre ni villes, ni bourgs , mais seulement de petits villages ou des hameaux. Il se jette, au-dessous de Vinon, par environ 260 mètres d'altitude, dans laDurance, à laquelle il porterait 10 mètres cubes par seconde à l'étiage, s'il ne fournissait 6000 litres, également par seconde, au Canal d'Aix, qui a son origine dans le département, ainsi qu'une partie de son cours vers Saint-Julien, Ginasservis et Rians.

Dans le Var, le Verdon reçoit, sur sa rive gauche, le Jabron, l'Artuby, la Fontaine-rÉvêque.

Le Jabron (32 kilomètres), venu des Basses-Alpes, passe près de Trigance.

UArtuby (52 kilomètres), également venu des Basses- Alpes, baigne le rocher de Comps, et recueille la Bruyère, qui descend de la Pyramide de Lachens.

La Fontaine-1'Évêque est une des plus grandes sources qu'il y ait en France, s'il est vrai qu'à la saison des eaux basses elle donne encore 5000 litres d'eau par seconde. Alimentée par les hauts plateaux des cantons d'Aups et de Tavernes, et notamment parle grand Plan de Canjuers, elle naît près de Bauduen et gagne presque aussitôt le Verdon en amont des ruines d'un pont romain. — Entre Bauduen et Baudinard, on rencontre plusieurs sources ayant toutes la même origine.

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