MINES. — ANTIQUITÉS
La province de Canete est pauvre en mines ; les seules que l'on puisse citer sont : une mine de Salpêtre, près du bourg de Mala, et une de Sel gemme près de Chiica ; cette mine renferme également du carbonate de soude. Dans le voisinage du bourg de Coayllo^ il y avait une mine de Cuivre qui est aujourd'hui abandonnée.
Parmi les choses remarquables de cette province, nous ne devons pas oublier de mentionner la forteresse antique nommée Po/octo del Inca (palais de l'Inca), de môme que les aqueducs qui traversent et arrosent toute la vallée de Canete. Cette œuvre hydraulique étonne par sa solidité et l'art qui a présidé à sa construction ; elle traverse les vallées et les montagnes. Ce travail gigantesque, et merveilleux suffit pour donner une idée du progrès des arts et de l'industrie chez les Incas. La politique stupide des Espagnols a été de tout détruire et de faire disiutrallre jusqu'aux derniers vestiges de la civilisation des Incas. Ainsi^ dans la vallée de Luuahuana, il y avait une magnifique forteresse* bâtie non loin des rives de l'Océan ; le vice-roi, comte de laMonclova, la fit démolir, k la fin du dix-septième siècle, pour construire le château du port de Callao. Un tel aveuglement et un pareil manque de sens commun vous remplissent d'étonnement et de stupeur.
DEPARTEMENT DE HUANCAVEKICA.
UMITES.
Ce département, qui formait^ sous la viceroyauté espagnole^ l'ancienne intendance de Huancavelica, a été rétabli par décret du 28 avril 1839, après avoir été supprimé pendant quatorze ans.
Il est borné au Nord par la province de Jauja, du département de Junin, et celle de Yauyos, du département de Lima; au Sud, par la Province littorale de Ica ; à l'Est, par les provinces de Huanta, Huamanga, Cangallo et Lucanas, du département d'Ayacucho, et à l'Ouest par la province de Ganete, du département de Lima.
La ville de Huancavelica est la capitale du département.
Ce département est soumis, sous le rapport judiciaire, à la Cour Supérieure d'Ayacucho, et, sous le rapport ecclésiastique, à l'Évêché d'Ayacucho. Sa population est de 76,000 habitants.
Ce département contient 4 provinces, savoir :
Huancavelica, Angaraes,
Castro Yirreina, Tayacaja.
PROVINCE DE HUANCAVELICA.
LIMITES
La province de Huancavelica est bornée au
Nord par celle de Tayacaja ; au Sud, parcelle de Castro Virreina; à l'Est, par celle d'Angaraes; à l'Ouest, par celle de Yauyos, du département de Lima; et au Nord-Ouest, par celle de Jauja, du département de Junin.
DIVISION POLITIQUE
Cette province comprend 4 districts, I ville de' premier ordre, qui est Huancavelica, 48 bourgs, 7 auberges {estaneiat)^ 15 métairies (haciendas) et 4 cures.
La ville de Huancavelica est la capitale de la province. Les Incas l'appelaient Emmeavilca.
DISTRICTS
Huancavelica, Acoria,
Conaica, Moya.
€ITR£S.
San Sébastian, San Antonio,
SanU Ana, Santa Barbara.
PRODUCTIONS
Le climat de cette province est froid, et ses productions sont celles des pays froids. Parmi les végétaux, nous citerons spécialement le ¥aïs, VOrge, les Pommes de terre^ etc. On y trouve une plante nommée Yechu (Stipa Iccbu), qui sert de combustible.
Parmi les animaux, on rencontre principalement les HvanacoSy les Vigognes^ les Zfamas^ les Viscachas, etc.
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
la richesse véritable du pays consiste s produits du règae minéral.
VILLE DE HUANGAVEUCA.
iîlle de Huancavelica est située à dètres au-dessus du niveau de la mer.
pérature est froide. Pendant le mois re, le matin, le thermomètre Fahren- ; à 54«; à midi il marque de 56 à 57<», uit, 48^ L'eau bout à ISâ». Cette ville mdée en 1572 par Francisco Angulo, nom de Villarica de Oropesa. Elle est en deux paroisses, et renferme sept On y remarque une forte muraille tsister aux inondations. Sur la grande n admire une magnifique fontaine en
ville renferme encore deux sources les^ dont la première a une tempéra-
82« et la seconde 72* Fahrenheit, li les établissements d'utilité publique, terons : le collège national de la Vicui jouit de 4,185 piastres de revenus; oie gratuite contenant 65 élèves, et sède 620 piastres de rente; un bôpitenant 5 salles, 3 d'hommes, conte- ) lits^ et 2 de femmes renfermant
mthéon, construit en 1840, est éloin quart de lieue environ de la ville.
MINES
nines de mercure forment la richesse ovince de Huancavelica. La plus ime du pays est celle qui porte le nom ta Barbara, ou plus communément ) Mina Grande (la Grande Mine). Le lement espagnol , qui avait inscrit ine sur la liste des domaines du trésor ouronne (Erario real), la faisait expar ses agents, et quelquefois môme ait à des particuliers, comme le fait 'hui le gouvernement du Pérou, pour 3 somme de 1,000 piastres par an, t celte mine produise en moyenne par lille quintaux de mercure, nt Ulloa, cette mine est située à lètres au-dessus du niveau de. la mer, lire à 767 mètres au-dessus de la
ville de (Huancavelica, quoique, suivant M. Crosnier, la différence du niveau ne doive pas dépasser 400 mètres.
Gomme il y a trois siècles que l'on exploite cette mine^ et que les travaux ont plusieurs fois été dirigés par des personnes qui manquaient de connaissances spéciales, l'exploitation est très-irrégulière.
Ce gisement de mercure se compose d'une succession de couches de grès et d'argile, qui paraissent verticales, de 100 mètres d'épaisseur moyenne, encaissées dans des couches de grès, de poudingue et de brèche (espèce de marbre), de calcaire et d'argile^ dont l'inclinaison générale est vers l'ouest.
Le développement superficiel des travaux est de 500 mètres de largeur, dans la direction des couches, et la profondeur moyenne de la mine est de 60 mètres. La profondeur totale^ depuis le point le plus élevër(la puerta de Carlos III, c'est-à-dire la porte de Charles III) jusqu'aux tranchées de San Juan Nepo^ muceno, est de 350 mètres.
Les limites de notre ouvrage ne nous permettent pas de décrire d'une* manière complète cette mine immense. Nos lecteurs qui voudront la connaître dans tous ses détails, pourront lire avec intérêt l'ouvrage écrit sur ce sujet par le senor don Mariano Eduardo Rivero.
Le grès au milieu duquel on a creusé cette mine, change fréquemment d'aspect, de dureté, de couleur et de grain. Quelquefois il produit une légère effervescence dans les acides : d'ordinaire il est siliceux. Il est souvent aussi mêlé avec un peu de ciment argileux. Il est imprégné de cinabre, mais avec une grande irrégularité : de manière que plusieurs des piliers qui subsistent encore dans les galeries supérieures et que l'on ne pourrait abattre sans mettre la mine en danger de s'écrouler, contiennent jusqu'à trois pour cent et môme davantage de mercure métallique; tandis que dans les galeries inférieures le grès ne rend pas plus d'un ou deux millièmes, sauf plusieurs points où l'on retire jusqu'à huit et même dix millièmes de mercure.
C'est au sommet de la montagne que le gisement est l^e plus puissant et le plus riche. Aussi, pendant les deux premiers siècles de
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l'exploitation de cette mine, on rencontrait souvent au milieu du grès, déjà fortement imprégné de cinabre, des filons irréguliers de cinabre lamellaire entièrement pur.
Souvent le grès est intimement môle avec de la pyrite arsenicale : il est alors plus dur et plus pesant, et produit une plus grande quantité de mercure que le grès ordinaire : il est couvert de taches de sulfure rouge d'arsenic. Enfin, on rencontre au milieu du grès de nombreuses veines irrégulières de récUgar (arsenic rouge) massif, et de petites géodes ou pierres rondes et creuses, couvertes de réalgar en cristaux très-brillants, et remplies à l'intérieur de cristaux blancs et transparents de sulfate de baryte accompagné d'un peu de réalgar compacte ou cristallisé en aiguilles. Quelquefois le sulfate de baryte est entièrement mêlé avec du granit siliceux.
Les mineurs de Huancavelica sont persuadés que ces masses de réalgar contiennent une grande quantité de mercure que l'on ne saurait extraire par le procédé actuel ; mais M. Grosnier a établi par ses analyses que, sur trois échantillons pris au hasard, deux ne contenaient que deux millièmes ou deux millièmes et demi de mercure, et que le troisième n'en contenait pas du tout.
La mine de Santa Barbara, contient, outre le grès raercuriel, les éléments des différents sels solubles qui se produisent journellement en conséquence de l'oxydation de la pyrite arsenicale, et de la quantité d'acide sulfurique et de sulfate de fer engendrés par cette oxydation même. Les eaux de pluie, s'infiltrant par les fissures et les fentes des rochers, dissolvent les sels qui se combinent: l'acide sulfurique, devenu libre, opère sur les parties argileuses : il en résulte des soussulfates et du sulfate neutre de protoxyde de fer, du sulfate d'alumine, et probablement du sulfate de magnésie.
Quand certaines parties de la mine se dessèchent pour une raison quelconque, les sels forment des efflorescences et des cristallisations dans les crevasses des roches et à la superficie : ces cristaUisations retiennent suspendues, par le seul effet de la cohésion, des fragments de grès du poids de plusieurs quintaux, mais qui à la fin se détachent et tombent quand il y a assez d'humidité
pour détruire la cohésion de la couche des sels.
Une énorme masse de grès qui s'écroula ainsi au milieu du siècle dernier, ensevelit 200 ouvriers. Cette terrible catastrophe a eo pour première cause la destruction des piliers qui soutenaient les galeries de lamine. Dans les éboulements, on trouve des parties qui produisent de trois à quatre millièmes de. mercure, et qui sont imprégnées de sulfate d'alumine et de protoxyde de fer qui conmiuniquent à l'argile une cohésion solBsanté pour que la masse se soutienife bien quand elle est sèche et que les sels sont à réttt solide. La présence des sels dont nous pa^ Ions, et les alternatives d'humidité et de sécheresse produisent fréquemment des croôtes salines de couleur vert pâle, semi-rtnuu^ parentes, composées en grande partie de sulfate de protoxyde de fer, et un grand nombre d'efflorescences de sulfate d'alumine ^ blanches, larges de 40 à 50 centimètres et d'un aspect soyeux.
La galerie la plus remarquable de la mine de Santa Barbara, c'est le Souterrain de Beien (Socavon de Belen), de plus de 600 mètres de longueur, de 3 à 4 de large, et de plus de 4 de hauteur en certains endroits. Il a coûté plus d'un million de piastres. En partant dn point où ce souterrain est relié au puits central de la mine, on trouve la coupe suivante :
l*" Couches puissantes d'argile dure;
2** Grès siliceux ;
3*» Argile brune et dure;
4'' Calcaire compacte noir, mais avec des veines de carbonate de chaux cristallisé;
5" Conglomérats et poudingues renfermant des noyaux de grès et de calcaire mêlés, réunis par un ciment calcaire et traversés par des veines de spath calcaire;
6^" Couches alternatives de calcaire compacte et d'argile;
7^" Brèches et poudingues de noyaux et de ciment calcaires. Ce système de couches a plus de 100 mètres de puissance.
Ce terrain, entièrement traversé par la
galerie de Belen, se trouve à l'ouest des
couches de cinabre , sur les flancs des
Andes. Son épaisseur totale est de plus de
l 600 mètres.
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A la cime de la montagne^ à 50 mètres de la porte de Charles III, du côté du nord, la crête des couches mercurielles fait un ressaut et Tonne un énorme rocher isolée exploité à ciel ouvert, et traversé en tous sens par des excavations irrégulières.
Mine de la VenUmilla. Cette mine antique se trouve dans la direction du gisement de Santa Barbara, à 3 | lieues au sud de Huancavelica. On n'y rencontre pas ce qu'on pourrait appeler une veine^ mais des monceaux irréguliers et des filons épars dans la roche. Le grès et les conglomérats calcaires ont disparu^ et sont remplacés par des couches puissantes de calcaire compacte, noir, bitumineux, dont les cavités sont remplies de cristaux purs de chaux carbonatée. On rencontre, le cinabre dans une argile ferrugineuse, jaune, quelquefois imprégnée de bitume qui la rend presque noire. Quelques échantillons riches en cinabre contiennent des bolites de mercure natif.
M. Crosnier pense que les gisements de mercure du Pérou appartiennent aux terrains carbonifères delà formation jurassique; et il se fonde, pour appuyer son opinion, sur des observations faites dans les deux mines de Santa Barbara et de la Ventanilla, et enfin dans celle de Pucara.
Mine de Quirarquichiqui. Cette mine est située à deux lieues au nord de Huancavelica. Elle est sujette à être inondée; quelques Indiens seuls l'exploitent à leur compte. On trouve dans les éboulcments de nombreux fragments de grès traversés par des veines de chaux carbonatée en feuilles, et en morceaux gros comme le poing, composés de dodécaèdres métalliques aigus, qui adhèrent les uns aux autres, rayonnent autour d'un centre commun, et dont les sommets dégagés affleurent la surface des rognons.
Toutes les autres mines de Huancavelica, abandonnées aujourd'hui en grande partie, sont analogues à celles que nous venons de décrire.
MCBCXTftB NATIF DANS LE TEBBAIN D'ALLVYION.
On a souvent rencontré, dans le terrain d'alluvion composé de gravier mêlé d'argile,
sur lequel est bâtie la ville de Huancavelica, et à un mètre ou deux de profondeur, du mercure natif en grande quantité.
Le curé d'une des paroisses de la ville recueillit en 1850, dans un fossé voisin, environ six quintaux de mercure qui sortait par globules des parois du fossé et venait se déposer dans des vases d'argile placés au fond. En creusant un mètre ou deux plus profond, on trouva encore du mercure : mais au bout de quinze jours celte espèce de mine Ait épuisée. On évalue à quarante quintaux la quantité de mercure que l'on parvint ainsi à recueillir, sans compter ce que les Indiens par- . vinrent à dérober^ et ce qu'on avait déjà pu recueillir en cet endroit avant que le curé y fit travailler.
11 y a un siècle et demi, le môme phénomène se manifesta dans l'intérieur delà ville, mais sur une plus grande échelle. U est bien difficile de se l'expliquer d'une manière satisfaisante^ surtout si l'on considère avec quelle facilité le mercure p énètre dans les crevasses des rochers et du sol pour sMntroduire jusqu'aux plus grandes profondeurs.