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PROMENADES PUBLIQUES

Il y a trois promenades principales à Lima : celle de la Alameda'Vieja (c'est-à-dire vieille allée ou vieux champ des peupliers), lieu peu fréquenté ; celle de VAcho et celle d'Amaneaes. La magnifique Portada del Callao est également un lieu de nombreuse réunion : les oiseaux, les arbres, font de cette promenade un séjour délicieux.

La Alameda de los Delcalzos (l'Allée de peupliers des Déchaussés) ou Alameda Vieja (Allée- Vieille), pourra bientôt s'appeler VAllée^Neuve^ car on l'a entièrement renouvelée

depuis le nivellement du terrain. A droite et à gauche on admire de jolis parterres entourés de belles grilles en fer et iâ statues de marbré, représentant les \2 mois de l'année. Des arbres superbes, couverts d'un épais feuillage, fournissent aux promeneurs l'ombre, la fraîcheur, et une perspective charmante. Lima est redevable de ces embellissements au zèle et à l'activité du directeur des travaux, le ca« pitaliste D. Felipe Barreda. Cette promenade a environ 500 mètres de longueur.

La Alameda del Acho est placée dans un site ravissant; à droite coule le rio Rimac, et à gauche se trouve l'amphithé&tre ou place de l'Acho, dont nous avons parié tout-4l'heure, et où l'on a élevé récemment la statue de Christophe Colomb.

PROMENADE DE AMANCAES.

Le Paseo de Amancaes (promenade de Amancaes) devrait s'appeler Paseo de Amancayes, puisque son nom dérive de amancay^ sorte de fleur charmante; mais les habi* tants de Lima se sont toujours refusés à observer dans ce mot les règles de la grammaire.

Cette promenade, qui s'ouvre le 24 juin, jour de la fête de saint Jean-Baptistè, est, sans contredit, lé séjour le plus pittoresque de Lima. Si ces fêtes n'étaient pas d'aussi courte durée, puisque la clôture a lieu le 30 septembre, jour de la saint Jérôme, elles feraient de notre belle capitale le séjour de l'Ile enchantée de Camoêns.

On voit au nord de Lima, à une demi-lieue environ de distance, une colline que la nature a revêtue de toutes ses magnificences. La verdure du gazon et des arbres est émaillée par des milliers d*amancayes de couleur d'or. Le parfum délicieux des tleurs, la réu«nion des belles fenunes de Lima qui étalent toutes leurs grâces dans ce lieu charmant, un point de vue admirable qui permet de contempler la ville entière à ses pieds, font de cette colline, unique au monde, un véri-^ table paradis terrestre.

C'est donc un jardin magnifique, un jardin qui réalise toutes les conceptions de l'imagination : aussi excusons-nous volontiers les dames de Lima d'oublier quelquefois leurs

GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBUQUE DU PEROU

affairés les plus sérieuses au milieu des délices de ce paradis : la vue des tableaux poé* tiques de la nature ne saurait ôtre payée trop cher.

. Dans cette admirable promenade, ainsi que dans les autres et dans les maisons particulières, on remarque toujours la grandeur et l'opulence de l'ancienne Cité des Rois {dudad^de los Reyes), Une foule de somptueux équipages, attelés de chevaux magnifiques, circule dans les rues de Lima comme au milieu des premières capitales de l'Europe. On est étonné du luxe des appartements des riches, et même des personnes de condition moyenne; plusieurs maisons renouvellent entièrement leur mobilier tous les trois ou quatre ans, et ces mobiliers s'élèvent à la somme de plusieurs milliers de piastres. Une soirée, chez des personnes du grand monde, coûte souvent 4 à 5,000 piastres (de 20 à 25,000 francs); mais, eh général, on n'y dépense pas moins de 1,000 piastres [5,000 fr.].

L'occasion dans laquelle se manifestaient surtout l'opulence et le luxe de Lima, c'était l'entrée des vice-rois dans la capitale. On rapporte que, quand le duc* de la Palata fit son entrée à Lima, la rue par où il devait passer était entièrement pavée en argent. La quantité de métal employé est estimée atteindre une valeur de 80,0()i0^000 de piastres, (400,000,000 de francs). La chose la plus incroyable, c'est que le luxe, à Lima, n'est pas circonscrit dans une seule classe de la société : il n'est pas rare, en effet, de voir les femmes mul&tres porter des robes de soie et des bijoux d'une grande valeur.

La femme de Lima, nous ne craignons pas de le dire ici^ est la femme gracieuse et charmante par excellence. Elle a généralement les yeux noirs, vifs et remplis d'expression ; elle possède une belle taille, de la grâce et de la noblesse dans le port et les manières ; les pieds et les mains sont d'une perfection rare, et l'esprit pétille dans toutes ses paroles. 11 n'est pas étonnant, après cela^ qu'elle ait attiré l'attention de tous les voyageurs, qui n'ont trouvé dans sa conversation que de la finesse et de la grâce.

Le peuple a encore un autre lieu de récréation et de divertissement, c'est le Circo de GaUoi (Cirque des Coqs). Cet amusement

consiste à voir se battre, l'un contre l'autre, deux de ces animaux. Celui des deux qui t montré le plus de courage et d'adresse reste maître du champ de bataille. Ce genre dé lutte ne prouve pas le même degré de barbarie que les combats de taureaux : mais nous ne pouvons pas nous empêcher de le condamner au môme titre. Le prix que les amateurs donnent pour un bon coq poorn paraître incroyable à nos lecteurs : ce prix est généralement de 47 à 25 piastres; mais le cas s'est présenté où l'on a offert jusqu'à 400 piastres (500 francs) pour un de ces animaux.

DEUX MOTS SUE LES POftTBUBB DlCAU.

U est vraiment déplorable que dans une ville aussi importante que Lima on ne trouve pas d'eau pour les usages domestiques, grâce au monopole des nègres porteurs d'eau. Les abus vont si loin, que ces nègres insolents et grossiers maltraitent brutalement cexa qui vont aux fontaines* publiques pour puiser de l'eau, sous prétexte qu'ils ne sont pas fwrleurs d'eau inscrits (aguadores matriculados]. U n'y a ni argent ni prières qui puissent les décider à fournir de l'eau le jour où ils ne veulent pas en porter, ou quand le client demeure trop loin de la place. On trouvera peutêtre encore ce récit incroyable : toutefois c'est Pexacte vérité.

La pose de tuyaux de fonte pour la distribution des eaux dans toute la ville, entreprise par une compagnie particulière, portera un prompt remède au mal que nous signalons (1). L'eau arrivera dans les fontaines publiques par des tuyaux de fer, et les particuliers pourront, en payant une certaine somme, avoir Une fontaine dans leur propre maison.

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