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DESCRIPTION GÉOLOGIQUE DU TERRITOIRE COMPRIS ENTRE ARÉQUIPA ET ARICA

Quoique Arica, Locumba et Ilo n'appartiennent pas au département d'Aréquipa, nous donnons ici^ dans son ensemble, leur élude géologique, pour ne pas interrompre notre plan et morceler notre description en plusieurs fragments^ dispersés en différents endroits de ce livre.

Entre Tacna et Locumba, la surface du sol £st composée de sulfate de chaux (pl&tre) et de calcaire. Près de Locumba, on rencontre beaucoup de soude, de carbonate de soude et de carbonate de chaux. Depuis Ilo jusqu'à Moquegua, on rencontre beaucoup de sulfate de chaux (plâtre), un peu de carbonate de chaux et de carbonate de potasse, de sulfate de magnésie (sel d'Angleterre), des

GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU

de sulfate de cuivre (vitriol bleu), PC très-rouge, et enfin des gisements

lO.

is Moquegua jusqu'à la vallée de Tamîrrain est presque uniformément arépseux, ou composé d'argile ferrugi- 1 renferme beaucoup de sel commun, îl gemme ferrugineux. Nous signalepassant une espèce de limaçons que contre dans ce pays et présentant ce lène singulier de s'enfiler eux-mêmes en outre aux épines d'un arbre nomja. Cet arbre vit deux siècles, et prolucoup de carbonate de potasse. Il est )ndant sur les montagnes de Torata

la vallée de Tambo on trouve du sel n, de l'acide muriatique, du sulfure des pyrites ferrugineuses, du sulfate toxyde de fer, mêlé avec du sulfate ne et de potasse ; du manganèse, du le de manganèse, une couche trèssel commun, du carbonate de chaux^ )ns de cuivre, du fer, du sulfate de jie, et du éhlorure de sodium, le chemin de Tambo à Aréquipa on beaucoup de sulfate de protoxyde de jperose verte) mêlé avec du sous-sulalumine et de potasse, et du fer car- . Il est hors de doute que celte vallée ae de grandes richesses minéralogi- En effet, du sulfate de fer, qui sert i teinture, on peut tirer l'acide sulfu- )ar la distillation, et l'on n'ignore pas t acide est d'un grand usage dans les l'industrie.

j1 d'Aréquipa est couvert de cendres, ières volcaniques, de trachyte, appelé ement Siliar (pierre d'assise), et dont >ert pour construire les maisons. Il a ssé par le senor Raymondi, naturaliste it, sous le nom de trachyte décomît recomposé. En effet , il contient andance des pierres et des matiè- :angères incrustées, ce qui prouve, manière incontestable, qu'il y eut une 3 où la matière dont il se compose quide. On y rencontre par exemple de cailloux^ des fragments de silex, de la ponce, etc. Tous ces phénomènes s'ex- Qt facilement en admettant les érup-

tions antérieures du Misti. Cette matière que nous appellerons Siliar^ de son nom vulgaire, se durcit à proportion du temps qu'elle a été exposée à l'air humide, et quelquefois môme elle prend l'aspect d'un marbre blanc opaque.

On trouve une immense quantité de Siliar aux environs de la ville d'Aréquipa, et c'est un avantage qu'elle possède sur les autres villes du Pérou pour la construction des édifices. On trouve également aux alentours d'Aréquipa beaucoup de potasse, de sel de magnésie mêlé d'une grande quantité d'argile ferrugineuse.

AChihuata, à quatre lieues au N. E. d'Aréquipa, on trouve beaucoup, de craie, et en avançant toujours dans la môme direction, du carbonate de chaux.

Dans les montagnes deTingo, ou rencontre du quartz et du kaolin, appelé feldspath décomposé^ dans le langage scientifique.

La montagne de Chachani renferme en abondance du carbonate de chaux, de la soude, et du carbonate de soude. Sur le plateau de Charcani, au N. d'Aréquipa, on trouve du soufre natif, et des veines de sulfate pur de magnésie.

A douze lieues au N. d'Aréquipa, on rencontre des mines de charbon de terre, mais l'exploitation de ces mines ne saurait couvrir les frais qu'elle occasionnerait, vu la trop grande distance, qui les sépare du port d'Islay, et des autres obstacles que l'on rencontre.

A Quequena, bourgade de la province d'Aréquipa, on a découvert des mines de l)lomb très-riches, qui malheureusement ne sont pas exploitées.

Les détails que l'on vient de lire sont dus au Seilor Doyen D"* Valdivia, chimiste trèshabile.

ANTIQUITÉS

Dans un endroit appelé Corralonesj et à une distance d'environ huit lieues d'Aréquipa, on a découvert des figures gravées ou hiéroglyphes très-curieux et très-importants pour l'histoire archéologique du Pérou. Ces figures sont gravées sur des blocs de granit, et elles paraissent de loin comme si elles avaient été peintes à la craie.

(iKOGKAPHlE DE LA HEPLBIJQLE DU PÉKOU.

Ces figures n'ont pu être gravées au moyen de sucs de plantes ou de toute autre substance acide, puisqu'on sait que le granit est inattaquable à tous les acides, et ensuite son ex- Irême dureté rend cette supposition improbable.

Parmi ces signes hiéroglyphiques on remarque surtout des figures d'hommes, de Hamas, des cercles, des parallélogrammes, des figures de lettres romaines, telles que celles d'un 11 et d'un 0 , et môme des signes qui indiqueraient un débris de système astronomique. Ce qu'il y a de plus remarquable, c'est qu'il y a, dit-on, au bourg de Uuaytar^ province de Castro - Vireina , un édifice où se trouvent gravées les mômes figures.

Maintenant nous nous demanderons quel IKjuple est l'auteur de ces figures ? L'un de ceux qui, sans contredit, ont travaillé avec le ciseau. Cette question est de la pins haute importance, et pour la résoudre il est absolument nécessaire de remonter aux temps primitifs du Pérou. Il est indubitable que ce ne sont pas les Incas qui sont les auteurs de ces monuments hiéroglyphiques, puisque ceux-ci sont très-éloignés de la grande route de Cuzco à Quito, et que ces lieux étaient Irès-peu fréquentés, ce qui explique pourquoi on n'y rencontre presque aucune trace de la domination des Incas. Nous croyons donc que ces monuments chargés de figures gravées sur le granil sont l'œuvre d'un peuple antérieur à Manco-Capac, d'un peuple dont l'existence est suffisamment révélée par les ruines de Tiahuanaco, de Huanuco Viejo, etc. Il faut donc conclure de tout cela qu'avant l'époque oii Manco-Capac sortit d'une île du lac Titicaca, c'est-à-dire avant l'an 1000 de notre ère, il y avait dans le Pérou des peuples civilisés, qui ont depuis été asservis par la race Quichua.

PROVINCE DE CAMAJNA.

l^ belle vallée de Camana est située au milieu d'une plaine très-élevée, qui prend naissance, ainsi que la rivière qui l'arrose, au plateau de Vincocaya, au delà du Misti, dans le second rameau des Andesj entre le ib^ et le le*» de latitude S., et entre le 75" et le 76*»

longitude ouest de Paris. La place de la \'ille de Camana est à 400 pieds d'élévation audessus du niveau de la mer.

UMITES.

La province de Camana est bornée au N. U. par la Province Littorale d'Ica; au N. et à l'E., par la province de Parinaco< bas, du déparlement d'Ayacucho, et celles de la Union, de Condesuyos, de Castilla eX de Caylloma; au S. E., par celle d'Aréquipa; et enfin au S. 0. par l'Océan Pacifique.

Camana^ en quichua, signifie spacieux, Intgcy étendu, et, en effet, cette vallée est large et magnifique. Sa figure est celle d'un demi-polygone régulier, et sa direction va du N. au S. Cette vallée est formée par de grandes montagnes, dont la hauteur décroit graduellement jusqu'à la mer. Elle se te^ mine sur les rivages de l'Océan Pacifique par de magnifiques pâturages.

DIVISION POLITIQUE

La province de Camana comprend donzc distjicts, une ville qui porte son nom et qui est la capitale, deux villes d'un ordre inférieur, quinze bourgs et six cures. La ville de Camana est placée sous le patronage de saint Michel.

DISTRICTS

Oniana,'

Cbala,

Ocona,

Yauca»

Caraveli,

Yaqui,

Chaparra,

Atiquipa,

Quicacha,

Acari,

Huauu-Huanu,

Siguas.

CUAES.

Camana,

Caraveli,

Ocona,

Acari,

(^uilca,

Chala.

VILLE DK (LIJHAXA.

Cette ville est la capitale de la province. Elle ne compte qu'une église, et encore estelle dans un triste état à cause de l'humiditt' du sol, la niauvaise qualité des matériaux dont elle est construite^ et le peu de zèle que l'on met à l'entretenir et à la réparer. Il existe en outre une chapelle du couvent de la Merci^ fondé en 1580, et supprimé en 18S6,

GKOGRAPHlfc: DK LA KÉPUBLlyUE DU PÉROU.

comme ue coiilenant pas le nombre de reliî^ieux exigé par les lois.

L'hôpital, auquel on a attribué en i59i2 un neuvième et demi des dîmes de la paroisse, a subsisté jusqu'en 1824, époque où il est tombé en ruines par la négligence des habitants de la ville.

La Rivière de Camana est assez considérable. Elle prend sa source, ainsi que nous Tavons déjà dit, dans les hauteurs de Vincocaya, coule du X. au S., passe à Mages, et va se jeter dans TOcéan Pacifique. Elle est accompagnée d'un canal appelé Brazo (le bras), dont le.but est d'empêcher les inondations, comme cela arrivait autrefois.

Les maisons sont en général bâties de Quincha (treillis de cannes enduit de boue ou de mortier). Mais néanmoins on trouve de belles maisons, telles que celles des seiloms Gonzaies, de feu le senor Briseno, curé, etc.

La latitude, suivant le D* D. Nicolas Pierola, autorité compétente en pareille matière, est de i5»57'23" S. {Caserio de Pugchuncillo, auberge de Pugchuncillo), et la longitude 75«12 0. de Paris (1).

Camana est la patrie du savant D. Lorenzo de la Llamosa^ précepteur du roi d'Espagne Charles IV. On rapporte que cet homme célèbre pouvait dicter différents sujets à sept secrétaires à la fois.

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