DÉPARTEMENT DE CUZCO
Le départemeot de Cuzco, un des plus importants du Pérou par son étendue et sa richesse, est borné au Nord et à l'Ouest par la Montana {Pays des Forêts); à l'Est et au Sud par les provinces de Huanta et de Parinacochas« du département de Ayacucho, la rivière Apurimac et la cordillère de Huanzo servant de limites aux deux départements; et enfin par les provinces delà Union et de Cailloma, du département d'Aréquipa; au Sud-Est par les provinces de Lampa et de Carabaya, du département de Puno.
Sous le rapport judiciaire^ ce département est soumis à la Cour Supérieure de Cuzco, et sous le rapport ecclésiastique à l'évoque résidant dans la même ville. Sa population est de 800,000 habitants^ dont la plus grande partie est de race indigène.
La ville de Cuzco est la capitale du département.
L'idiome actuel des Indiens de Cuzco est le quichua. Us professent la religion catholique, mais luer culte est mêlé d'une foule de superstitions et même d'idol&trie.
Division POLITIQUE.
Ce département se compose de quinze provinces, savoir :
Calca, Paruro,
Canas, Paucartambo,
Convencion, Qoispieanchi,
Caochis, Urubamba,
Cercado {banlieue).
PROVINCE DE URUBAMBA. .
UNITES.
Cette province est bornée au Nord-Est et au Sud-Est par celles de Paucartambo et de Calca; au Sud par le Cercado de Cuzco (banlieue de Cuzco); au Sud-Ouest par la province d'Anta; à l'Ouest et au Nord-Ouest par celle de la Convencion.
La distance de Cuzco à Cbequerec, limite de la province de Urubamba, est de cinq lieues.
DIYISIOIV POLITIQUE.
Cette province renferme 6 districts, une ville principale, 3 petites villes, 5 bourgs, 4 villages principaux {aldeas principales) y 17 fermes {haciendas) et 5 cures.
La ville dUrubamba est la capitale de la province.
DISTRICTS
Abancay,
Anta,
Aymaraes»
Chombivilcas,
Gotabambas,
Acomayo,
Urubamba,
OHantaitambo,
Maranura,
Urubamba, Yucay,
CUEES.
Santa Âna, Occobamba, Echarati et Mensura.
Ollantaitambo, Huaillabamba,
Blaras.
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
DESCRIPTION PHYSIQUE
La province de Urubamba s'appelait Yiicay du temps des Incas, à cause de sa beauté et de son heureux climat. Elle était le séjour favori de la famille royale. Ce pays est un véritable paradis terrestre : on y passerait volontiers son existence entière au milieu de toutes les commodités et des délices qu'elle présente. Le Pérou ne possède pas de retraite plus charmante pour calmer les peines et les soucis d'un cœur abattu par la disgr&ce et les souffrances.
La vallée profonde [Qud^rada] dans laquelle est située la ville de Urubamba possède une atmosphère pure et transparente. Cette ville est située entre deux chaînes de montagnes: l'une, à l'est, couronnée de neiges, et l'autre, à l'ouest, d'une lieue environ de hauteur, mais moins élevée que la première.
Vers le nord-est, à 18 lieues de 0 Hantaiiambo^ on rencontre la Cordillère elle-même aux cimes couvertes de neiges éternelles: cette t^hatne porte en cet endroit le nom de Puerto. C'est là que l'on admire la magnifique vallée de Santa Ana.
EIVIÈRES.— CLIMAT.
Le rio Vilcamayo^ qui descend de Lampa, se réunit à VAmaibamhay' eU un peu plus bas, au PaucartamhOy au Pachachaca, etc.
Le climat de la vallée est doux : des brises continuelles viennent adoucir la trop grande chaleur produite par sa grande profondeur.
RÈGNE ANIMAL
Cette province élève beaucoup de Moutons, de Vaches et de Porcs, mais peu de Chevaux, Dans le territoire de Maras, on voit beaucoup à'Anes, de Chèvres^ de Cerfs, de Daims, de Sangliers de deux espèces, de Chats sauvagesy de Léopards, d'Ocates ou Civettes, d'Ours, de SingeSy de Chinchillas, d'Écureuils, de Belettes, de Viscachas, de Siguairos (espèce de Lapins)^ de Renards, etc.
Oiseaux. Les espèces d'oiseaux que l'on rencontre dans la vallée qui forme la province d'Urubamba, sont innombrables. Nous citerons particulièrement les Perroquets (Pa-
pagayos), les Aras (Guacamayos, sorte de gros perroquet), les Hérons (Garzas), les Mouettes (Gaviotas), les Semorgnjos, les Figeons, les Pigeons ramiers^ les Perdrix, les Chardonnerets, les Moineaux, les BirondMa^ les Pics, les Crécerelles, les Hibous^ les Fmreons^ les Ducs^ les Chevêches, etc.
Poissons. On trouve un grand nombre de poissons de plusieurs espèces : le plus gros est VUmanio; nous citerons ensuite VAlou, le Lenton, la Dorade, le Bagre, etc.
Reptiles et Insectes. On rencontre dans ce pays des Couleuvres énormes , mais elles sont tout à fait inoffensives, et entretiennent la propreté dès habitations en dévorant les insectes. A Lucumayo et à Mesacancha, il y a des Vipères dont la piqûre est mortelle. On trouve aussi dans cette province des Lézards qui piquent les animaux, des Fourmis de plusieurs espèces; celles qu'on appelle Cu^ font beaucoup de mal aux plantations de Coca, d'Yucca et d'Orangers. Celles que l'on nomme Chacos marchent par milliers, en colonne serrée, et dévorent tous les reptiles qu'elles rencontrent sur leur chemin. Si elles entrent dans une maison, il faut de toute nécessité déloger et fuir pour éviter tout accident : en revanche, ces fourmis débarrassent les habitations de toute espèce d'insectes.
On trouve aussi dans ce pays des Guêpe* et deux sortes d'Abeilles, mais une seule produit du bon miel ; une infinité de Lucioles om Mouches luisantes, qui depuis le mois de novembre jusqu'au mois de mars brillent dans les airs comme les gerbes d'un feu d'artifice; ^nfin une infinité de Papillons de couleurs éblouissantes.
RÈGNE VÉGÉTAL
La province dTJruhamha est d'une richesse étonnante dans le règne végétal. La Coca en est la production principale et la plus précieuse; viennent ensuite la Canne à sucre, le Cacao, le Café, le Coton, de deux espèces: l'une, blanche, et qui donne de longs filaments ; la seconde est de belle couleur mousse. L'Indigotier et un nombre infini d'autres plantes magnifiques font l'ornement de cette vallée enchantée.
Arbres. Cette province est également abon-
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
dante en bois de construction. On y remarque principalement : le Cèdre^ le Saule^ le PUanaye^ le Peuplier, Y Aune, VOlivier, le Noyer y etc. A Santa Ana, on trouve des bois riches pour Tébénisterie^ la menuiserie, etc.
Fleurs. On en rencontre peu dans la vallée proprement dite : on n*y voit guère que des plantes grimpantes aux fleurs blanches et sans odeur. Mais, dans les gorges profondes^ Tair est embaumé des parfums des Orangers, des Citronniers qui conservent des fleurs pendant toute Tannée. Les gorges voient encore croître les Boses^ les Œillets, les Pavilos, les Pavots, les Ambrettes (Ambarinas), les Roses muscades (Mosquetas), les Camomilles (Manzanillas), etc.
Fruits. Les principaux sont: les Cachimcnts (Chirimojas) de Mesacancha, les Ananas (Pinas), les Paltas (semblables à la poire de Bonchrétien) ; les Pacayes, les Grenades, les Bananes, de quatre espèces; les Goyaves, les Melons d^eau, les Oranges douces et amères, les Citrons, les Toronjas (espèce de Citron), les Bergamotes, etc.
Céréales et légumes. On cultive dans cette province le Blé, VOrge, le Mais, le Quinua, les Fèves, les Aiherjas, les Haricots, etc.
Plantes potagères. Les Choux, les Choux eabus, la Laitue, la Bette, les Tomates, les Zapallos, les Lacayotes, eto.
Racines et Tubercules. Les Yuccas, les Camoles (Bâtâtes), les Cumaras, les Pommes de terre, les Ocas, les Papasiisas, les Achiras, etc.
RÈGNE MINÉRAL
On rencontre dans la province d*Urubamba un grand nombre de mines d'argent. Trois surtout peuvent rapporter de beaux bénéfices; mais les antres sont envahies par les eaux. Les rivières de cette vallée charrient des pépites d'or. On croit que ce pays renferme des mines de fer et d'alun. On trouve aussi de V Amiante à trois lieues d'Urubamba, et quelques salines sur le territoire de Maras.
COMMERCE
Le commerce principal est celui de la Coca, que Ton consomme dans le département de
Cuzco môme, dans ceux d'Aréquipa et de Puno : ce commerce est néanmoins bien diminué aujourd'hui.
On cultive également une espèce de Tabac que l'on appelle Tabac de la Mission, et un peu de Canne pour fabriquer du sucre. Le commerce intérieur est un commerce de vivres: les habitants d'Urubamba transportent dans la vallée de la viande salée, du biscocho, de l'eau-de-vie, des troupeaux de bêtes à laine et à cornes^ des chevaux, des mules, des habits européens, etc. Enfin on établit des relations commerciales avec les Chunchos ou Indiens barbares, qui apportent sur le marché des tissus de coton, du bon cacao, un peu de vanille, des perroquets, des singes,' des oiseaux rares et magnifiques, pour les échanger contre des sonnettes, des haches, des couteaux^ des ciseaux, des aiguilles^ des verroteries, des miroirs, des boutons, etc.
Ces barbares forment deux tribus: les Antis et les Chontaquiros,