VÊTEMENTS
L'agriculture est l'industrie principale du pays, et celle à laquelle se livrent presque tous les habitants. La métairie d'Echarati produit une grande quantité de cacao, qui donne le meilleur chocolat du monde .On y compte environ 50,000 pieds de cette plante, qui produisent environ i,800 arrobes par an, et chaque arrobe vaut 15 piastres sur le marché de Cuzco. Le cacao produit au bout de cinq ans; la récolte commence au mois de décembre et finit au mois de juin.
Les femmes sont employées à filer, à tisser des ponchos (mantilles), des llicllas (espèce de poncho, mais d'une dimension plus petite), et des fajas (sorte de ceinture).
A Yucay, on fabrique du charbon. On s'y livre également à la confection des bottes et des paniers, et l'on prépare la tara (espèce de tannin) qui sert à la teinture. Tous ces articles sont exportés dans les provinces voisines.
On fabrique de jolis petits paniers à Huaillabamba. A Urubamba, on fait de l'eau-de-vie d'orge. Huyro et Umutu possèdent des fabriques de sucre.
Les habitants de cette province sont en gé»
nérfti paresseux, enclins à l'ivrogoerie, et la plupart se retirent dans les Pvnas (régions élevées et froides des cordillères), et y vivent misérablement. Autrefois ils travaillaient uniquement pour payer l'impôt, et ils dépensaient le gain de la semaine à s'enivrer le dimanche.
Leurs danses sont semblables à celles des Indiens de Puno, dont nous parlerons plus loin.
Us se nourrissent d'ordinaire de Chupe, ragoût de pommes de terre cuites avec du beurre ou du saindoux et du IVomage, et quelquefois de la viande; de ChuHo, pommes de terre gelées, pressées et séchées; i'C/tlucu», espèce de pomme de terre petite et fibreuse ; de viande salée, de fèves cuites qu'ils appellent Piupu, de racines et de verdures assaisonnées avec de l'ail. Dans leurs voyages ils emportent avec eux, comme provision de bouche, des fèves rôties.
Ils vendent leurs meilleurs produits, et conservent les pires pour leur alimentation.
Leur vêlement consiste en une espèce de culotte courte attachée aux genoux, un Chaleeo, une Chamarra, sorte de large veste, d'une étofTe très-grossière, une Montera, du tissu appelé Bayeite, chargée d'ornements : la Montera est une espèce de chapeau qui, plié en deux, a une forme plus ou moins semi- circulaire. Tous ces vêtements 'sont en Sayelte bleue ou noire, ou en autres tissus du pays.
Les femmes poi-tent de longues jupes de Bayette bleue ou verte, et des LlxcÛat, man- Ulles carrées, d'une vara (un mètre) ou plus ou moins de côté, d'une étoffe noire, avec trois bandes de couleur dans le milieu, et attachées par les bords avec des Topon (agrafes) d'or, d'argent ou de cuivre : le Topo est une espèce d'agrafe en forme de cuiller oblongue, et terminée en pointe. Elles suspendent à leur cou des chapelets composés de grains de verre, avec des médailles et des croix en métal. D'autres portent des jupes rouges.
Les personnes qui ont la prétention d'être nobles ou Curacat, portent des mantes noires en carré long, ou des manteaux de Baytton (grosse bayettc] noir, et des chapeaux de laine de vigogne à grands bords.
L'église d'Urubaroba est d'une belle architecture. Elle est construite en pierres, et n'i qu'une seule nef en forme de crcùx. ht twi est en tuiles, et le clocher en pierres. La 1od> gueur de cet édillce est de 68 Taras (S7 mètres environ); sa largeur de 11 vans et demie, et sa hauteur de 25 varas.
L'église d'Yucay est en briques crues. La place est carrée, avec des allées de saules parallèles sur les quatre côtés; au milieu s'élève une fontaine qui fournil de l'eau à la ville. Les rues sont droites, avec des ruisseaux dans le milieu. On compte plus de douze rues magnifiques, qui peuvent rivaliser avec les plus belles de Cuzco. Les jardins particuliers sont innombrables ; on y taille les myrtes en arcs, en eolonnes, etc., de sorte que l'ensemble de tous ces beaux ]»tdins présente un coup d'œil admirable.
Le pont d'Urubamba est magnifique : il estconstruit en pierre, et d'une seule arche.
La petite ville d'Yucay a encore deux autres places entourées d'arbres d'un feuillage superbe, appelés Pisanayes. Nous avons déjk dit que les rues étaient très-belles : nous pouvons ajouter que les maisons sont aussi bien bâties.
Les constructions des bourgs de celte province sont, à peu d'exceptions près, en briques crues : les toits sont en herbe de la Pyaa, ou en paille de blé.
jurnQiTiTÉs.
La vallée d'Urubamba renferme un grand nombre d'antiquités de l'époque des Inc'as. Nous citerons surtout une forteresse inexpugnable, qui domine tout le pays, située sur une montagne, près de Tambo, et construite de rocs îrréguliers, de dimensions colossales, assis les uns sur les autres sans aucun moi^ tier, mais avec un ajustement admirable. U porte, les places, les bastions de cette forteresse, sont placés d'une manière symétrique. On y parvient en montant des escaliers trèsélevés et très-larges. Celte forteresse porte le nom de Forialexa de Ollantailambo. On ne connaît pas l'époque de sa construction.
En entrant dans le bourg de Tambo, on voit une peinture représentant un Indien avec
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBUQUE DU PÉROU
une froDde à la main, et placé entre deux montagnes. A roccident de la ville on rencontre, parmi un grand nombre de pierres d'une grandciu* colossale, une pierre plus remarquable que les autres, et que Ton appelle la Cansada, c'est-à-dire la Fatiguée. On trouve enfin, dans cette vallée, des ruines de palais, de jardins, de bains, etc.
Cinq lieues au-dessous de la mission de Cocabambilla on a trouvé, au milieu des ruines d'une ancienne ville, des statues d'or et d'argent, des Hamas mpitié or et moitié argent, des ustensiles en terre cuit^ fine, et beaucoup d'autres curiosités.