‹ Géographie du Péron, corrigée et augmentéeChapitre 151 sur 321 · LACS · texte numérisé non relu

LACS

Sur le plateau que forment les deux rameaux des Andes qui partent de Bolivia, et

à 3,914 mètres au-dessus du niveau de la mer, se trouve le fameux lac de Titicaea. Son périmètre est de 270 milles environ ; sa longueur moyenneduNordauSud^Est, delSO milles; sa superficie de i ,464 milles carrés et sa profondeur de 24 à 60 varas.

Ce lac et cejui de Parime^ dans les Guayanas, sont les seuls lacs d'eau douce ou po» table^ quoique néanmoins d'une saveur désa* gréable^ Les ruines do palais et d'autres édifices que Ton rencontre dans une des lies du Titicaca sont très^remarquables! elles re« montent à une époque antérieure à celle des Incas.

Le Titicaca ressemble à un Océan, car il renferme des presqu'îles, des lle^, des détroits, des promontoires, des isthmes, etc.

Les lies les plus remarquables sont celles ù^Amaniani^ de Taquiii^ de Soto, de Coa/t, et l'arcbipél de nUcaca, composé de sept petites Iles et d'une grande de six lieues de long.

L'extrémité de l'isthme de Yunyugo forme le détroit de Tiquinù.

Les presqu'îles dé Ce lac immense sont celles de Copachicay Ckuûuito et Copaca*. bana,

Capachica est une presqu'île remarquable, parce que les Espagnols y enfermaient les patriotes qu'ils faisaient prisonniers. L'ilot de Esieves avait la mûv^e dealination^

Le Titicaca voit l'élever quelqi^fois dans son sein de terribles tfuapélâi*.llriiè çoimaU

GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBUQUE DU PÉROU

pas néanmoins de flux ni de reflux. En 1748 ainsi qu'en 1845, on observa un accroissement tel dans ses eaux, que l'on craignait une inondation. On aurait cru que les eaux du Desaguadero refluaient dans le Titicaca. Les naturels du Pays appellent ce lac Condoeondo. C'est une miniature de l'Océan.

Le Titicaca renferme plusieurs espaces de poissons d'un goût exquis, tels que VOmanlo, le Suche^ la Boga (œil), le Bagre^ etc. On y rencontre des bandes de Canards et d'autres oiseaux aquatiques.

Le Llachuy herbe qui croit sur les bords du Titicaca, sert de nourriture aux troupeaux de bœufs et de vaches , on y rencontre éga- . * lement une autre espèce d'herbe qu'on appelle Enea (Sayette, plante dont on fait des chaises).

Le lac Titicaca est célèbre dans l'histoire des antiquités du Pérou : on rapporte que c'est sur les bords de ce lac qu'apparut un jour Manco-Capac : ce lieu est par conséquent le berceau de la civilisation et de l'empire des Incas.

. Ce serait un grand avantage pour le Pérou, si le gouvernement encourageait et protégeait la navigation sur ce lac. Au moment où nous écrivons (1861), on construit en Angleterre de petits bâtiments à vapeur destinés à naviguer sur le Titicaca.

RIVIÈRES

V/lave^ le Bamis et le Coatay sont des rivières du département de Puno, qui déchargent leurs eaux dans le lac Titicaca, d'où sort le rio Desaguadero^ qui va déboucher dans la lagune de Aullagas, à Oruro (Bolivia). Là les eaux du Desaguadero présentent un phénomène commun à plusieurs fleuves : ses eaux se perdent dans le sol, et l'on croit qu'elles vont se répandre dans l'océan Pacifique à Iquique. L'extrémité Sud du Desaguadero, à sa sortie du lac Titicaca, est à 3,949 mètres au-dessus du niveau de la mer.

RÈ6NE ANIMAL.

Le département de Puno renferme les animaux propres à son climat, comme les Liamoi^ les Mpacas^ les Vigognes (Vicunas),

les Huanacos^ les Viscaehas^ etc., .et enfin une quantité considérable de moutons et d'autres bétes à laine qui forment la richesse principale du pays. Ce département fournit à Aréquipa et à Tacna leurs animaux de boucherie, leurs viandes salées, des poissons salés du lac de Titicaca, du beurre, poitêtre le meilleur du monde, du CAiiilo, de la Quinua et autres articles du pays.

RÈGNE VlÊGltrAL.

La plus grande partie du département de Puno est pauvre en végétaux. Le IToti, les Pommes de terre^ VOrge, la Qtdnuaj le Cafl, peut-être le meilleur du monde, le QvifijiKiMi (Cascarilla)^ croissent en abondance, surtout dans la province de Carabaya, comme nous le verrons plus loin. .

RÈGNE HIn£rAI^

Toutes les parties du département de Puno renferment de nombreuses et riches mines d'or, émargent, de cuivre^ àeplomby àeekar bon de terre et de cinabre (tûsulfùre rouge de mercure) dans la province d'Axanguo.

Carabaya possède aussi des rivières qui cba^ rient de l'or.

En traversant le rameau occidental des Andes, où se trouvent les volcans du Misti^ du Huaina-Putina(fTës d'Omate)^le TisiupÊta dans la cordillère de Candarave^ VOUnas et d'autres glaciers trës-élevés , rameau qui près dePati forme la limite des départements d'Aréquipa et de Puno, on commence à rencontrer les mines d'or, d'argent, de cuivre, de plomb et de houille qui s'étendent k partir de Tincopalpa, situé sous le 15* W latitude Sud, le IS"" V longitude Ouest, et à une hauteur de 4,241 mètres au-dessus dunivean de la mer, suivant Pentland.

La ville de Puno, située sur les bords de l'immense et magnifique lac de Titicaca, à 1^000 varas (un kilomètre environ) de distance, est environnée de montagnes mélallifères. Le glacier de Pomasi dans la province de Lampa est très-riche en veines de plomb sulfuré (soroche), de pyrite de cuivre^ de polvorilia, de cuivre sulfuré^ et en quelques endroits, d'argent sulfuré. Les mineurs de Puno qui ne connaissent pas la nomencit-i

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ture minéralogique, donnent à ces minerais les noms de espejado (c'est-à*dire qui brille oomme un miroir), pavonado (bronzé), plomo ronco (plomb rauque), rosicler (c'est-à-dire d'un rouge incamat)^ etc. ; et tous contiennent une grande quantité d'argent. Toutes ces mines, creusées à une certaine profondeur, se trouvent inondées, et alors les mineurs les abandonnent. Les galeries souterraines du Pùtnasi ont environ 2 \ varas de hauteur (environ 2 mètres et demi) et 2 varas de largeur. Ni les galeries, ni les soupiraux, ni les murs, ne sont construits suivant les principes de la science, ce qui cause beaucoup de frais, de plus grands dangers et une grande incommodité pour les travailleurs.

A Puno, les minerais sont exploités par la méthode d'amalgamation, sauf les plus riches qui sont fondus, et qui sont \tpacOy \e pavonado et le fierro viejo.

Onze arrobes (une arrobe vaut il kilogrammes et demi) de minerai brut sec, produisent 123 marcs ou 61 1/2 livres espagnoles. On calcule qu'il se perd 4 livres de mercure par Tévaporation.

Les Corpa» (cuivre gris mêlé de plomb sulfuré et d'argentnatif) produisaient, en 1 826, 06 marcs par cajoUy ou mesure de minerai brut. Le cajon pèse 50 quintaux. Les Brosas ont produit 20 marcs. Ce résultat a été obtenu dans la mine de Victorias. Les frais étaient de 130 piastres par cajon dans les carpas et 50 piastres dans les brosas.

Pour extraire 100 marcs d'ai^ent, on perd un peu plus d'une livre par marc.

Les mines de Lampa produisent 15^ 20, 40 et même 70 marcs par cajon de minerai. il y en à néanmoins qui ne produisent que iO marcs par cqjon^ et qui cependant rapportent un bénéfice raisonnable. Les lavages de minerai produisent de 25 à 30 marcs par cajon.

La méthode employée dans l'exploitation des mines de Puno est excessivement défectueuse et routinière : pour cette raison les mineurs laissent beaucoup d'argent dans les scories, ainsi *que le prouve le résultat obtenu par le lavage.

ïhins la province d'Azangaro, on rencontre, outre les mines dont nous venons de parler.

des rivières qui charrient de Por et qui sont exploitées ; des mines de mercure à Arapa, sur les bords du lac Titicaca, aujourd'hui abandonnées, et enfin des mines de plomb qui sont peu exploitées.

La méthode employée pour la fusion est très-imparfaite et très-grossière. En effet, sans parler des fourneaux, qu'ils osent appeler fourneaux à réverbère j sans l'être le moins du monde, et qui sont très-mal construits, le seul combustible dont on se sert; faute d'en avoir un autre^ c'est la taquia (excrément du Llama). Si l'on exploitait les mines de charbon de terre qui se trouvent dans la CompuertOy et si l'on prenait la peine de cultiver l'arbre appelé Queûua^ dont le bois fournit un charbon excellent, on n'emploierail pas^ comme cela se voit quelquefois encore aujourd'hui, jusqu'à soixante heures pour parvenir à fondre la masse de minerai.

Dans la province de Carabaya on n'exploite presque uniquement que les rivières qui charrient de l'or. Ces sables aurifères sont très-communs et très-riches; ils produisent l'or le plus pur que l'on connaisse aujourd'hui. Mais malheureusement les montagnes escarpées qui hérissent le pays, le manque d'habitants , le voisinage des Indiens barbares qui^ de temps à autre, font irruption flans cette province, et mille autres obstacles, opposent à l'homme industrieux une résistance presque insurmontable.

Les mines de Puno sont les plus riches : elles ont produit d'immenses quantités d'argent, et l'on serait tenté de prendre pour des fables ce que l'on raconte des mines de Salcedo^ Cancharani^ Tamayos^ Chupica^ etc. La mine de Cancharani produisit à la fin du siècle dernier, dans le seul espace de quatre ans, plus de 130 barras (une barra vaut 125 marcs). Aujourd'hui elle est envahie par les eaux souterraines, ainsi que la fameuse mine de Chupica.

L'exploitation des mines de ce riche département est aujourd'hui en décadence. En effet, en 1799, on a fondu 199 barras ; en 1826, à peine a-t-on pu atteindre le chiffre de 70 barras. En 1826, les mines de Puno ne produisirent pas en total 18,000 marcs, et cependant, depuis 1775 jusqu'en 1824, on a fondu à la Caisse nationale jusqu'à 1,765,632

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marcs 6 onces, comme on peut le voir par les tableaux que nous publions à la suite.

Les observations qui précèdent ont été

faites en 1826, par l'éminent chimiste et minéralogiste don Mariano Edoardo de Rivero, savant connu en Europe pour son profond savoir dans ces deux sciences.

État <Us Mines exploitées dans le département de Puno

en 1818 et en 18^6.

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