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prince Eugène et le duc de Savoie s'écrièrent, avec dépit (i qu'ils avaient été gagnés de vitesse par le vieux comte de Grignan ». Tous les assauts livrés aux ouvrages des Français furent repoussés. La flotte essaya alors de bombarder la ville, mais elle n'y causa aucun dégât, et l'artillerie de Toulon força la flotte anglaise à la retraite (1707).
La région méridionale de la Provence, qui avait été fort éprouvée pendant la guerre de la Succession d'Espagne, le fut encore, en 1721, par la peste qui désola Marseille. Toulon ne fut pas épargné, et, dans ces tristes circonstances, le premier consul d'Antrechaux, les consuls adjoints Jacques Portalis et André Tournier, les commissaires généraux Garnier de Fonsblanche et Pierre de Creyssel, ainsi quel'évêque La Tourdu-Pin-Montauban, déployèrent un courage admirable.
Lors des guerres du dix-huitième siècle, la marine de Toulon fut encore appelée à rendre de nouveaux services. Mais bientôt des revers découragèrent les ministres de Louis XV, qui laissèrent tomber notre marine. Ghoiseul la releva ; mais, sous le règne de Louis XVI, la guerre de l'indépendance américaine eut surtout pour théâtre l'Océan Atlantique. Toulon fut alors éclipsé par Brest. 11 n'en continuait pas moins de se développer, lorsque la révolution de 1789 vint arrêter un moment cette prospérité et soumettre la ville aux plus cruelles épreuves.
L'agitation avait été très-vive à Toulon , dès les premiers jours de la Révolution, parmi les ouvriers du port. Dans un des soulèvements qui eurent lieu , les administrateurs et le procureur-générab-syndic du département du Var furent massacrés (28 juillet 1792). A la suite de cet odieux attentat , le gouvernement transféra à Grasse le siège du département. Les clubs dominèrent la ville, et le contreamiral de Flotte fut pendu, le 10 septembre 1792, devant la porte de l'arsenal . Mais la guerre étrangère avait éclaté. Les flottes anglaise et espagnole se rapprochèrent de Toulon et favorisèrent une réaction, girondine d'abord, royaliste ensuite. La Convention mit alors Toulon hors la loi (1795), et les royalistes ouvrirent la rade et le port aux Anglais. L'ar-
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mée républicaine, commandée par le général Cartaux, vint mettre le siège devant la ville : ce fut à ce siège, on le sait, qu'eurent lieu les débats d'un jeune commandant d'artillerie destiné à un avenir si extraordinaire, Bonaparte. Celui-ci ne cessait de répéter que, pour prendre Toulon, il n'y avait qu'à forcer la flotte anglaise à la retraite, et indiquait les points où Ton devait établir des batteries. Enfin le général Dugommier, ayant remplacé Cartaux, comprit le plan du jeune officier d'artillerie et l'exécuta. Un des points dominants, le fort de rÉguillette, occupé par l'ennemi, fut enlevé. L'émotion fut extrême dans Toulon; les habitants se sauvèrent en foule sur la flotte espagnole et la flotte anglaise. L'amiral anglais, Sidney Smith, avant de quitter le port, fit incendier les vaisseaux de la marine française et chercha à détruire par le feu les magnifiques établissements de Toulon, qui excitaient la jalousie de l'Angleterre depuis tant de siècles. Mais l'artillerie française ne lui en laissa pas le temps; elle l'obligea à se retirer, et les troupes républicaines entrèrent dans la ville où elles éteignirent l'incendie. Les conventionnels Fréron et Fouché, impitoyables pour les habitants qui étaient restés, exercèrent sur eux de sanglantes représailles. . La Convention décréta même que Toulon serait rasé et qu'on ne conserverait que les établissements nécessaires à la guerre et à la marine. Heureusement, ce décret ne put être exécuté. Toulon se repeupla et, sous le Directoire, il était redevenu notre premier port militaire sur la Méditerranée. Ce fut à Toulon que Bonaparte organisa sa fameuse expédition d'Egypte, et, sous l'Empire, les bassins, les chantiers, les forts de Toulon, reçurent des agrandissements successifs. C'est de Toulon que partit, en 1850, l'expédition d'Alger; la conquête de l'Algérie, les guerres de Crimée et d'Italie ont constamment développé l'activité, l'importance de cette place maritime.
Le département du Var joue un rôle remarquable dans la vie de Napoléon 1er. C'est au siège de Toulon qu'il avait révélé ses talents militaires. C'est à Saint-Raphaël, près de Fréjus, qu'il débarqua le 9 octobre 1799, à son retour d'Egypte,