ORDRE DES MATIÈRES
226. But des prolégomènes. Reconstruction de cartes perdues : grecques, romaines, arabes.
Cartographie des anciens grecs et romains. 227, idée homérique, école ionienne; 228, principe scientifique , école d'Athènes et d'Alexandrie, leur produit; 229, les Romains et produit des écoles d'Athènes et de Rome; 230, dégénérescense ; 231, Marin de Tyr etPtolémée; 232, produits postérieurs; 233, mesure et grandeur du degré.
Estimation du degré par les arabes. 234, variablement donnée; 235, juste valeur, cartes variées, rasm.
Premier méridien. 236, méridien de l'occident, de l'orient, du milieu; 237, leur origine et instabilité.
Longitudes géographiques des arabes. 238, leurs origines, observatoires, table comparative ; 239, observations astronomiques assez négligées par les cartographes.
Annotations arabes des longitudes et latitudes. 240 , génie arabe, annotations des positions; 241, Hassan ben Ali al komi ; climats et table de positions; 242, origine de son annotation; 243, carte arabe ptoléméenne , astrolabes; table de Kouschiar; 244, Abraham bar Haïia ; position géographique d'Espagne ; 245, les arabes n'étaient point paresseux.
Table rogérienne des Siciliens restaurée. 226, posibilité, longitudes positives, abîme. 247, triangulation , différence des milles ; 248, longitudes par induction pour la mer méditerranée ; 249, latitudes : partie occidentale, 250, partie orientale; 251, Asie septentrionale; 152, les Siciliens dérangent sa partie méridionale par l'impulsion de Ptolémée; 253, emprunts de Ptolémée; 254, habitable de 9 heures; Ibn Saïd et suites.
Cartes de la navigation du moyen âge. 255, image de la descr. d'Elhicus; naissance de la cartographie nautique ; 256, produit.
Renaissance de Ptolémée. 257 , autorité de Ptolémée; rectification de l'orientation ; graduation.
Réforme de la géographie. 259, long insuccès de la théorie; 260, les arabes consultés. 461, Gérard Mercator, réformateur ; 262, la carte de sa projection; 263, mappemonde de la navigation espagnole de l'année 1573.
264. Pertes immenses de monuments géographiques et moyen de les sauver à l'usage de l'histoire ; 265, conséquences de l'arrivée tardive de fragments de Harding et de Haldingham , de la mappemonde maurienne de Turin ; 266, conséquences de l'insuffisance de notes ou extraits d'Edrisi, de Mauro.
PROLÉGOMÈNES
236 (i). Il y a des préfaces qui couvrent le front de volumes et seraient mieux placées à leur fin; qui, traitant le sujet de l'ouvrage, deviennent plus intelligibles au lecteur à la suite de la lecture achevée. De même on pourrait dire des prolégomènes que nous plaçons en tête de l'ouvrage, parce qu'ils sont pour la plupart le fruit de matériaux acquis, ou d'idées conçues après la rédaction de l'ouvrage, et le contenu de ces prolégomènes touche différentes généralités et spécialités, surtout de la géographie arabe, dont l'analyse avait été laborieusement traitée dans l'ouvrage. J'espère cependant que ces prolégomènes seront intelligibles et en état de préparer l'attention des lecteurs qui se disposeraient à connaître mes fatigantes élucubrations.
Une erreur fâcheuse pendant plusieurs siècles prédominait l'esprit des observateurs de la marche de la cartographie. On s'imaginait que Ptolémée donnait les plus parfaits produits de la cartographie grecoromaioe chez les occidentaux, et qu'on possédait la géographie des orientaux parfaitement élaborée par Aboulféda. Deux oracles , deux autorités, qui dirigeaient les conceptions des scrutateurs, noyaient leurs étudies dans une bourbe impure, enfermaient dans d'étroites et fausses limites, dérobaient à leur vue les sources limpides.
Où procéda très -lentement à puiser dans ces dernières, lorsqu'on a fait ées efforts pour retrouver les monuments de la cartographie perdue. Bertius, vers 4628, était le premier, autant que je sache, qui essaya d'exhiber les idées des anciens, par la reconstuction de leurs cartes, avant d'expliquer leur connaissance. Il essaya de reconstruire les idées de Posidonius et de Pomponius Mêla. André Papins l'avait imité en 4697 par l'exhibition de l'idée de Dionyse de Charax. Mais
[i) Les» prolégomènes, bien que placés en tète du I" volume, sont une continuation des éludes terminées dans le II* -vol. par le chap. 226; je pensais qu'il n'y a d'inconvénient de donner à ces prolégomènes la suite des chapitres, en continuant par 326. Par ce moyen l'index alphabétique, dirigé parune seule série, n'offre aucun embarras qui pourrait naître de renvois aux nombres de plusieurs séries.
îiij PROLÉGOMÈNES.
l'étude demandait l'exposition des cartes plus positives. Les positions désignées par les longitudes et latitudes, par les climats et parallèles, par les distances et les triangles, fournissaient un moyen certain à la reconstruction des originaux perdus. D'An vil le sentit bien et la nécessité et la possibilité de la reconstruction des cartes positives , quand il entreprit de redresser celle de Strabon (elle se trouve dans l'ouvrage allemand de Mannert, géogr. des Grecs et Rom.)
Pour la partie positive, dès Tannée 1789, Gosselin exécuta les plus nombreuses reconstructions des géographes grecs. Elles pouvaient paraître imparfaites , elles laissent en effet beaucoup à désirer , et les conséquences qu'en tire le reconstructeur, sont fausses : mais les reconstructions fournirent à l'étude les images tant désirées pour apprécier la cartographie ancienne. En Allemagne, en 1797, Hellwag rétablit la carte d'Eratosthènes ; Henri Voss fit redresser le monde homérique et de la poésie. La vue de tant de reproductions décela que la carte ptoléméenne n'est pas l'unique monument géographique des Grecs , qu'il y en avait d'autres qui méritaient l'examen sérieux , qu'elles sont enfin à bien d'égards préférables, que la composition ptoléméenne est extrêmement vicieuse.
Nonobstant l'imperfection de plusieurs reconstructions de cartes grecques, une certaine confiance a été gagnée pour cette opération, par laquelle on pouvait avec plus de certitude encore connaître les monuments des arabes, qui puisaient dans les géographes grecs et avaient à leur usage leurs cartes assez variées. Les connaissances humaines se communiquaient de génération en génération, perfectionnées ou défigurées par étude ou par tradition, et quelquefois la distance des siècles ne les sépare pas beaucoup. M. Sédillot est de cet avis, quand, donnant l'initiative à la reconstruction des cartes arabes, a superposé les compositions d'Aboul Hassan et de Ptolémée sur celle de nos géographes modernes. En effet , la distance de dix siècles n'aurait pas été trop grande, si le progrès de la cartographie arabe n'avait pas immensément éloignée l'une de l'autre. Leur confrontation expose à nu la figure grotesque et hideuse du Grec; tacitement, elle creuse l'abîme au crédit d'Aboulféda, qui ignorait l'existence d'Aboul Hassan.
Dans mes études historiques , la reconstruction de caries perdues et leur examen avaient depuis longtemps leur part. Le produit de mes premiers efforts parut en 1818 (badania starozytnoâci we wzglçdzie geograûi , Wilno i Warszawa). Après avoir sondé la cartographie ancienne, je me suis arrêté très-longtemps près de la porte du moyen âge. J'ai franchi enfin son seuil et je me trouve dans un immense enclos, duquel se présentent continuellement, d'un côté le souvenir