VILLE D^ARICA
La capitale de la province est la ville de San Marcos d' Arica ^ ville très-ancienne et aujourd^ui l'un des grands ports {pnerto mayor) de la République. Cette ville possède un magnifique quai de débarquement, et un chemin de fer qui va jusqu'à Tacna. Celte ville a été autrefois la capitale d'une grande province, et elle renfermait une population considérable. Le terrible tremblement de terre de l'année 1605 la détruisit complètement. Elle fut de nouveau couverte de ruines par le pillage qu'elle eut à souffrir, en 1860^ du pirate anglais Dampier.
Le premier chargement de mercure qui vint d'Espagne sur, le bÀtiment nommé San Cristovaly pour être expédié à Potosi et dans l'intérieur du Pérou, fut débarqué dans le port d'Arica en 1574.
Son climat a toujours été très-malsain et exposé à des fièvres tierces et putrides : mais aujourd'hui il est beaucoup amélioré par le moyen des canaux que l'on a ouverts pour faire écouler les eaux des marais et des Gramadales (plaines d'herbes) qui l'entourent du côté du Nord. Ces eaux corrompues em-
GftOttBAPBIB DU PftBOU.
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GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
pestaient Tair, et occasionnaient les maladies dont nous venons de parler. Une autre cause de corruption pour l'atmosphère venait du varech que l'Océan rejetait sur la rive, et qui se putréfiait sous l'influence de la chaleur. Une chaussée ou digue construite ^r le bord de la mer va remédier à ce dernier inconvénient.
Arica possède une église principale et trois couvents aujourd'hui supprimés, savoir :
ceux de la Merciy de San Francisco et de San Juan de Bios. Ces trois couvents sont actuellement en assez mauvais état.
Arica a produit des hommes savants et distingués, tels que le docteur don Hippolyte Unanue, d'une renommée européenne, pour sa science profonde en mathématiques, eu physique et en médecine, et pour sa grande éloquence comme écrivain et comme orateur. Il fut un des rédacteurs du Mercurio Peruano, et l'auteur du Climat de Litna, ouvrage plein d'observations sur le climat de cette ville.
PRODUCTIONS
Les vallées de Lluta et d'Azapa sont trèsfertiles : les productions sont excellentes, et plusieurs d'entre elles, telles que le Zapallo et VOlive n'ont pas même d'égales dans le Pérou. Mais malheureusement l'eau est si rare dans ce pays que , pendant plusieurs années, la vallée d'Azapa n'a rien produit, et que les habitants ont été forcés d'émigrer dans la vallée de Lluta pour trouver des aliments.
Depuis le mois de mai jusqu'au mois d'octobre inclusivement, la garua^ ou pluie de la côte, humectant la surface du sol, fait fleurir les Lomas (prairies des vallons) dont se nourrit le gros et le menu bétail, que l'on y conduit des pays de ia «Sierra, et où ces animaux paissent jusqu'à ce que l'herbe soit épuisée. A cette époque on ramène les troupeaux à leurs étables.
La rivière de la vallée de Lluta est permanente, et ses eaux sont employées à arroser un terrain fertile qui ne produit aujourd'hui presque uniquement que de la Luzerne et du Ma^s\ .les autres productions qui servent
d'aliments aux provinces d'Arica et de Tacna viennent des provinces voisines.
MOUVEMENT COMMERCIAL ET MAftlTIM£.
Le mouvement commercial du port d'Arica pendant les années 1845, i846 et 1847, c^l représenté par les chiffres suivants :
Exportation :
1845 I«4i2,000 piastres.
Importation :
1845 • . 1,500,000 piastres.
La grande diminution que l'on obsenc en 1847 a eu pQur cause la guerre de Bolivia, et par conséquent l'interdiction de ce port pendant cette année-là.
En 1860, l'exportation a été de 990,499 piastres; nous avons examiné en détail l'importation de 18S9 dans l'article n Ctmmrte en général} » page 25.
L'exportation du cuivre durant la période de i836 à 1845 inclusivement a été de 6,822,000 kilogrammes. En 1845, l'exportation du môme métal a été de 1,205,000 kilogrammes.
En 1861, l'exportation représentait un capital de 1,586,460 piastres. Parmi ces arli* clés, la laine d'alpaca et de vigogne s'est élevée à 243,617 piastres; le cuivre à 368^ piastres; l'or et l'argent monnayé, en barre ou de brocantage {chafalonia)y s'élève à 339,270 piastres.
Les recettes des douanes ont été, pendant les cinq années qui suivent, savoir :
1842 179,000 piastres.
Le mouvement commercial de ce port, pendant la période de 1825 à 1847, est exposé
dans le tableau suivant :
GÉOGRAPHIE Db: LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU.