ABOUL HASSAN
aberrations fatigantes; à partir de l'Espagne, l'Europe livrée à une confusion extrême; en Asie des déplacements fâcheux. Partout, les erreurs sont criantes. Sur qui retombent ces erreurs?
La version française est exécutée sur un code qui avait son existence en 1410 (28 1). Son écrivain dit, que c'est pour la septième fois qu'il transcrit l'ouvrage d'Aboul Hassan et qu'il a fait cette transcription , (renfermant, dit-il, plusieurs choses qui n'étaient pas dans les autres]; sur une copie immédiatement faite d'après un manuscrit autographe de Fauteur. Or, les erreurs remontent à l'autographe de l'auteur et à l'auteur lui-même, d'autant plus qu'il a arrangé les listes dans la succession des chiffres, montant tant de la latitude que de la longitude, chaque chiffre par conséqueut est préservé de la corruption des copistes par les précédents et les suivants.
On ne peut accuser d'erreur les chiffres des lieux dont les latitudes géographiques furent levées par Àboul Hassan lui-même. Malgré certaines désharmonies elles forment l'ensemble possible et facile. Toutes les erreurs sont réparties entre les lieux qui ne dépendent point des observations de l'astronome, qui sont empruntés de différents ouvrages. Leur nombre monte à un tiers du total d'emprunts. Sur le nombre de (H8 — 41==) 77 lieux : 7 à 9 en Europe, 4 à 5 en Afrique. 13 à 15 en Asie, le total de 24 à 28 emplacements d'emprunts lésés. En Asie donc, sur une quarantaine à peu près d'emplacements, on remarque la moitié déplacée. Et toutes ces erreurs tombent à charge de l'auteur qui les a répétées, soigneusement coordonnées et enchaînées dans une suite, chiffre montant, tant de la latitude que de la longitude.
85. Observant la composition dur Magreb et de l'Andalouse (voyez n°'57, 58 de notre atlas), on peut se convaincre que l'astronome introduisit avec soin entre les 44 lieux dont il fixa les latitudes, les autres lieux qui devaient se placer par la simple triangulation des distances. Ce précieux soin de l'astronome , prouve que pour arriver à ses ans, il a dressé des cartes spéciales pour celte partie à laquelle il donnait une nouvelle forme. Quant au reste, il négligea cette opération cartographique, il se contenta d'extraire des tables de ses prédécesseurs et inscrivit plus de 60 emplacements sans examen dans l'ordre des latitudes et longitudes montantes. A partir de Damiat en Egypte et de Dania en Espagne, tout y est de cette nature et tout de l'intérieur de l'Afrique.
Au premier coup-d'œil du désordre que présente cette étrange insertion d'emprunts, on croirait qu' Aboul Hassan fit extraire cette foule de discordances de plusieurs auteurs qui suivirent différents systèmes. En effet, il dit lui-même qu'il avait pris quelques latitudes géographiques de différents ouvrages qu'il a lus. Cependant l'analyse des erreurs prouve qu'en général il suivit un seul système, et s'il fit des recherches pour découvrir les latitudes observées par les autres , il n'effaça point le fond de la construction générale.
(S81) La version française avait été faite par J.-J. Scdiliot, après sa mort, éditée par son Gis J.-Àm. Sedillot, Paris, 1834 , 4835, î vol. ia-4\
136 CÉOGR. AftABfc, 10*0-4330.
En Asie, placeurs lieux déplacés se replacent par de dhaines ou vingtaines de degrés, aberration familière à presque tous les ouvrages géographiques, laquelle certainement n'embarrassait point les constructeurs de cartes. C'est ainsi que retrouvent leur position longitudinale les lieux suivants :
Jamama, . .
wi 82° 0'
Hadjar. . .
Adbebidjan. .
Kasvin. . .