‹ Géographie du Péron, corrigée et augmentéeChapitre 128 sur 321 · INTRODUCTION DU CINABRE DANS LE GRÂS · texte numérisé non relu

INTRODUCTION DU CINABRE DANS LE GRÂS

Il est hors de doute que les gisements de mercure de la province de Huancavelica n'ont rien de commun avec les veines métalliques proprement dites. Les couches du sol sont imprégnées de cinabre sur une épaisseur d'au moins 100 mètres, ce qui a fait penser à M. Crosnier que cette subst<ince, qui se volatilise avec une aussi grande facilité, a dû pénétrer, à l'état de vapeur, le grès et l'argile pendant le soulèvement qui a élevé presque à la verticale toutes les assises du terrain. Voilà pourquoi le cinabre est plus ou moins concentré sur certains points^ et forme de petites veines irrégulières de cinabre pur, tantôt en feuilles, tantôt en cristaux isolés; voilà pourquoi enfin on peut rencontrer dans les galeries les plus profondes de la mine de S^nta Barb<ira, de nombreuses géodeSy remplies de sulfate de baryte cristallisé, et de veines irrégulières de réalgar massif et cristallisé.

Enfin les vapeurs sulfureuses et arsenicales, exerçant leur action sur l'oxyde de fer

GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU

contenu dans le grès, ont pu donner naissance à la pyrite arsenicale. Il est difficile de concevoir comment le cinabre se serait déposé en môme temps que le grès et l'argile, et l'on comprend encore moins de quel véhicule il aurait pu se servir pour pénétrer à la manière du carbonate de chaux ou de la silice, dans les couches de sable, avant leur transformation en grès. Au contraire, la réduction du cinabre à l'état de vapeur et son introduction dans les couches supérieures, se concilient parfaitement avec les idées géologiques d'aujourd'hui.

MANIÈRE D'EXTRAIRE LE BIERGCRE A HUAKCAVELICA.

Le principe de l'extraction du mercure est fondé sur la décomposition qu'éprouve le cinabre ou bisulfure rouge de mercure par la chaleur.

Le soufre se dégage à l'état de vapeur, et le mercure seul demeure et se condense.

Voici comment on procède : on remplit le fourneau en disposant le minerai par couches; on le ferme et on le chauffe avec les sarments d'une plante nommée Icchu (SUpa Ichu) qui croit sur la Cordillère. On se sert également^ pour le môme usage, de la fiente du LIama, qui, selon M. Davelouis, métallurgiste habile^ est un excellent combustible. On fait chauffer le minerai à une température modérée, de manière à transformer le cinabre en mercure métallique qui se condense dans les récipients. Cette méthode est imparfaite : c'est une imitation incomplète de celle que l'on pratique à Almaden, en Espagne.

Aux mines d'Almaden, 24 fourneaux ont suffi pour produire 20,500 quintaux de mercure par an : il en faudrait 683 à Hoancavelica pour produire la même quantité. Enfin nous ajouterons qu'à Almaden on obtient 10 pour cent de plus de mercure d'une môme quantité de cinabre.

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