RIVIÈRES. — EAUX THERMALES
Les rivières qui arrosent cette province sont peu nombreuses. C'est dans ce pays que le RimaCy rivière qui passe à Lima, prend sa source. Plusieurs des cours d'eau qui ont également leur source dans la province de Huarochiri vont arroser celle de Canete.
A Yauli, on trouve des eaux thermales qui ont la vertu de guérir beaucoup de maladies.
PRODUCTIONS
La province de Huarochiri produit des céréales, des légumes et des fruits. Le climat est aussi varié que la configuration du territoire situé sur les versants occidentaux de]la cordillère.
Ce pays est riche en mines^ mais elles sont très-peu exploitées. Autrefois il y avait huit mines en activité , mais elles sont aujourd'hui abandonnées.
Les troupeaux ne sont pas très-nombreux dans cette 'province : néanmoins ce que les habitants ne consomment pas est expédié dans les provinces de la côte.
PROVINCE DE YAUYOS.
LiMITESi
Le Guide des Etrangers {Guia de Forasleros) détermine les limites de cette province d'une manière très-exacte :
(( Les limites de la province de Yauyos sont, au Nord : les provinces de Tarma et de Huarochiri; celle de Tarma confine aux pâturages de las Capillas de Surtucancha et de Huacracocba, et à ceux de la ferme de Cochas, juridiction du district de Huanec; celle de Huah)chiri vient aboutir aux territoires des bourgs de Huanec et de Viscas; c^ de^ nier bourg appartient au district de Ayaviri.
« Au Sud, la province de Castro Virreina, qui est voisine du territoire des bourgs de Ghapamarca, HuanucoetHuamactambo, du district de Chupamarca.
(( A l'Est, les provinces de Jaujaet dnCercado (banlieue) deHuancavelica, qui touchent aux territoires des bourgs de Laraos, Hnaatan, Tupe et Vinac.
a A l'Ouest, la province de Canete, qui confine aux territoires des bourgs de Viscis, Omas, Tauripampa, Pocoto, Santa-Gruz, Kcamaran et Chocos. »
DIVISION POUTIQUC.
Cette province comprend 9 districts, une ville de second ordre, qui est Tanyos, 44 bourgs, et 7 cures.
Yauyos est la capitale de la province.
DISTHICrS.
Yauyos, Ornas,
Laràos, Tauripampa.
Huanec, Pampas, .
Ayaviri, Viùac,
Chupamarca.
CURES
A tun Yauyos, Huanec,
Pampas de Yauyos, Omas,
Ayaviri, Tauripampa,
LaràoB.
Le chiffre du clergé de cette province, y compris les curés titulaires et les intérimaires, est de 13 prêtres.
RtViÈnES. — LACS. — GOENLUfclKB.
Un grand nombre de cours d'eau parooo' rent cette province , et forment , par leor réunion, les rivières de la vallée de Caàet«.
Les principales rivières sont : le TmM^^ HuarUan, le Quisquei 1® YmffoSf le Cuti^ Ti**
âll
eampi, le Pampas y le Tupi^ le Huaillampi et le IdangtM-Tatnbo.
Les lacs sont : VObispocochay le Tupe, le Baizacoehay le Buantan^ VAckicochay le Ji/elaeochay le Huaûec^ le Pariaca, le Huascaeoeha et le Cariana.
Les pics principaux de la cordillère des .Andes, dans la partie qui correspond à cette province^ sont : le TurpOy le Ftiïac, r>4e(?At, le Huaûec, le Huampunay le Laràos, le £/an- ;««/ le TômaSy le Pariacœay le Chumoraran, VUties, le Huascacocha, le Carania et le I/ongote-Yauyos, qui est le plus élevée et qui dépasse la limite des neiges perpétuelles.
PBODVCnONS. ~ GUMAT.
Cette province renferme les productions de la Sierra (la montagne), et de la Costa (la côte).
Les chemins dans ce pays sont vraiment horribles. Ils sont généralement tous trèsescarpés, particulièrement celui qui descend du bourg de Pampas à celui de Tupe; on l'appelle le chemin des Quinze mille degrés (de los quince mil escalones).
Parmi les productions, on trouve particulièrement celle que les indigènes appellent en qoichua Ninya^ et qui est une espèce de haricot. On y cultive aussi la Coclienille. Le climat étant très-varié, on trouve d'un côté le Bananier ^ la Canne à sucre et la Vigne, et d'un aolre le Blé ^s Pommes de terrCy les Ocas, etc.
Sur les montagnes on rencontre beaucoup de Vigognes et de Huanacosfti^ dans les gorges et les vallées, les Cerfs, les Chats sauvages et les Cuyes.
Parmi les oiseaux de ce pays nous citerons : kGallereta (espèce de Canard), VOie (Pato), le YanahuaicOy le Huachua^ etc.
On élève quelques troupeaux de moutons.
Les habitants fabriquent avec leurs laines des étoffes qu'ils vendent aux provinces de la
côte.
La province de Yauyos possède aussi quelques mines, mais elles ne sont pas exploitées. La température de ce pays varie beaucoup î il fait chaud à Omas^ ViscaSy Pocoto, et CaJtahuasi; mais dans les bourgs de Huarfueochay Cuellorcocha , Uanque et Minatenkr, on ressent le froid de la cordillère.
Il y a un lac artificiel, près du bourg de Vilca, formé par une grande quantité de pierre ponce, entassée en forme de digue, et qui interrompt le cours du rio Caûete. Les eaux de la rivière, en franchissant cette barrière, forment une magnifique cascade.
PROVINCE DE CASETE.
LUIITES.
La province de Ctôete est bornée au Nord par celle de Lima; au Nord-Est, par celle de Huarochiri ; au Sud, par celle d'Ica ; à l'Est, par celle de Yauyos ; et à l'Ouest par le Pacifique.
Elle a 32 lieues de long du Nord au Sud, sur 8 à 9 de large de l'Est à l'Ouest.
La ville de Canete est la capitale de la pro* vince.. ,
Cette province est divisée en 8 districts, qui comprennent une ville qui est Canete, 7 bourgs, id annexes (aneifos), 3 hameaux (aldeas)j et 7 curés.
DISTBIGTS.
Canete, Pucarao, Luoahuaoa, Gbincba baja,
Chincba alta, Coayllo, Mala, Chilca.
CURES
Canete, Chincha alta»
Chincha baja.
Cbilca.
Pacaran, Coayllo, Lunabuana,
Le chiffre du clergé de cette provincCj y compris les curés titulaires et les intérimaires, est de 20 prêtres.
Celte province est arrosée par deux rivières principales, savoir : le Afa/a, qui sort du lac de Huascacocha, dans la province de Yauyos, le Rio de Caûete^ qui prend sa source dans le lac de Jilclacocha, situé également dans la province de Yauyos.
Deux autres rivières, nommées Lunahuatia et Pacaran^ sont peu considérables*
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
paoDDcnoKS.
Cette province est abondante en Sucre, Vins, Fruits, Légumes, etc.
Dans les huit grandes métairies de Caâete, on fabrique annuellement, depuis l'abolition de l'esclavage, décrétée en 185S, environ 20,000 pains de sucre du poids de 2 arrobes et demie (31 kilogrammes ou 62 livres et demie, l'arrobe pesant 23 livres] , ce qui, h 20 peaux par arrobc, donne un produit de 560,000 piastres ' par an: Avant 1853 le sucre ne coûtait que 12 ou 14 réaux l'arrobe.
En conséquence de l'élévation du prix du sucre, on fabrique aujourd'hui peudeCAancacas, produit mielleux dont nous avons déjà parlé.
Dans la métairie de Gomez [la'hacienda de Gomn) et dans plusieurs autres, on fabrique beaucoup de rlium dont le prix moyen, sur les lieux mCmes, est de 6 réaux le gallon. Avant 1854 le gallon de rhum ne coûtait que 4 ou 6 réaux. Le gallon pèse 7 livres et demie, et sa densité spécifique est de 23 à 30 quilatcs (poids de 4 grains).
La distillation du rhum produit de plus grands bénéfices que la fabrication du sucre ; en outre, on peut extraire le rbum des miels ordinaires et des cackazas, qui sont l'écume des tnelados (liquide du ealdo quand il est en ébullition).
On distille environ 100,000gallons de rhum par an dans la métairie de Canete; ce qui, au prix de 6 réaux le gallon, donne un produit de 75,000 piastres.
En faisant le calcul de la fabrication actuelle de Canete on liouve :
Sucre ;iCi,ooo piflsiris.
Frutosdepaullevar(i). «o.ooo —
Cliancacas . .
Miels lins-.
i,OfO — 75.000 —
Tolal "5",000 piastres.
Ce tolal représente la fabrication de l'année 1856.
Les Haricots valent aujourd'hui 5 ou
' (I) On ai>pelle su Pérou Frutoi de Pan-llnar (e'nX- Ir-dire ProrluUt dt Porle-pain) In céréiln, trs liaricols, le* féïcs, lel poi«, «te. (A*o« du Traducteur.)
6 piastres le boisseau (fknega); annt !'{• mancipation des esclaves, cette mesure ne coûtait que 2 piastres.
Le Sis, qui est si préjudiciable au sol, à cause des nombreux arrosages qu'il exige, est peu cultivé, et son prix est de 40 piastres. Le sac péSe 7 arrobes et 15 livres- Ou l'expédie à Lima.
La culture du Blé ne réussît pas toujonn, à cause d'une maladie nommée NuNado on Tabaco, qui l'attaque et le réduit en poudre.
LaYueca et la Balaie, qui sont très-abcmdantes, sont, avec les Haricots, la noonilare de la classe pauvre.
On récolte aussi du Rai^n, doot on &brique de l'eau-de-vie.
Les fruits sont très-savoureux; nous dl^ rons spécialement : le Cachiment, la AmciK, la Pèche, VOrange, la Goyave, le Cmieembre, la GrenadUle, la Palta, la Noix, le jPalillo, etc., etc. Nous dirons la m£me chose des Légumes, que l'on récolte en abondance.
Les Pommes de terre sont rares, el par conséquent trés-chéres; mais les autres productions sont à trés-bon marché.
Voici, selon Cordova, dans sa sfatîstîqne, l'origine de quelques-unes des productitHU les plus importantes du pays :
(I Le blé fut introduit au Pérou en 1540 par Doiïa Maria Escobar, qui en apporta la moitié d'une mesure appelée almud (4 litres 76 centilitres] . Ce blé fut distribué parmi un ccriain nombre d'habitants, qui en reçurent chacun 20 grains. A Lima et dans ses environs on en récollait plus de 80,000 a/miu/M par an jusqu'en 1687, époque dn tremblement de terre; à partir de ce moment Vargeniaou poussière aride empâcbe la culture du blé dans ce pays.
0 Don Pnincisco Carabantes fit venir la vigne des Iles Canaries, et l'olivier fut introduit par Don Antonio de Rivera qui en apporta plusieurs rejetons du territoire de Séville. Trois tiges seulement réussirent i pousser. Mais l'une de ces trois tiges fut arrachée secrètement et transportée au Chili, où elle produisit & son tour des rejetons, (ta la restitua néanmoins, grdce aux lettres d'eicommunication qui circulèrent par tout le Pérou. "
Parmi les poissons on trouve, en aboo:
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
dance, le Pejerrey, la CAtVa, la Bonite el les lisais etc. On rencontre des Loups marins dans un îlot de ce nom, près du Cerro Azul (Montagne Bleue).
Outre les oiseaux de Lima, on voit également, dans la province de Ganete, des Cuculies, qui ravagent les champs de maïs ; les Tortolitas (espèce de tourterelle) et le Huanchaco; les Buitres^ les Gallinazas, oiseaux de proie qui ramassent les cadavres d'animaux jusque dans les rues, surtout à Lima ; les gallinazos rendent le môme service dans cette capitale que les vautours en Egypte ; le Piehey appelé Chirote à Arequipa ; le Moineau (Gorrion), les Chardonnerets (Jilgueros), les Perroquets (Loros), si nuisibles auxmoissons, et un grand nombre d'autres qu'il serait trop long d'énumérer.
Les arbres sont peu nombreux dans cette province ; on n'y rencontre guère que > le Saule ($auce), V Aulne (Aliso), le Gnarango^ le Ptffaroboboy et la Caûa brava^ sorte de roseau que l'on trouve en abondance, et qui sert à bâtir les cabanes de la classe pauvre. Il n*y a pas, à proprement parler, de bois de construction dans le pays.
Les insectes fourmillent dans la province de Canete, surtout l'insupportable Zancudo, les PuceSy les ScorpionSy etc., etc.
Le Pique ou Nigua (pulex penetrans) est un fléau des plus redoutables, car il n'attaque pas seulement ceux qui vivent dans la saleté. C'est un insecte plus petit que la puce : il s'introduit généralement dans les doigts des pieds, et, une fois entré dans la chair^ il s'y multiplie si considérablement, et ses œufs forment des bourrelets tellement gros, qu'après avoir ex-
trait toute cette vermine, il reste des trous horribles dans les chairs. La démangeaison que cause cet insecte est si grande qu'elle occasionne quelquefois la lèpre.