MARCHE DU PROGRÈS, TS
Marche de la cartographie arabe.
78. Rapprochant les caries do rasm du Khovarezmien, d'Ibn Iounis, d'Àbon Rihan, d'Àrakhel, de Nassir eddin , d'Ibn Saïd el les fragmente de quelques autres, on remarque facilement la marche des améliorations dans l'intervalle de cinq siècles.
Le premier pas, en 833, est la rupture avec les Grecs, dont la connaissance fut le point de départ pour le progrès. L'essai réitéré de mesurer le degré, l'arpentage aux environs de l'Eufrate et du Tigre, les renseignements positives sur la Syrie, FÀrabic, le Djebal , jusqu'à la mer de Tabaristan; l'occupation de l'Egypte et du Magreb, menèrent les géographes au plus beau résultat. Jamais depuis, la géographie arabe n'a pu avec succès obtenir un autre comparable. Qu'il était amplifié, décèle la carte qu'avait Ibn Iounis en Egypte, 1007.
Deux cents ans plus tard, 4030, Abou Rihan, ayant tracé sans doute d'importants enrichissements à la carte almamounienne, a pu par ses explorations, ajouter de nouvelles parties vers l'orient avec plus d'exactitude , et donner plus d'extension à son perfectionnement. Que sur l'autre partie du kalifat on examinait les positions pour dresser les cartes, prouve celle d'Àrzakhel, 4080.
i>es deux siècles suivants continuaient à compléter la composition de la carte arabe. Dans cet intervalle, en 1154, fut élaborée la carte rogerienne en Sicile avec la coopération des Arabes. Presque inconnue ou trop imparfaitement comprise par quelques géographes mahommédans, elle 6e sépare de la famille des cartes arabes, dont la composition accomplie parut au xin* siècle, variée par différentes modifications, dans les cartes du Persan, de Nassir eddin 4261, d'ibn Saïd $274, et dans les cartes de quelques provinces, dont nous en avons deux de la Syrie.
Cette suite de cartes offre à notre réflexion beaucoup de différences, provenant des connaissances successivement acquises ou des efforts continuellement réitérés pour progresser dans la culture de la géographie.
A la suite des connaissances acquises, les cartes furent successivement purgées de la caducité du modèle ptoléméen qui leur servit de base. La carte almamounienne l'ébranla sur tous les points, réforma le centre. Du temps d'Abou Rihan, non-seulement de l'Oxus, de Mavaralnaharetdu Sind, mais de toute retendue du Roum, furent évacuées les trop chocantes difformités de Ptolémée. Plus tard, la clôture de la mer de l'Inde fut rompue et renversée pour faire place à la location
daaca incommode à mes petites cartes) : or, il fallait le rendre par d% et je mis sur le s un point dz (on dirait que j'insinue «n ifpolonais, n'importe, il est ge, gi,j, français). Le $ekin #** dans l'or-
thqgraphe latine et française, je le rends également par $ch et je regrette de n'avoir pas proposé dans l'orthographe latine, à la place de trois lettres tch, surchargeant les noms de mes petites cartes, un seul * ponctué de l'orthographe slavo-bohème qui répond admirablement an êcki* arabe. Quant au\
nôtres exigences de l'orthographe et de la prononciation arabe ^* y & Jo 9* etc., il n'y avait
pas de mesures à prendre pour mot. An reste, je pense que l'inconstance et la variété, que je ne sus pas éviter, n'offrent aucune confusion et que tous les noms propres, tous qnclque forme qu'il* paraissent, sont reconnaissantes.
430 GftOGII. ARABB, 1030-1880.
plus libre de la multitude des Iles. Il ne resta de Ptolémée que quelques points basés sur les conceptions ptoléméennes, à savoir, les sources du Nil placées dans les montagnes de la lune; le Nil Ghana, calqué sur le Niger; l'inclination des côtes de la Syrie toujours conforme à la configuration léguée par le syrien Marin de Tyr; enfin le traces indélébiles de Ptolémée se fesaient remarquer sur toute la distance longitudinale du détroit de Kadis, jusqu'à l'embouchure de l'Indus, qui contenait toujours 86° ou 85° degrés.
L'imperfection et les erreurs de Ptolémée, combattues sans relâcbe et terrassées continuellement, ouvrirent le terrain à une singulière incertitude dans les latitudes géographiques et un système presque inébranlable dans les longitudes géographiques.
Des points bien importants dans la configuration de la carte, Kolzoum, Bokhara, Àbadan, toutes les places de la Perse, de Kerraan, de Sedjestan, d'Andlous, sont d'une mobilité inquiétante dans leurs latitudes géographiques, qui montaient ou descendaient, sans qu'orï ait su les fixer. Konstantinople et quantité de places de l'Espagne, surtout Djelikia sont portées excessivement vers le nord, contrairement à ce qu'on a pu trouver dans la géographie de Ptolémée.
79. Les longitudes, au contraire, paraissent chez les géographes arabes, d'une fixité inaltérable. Les géographes d'Almamoun conservant le chiffre de l'entier de l'étendue de la longitude, brisèrent le système longitudinal grec ; il n'en resta chez eux que peu de points qui forent bientôt écartés par les géographes suivant immédiatement. Depuis ce temps, tous les géographes d'accord, plaçaient Rome sous la longitude de 35° 20' ou 50r du méridien littoral (274); Konstantinople 49» 50' (le Persan, 50° 45') (275); Taflis 73° 0'; bab el abvab (Derbent) 75° C (aie); Àmol de Tabarestan 77° 10' ou 20' ou 37'; Abeskoun 79« 30' ou A9 ou 55'; Bokhara 87° 30r (Nassir eddin 86° 50'). Tous situés dans les climats îv ou v.
Sur une autre ligne, sous la zone du troisième climat : Fes 8° Or du méridien littoral; Tunis 32° 50'; Alexandrie 54° 20' ou 54' (Abou Rihan 52° 0'); Djodda 66° 30'; Mekka 67° 0' ou 15' ou 31'; Bagdad 70» (K; Basra 74° 0' ou 31'; Siraf 78*0' ou 27' (Abou Rihan 79° 30'); Sonar 84*55' ou 0'; Daïbol 92° 50' ou 0'.
Or, la longitude de l'habitable sur son étendue , restait immuable. Etablie une fois par la réforme de Ptolémée du temps d'Almamoun, aucun géographe n'osait plus la toucher, ni étendre, ni réduire à des proportions plus étroites. Ce n'est pas parce qu'il n'y avait rien à refaire, qu'ils l'ont respectée : mais parce qu'il leur manquait le moyen à y faire et introduire quelque chose de mieux. Lesgéographes d'Almamoun, forcés par les erreurs trop grossières de Ptolémée, donnèrent à ces longitudes des proportions plus raisonnables, qui suffirent aux travaux des géographes postérieurs. L'opération de lever et déterminer scntpff* leusement les longitudes par la différence des heures était trop délicate :
(Î74) Nassir eddin seul révint aux 50" 80', ptoléméens que les auteurs du rasai n'avaient pas icore écartés : conservant entre Konstantinople et Rome 10* 20'. Ibn Saïd place Rome A 55* 0'. (Î75) Khasdaî, Arzakhel, Edrisi? Oulougbei assignent à Konstantinople 46* 50'. («76) Abou Riban donne à Taflis 7t* 0'; à bab el abvab 76" 0'.
encore
ils se contentèrent de ce que leur apporta I» prewicre réorganisation des longitudes ptoléméennes; réorganisation qui Ait inévitable pour les premiers géographes, qui se présenta spontanément à leurs travaux, fruit de la conception grandiose mais grossière et du hasard , qui jeta un fondement solide pour toutes les cartes géographiques à l'avenir. On voit qu'en Espagne, par une heureuse observation, on avait remarqué de bonne heure que Tolède, dans la longitude, était de 17° 50' plus rapproché de Bagdad : mais, soit la peur de trop grand dérangement de la carte, soit la méfiance dans le résultat qu'offraient les opérations astronomiques dans le courant de deux siècles, on ne voit pas d'exemple de géographe asse* hardi de s'en servir. La levée des latitudes, étant plus facile, plus praticable, répétée plusieurs fois sur le même lieu, grossièrement exécutée, donnait des résultats variés, exerçait la sagacité des géographes et nourrissait longtemps l'inconstance des latitudes du grand nombre des points.
La composition des cartes arabes, consistait en distances inclinées sur la direction d'une latitude observée ou indiquée par la combinaison des mêmes distances, soutenue par la longitude fixe. La combinaison des distances indiquait la longitude géographique des points nouvellement introduits sur la carte, remuait celle de quelques points anciens; mais dans l'ensemble, toutes ces combinaisons sont enclavées dans la longitude acceptée et immuable des points capitaux. Dès que la composition de la carte fut achevée, le réseau des distances s'effaçait : tous les points de la carte, soumis aux méridiens et aux parallèes, restaient déterminés par les chiffres de la longitude et latitude géographiques.
80. Cette méthode, basée sur la fixité de la longitude, produisit cependant les cartes très-variées, dont l'aspect, malgré la même base, déroule aux regards de l'observateur des variations remarquables. Elles ne se ressemblent guères. Les unes présentent le continent empoulé, gonflé; les autres, svelte, amaigri; les unes de proportions arrondies, les autres allongées. Cette dissemblance, souvent très-prononcée, D'émané pas des variations dans les longitudes, mais vient de l'indétermination dans le choix des latitudes et de la combinaison des distances, combinaison plus diffuse ou plus restreinte dans certaines positions et assiettes, qui s'isolaient et se groupaient dans ses limites.
Cette intéressante dissemblance, distingue les cartes contemporaines de la même époque, de même que les cartes séparées de plusieurs siècles. En général, sur les cartes plus anciennes, grande partie de proportions, de points et de positions, paraissent plus gonflés; sur les cartes du xme siècle les points plus compacts, dans leurs assiettes, forment les proportions claires et légères.
La géographie arabe est éminemment continentale. Les cartes présentent l'intérieur du continent bien disposé; les mers ne le sont pas autant. La figure des mers est subordonnée à des parties continentales, élaborées séparément sans égard à celles d'outre-mer. La portion spacieuse du continent asiatique, composée de parties confinantes immédiatement, réunies dans un contact ininterrompu, reçut à la fin une organisation harmonieuse; l'étendue des déserts, des provinces, des itinéraires prirent ses justes proportions. Les portions traversées
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par des mers, entourées et séparées par des mers, obtinrent les formes et proportions mal assises, plus larges, bloquées d'tempooles, de tumeurs, de bosses. Telles formes présentent l'Espagne, l'Italie, l'Anatolie, le Hind, l'Arabie elle-même.
La portion la plus heureusement élaborée est sans doute dans le spacieux continent de l'Asie. Toutes les autres parties sont inférieures. La cause de celte infériorité réside partiellement dans les fentes aquatiques des golfes et des mers dont on ignorait l'étendue et les dimensions, quelquefois dans l'insuffisante connaissance des presqu'îles : mais la cause générale, permanente et inaperçue, existait dans la longitude fixe et immuable.
81. La longitude géographique entre Fez ou Kordou, et Datbel ôb l'embouchure de l'Indus, qui n'est que de 71° 40', avait été portée dans la géographie de Plolémée à 86° 0' , excédant plus d'un cinquième. Dans celte excessive augmentation les proportions des parties n'étaient pas égales, tout le poids de l'excédant surchargeait la partie occidentale : d'Alexandrie jusqu'à l'Inde 57° 40', Ptolémée diminua comptant à 53° 30'. De Fez jusqu'à Alexandrie les 34° 0', il éleva à 52° 30\ excédant de moitié de la longitude réelle. Extension excessive et monstrueuse.
Les géographes d'Almamoun, forcés par leur arpentage d'incliner de plusieurs degrés le cours du Tigre entre Bagdad, Bassora et l'embouchure, qu'ils trouvaient sous le même méridien sur la carte de Ptolémée , étendirent la longitude entre Alexandrie et l'Indus en lui donnant 41° 10', ce qui faisait 3° 30' de trop, excédant d'autant plus minime pour le continent asiatique, qu'ils ont gardé l'inclination ptoléméenne des côtes de Syrie.
Instruits par les coureurs de la manche du magreb de l'excessive exagération de la longitude ptoléméenne entre Alexandrie et Fez, ils réduirent cette longitude à 43° 20* , conservant l'extension entière de la longitude ptoléméenne de l'embouchure de l'Inde jusqu'à Fez. C'était gagner beaucoup sur Terreur : mais l'excédant sur la longitude réelle , montant encore entre Alexandrie et Fez, à plus de 9° 0' , laissait assez de place à l'excroissance des formes exorbitantes de l'Espagne et de plusieurs parties du Roum moins connues. Cette longitude exagérée, une fois fixée, empêchait de remarquer l'imperfection de toutes les formations septentrionales. L'espace allongé et aligné des côtes africaines était impuissant et insuffisant pour la détermination de la longitude qu'on n'observait jamais ; elle pouvait cependant éveiller la confiance dans celle qui rapprochait Tolède de 17° w à Bagdad.
Les écrivains arabes convenaient eux-mêmes qu'ils n'avaient pas de connaissances positives de toutes les régions qui n'étaient de leur domaine. Mais dans la portion occidentale, l'imperfection susmentionnée, charge Magreb et l'Andalousie, qui furent de leur domaine, elle accable sans exception tous les géographes arabes : le magrebien Ibn Saïd Ta précisée , sans être inspiré d'y opérer une réforme.
Plusieurs géographes ne voulaient décrire que les pays possédés par l'islam, touchant légèrement les autres pays insuffisamment connus. Car tout ce qu'on savait de la vaste région du Sin, remplie de tant de
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villes, était obscur, douteux, de peu de valeur; les connaissances mêmes du Hind étaient en partie confuses et incertaines; celles de Habesch, de Nubie, de Soudan , n'étaient guères plus satisfaisantes. On ne savait que très-peu de chose des Boulgares, des Tscherkesses, des Russes, des Valaks, des Servions, des Franks, de toutes ces immenses terres du Roum qui s'étendent de Konstantinople jusqu'à l'océan (Âbulf. p. 120). Sur ces derniers, Bdrisi avait fourni de nombreux renseignements et d'excellentes notions, mais les géographes arabes ne pensaient pas à l'étudier, ils ne le comprenaient pas, négligaient tout ce qui n'était pas du domaine de l'islamisme et avouaient leur ignorance.
82. Cependant ils connaissaient les cartes géographiques des latins et pouvaient être éclairés par des renseignements puisés directement dans les narrations des chrétiens. En 4317, Abou Souleiman Daoud, le bénaketien, dans son jardin des doctes , qu'il composa sur l'histoire et les généalogies, fouillant le recueil .de Radschid eddin, inséra une notice sut les pays de l'Europe suivant les narrations populaires et conformément aux explications qu'on lui avait donnés à l'aide de ,JJ> w^J
bab-mqndou de la mappemonde des latins (277). Mais ni les descriptions détaillées d'Edrisi, ni la vue des mappemondes, ni les relations vulgaires „ ne purent vaincre l'indifférence et la négligence ; par conséquent l'ignorance des écrivains arabes pèse sur tout ce qui concernait les possessions des chrétiens.
Ces aveux de l'ignorance ont été faits quand la culture de la géographie , encore animée , arrivait à son apogée. Ou le répétait quand elle commençait à décliner* Je pense qu'au xui* siècle le progrès des études géographiques avancèrent au dernier point de la perfection à laquelle elles purent arriver; qu'elles produirent la plus abondante et la plus belle moisson à récolter. Nous n'avons encore à notre connaissance que quelques échantillons de leur produit. Du nombre de ces échantillons, nous avons le bonheur d'examiner encore un monument géographique dans lequel les éludes arabes essayaient une réforme de ta portion occidentale et de la configuration de la mer méditerranée.
(477) D'Obgson a donné ce passage intéressant de l'ouvrage de Daoud , dans sa publication sur les pennies du Caucase dans le x* siècle, note 86, p. «68-275. Il pense que Daoud l'avait extrait du troisième volume du recueil d'histoire, ouvrage antérieur de Kbodja Rescbid eddin. A mon avis il est difficile de partager cette opinion. Il faudrait admettre que Daoud introduisit dans son extrait les événements postérieurs à Rescbid eddin, en le surchargeant de tous récents, comme suit : en 4*45, colonisation de Loucera ou ïlocera par les musulmans de Sicile; en 4262 les conquêtes du rei de Kabtounia en Isbanie; en 1282, l'occupation de Sicile par le roi d'Arajon; en 4301, massacre des musulmans à Louscbira on Ifoudjera ; enfin en 4300-1806 l'occupation do la puissante Pologne par Soki, c'est-à-dire par Tsehekb (Venceslav), souverain de Abouimla, de Bohème , de Tscliekbie, qui, à son savoir, en 1317, n'était pas encore dépossédé. Tous ces événements sont aussi 'intimement liés à rénumération des pays , comme les autres circonstances détaillées. Daoud sait que les Franks ont tracé la carte de Vémupkère occidental et ils rappellent bab-mondou : aussi on se retrouve avec sa description snr les mappemondes du xiv* siècle. D'Obsson expliqua admirablement les appellations arabes, il a laissé quelques unes seulement sans explication. Du nombre d'inexpliquées sont : Saki, nous j voyons Tschekh ; Berouna, évidemment Narbona ; Jdotuia, Dousia, bien que donnée pour un pays montagneux , est sans doute Dania, le Danemark ; Batrik ma katia, est Indubitablement aussi étrangement qualifiée Venise; cette appellation bizarre , vient a ce qu'il parait de patriciens qui régirent les provinces possédées dans l'empire grée : patriue maggiore; xarptxtoi peyalot.
J34 CiOGR. ARABB, 1050-1550.
Aboul Hassan le MAEjjuscmcn , 1250.
83. Préoccupé de la conformité et de l'intimité de quelques monuments géographiques du xm* siècle, nous avons anticipé par l'examen du système d'ibn Saïd, la marche chronologique dans la poursuite des travaux marakaschiens. Marok, fondé en 1052, dans ces ébranlements religieux et fanatiques, qui agitaient encore l'islamisme, devint d'abord capitale de la puissante dynastie des Mora vides, qui étendit sa domination sur la dissolution de l'empire des Omiades en Espagne. A la suite de ce succès , la lumière trouva un nouveau siège de son activité aux pieds de l'Atlas. L'éclat de la dynastie de Mohadite, qui succéda à la chute deMoravide, 1116, donna un nouveau lustre aux régions atlantiques; les études et la lumière illustrèrent plus encore les marakaschiens. Du nombre de leur célébrité, Aboul Hassan Au ben Omar, astronome , prépara à la géographie d'éminents matériaux pour progresser dans la cartographie; ils auraient produit d'importantes conséquences si les études du sièclo suivant étaient disposées d'en profiter («78).
Aboul Hassan, astronome versé et érudit, avait parcouru en observateur éclairé le midi de l'Espagne et une grande partie de l'Afrique septentrionale , du fond de son pays marakaschien jusqu'au Kaïr en Egypte, espace de 900 milles. Dans ses courses il avait relevé la hauteur du pôle dans 41 villes et par des itinéraires il leur assigna les emplacements longitudinaux (279). Il a composé plusieurs ouvrages, dont le plus important intitule : collection des commencements et des fins, traité des instruments astronomiques, de leur usage, et fournît de nombreux renseignements astronomiques. Dans cet ouvrage il a inséré deux listes de la plus haute portée pour l'histoire de la géographie : La première (1M partie, chap. xxvi , p. 202-204) contient les latitudes géographiques de 135 villes; l'autre lw partie, chap lxvi, p. 315-317) les longitudes gcographipues de 151 villes. Cou fron tant ces deux listes, on obtient 118 villes, munies delà latitude et de la longitude à la fois (s8o). 16 nommées et une innommée, qui n'ont que la latitude; enfin, 9 nommées et 4 innommées qui n'ont que la longitude : en tout» les indications pour 143 villes nommées et pour 5 innommées.
8t. On conçoit, que pour la construction de la carte géographique, les lieux de l'Andalousie et du Magreb abondent avant tout; pour le reste du monde ils sont très-peu nombreux. Six pour l'Egypte; huit pour l'Afrique intérieure; autant pour le reste de l'Europe; en Asie une quarantaine dépasserait si les latitudes seraient indiquées à plusieurs qui en sont privées. La composition du Magreb n'offre aucune difficulté. L'intérieur de l'Afrique, tout maigre qu'il est, présente des
(978) La publication de l'ouvrage d'Aboul Hassan est arrivée très tard à ma connaissance. La copie de la table d'Arzakhcl plus tard encore. Tous deux de la plus haute importance.
[179) Delambre, bist. de l'astron. p. 188; J.-J. Sedillot, etc.
(280) Plusieurs de ces noms sont variablement données par la version française, dans les deux listes. Ainsi, les villes de la liste de latitudes: Biskbia, Askhalane, al Madiak, al Mndiab, Biscbàne, Safakos. etc. se retrouvent dans la liste de longitudes sous les noms de : Tixkie, alCalane, al Medniak, al Muhdiah, Biscb, Tafakos. — al Mudiali ou Muiidiah est Mahadia de l'Afrique.