‹ Géographie du Péron, corrigée et augmentéeChapitre 108 sur 321 · MONTAGNES. — RIVIERES · texte numérisé non relu

MONTAGNES. — RIVIERES

Comme Lima est située dans une vaste plaine, il n'existe pas dans ses environs de montagnes considérables : les montagnes de San Cristobal, de San Francisco, mériteraient à peine le nom de collines pour leur peu d'élévation.

Les rivières qui arrosent la province de Lima sont peu nombreuses, et leur lit est presque à sec, excepté pendant les mois de décembre, janvier, février et mars, où leurs eaux sont grossies des pluies qui tombent dans les Cordillères.

Les principales rivières sont au nombre de trois, savoir :

Le Rimae et le Luririy qui ont leur source dans les montagnes de Huarochiri, et le Carabayllo, qui a sa source dans la province de Ganta.

PRODUCTIONS

Le sol de cette province est très-fécond: il y croît spontanément toutes les productions de la zone torride, à peu d'exceptions près. Nous citerons particulièrement le MaîSy les Pommes de terre^ des Bâtâtes excellentes, des Yuccas délicieuses, la Canne à sucre, des Raisins de toute espèce, des Haricots ei toutes sortes de légumes. On y trouve des fruits exquis comme le Cachiment (Chirimoya), la Palta (fruit semblable à la poire de Bon* Chrétien), la Grenadille (Granadilla), les Péehes (Melocotones), les Melons d'eau (Sandias), les Melons ordinaires, les GtMnabanas, (fruit d'une espèce de cachimentier ou assi-

minier), des Bananes (Platanos), ûesPrunes de toute espèce, etc. Tous ces fruits sont excessivement abondants.

Les Oranges sont délicieuses, les Citrons sont également d'une saveur exquise, mais devenus très-rares par suite d'un fléau qui a détruit une grande partie des citronniers. Les Olives sont assez bonnes; les Goyaves ou Goyabes (Guayabas) et les Concombres sont excellents ^ mais ces derniers sont trèsmalsains.

Les ZapalloSy les Avincas, les Lacayotes et les Citrouilles sont des fruits très-abondants, mais d'une qualité inférieure à ceux des autres pays. Les Pommes de terre jaunes (Papas amarillas ) de Huamantangà sont délicieuses, mais très-rares et par conséquent très-chères.

La Betterave^ les Navets, le Panais^ les Ravesy etc., ne peuvent soutenir la comparaison avec ceux que produisent les autres provinces de la République, par exemple, celle de Tacna, où ces racines potagères sont délicieuses et croissent avec une abondance extraordinaire. II est vrai que cette infériorité provient de ce que les habitants de la province de Lima veulent tout recevoir gratuitement des mains de la nature : et il n'y a pas de doute que la culture n'améliorât beaucoup la qualité des productions de la terre.

Nous ajouterons que dans ce pays il est difficile d'avoir des fruits bien mûrs : les marchands les font mûrir artificiellement dans les fours, ou par tout autre procédé du même genre, ce qui enlève aux fruits la moitié de leur saveur.

Les prairies des métairies qui environnent Lima produisent beaucoup d'herbe : c'est la nourriture générale des bestiaux : aussi trouve-t-on peu de luzerne à Lima.

On fabrique dans cette province peu de Sucre et de Chancacas; on y récolte également peu de miel : rherbe étant de Vor en poudrcy comme on dit vulgairement, les fermiers se soucient fort peu du reste.

Le Huarapo, boisson fermentée faite avec du miel, est la boisson ordinaire des nègres. Ils boivent également la Chicha de Jora (boisson faite de ma!s).

Nous croyons utile de signaler ici un abus criant, qui se commet dans les marchés de

GÉOGRAPfflE DE LA RÉPUBUQUE DU PÉROU.

Lima et des environs. Les pommes de terre ne sont pas chères dans les villages et dans les fermes , mais on ne peut les vendre aux halles que par l'intermédiaire de certaines femmes appelées Contadoras (c'est-à-dire compteuses) qui classent les pommes de terre en deux séries, les grandes et les petites. Le marché conclu avec les fermiers, les revendeuses se donnent gratuitement les petites ; de sorte qu'il arrive souvent qu'un tas contenant jusqu'à quatre boisseaux, et seulement quatre grosses pommes de terre, appartient presque tout entier et de droit aux Contadoras, qui revendent ensuite les grosses comme les petites, au même prix. Les propriétaires sont seuls coupables de cet abus; ils devraient vendre eux-mêmes, et pour leur propre compte, leurs pommes de terre sur le marché.

Il se commet également pour les fruits une fraude très-préjudiciable à la santé du public. On recueille les fruits verts^ et on les met dans des fours pour les faire mûrir; de sorte que, dans un pays chaud comme Lima, il est presque impossible de manger un bon cachiment ou une bonne banane.

D'après ce que nous venons d'exposer, on voit qu'au lieu de goûter, à Lima, toutes les commodités que devrait procurer le climat, la classe pauvre ne jouit au contraire d'aucun avantage ; elle est exploitée par l'avarice sordide de vils spéculateurs.

La province de Lima produit peu de bois de construction : mais elle est très-riche en fleurs. Ces fleurs se vendent très-cher : on a vu quelquefois donner pour une Marimoûa ou un Camélia^ jusqu'à six onces d'or. On peut dire que l'on trouve à Lima toutes les fleurs du monde : car l'amour que les dames

de cette ville ont pour les fleurs est incroyable.

Le règne animal est excessivement pauvre. Ce sont les provinces voisines qui approvisionnent de bétail Lima et ses environs. Le seul animal domestique que l'on y élève, c'est le cochon : il y est môme très-répandu, sa^ tout dans la province de Ghancay, où il forme la principale nourriture des habitants.

La province de Lima étant, comme nous l'avons dit, un pays chaud, renferme m grand nombre d'insectes. Les puces^ les pv* naises, les fourmis, les zancudos et mille autres animaux parasites enlèvent aa séjour de Lima tout ce qu'il peut avoir d'ailleurs d'agréable et de délicieux. Ces insectes, et surtout les puces, sont un tourment pe^ pétuel, particulièrement en été. Que vous lisiez, ou que vous vous reposiez dans votre chambre, un essaim de puces .vous cause une démangeaison continuelle par ses piqûres aiguës. Ce qu'il y a de plus fÀcheuXi dans une pareille situation, c'est qu'on n'a pas encore trouvé et qu'on ne trouvera peutôtrepas de remède contre un semblable fléau.

Cette province ne donne aucun produit minéral digne de considération : néanmoins on y exploite quelques mines.

GOBIBIERCB.

Les étrangers seuls font le commerce, à Lima ; de sorte que, dans cette ville, il n'y a pas de boutique, de café ni de magasin qui ne soient tenus par des Français, des Italiens, des Anglais ou des Allemands. On voit rarement les habitants de Lima se livrer à la profession de marchand.

Le tableau suivant fera connaître le mouvement commercial de Lima en 1859 :

GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUMJQUE DU PÉROU

Importation.

PATS.

Chili

Equateur. . .

France

Angleterre..

États-Unis. .

Panama. . . .

Allemagne^ .

Autres États

VALEURS

ESPÈCES DE HARGHANDISES.

Tissus de coton

Tissus de laine

Lingerie

Soieries

Vêtements confectionnés . .

Médicaments

Ferronnerie etQuincaillerie.

Meubles

Vins et Liqueurs

Vivres

Articles divers

Ce qui donne un total de 10,015,057 piastres.

VALEURS

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