‹ Géographie du moyen âgeChapitre 75 sur 135 · ABOUL HASSAN · texte numérisé non relu

ABOUL HASSAN

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Sousa

Tanger

Ceuta

Tunis

Alger

Tadles

Badja

Bona

Sevilla

Cadix

89. Aboul Hassan suivit religieusement les habitudes de sa géographie ; il ne lui suffisait pas d'indiquer les degrés de la latitude, il annotait à la fois le climat. Et voici comment il s'explique relativement aux latitudes. Nous avons, dit-il, écrit en encre rouge, les noms des villes dans lesquelles nous avons été et dont nous avons observé nous même la latitude; les noms des autres villes, qui sont celles où nous n'avons pas été, sont écrits en encre noire et nous en avons pris les latitudes, tant dans les différents ouvrages que nous avons lus, que dans les relations qui nous ont été faites par différentes personnes. Le nombre des villes, dont les noms sont dans celte table, n'est que de 135 : il y en a beaucoup d'autres et même de très-connues, que nous n'avons pas cru devoir y placer et dont nous ne parlerons pas, parce que nous n'avons rien trouvé de positif à leur égard et que nous n'avons rencontré aucun homme versé dans cette science qui y ait été et qui ait pu nous en donner la latitude exactement. On trouve cependant leur latitude indiquée dans beaucoup de livres, mais les auteurs ne s'accordent pas entre eux; ils donnent des quantités tout à fait différentes, principalement pour le pays de l'Inde et les contrées adjacentes , ainsi que pour les pays des Khozars et pour ceux des Esclavons et peuples voisins, ce qui laisse encore beaucoup de choses à désirer (Irt partie, chap. 26, p. 200).

H a donc lu dans quelqu'ouvrage et mal déchiffré la latitude de Magadoxob 11° [0' au lieu de w> 2° 0'. Il a suivi des avis mauvais ou contradictoires en assignant les latitudes qui se croisent à Boulgar 51° O1; à Kostantinich 47* 0', à Krim 51*0'; à Matrakha 39* 10'. Preuves

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fâcheuses de ce que la science peut cueillir de positif par les indications des ouvrages ou des hommes versés dans cette science. La latitude de Koslantinieh était probablement de 55° 0' ou 34° 0*. Les latitudes de R orne, de Marseille, de Gènes, de Pise, viennent-elles des relations de quelque personne versée ou de ses propres réformes? nous ne savons pas nous l'expliquer («se).

90. En longitude Aboul Hassan ne dérogea en rien à ce qui avait été convenu et fixé. 11 partait de la coupole de l'habitable, de la coupole armé, du 90' degré, déterminé par la longitude fixe de Bagdad 80° 0'. If distinguait le méridien littoral de celui des Iles Fortunées, antécédents, deux imaginaires , déterminés par la coupole (et Bagdad). Par conséquent, quand il sévit forcé de restreindre l'extension du Magreb, il s'éloigna du méridien des Fortunées et se rapprocha à la coupole ariné, de laquelle Tolède était 4 h, et 6 m. ou 61° 50' à l'ouest. Cette opération hardie, rapprocha Asfi, Sale, Tandjerde 7 degrés ; Tlemsen 5 degrés, Boudja 2 degrés, s'arrête à Bone. La même opération offre une marche plus rapide en Espagne. Séville et Kordou sont rapprochées de 7 degrés; Malaka et Grenade 6; Moursia 1 */a, Balensia un degré seulement. Il a dû s'arrêter sur ce point , comme il s'est arrêté dans le Magreb à Bone. Cependant, on ne sait pas pourquoi, par quelque inadvertance, il recommence ce rapprochement, poussant vers ariné, Maïerka 3 degrés, Meschilia, lanoua et Bischa 2 degrés; laissant Rome à sa place («87). C'est par ce moyen qu' Aboul Hassan dressa les longitudes géographiques sur la coupole ariné (voyez ci-dessus la note 198).

Dans l'intérieur de l'Afrique tout reste négligé et souvent affecté d^rreurs. Tahort, Touz, Zavila, sont inscrits, comme nous l'avons dit, sur les bases de l'original. Les chiffrés se rétablissent par les rectifications suivantes :

Longitude de Tahirt. J ^ 51° 30' en J JaJ 39° Of

de Touzr. . long. J J

en — J ^

de Zavila. . — L»

en — u

(comparez celles d'Ibn Saïd).

A partir de Bone sur le littoral du Magreb jusqu'à Atrablos, il n'y a que de petites modifications. Pour l'honneur de l'astronome, nous voudrions supposer que ce n'est que par quelque méprise qu'il a rap-

(«86) Je ne sais que dire des latitudes de Adâne Zl* 50'; Khanah 84* 0'; Khoûlâne 55* 40', parce que iMgnore de quel pays ils sont. Ces lieux sont privés de kra&itude de même que ceux du nord de •la mer noire.

(3tt?) Peut-être que se méfiant de tout ce qu'il trouvait Sur cette partie de l'haitable, il essaya la répression graduelle des latitudes sur le môme point , transportant au sud Marseille 8 degrés, Gènes S degrés , Halerk nu degré : comme il St descendre Tolède 4 degrés ; Santarcm S 0, ifaragosse on degré, Valence un demi.

38 30 latit.

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ADOUL HASSAN, 0«. 141

proche Kabes çt Djerbi à Safakos, qu'en copiant la liste des longitudes, il écrivit 45, 46, au lieu de 46, 47, comme il avait dans ses notes (*ss]. Par sa reconnaissance du littoral ultérieur il a jugé à propos de rapprocher Alexandrie 1 */* degré à la coupole armé. A la suite de ce déplacement, il a dû remuer de leurs places tous les lieux du Misr. Mais il n'a pas touché Damiat, par conséquent elle se trouve excessîment rapprochée à Alexandrie.

94. Pour apprécier à vue l'œuvre d'Aboul Hassan, nous avons construit une carte de Magrcb et de l'Andalous (n° 58 de noire atlas) à triple configuration : de celles d'Ibn Saïd, d'Aboul Hassan et de nos géographes récents (sso). La graduation d'Ibn Saïd, différente de dix degrés en longitude, servit naturellement à la confrontation des deux premières; celle des géographes récents est appliquée en longitude par le méridien de Tunis (soo).

C'est un des plus beaux, des plus intéressants monuments de la géographie ou de la cartographie arabe. Il dévoile les capacités géographiques des études arabes; décèle jusqu'à quel point elles pouvaient aboutir à l'aide de la méthode astronomique et mathématique. Mais l'opération d'Aboul Hassan n'a pas retouché toutes les parties de l'habitable, n'ayant pas de matériaux; elle se réduit au littoral de l'Afrique et propose plutôt aux géographes une réforme à laquelle elle donne l'initiative. Sa levée de la hauteur du pôle est en général assez heureuse, quoique presque toujours elle n'arrive pas à la hauteur exacte et laisse les positions trop au sud. Ce défaut, depuis Oran jusqu'à Bone, affecte toutes les places de plus d'un degré. Les différences de 2 degrés de Rosentina et 5 degrés de Madieh sont certainement les fautes de sa propre copie (*»t).

Mais la plus courageuse proposition de l'astronome, réside dans la réduction de la longitude. Depuis Almamoun et Abou Rihan , aucun monument géographique des arabes n'offre rien de semblable. Le fond de la question remonte aux temps d'Arzakhel. Mais à cette époque là ou se contentait, comme nous l'avons observé, à annoter la différence , sans en tirer tout l'avantage. L'astronome marokain comprit l'importance et s'agite pour en tirer les conséquences. Ses efforts périrent en

, , r aimerai s mieux admettre , si cela était possible, de mépriser dans la suite de latitudes observées, et supposer qne l'observation lui donna 33* 0' de latitude pour Diorbi et Kabes et qu'il s'est égaré dans sa table des latitudes en les plaçant a 84 degrés. — De même le contraire pour Koscntina, Madieh, Tinmal; il a placé par méprise un degré au sud contrairement à ses observations. Comment admettre l'ignorance de l'astronome marokain, de la situation de Tinmal aussi rapprochée de la capitale?

(«89) II. J.-Am. Sedillot dans son mémoire sur le* ««terne* géographiques des grecs et des *rato*> «ten particulier sur khobbet arine, Paris, 18M, in-4\ donna une semblable carte comparative de Ptolémée, d'Aboul Hassan et de géographes récents. 11 est le premier, autant que je sache, qui réfléchit sur la cartographie arabe , essava de reconstruire et de comparer. Réduit a des faits trop isolés , il n'a pu concevoir tout le mérite d'Aboul Hassan, parce qu'il y a plu» de mente de corriger l'erreur courante , que perdue.

{«99) PU 4e Bagdad,

quoi s'en tenir dans la discordance des géographes modernes. Je pense ^__ .

pins aux constructions arabes, sont plus certain*, liais si je roulus me servir de leurs conceptions, les partisans d'autres idées me reprocheraient la préférence tarie en faveur des géographes arabes, le laisse cette tâche fatigante aux autres.

(«H] Voyez ci-dessus note «M).

ce qu'ils étaient ignorés par les autres ou qu'on n'osait. pas les suivre, et on persistait dans l'erreur.

Les astronomes de Toledo remuaient le méridien d'arin , l'orient et l'occident pour rester à leur place du 11e degré avec le chiffre 28, et les géographes de l'Andalous , comme Ibn Saïd , trouvaient mieux de ne pas toucher à l'ancien ordre. Le nombre multiplié de méridiens, d'occidents, embrouillait le langage géographique et la cartographie n'en a tiré aucun profit (202). Les astronomes chrétiens n'entreprenaient guère de composer les cartes ; les cosmographes et les cartographes de profession, suivaient chez eux une autre méthode. Les astronomes et les géographes mahommédans perdirent de vue les conséquences de la double position de Tolède , suivirent leur ancienne routine. Il semble, que toutes les observations d'Aboul Hassan sont restées ensevelies dans son ouvrage étranger à la géographie et furent généralement ignorées. Au reste , les capacités littéraires et géographiques commencent à décliner; réfugiées en dernier. lieu à Marok, s'affaiblirent bientôt, jetant les dernières lueurs de leur ancien éclat

92. Avant d'observer la décadence, nous allons encore à la revue des indications très-incomplètes de l'abondance des travaux géographiques au déclin du xur3 siècle et du commencement du xiv*.

Les magrebiens Aboul Hassan et Ibn Saïd n'étaient pas les seuls au couchant qui étudiaient les pays et les cartes; ils puisaient eux-mêmes dans l'expérience de leurs compatriotes et il y a eu d'autres andalousiens et marakaschiens qui traitaient aussi la géographie.

Mohy eddin Abou Mohammed Abd alouahid , né 1 1 85 , à Marok , fît ses études à Fes et Espagne, accomplit son pèlerinage à Mekka et rédigea, en 1224, un ouvrage intitulé : livre admirable, offrant un précis de l'histoire du Magreb (293).

Aôot* Mohammed Alabdery, natif de Valence, après le voyage qu'il fit par terre du point le plus reculé de Marok, appelé Hahha, jusqu'à Mekke, composa l'itinéraire occidental, consacré spécialement à l'Afrique (294).

Ibn Reschid Abdallah Alnouschery, né à Grenade, parcourut l'Afrique, l'Egypte et la Syrie, entre 1286 et 1500; séjourna en Egypte, et dans sa relation très-étendue, fait connaître les bibliothèques , les académies et les hommes distingués (295).

Mohammed Ibn Roschid, né 1259, à Geuta, mourut à Fes, 1321, laissant un itinéraire de l'Afrique et un traité sur l'Espagne (29e).

(291) Nota quod longiludo Toleti ab occidente terrae habitalis est lt grados : sed avero occidente a quo distat arim , quie posita est in principio terrae habitalis 90 gradus distat per 18 gradus 58 minutas. Verum enim occidens, distat ab occidente liabitabili per 47 gradns minutas : ita quod arim non distat ab occidente habita bi H , nisi per 72 gradus 50 minutas (tabulae alfonsinse, ap. Reinaud, iatrod. p. 749). — Le contemporain des tables toletanes Roger' Bacon, mort 4294, explique les occidents : cum terra a parte occidental! habeat magnatn latitudinem , scilicet ab aequinoxiali nsqne ad montem atlantem et Gades Herculis et circa per totum circuitum Hispaniae totius et Hiberni», possunt dirersi diversimode accipcre occidentem : unde aliqui accipiant a gadibus , aliqni a monte atlantis, aliqui a fine habitalis sub aequinoxiali : sed cum accipitur sub aequinoxiali, certius accipitur, quia illud modo est, et melius, quia hoc est in medio mundi inter duos polos et ideo est verum occidens : et eodem modo est de orient» (opus majus, edit. Lond. 1735, p. 88).

(293) Publié à Lcyde, the history of the Almohades 18-49, in-8*. (Reinaud, introd. p. 436, 437).

(294) Casiri, bibl. de l'Escur. p. xiv,t. II, p. 466; Vincent, j. asiat. 4846, p. 406. (Rein.,intr.p. 426).

(295) Casiri, biblioth. de l'Escur. t. Il, p. 464, 468 (Reinaud, introd. p. 427).

(296) Casiri, t. II, p. 86 (Reinaud, introd. p. 427).

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