RÉPUBLIQUE DU PÉROU
IDÉE GÉNÉRALE DU PÉROU
nlique Empire Péruvien embrassait, au s des Incas, un plus grand territoire que
du Mexique. En effet, le Pérou, en y irenant le royaume de Quito, s'étendait ig des côtes de l'océan Pacifique, depuis îuve Tumbes jusqu'au Maule, dans le ; par conséquent, sa longueur était d'en- . 2,500 milles.
L ignore la largeur de l'empire des Incas :
il est probable qu'elle était d'environ nilles. Ainsi, en partant de cette hypoj, sa superficie totale pouvait atteindre XX) milles carrés.
Pérou a été proclamé nation libre et inndante de l'Espagne , le 28 juillet 1821 , l'illustre général San-Martin. Ce pays a nu définitivement sa liberté le 9 décem- 1824, à la brillante victoire d'Ayacucho, iiccomba la domination espagnole.
L formation de la nouvelle république de da a changé les anciennes limites terriles du Pérou. Nous allons, dans le paiphe suivant, les donner telles qu'elles aujourd'hui.
imiTES DU PÉROU.
» limites du Pérou sont déterminées par aiocmArBiB bv pfoov.
VUti possidetis de 1810, dont le principe est reconnu dans toutes les sections hispanoaméricaines. Peu d'États ont des droits mieux établis relativement à leurs limites : néanmoins l'ambition d'une part, et, de l'autre^ le désir de fomenter la discorde, ont donné naissance à des contestations avec les républiques voisines , c'est-à-dire celles de l'Equateur et de Bolivia. Notre but n'est pas de citer des faits controuvés, sous prétexte de défendre notre patrie. En conséquence, pour déterminer ses limites, nous ne nous appuierons que sur la cédule royale de 1802, et pour fixer celles de l'Equateur et de la Nouvelle-Grenade , sur la géographie du général néo-grenadin Mosquera. En ce qui concerne Bolivia, nous puiserons dans les archives et les décrets des vice-rois; et relativement au Brésil, nous ne suivrons d'autres autorités que le traité de Saint-Ildefonse, en 1777. Enfin, en toute circonstance, nous consulterons la teneur des traités en vigueur et la possession actuelle. La respectable autorité de Humboldt et d'autres géographes doit s'incliner devant l'authenticité des documents et la possession du territoire.
D'après ce principe, voici quelles sont les limites du Pérou :
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
UNITES ÂV nORD.
■ Le Pérou est borné, au Nord, par Ie9 républiques de l'Equateur et de la Nouvelle-Grenade. Ses limites sont :
La rivière Putumayo, en remontant son cours aune distance de trenfe lieues, jusqu'à ce que, par ses courants rapides et ses cascades, elle cesse d'être navigable. De là une ligne droite jusqu'au confluent du Napo avec l'Aguarico, stiué à environ 1° 9S' de latitude S. et 77" de longitude 0. du méridien de Paris; de sorte que le Napo appartient au Pérou, sur une longueur de 70 lieues, en remontant son cours h partir de son embouchure dans le Maranon, Du confluent du Napo avec l'Aguarico jusqu'au bourg d'Andoas, sur la rivière Paslaza : Andoas est situé au confluent de la rivière Bombonaza avec le Past:iza, c'est-à-dire environ à 2° 30' de latitude S. et 79" 15' de longitude 0. de Paris, et des autorités péruviennes résident dans cette petite ville. D'Andoas on descend en ligne droite jusqu'au confluent de la rivière Canchis avec le Cbinchipe : de ce point, situé h 4° 5' de latitude S., on remonte en ligne droite jusqu'au bourg de Macara, par la vallée de Espindula. De Macara, en remontant par la vallée de Pilares, on va jusqu'à la petite ville de Pachas, et de là il faut tirer une ligne droite pour atteindre le bourg de Santa Ilosa, situé à 3° 21' latitude S. et 82" longitude 0. de Paris. En conséquence, demeurent enclavées dans le territoire du Pérou, les terres des Quijos, des Canelos, des Jivaros et d'autres peuplades & demi sauvages.
L'exactitude de ces limites est prouvée par de nombreux documents existant dans les archives du Pérou (1).
La politique de l'Equateur fait assurément Êiusse route en voulant s'appuyer sur des droits qui n'existent nulle part, pour s'emparer d'une partie de notre territoire. Il serait plus sage d'examiner en conunuo et de sangttoid la division territoriale qui serait la plus convenable pour les deux pays, et de faire appel & la générosité du Pérou. Par là on
(t) Lm doeimeiiU duot il est m fût menlion odI ilè publié* à l'occatioa de la qnalion louleTée dernièremeol, et à U laite da tnilé de Hapetiogue, nir let limite* de U Répnblique.
obtiendrait ce que ne pourront arracher ni les armes, ni une politique astucieuse.
LUITES XV SCD.
Les bornes du Pérou sont, au Sud, la valUe de Tucupilla ou Duendes, située enviroD i 21° 3â' de latitude S. Celle limite est fixée depuis 1763. Là commence le désert d'Alt^ cama, qui appartient k BoUvia.
UWTES A L'EST.
Le Pérou a pour frontières, à l'Est, Vmpire du Brésil et la république de Bolivia, Les limites du Brésil sont, suivant le traité dn 23 octobre 18ol : la petite ville de Tabalîi^ et en partant de Tabatinga vers le Nord, la ligne droite allant rencontrer perpendiculairement la rivière Yapura, à son confluent avec l'Apaporis; de Tabatinga vers le Sud, la rivière Javari, à partir de son confluent avec le fleuve des Amazones jusqu'à sa souroe, et de là une ligne parallèle vers le 10* de lai. S.
De la manière dont les limites de la république du Pérou et du Brésil ont été fixées, on voit, d'un cAté l'habileté, de l'autre la négligence. Heureusement on est convenu, par un article spécial du traité, (pi'une commission mixte fixerait définitivement les ffonlières en se conformant au principe Uti pot' sidclis. Cet article du traité laisse d'ailleurs aux deux Etats limitrophes la facidlé de bire les échanges de territoire qu'ils cnuraienl convenables.
S'il n'en était pas ainsi, le Pérou perdrait plus de 80 lieues de territoire le long des rives du Maraiîon, et le triangle formé par le Yapura, le fleuve des Amazones, et la li^e que le Brésil veut pour frontière. Le Pérou a un droit incontestable à ce que ses limites à l'Est partent du confluent du Putumayo avec le fleuve des Amazones, et non de Tabatinga, comme le prétend le Brésil. La politique do Brésil aime à s'annexer des territoires, en s'appuyant sur des pi-étexles que dous ne voulons pas qualifier.
Nous ne doutons pas que le Pérou ne réclame l'immense territoire qu'on prétend lui enlever sous de fausses assertions.
On devait, avant tout, déterminer la aouree,
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le conrà et tontes les autres circonstances relatives à la rivière Javari. On sait seulement qu'il entre dans le fleuve des Amazones sous le 4^ SS' lat. S., une lieue au-dessous du bourg de Tabatinga , et qu'il parait être un écoulement de TApurimac. On voit, par ce qui précède, que la frontière orientale du Pérou est mal déterminée, et lui cause une grande perte de territoire.
Sur la ligne parallèle tirée sous le 10" de lat. S., et qui sert de limite au Brésil, il faut abaisser une perpendiculaire du Nord au Sud. Ensuite on rencontre la Cordillère, qui se prolonge du Nord au Sud; elle sert de limite jusqu'au 16* 28' de lat. S. et 71» 45' de long. 0. de Paris. La Cordillère nous sert de frontière avec Bolivia jusqu'à sa rencontre avec la rivière San Juan del Oro, et longe son cours en amont jusqu'au 13'* 40' lat. S. aux rives du lac Titicaca.
Du lac Titicaca on tire une ligne droite iusqu'à la rivière Desaguadero par le défilé de Tiquina , en laissant la bourgade du Desaguadero du côté de Bolivia. A partir de ce point-là, on tire une autre ligne droite dans la direction du S. 0. jusqu'à la source de la rivière Hauri, et la frontière se continue en suivant les cimes de la Cordillère jusqu'au point où elle se rencontre avec la limite passant par la vallée de Duendes.
Voilà les limites de fait entre le Pérou et Bdivia; mais de droit, et suivant la conformation du territoire, la frontière devrait être le défilé de Tiquina, comme on peut le voir dans une pièce établie par l'intendant de Puno, l'an XIV ; on éviterait par là les difiicultés continuelles résultant de ce que la bourgade de Yunguyo, située dans l'isthme de la péninsule de Copacabana, soit limite entre les deux nations.
liOlITAGNES ET RIVIÈRES.
La gigantesque chaîne des Andes parcourt tout le Pérou;. nous parlerons d'une manière étendoe de ce monde superposé, comme l'appelle le savant naturaliste Haenke dans sa Géographie physique.
Des versants occidentaux de la Cordillère des Andes descendent des rivières de peu dlmportance , à cause de leur cours peu
étendu. Voici leurs noms, en commençant par le Nord :
Le Sania-Rosa, le Tumbez, le Chira, le 5tfchura^ le Jequetcpeque ^ le Saûa^ le Firu, le Santa, le Pativilca, le Huaura^ le PasamayOj le Chillony le RimaCy le Lurin, le J/ia/a, le Caûete, le Pisco, VOcona^ le Camana, le Quiica, le Chili d'Aréquipa, le Tambo, et le Loa. Tous se jettent dans l'Océan Pacifique.
LeRamiSfVYlave, le Coaia,ei autres rivières du département de Puno , entrent dans le lac de Titicaca, d'où sortie majestueux Desaguadero, qui va se jeter dans la lagune de Aullagas, sur le territoire de Bolivia, comme nous le dirons dans la géographie physique.
Les grands et majestueux fleuves du Pérou descendent des versants orientaux de la Cordillère des Andes, et vont former l'immense Maraûon ou Amazone, qui est le plus grand fleuve du monde. Il prend sa source dans le petit lac de Lauricocha, au nord du Cerro de Pasco, sous le nom de Haut Maranon ou de Tunguragua; il arrose les provinces de Huamalies, Conchucos, Huamachuco, Pataz, Cajamarca, et celles du département des Amazones.
Elle est si prodigieuse la masse d'eau que ce monarque des fleuves porte à l'océan Atlantique, qu'elle surpasse celle de huit grands fleuves de l'Asie réunis, savoir: VEuphrate, VIndus, le Gange j VOby, le Lena, V Amour, le fleuve Jaune et le Kang-tse de la Chine.
Nous avons examiné beaucoup la question de savoir le point où le Haut Maraiion prend le nom d'Amazone. Nous avons trouvé que les habitants de ses rives, les missionnaires, les voyageurs et les anciens historiens lui donnent indistinctement le nom de Maraûon ou d'Amazone; toutefois il paraît que ce fleuve ne doit porter le nom d'Amazone qu'après son confluent avec l'Ucayali , près des missions de San Joaquin de Omaguas.
Ceux qui croient que l'Amazone prend naissance dans la république de Bolivia commettent une erreur grave, car la rivière Réni va beaucoup à l'Est former le Modéra, et ne s'approche pas autant du territoire du Pérou que le répètent tous les jours à tort les traités et les cartes de géographie. Nous avons fait des recherches nombreuses dans cette région, où nous avons séjourné assec long-
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temps, et nous pouvons affirmer hardiment ce que Ton vient de lire.
L'opinion la plus admissible est que TAmazone naît dans la Cordillère de Cailloma, et que VApurimac est son rameau principal, car la source de ce dernier est plus éloignée. Mais toutefois c'est une erreur de supposer que TApurimac prend sa source au Cailloma, conmie on le dit communément.
L'Amazone est si profond , au moins dans sa partie supérieure, que M. de la Condaminc n'a pu en trouver le fond avec une sonde de 721 pieds.
Deux jours avant et après la pleine lune, l'Amazone présente un phénomène à la fois sublime et formidable, qu'on appelle Bore, et qui consiste en une marée épouvantable de l'Atlantique, qui s'avance sur le fleuve comme une montagne gigantesque.
Il s'établit alors une lutte merveilleuse entre ces deux colosses : souvent il arrive que le souverain des fleuves parvient à s'ouvrir majestueusement sa route, à travers la plaine liquide de l'Atlantique, comme, au milieu des terres, et conserve môme la douceur de ses eaux jusqu'à soixante lieues au delà de son embouchure.
Il verse l'immense tribut de ses ondes dans l'océan Atlantique, au cap j\ord (cabo Nortc), après un cours de plus de i,200 lieues. La largeur de son embouchure est de GO lieues.
La pente de l'Amazone est si peu considérable et si peu sensible que, si la masse de ses flots n'était pas si grande, il coulerait avec une extrême difficulté. Ainsi, sur un espace de 200 lieues, il n'a pas plus de 10 pieds et et demi de pente, c'est-à-dire-^^ -de pouce pour 1,000 pieds.
Depuis l'Atlantique jusqu'à Jaen de BracamoroSj dont la latitude est de 5<> 30' et la longitude 75^ 40' à l'Ouest du méridien de Paris, on ne rencontre aucune cataracte, aucun courant qui s'oppose à la navigation. En cet endroit sa surface est à 1,240 pieds au-dessus du niveau du Para, son affluent.
APFLIJEIITS BU BURAÎI^Olf OU AMAZONE.
Depuis les hauteurs de Mainas jusqu'au Brésil, l'Amazone a pour affluents :
La rivière SarUiago, de l'Equateur, qui se
réunit à lui au-dessus du Ponge de Manse^ riche.
VApaya, qui descend de Cbachapoyaâ.
Le Morona, le Putumayo ou Solimoes, et le Pastasa, de l'Equateur.
Le PotrOf de Moyobamba, et le CoAkopanas,
VHuallaga, dont nous allons parler tout à l'heure, et qui a son confluent cinqlieaes au-dessous du bourg de la Laguna.
Le Nocurai, navigable; cette rivière descend du Nord, ainsi que VOriio-Yucu, le Cambira et le Tigre, Les rives du Gambira sont peuplées de tribus sauvages, appelées Chambiras. Le Tigre voit aussi des peuplades barbares errer sur ses bords.
UUcayaliy sur lequel nous reviendrons tout à l'heure , est aussi majestueux que le Maranon : il est formé de VApurimac, qui ne prend le nom d'Ucayali qu'après s'être réuni avec le Tamho (ce dernier prend sa source en Junin ) , le Pangoa et le PachUeac, D se jette dans le Maranon une lieue au Sud de Nauta.
Vlquitos, au Nord , rivière navigable : on rencontre sur ses rives des sauvages de ce nom.
Le Minai, de l'Equateur, est navigable, et SCS bords sont peuplés également d'Iquitos.
Le Rio Ncgro, de l'Equateur, est une trèsgrande rivière ; ses deux rives sont peuplées de tribus sauvages errantes, parmi lesquelles on distingue les Cotos, les Payaguas et les AncMteros. Il se jette dans l'Amazone en un point nommé Chorochoa, à 42 lieues de la frontière de Loreto. Il roule beaucoup d'or vers sa source.
VOrosa, au Sud; il est navigable.
VApariyacu, de l'Equateur, ^iVAmbiyaieut les vapeurs peuvent remonter cette rivière jusqu'à 1 mille et \ : ils jettent l'ancre dans le port de Péras, à une demi-lieue du Maranon.
Le Sisiia descend des hauteurs voisines du Putumayo, et il est navigable.
Le Cochiquinas, au Sud, décharge ses eaux dans le Maranon, à 150 varas emiron en deçà de la bourgade de Cochiquinas.
Le Maucayacta, au Sud, navigable.
VAtacuari, au Nord, navigable jusque vers le Putumayo. Les Icunas, tribu sauvage, habitent sur ses rives.
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Le rio Caballo Cocha, navigable, sort d'un lac au Sud.
Le Yanayacu, au Sud, navigable.
Le rio LoreioyaeUj au Nord, est navigable, ainsi que VAmacayacUf au Nord.
Le Catllaru, au Sud, est navigable jusque près du Javari.
Le Javari ou lavari, qui sert de limite entre le Pérou et le Brésil, se jette dans le Maranon. une lieue emiron au-dessous de la frontière deTabatinga; il est navigable. Au Nord il reçoit le majestueux Napo, de TÉquateur, et Vlapura, venant du môme pays. Cette dernière rivière ne prend le nom d^Iapura qu'en entrant dans le Maranon, car à sa sortie du flanc des Andes, qui a lieu entre le i*" et le !• 30' lat. Nord et sous le 78° 40' long. 0. de Paris, elle s'appelle Caqueta (témoignage du général Mosquera).
Le Maeapas et le Trompetas sont tributaires de las Gvyanas.
n y a encore beaucoup d'autres rivières dont nous allons parler.