ABOU RIHA1C
Les chiffres de Basa, Darabdjerd, sont certainement dérangés, maïs on s'évertuerait infructueusement à les régler sur ce point de contes* tation. Nous ne pouvons répondre pour aucun chiflre qui y serait épargné par les copistes. En avançant vers Test, nous entrons comme dans un nouveau monde , mieux connu au birounien. Ce monde ne s'attache pas à ce que nous trouvons dans le Fars. Une brèche rend ici l'issue difficile et peut-être impossible. Faites descendre la latitude de
Siraf à J £ 27° 30', et celle de Hesn ibn Omara à ^*f £ 26° 20r, au
moins vous rattacherez Tiz , Hormouz et les lies Lar et Benikavan au Fars.
La latitude de Hormouz est cependant dépravée par les copistes. Du
fond du continent de J wJ 52» 3C, il faut la faire descendre vers le
littoral à J £ 25o 30' (too).
Il est probable que sur ce point Abou Rihan lui-même n'avait pas indiqué des longitudes et des latitudes irrévocables; au moins Aboulféda y trouvait de doubles données dans son kanoun. Aussi à Hormouz, certainement le texte du kanoun assignait la longitude 85°, 0f et la latitude
J J 30» 33', discordante avec la précédente de 23° 30^. Aboulféda Csignala quatre doubles données dans le kanoun , savoir : pour Hormouz et Sirdjan du Kerman; pour Tiz du Mekran, et pour Sindau du Hind (i9i).
De la partie orientale Abou Rihan a pu avoir plus facilement de renseignements qui convenaient à sa connaissance. C'est un nouveau monde comme nous l'avons dit : il le découvre , le fertilise et le livre aux compositeurs de cartes géographiques. Il y avait beaucoup à reprendre par de postérieurs sur ce qu'il signala lui-même, nous devons d'abord en reconstruisant sa carte, surprendre les erreurs des copistes. Ils ont Je plus fâcheusement embrouillé la longitudeet la latitude de Darghasch :
au lieu de lai 89° de longitude et J If 29° 30' de latitude, certaine-
faînement il y avait L© 91° de longitude et J ^ 31° 30' de latitude.
Quant à plusieurs autres, leurs erreurs affectèrent les latitudes qu'on rectifie avec certaine facilité :
Djairfat . . . latit. a* i) 31° 45' corrigez ^ j$ 27° 45'
HesnalTak(i9s) — * jJ 34 40 — hi 0
Marou al roud . — J jJ 34 30 — J J 37 30
Talakan . . . — > jj 34 40 — > ^ 37 40
(190) Il y a des Hormonz dans l'intérieur des terres même en Kermaa.
(191) Le mot dont, Aboulféda se servit pour indiquer les différentes longitudes et latitudes dans le
kanoun» est ïsP**** niskhat, ce qui veut dire : dans un autre endroit, alioloco (exemplatn aliunde
reusement pour tous les deux ces variantes sont de peu d'utilité, n'offrent rien de satisfaisant.
(4M) Sur la position de Dargascb et de Tak, voyez Edrisi, p. 444, 480 et 1 image de Segeslan dlstakliri.
76 GÉOGB. ARABE, 830-1030.
Nasa .... latit. * J 36 40 corrigez > J 37 40
Bandjahir. . . — jj 35 0 — jj 34 0
KaDbalet ... — ^ S 27 20 — ^Ta5"24 20
43. A l'exception de Kanbaïat et de cinq villes voisines, nous sommes complètement privé de latitudes et de longitudes du Hind, déterminées par Abou Rihan. Sa description ne nous les donne pas. Aboulféda nous a relaté celles de Mahoura et de Mandari : elles seraient précieuses si elles n'étaient pas dépravées par les copistes. Nous n'osons pas nous engager dans la richesse de notions fournies par la description d'Abou Rihan , nous ferons seulement observer qu'il y aurait de la peine de fixer à leur aide la latitude et la longitude de Mahoura, à cause que les distances données dans la description, contrarient beaucoup son emplacement convenable , bien qu'on est certain que Mahoura est Malhoura des Hindou* , située au confluent de Djem et de Ganges. Nous essayons donc par d'autres données plus certaines, de tracer sur la carte du birounien l'étendue et la figure de ce pays qu'il avait exploré.
On voit par les tables d' Aboulféda, qu'Abou Rihan fixa dans son kanoun par les latitudes et longitudes géographiques, plusieurs îles de la mer de Hind : de ces îles :
Serandib, est ûxée par la long. 120°, la 1. 10°. La ville de Mandari, qualifiée par le kanoun de station commerciale et de passage du continent à l'île, étant par 15° de latitude à l'ouest de la péninsule, formerait un golfe impossible pour la connaissance qu'on avait de ces côtes, s'il restait avec Serandib sous le même méridien ( Aboulf. p. 270). Par ces côtes, nous avançons de Tanah etLar, par Malliah, Kandji et Dravara (Travankor), au delà de la parallèle de 10° de latitude: après quoi , s'engouffre dans les côtes du continent un golfe , devant lequel se trouve l'île de Senkeldib (observ. sur l'Inde). Quant aux limites orientales :
Iandjou du pays de Sin. long. 125° latit. 22° Kazkou 127° — 21°
ferment l'extension ultérieure vers l'orient. Or, Ganga saiara , ou l'embouchure du Gange était à l'occident, peu éloignée. Ce point serait suffisant pour déterminer l'extention du Hind et de sa configuration péninsulaire, conformément à la conception d'Abou Rihan. Cependant, nous avons quelques autres dates qui fixent son étendue dans ses autres parties.
Les tables d' Aboulféda, relatent, que dans son kanoun Abou Rihan plaçait le mont Kamrou sous la longitude 125°, latitude ^ 10°. Ce
serait au centre de la mer si le chiffre de la latitude serait exact: mais la latitude doit être portée à ^*S 20° ou à aT 25° où la montagne existe toujours sur la frontière de Silhet , de Bhot (Boutan) et de Tilout, comme l'a dit Abou Rihan : et au delà à l'est, c'est Maha Djin, pays de Sin (observ. sur l'Inde) , où l'on trouve landju et les autres villes de la Sinie.
ABOU RlftAN, 44. 77
Observant toutes les distancée qu'Abou Rihan a noté de Kanodjé vers l'orient, par Prayaga jusqu'à lameri50parasanges, par Bari, Ayoudhija, Benarcs, Palalypotra à Gonga Sayara 285 parasanges, et plus directement par Silhet, Bhot, jusque vers le mont Kamrou 77 parasanges; enfin de Kaschmir jusqu'au col de Yhoutischer (qui est à 100 parasanges des monts Kamrou) , à travers Tibet 300 parasanges : il est évidentque noire birounien ne donnait de plus grande exteniion au Hind que tout au plus jusqu'à 425° de longit. À l'est s'étendaient les vastes régions de Maha Djin ou de Sin jusqu'à l'extrémité orientale de l'habitable, dans l'espace de 55° de longueur (193). (Voy. cartes de l'Inde, IIIe vol. de nos études).
44. Dans ce compte-rendu des peines que nous avons eu pour reconstruire , tant soit peu la carte d'Abou Rihan le bironnien , nous avons dit dans quelle partie il avait le bonheur d'améliorer les cartes géographiques de son époque. Le premier coup-d'œil fait penser que pour la partie occidentale , il s'est conformé à la carte de rasm. Nonobstant les erreurs et le peu de données qui restent de la partie occidentale, on peut avancer cependant qu'il y introduisit quelques changements. La position trop méridionale de Kolzoum ferait présumer qu'il suivit aveuglement ce modèle , mais la position de Mabadia , des villes de Syrie qui font l'impossible de laisser le Ribris sous la latitude de 34° (indiquée sans doute suivant rasm) et plusieurs autres particularités, ne laissent pas de doute de changements. Du fond de la confusion d'erreurs, ces changements percent plus abondamment vers les mers kaspienne et persane. Il semble qu'il a donné plus de développement à l'Adherbeidjan : Khelat plus à l'occident, Amol plus au midi, semblent le dire. S'il avait le bonheur d'introduire des améliorations partout où il opérait les changements, on peut douter au moins dansée qu'il a fait avec le Fars et le canal de Fars. L'insuccès de cette opération restera peut-être l'énigme noyée dans Terreur : brèche sans issue. Il v a cependant quelque apparence qu'il revenait sur ce point aux idées de Ptolémée, chez lequel le golfe persique forme on carré.
À l'orient d'Amol et de la Perse, les auteurs de rasm al mamouri lui ont laissé un champ libre d'exercice : il n'y avait rien chez eux , ni à combattre ni à accepter; tout a été rejeté, et nous pouvons dire, tant qu'il nous reste de monuments géographiques, que la carte géographique des régions où fesaient tant d'éclat les Ghaznevides , est de la création de notre birounien. Il y levait les latitudes de nombreuses villes, de Gazna, Kaboul, Dinbour, Lameghan, Peichaver, Moultan; il y vérifia les distances; il y traça les cours de Sihoun, de Djihoun,
(498) An nord de la Chine nous avons placé dans la carte d'Abou Rihan les Iadjoudj etVadjoudj on Gog et Magog (voyez ci-dessus note 63). — Une opinion , peut-être plus ancienne , les plaçait a f occident (voyet d'Ohsson des peuples du Caucase etc. note 57, p. 376). Cet occident se décèle par remplacement de Gog et Magog a l'occident de la mer Caspienne sur la carte anglo-saxonne du x* siècle (voyei n* 26 de notre atlas). Mais d'un autre côté l'opinion contraire avait été suffisamment fixée : môme le prétendu voyage de Sellant passe par Basdjird évidemment vers l'orient. Vers 950 Ibn Ketir le farganien (Alfragan), connait leur situation orientale. Il les place sur les côtes de l'océan oriental en commençant par le v"* climat, et étend leurs possessions à travers les vi* et vu" climats et an delà -vers le nord jusqu'à 66% où se termine l'habitable (elementa astron. cap. 9, p. 38,39, édït. Golii). Or, on ne peut pas inventer un autre emplacement pour la carte d'Abou Rihan >* .était accepté sans exception par tous les géographes postérieurs qui aimaient à s'entretenir de Iadjoudj et Madjoudj.
de Tadjen ou Hérat, de Hindmend ,*de Sind, de tous les fleuves du Pendjab, le cours de Ganga et des fleuves de la péninsule Hind. Les géographes postérieurs en rectifiant l'ouest du Sind, n'avaient qu'à répéter scrupuleusement ce qu'il a tracé à l'est.
ÀRZAKHEL, ANDALOUZ, 1075.
45. D'après la carie du birounien , le méridien de la coupole passait par Rhodjenda et touchait presque Karnin de Segestan et Taraz et son voisin Saldj. .11 discute différentes opinions des astronomes et des géographes, mais sur la composition de sa carte, ce point n'avait aucune influence. Le premier méridien était arbitraire : était-il tracé par Djamkout, par les îles Fortunées ou les rivages inconnus, toujours il était fictif, et celui delà coupole dépendant d'un arbitraire, déterminé par ces méridiens variés , n'avait pas de consistance. On répétait les rêves indiens et on embrouillait les chiffres et les idées.
Il peut être douteux si les travaux géographiques du birounien arrivaient bientôt à la connaissance des astronomes et géographes du magreb : mais la doctrine d'arim s'y domicilia avec la science mahommédane, et l'étude n'y étant pas stationnaire, faisait d'aussi importants progrès que sur un autre bout du khalifat. L'astronomie secourut la géographie et les cartes de l'occident dans le siècle du birounien , subirent, sans aucun doute, de très-graves rectifications. L'astronome espagnol ÂBoulsHAK Ibrahim ibn al Zarkala, surnommé peintre, ordinairement appelé Arzakhel, célèbre vers 1075, inséra dans son ouvrage astronomique, suivant l'habitude assez générale, une table de positions. Elle décèle sans contredit, le produit connu par une suite d'astronomes.
Il arrivait qu'un astronome insérant dans son ouvrage les positions géographiques suivant le système généralement accepté, annotait la rectification de la longitude ou de la latitude d'un lieu, lequel, par celte rectification, tombait en désharmonie avec le système entier, s'isolait, et paraît offrir sa rectification comme erreur incompatible avec l'ensemble (194). Mais la table des positions d'Àrzakhel, peu nombreuse qu'elle est, offre un groupe de rectifications qui décèlent un changement radical dans une portion de la carte (195).
La table d'Àrzakhel ne donne que 64 positions , dans lesquelles ou retrouve 59 indiquées par rasm et Ibn lounis; plusieurs des autres passées sous silence dans la table d'Ibn lounis, se rangent régulièrement avec les 39; ainsi que la composition de la carte d'Arzakhel d'un bout à l'autre paraît juste la même que celle de rasm et d'Ibn lounis. Pour arriver à celte construction , il n'y a qu'à observer les dizaines de deux
(404) Tel est le cas, comme nous Tarons observé, chap 55. ci-dessus, avec la latitude de Bokhara daits les tables d'Ibn Ioonis, et avec la longitude de Fostat déterminée par cet astronome. Tel aussi avec la latitude de Constantinople il* 0' dans la table du Persan, incohérente à l'ensemble delà carte dressée d'après les très-nombreuses indications de sa table.
(195) M. Chasles possède une copie manuscrite de l'ouvrage d'Arzakhel. Sa version latine de Gérard de Crémone, savant du xii* siècle, se trouve dans la bibliothèque nationale à Paris, n* 1ÂU. — L'amitié du savant orientaliste, Biberstein Kazimirski, dont le conseil éclairait maintes fois mes doutes, arrêtait mes rêves, m'a procuré la liste des positions du manuscrit latin. Elle n'offre, comme on peut le voir dans les tables de mon atlas, que 69 indications, où l'on remarque trois doubles, et plusieurs, au moins les quatre dernières (dont deux sont sans indication), ajoutées probablement par le traducteur Gérard : ainsi qu'il n'en reste pour le compte d'Arzakhel que 64 tout au plus.
ARZAKHEL, 45. 79
méridiens et quelques erreurs trop ordinaires dans remplacement de plusieurs lieux de Syrie ou de l'Egypte (Atrablos, Sur, Âssueri (Assouan), MizrFostat, Sanaa de l'Arabie) (îoe). On remarque seulement une déviation de la carte almainounienne dans les latitudes de Fargana et de Balkh , qui sont portées à leur hauteur par des observations postérieures (voyez n° 48 de notre allas).
Mais sur cette carte repose une autre composition qui propose une diminution considérable de l'étendue de la mer méditerranée. Rome, Sardai^ne, Païenne, y compris Malte, prennent des positions différentes a celles qu'indique la position almamounienne. Karthage 37° 0', Tounis 38° 5', Kafroan 35° 30r, al Mahadia 35° 0f, par leurs latitudes ne s'accordent pas avec cette ancienne composition. Ce sont des données toutes nouvelles qu'on ne peut pas accuser d'erreur dans leur chiffre.
On ne peut pas régler la position de Tounis J 38° , par la simple leçon de J 33°, qui le replacerait dans la^ latitude des cartes précédentes; Ql faut rectifier sa position par^J 36° ou plutôt J 37*. Ces
latitudes pèchent par leur extrême élévation : mais c'était une conséquence raisonnable des efforts de la réforme. De l'extrême erreur des cartes précédentes (de Ptolémée et d'Almamoun) , on tombait, faute d'observations suffisantes, dans l'excès contraire. Le même cas avait lieu dans le Khorassan , quand les almamouniens reformaient les excès de Ptolémée.
Arzakhel dit que Tolède est de k heures et f/*° (61° 30f) d'Arim ou du méridien du milieu passant par 90°. Or, Tolède est à 28° 3C du premier méridien (qu'on assignait aux Iles p^r l'inspiration de Ptolémée) (197). Antérieurement, on donnait à Tolède, il0 0' de longitude du méridien littoral (22° 0r de celui des Iles). Tolède change donc sa position dans la carte géographique. Arzakhel annota dans la table des longitudes et latitudes cette double position. La nouvelle avançait Tolède 7° 50' à l'est de l'ancienne. Sur l'ancienne carte on comptait entre Tolède 11° 0r et Damask 60° 0f, une distance longitudinale de 49 degrés. Par cette nouvelle indication entre Tolède 28° 30r et Damask 60° 0\on n'a que 41° 50'. La longueur de la mer méditerranée, fixée d'abord à 62 degrés par Ptolémée, ensuite diminuée par les almamouniens à 54 degrés, se trouve réduite presque à sa juste valeur, à 42 degrés.
On ne peut douter que cette nouvelle indication de la longitude de Tolède est le produit d'une observation astronomique comptée sur le
(196) Les dizaines de deux méridiens se révèlent dans Constantinople, sedes régis Eratb, Jérusalem, Baka, Arminia, Kharizm , Labore, Serindib; probablement dans Morella si ce nom indique la Moree. Babilooia nova sujette à cette dixaine que veut indiquer? je n'en sais rien. Sanoa retirée par dixaine prend mi bonne place par la leçon de 73 au lieu de 78. Les erreurs dans quelques latitudes sont plus «raves : d'Emerida, de Kordouba 27 30, lises 57 30; de Grenade 10 45 (57 30 d'Ibn Iounis], de Thoiosa 49 6 (44 0 d'Ibn Saïd) et de Eraklia, Misr Assouan, Alkaune, entassées sur la parallèle de 31*. — Voyez le colla tionnement de toutes les positions avec rasai et Ibn louais, et quelques observations y relative* dans les tables de long, et latit. IV bis, p. 10 de mon atlas.
(497) Longitudo autera loci ad médium diem , cojus radiées predicte in hoc libre sunt posite , qui
Toletnm dicitur, est quatuor borarum spatium et décime unius hora a'medio mundi qui dicttur esse
•m Intlia , in ciuitate scilicet qnae vocatur Arim , cujus longitudo ab occidente in orientem est non*.-
gesimum graduum , latitudo vero eius nulla est, eo quod sub equinoxiali linea sita est. (Anakbel ,
versionis Gerardi de Cremona , savant du xu* siècle ; Reinaud, introd. p. 246).
80 GÉOGB. ARABE, 830-1030,
méridien arim (lequel provenant du méridien des fies passait à 40 degrés est de Bagdad); que c'est l'observation de quelque éclipse heureusement accomplie. Elle nécessitait une refonte de la carte almamounienne, mais il parait qu'elle n'avait pas lieu; que les géographes et les compositeurs de cartes ne se sont pas servis longtemps, ni de cette détermination de la longitude , ni des latitudes des côtes de l'Afrique. Les astronomes de leur côté se contentaient de la connaissance de la position de leur observatoire vis à vis des méridiens sur lesquels étaient dressé les tables des étoiles, afin de savoir les réduire par leur calcul (m).
Il faut présumer, que dans cette activité infatigable des astronomes et des géographes , le golfe persique ou la mer Basra , point de départ de voyages lointains, n'était pas négligé et reçut ses formes dues. Que la cartographie ne restait pas stationnaire , nous avons l'exemple dans l'astronome Aboul Hassan Kouschiar le ghilanien. Àbou Riban indiqua la latitude de Mekke à 24° 20'; Kouschiar toucha à sa double position en lui assignant 67° 2(K de longitude et 21° 40' de latitude (19e)..
Les positions étaient donc retouchées; toutes sortes de cartes élaborées, cartes graduées et figuratives. Elles accompagnaient les relations des voyageurs et différents ouvrages. La carte attachée à un ouvrage persan, modjimel-altevarik, rédigé en 4126, représente la terre environnée par l'océan ; l'océan lui-même étant cerné par la montagne Raf. La place des deux tropiques y est indiquée par les épigraphes : de l'orient d'été et de l'orient d'hiver, (soo).
46. En attendant, la géographie descriptive ne cessa de réunir de riches matériaux pour la littérature arabe, pour les auteurs et pour les copistes.
Sehems eddin Abou, abdullah , Mohammed ben Ahmed mokadesn (jérnsalémite) du rite hanefite, mort 4052, laissa un ouvrage intitulé : la plus belle des divisions pour arriver à la connaissance des climats. Fruit de ses voyages et des explorations de narrateurs. Les distances y
(498) M. Sedillot observe très-bien (dans » version du traite des instruments d'Aboul ïïassan] que le méridien d'arin, sur lequel existait le calcul des éclipses de lune devait être situé vers le 80* degré A Test du méridien de l'Ile de Fer. Ces 80* d'aujourd'hui répondent aux 88 du méridien littoral, 40 degrés à l'est de Bagdad des cartes arabes , qui était le 90"** d'arin du méridien des îles. M. SediHet appelle les 47* 30* constante ; constante pour le calcul astronomique , ponr le ciel : mais pas- pour la terre et les géographes , comme nous le verrons examinant les opérations géographiques d'Aboul Hassan, chap. 90. — M. Reinaud a observé que la longitude de Balkh , 408* 58' de la table cPArzakhel diffère par cette constante 47* 30', de la longitude 91* donnée par Abou Rihan. Mais
cette différence peut être toute fortuite à la suite de la leçon de ^j 88* de long, de rasm et d'Ibn
lonnis par îj 408. On remarque dans la table d'Arzakbel ^d'autres semblables différences.
La position C- double de Constantinople offre 7* 50* (constante?) de différence. Cette double position était connue et postérieurement (voyes les tables de Nassir eddin et d'Oulongbei). La double position de Paris 40* 30' et «3* 40' offre à peu près 47" (de constante?). Si ces doubles positions émanaient de la constante céleste : la géographie n'y gagnerait rien. Tolède par les astronomes d'Espagne pouvait être un point immuable auquel devaient s'accommoder et arim et tous les méridiens : mais dans la géographie c'était différent; comme nous le verrons dans l'examen de la carte d'Aboul Hassan. t
(499) Aboulféda, Reiskii p. 3*8; texte arabe p. 8t. — Kouschiar est auteur des tables astronomiques, intitulées : tables générales et particulières. Elles se trouvent dans les bibliothèques de Leyde et de Berlin, peut-être qu'on y trouvera la liste de positions géographiques ponr dresser sa carte. -* La bibliothèque nationale de Paris possède un traité de I astrolabe du même auteur (Reinaud, introd. p. 404).
(MO) Reinaud, introd.