‹ Géographie du moyen âgeChapitre 74 sur 135 · ABOUL HASSAN» SS · texte numérisé non relu

ABOUL HASSAN» SS

86. Chacun remarquera» je pense, que ces corrections proposées ne sont pour ta plupart qu'une rectiftetion de la leçon des chiffre*. Tout y entre en ordre et détermine la forme de l'Asie, spécialement de l'Arabie,

3u'on voit dans la carte du postérieur Ibn Saïd. L'identité de la carte ont s'est servi Aboul Hassan» avec celle d'ibn Saïd, ressort encore par la même distance en longitude de Damiat à Kostanlinié, de Koslanlinié à Roumia, la longitude de Roumia 43* C étant correcte; par les distances longitudinales du Soudan , étant les Ht* de la longitude d'Aden on a les mêmes distances en longitude entre Aden et Ghana ou l'embouchure de Ghana; Tekrour d'Abool Hassan, qui est la ville de Ghana d'ibn Saïd, tient les mêmes distances entre Aden et l'embouchure; Sedjelmesa et Biskara se soutiennent à la même distance longitudinale d'Alexandrie, remuée quelque peu par Aboul Hassan avec Alexandrie vers Test. Les erreurs de la configuration reparaissent chez eux de même sur les mêmes points, de la position de Dania relativement à Balensia, de lanoua relativement à Roumia (*84).

L'existence de la carte étant antérieure à Aboul Hassan , il est clair qu'lbn Saïd magrebien postérieur, n'était pas son auteur, et il est avéré qu'il remprunta d'un ouvrage plus ancien comme nous l'avons présumé par d'autres inductions. Le marakasehien antérieur, Aboul Hassan , opéra la refonte et la réforme d'une partie de cette carte, que le postérieur Ibn Saïd, ignorant cette refonte, ne fit que reproduire dans son ancien état.

87. Les tables de longitude et latitude des étoiles (dit le savant éditeur de la version), pourraient servir à fixer la date précise de la composition de l'ouvrage. On aurait pu croire que Ce devait être vers Fan 680 de l'hégire , parce que la plupart de ses exemples de calcul sont rapportés à la fin de cette année, 10 avril 1282 de notre ère : cependant le silence absolu qu'il garde sur les tables alfonsines, qui parurent en 1253 et sur les grands travaux exécutés en Espagne vers le même temps, quoiqu'il eut été à Sévi lie et à Cadix, devait faire supposer, qu'il avait écrit avant leur publication. Ce doute ne pouvait être résolu (continue l'éditeur), que par la comparaison de deux époques déterminées d'un mouvement périodique, connu vrai ou supposé. Aboul Hassan choisit précisément la fin de Tannée 680 de l'hégire, pour donner Un exemple de l'application de la table relative aux variations de l'obliquité de Fécliptique et il en déduit cette obliquité de 23° 56' à très-peu près pour cette époque; puis, dans un autre passage, il dit positivement que de son temps, l'obliquité n'était que de 23* 35'. Or, la différence de ces deux quantités qui est une minute, répond à 53 années arabes en moins, ce qui nous apprend qu'il écrivait vers l'an 627 de l'hégire on 1229, 1230 de notre ère.

Cet argument me paraît-être sans réplique. S'il vivait, comme il dit expressément lui-même, vers 1230, il est antérieur à Ibn Saïd , dont, l'ovurage est de l'année 1274.

(*M) A partir de ces considérations, on pourrait admettre que Takhiousde la latitude 18* 30* retrouve sa longitude dans l'innommée 58* iV. Elle détermine remplacement de l'ancienne carte non loin de Kafta. La longitude 88* 4 {f (mieux 88*), certainement de Mazkhah, est aussi de l'ancienne carte : U latitude n'est pas donnée, elle était probablement 84* 0'.

Cependant on pourrait conjecturer, qu'Abool Hassan, dans sa longue vie, fit plusieurs rédactions de son ouvrage et la dernière en 1282; ou qu'il avait commencé son ouvrage dans sa jeunesse vers 1250, et ne le termina que 52 ans plus tard , en 1282, enfin , qu'il ne se servit de la carte inventée par Ibn Saïd en 1274 que dans sa vieillesse très-avancée, qu'il a tardé de se servir des observations de sa jeunesse, jusqu'au déclin de ses jours, pour réformer la carte de 1274, nouvellement construite par un tout, jeune écrivain. Quel parti voudrait-on prendre à la suite de m semblables présomptions? toujours il reste certain , qu'Aboul Hassan enrichit la géographie par ses propres observations, vers 1250.

88. Il n'y pas de doute que la partie occidentale était moins élaborée par les géographes que la partie orientale. Nous avons pu le remarquer par la suite des géographes précédents. Déjà du temps d'Arzakhel , il y a 160 ans, la connaissance de la latitude de plusieurs lieux du Magreb et l'observation astronomique qui déterminait la longitude géographique de Tolède, demandaient dans la cartographie une réforme pour la mer méditerranée. Cette réforme n'avait pas lieu. — Dans la suite des géographes, nous ne l'avons pas remarqué nulle part. De petits remaniements paraissent par-ci par-là : mais la longueur démesurée de la méditerranée restait intacte , la grandeur démesurée de l'Espagne , chargeait toujours les cartes; par conséquent les côtes de l'Afrique se trouvaient enfoncées vers les sud, et grande portion de l'Espagne montait vers le nord, débordait vers l'ouest. Aboul Hassan levant les latitudes de 41 lieux, remarqua cette grossière imperfection et opéra une réforme éminemment avantageuse. Par cette opération (voyei n° 58 de notre atlas), tous les lieux du Magreb en latitude remontent et se rapprochent à leur juste position. En longitude, coordonnant tout à la position de Tolède (long. 28° 307) déterminée depuis longtemps, il réduisit la longueur de la méditerranée de 51 à 44 degrés, 7 degrés de moins. En Espagne il a levé la latitude de deux lieux seulement : aussi sa construction de l'Espagne est moins satisfaisante que celle du Magreb. Cependant, réduisant la longueur de la méditerrannée de sept degrés, il réduisit l'immense volume de l'Espagne à un tiers. Saragosse, Santarem, Tolède, présentent de positions plus méridionales qu'on ne leur donnait, à 1 degré, à 5 degrés et à 4 degrés. Il fit de même descendre Maïerka à 1 degré , Moursia à 1 */*> Balensia à un demi. Il a négligé de faire descendre dans le même sens Dania et Xativa, il les a délaissées au nord sans chercher leur juste situation; il semble qu'il n'a pas achevé sa réforme sur tous les points. Déplaçant plusieurs, délaissant les autres, il s'embrouille dans une confusion extrême (sss).

Voici la table comparative des latitudes données par les géographes de différentes époques, à une vingtaine des lieux passés par l'observation d' Aboul Hassan.

(i85) Pour l'emplacement de Xativa, Denia'et Valencia, je ne trouve pas d'issue. Dyadenx erreurs à combattre : longitudinale de Xativa et Dénia, et latitudinale dans la distance de ces deax Valence. — Schebil répond à Lischbouna d'ttm Safd.

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