PROVINCE DE TACNA
LIMltES.
La provitice de Tacna est bornée Uu Nord-
Ouest par la province de Moquegua; au Sud, par celle d'Arica; à TEst, par la République de Bolivia, et à l'Ouest par l'océan Pacifique.
La capitale est San Pedro de Tacna. Cette ville est très-saine.
DIVISION POLITIQUE
Cette province comprend sept districts et cinq cures.
DISTRICrS.
El Cercado (la banlieue),
Tarata,
Candarave,
Pachia.
Ilabaya,
Locumba et Sama, Estique,
CURES
Tacna, Sama,
Candarave.
Tarata, Ilabaya,
t»llODUCtiONfc.
L'eau est si rare dans la province de Taena^ que les sources qui descendent de la Cordillère du Barroso^ sources dont la principale porte le nom de Caplina, ne coulent dans le lit de la rivière de Tacna que pendant douze heures le jeudis pendant toute la jour* née du samedi> et le dimanche jusqu'à trois heures du soir. Les autres jours, l'eau est employée à arroser la vallée. Cette eau est
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
['ailleurs d'une saveur désagréable et d'une lature corrosive : les étrangers sont bien DDgtemps avant de pouvoir s'accoutumer à a boire.
Pour cette raison, les produits du pays ne ont pas suffisants pour la consommation ntérieure. La province de Tacna est approisionnée de viande et d'autres articles de la iierra par la province de Puno, par la vallée le Sama et par celle d'Azapa, qunnd cette lernière a le bonheur d'avoir de la pluie : ar souvent elle est elle-même complètement térile par le manque d'eau. Le blé y est mporté du Chili. Autrefois la province de Tacna tirait ses céréales d'Aréquipa.
Mais, par compensation, les fruits que proiuil la province de Tacna, sont aussi bons, ît peut-être môme meilleurs que ceux de ouïe autre province du Pérou. Parmi ses proluits qui ont le plus de renommée nous îiterons : les Melons, les Pèches, les Abriïores, les Pastèques ou Melons d'eau (Sanlias) , des Poires bergamotes, et un grand lombre d'autres fruits que Ton rencontre lans presque toutes les provinces du Pérou. £nfin, on y récolte abondamment des Bâtâtes Camotes), des Pommes de terre, du Mais, les Zapallosy etc.
Les quadrupèdes et les oiseaux ne sont pas mssi variés ni aussi nombreux que dans les [)ays montagneux.
Cette province est également peu riche en nétaux.
AQUEDUC DE UCHVSUMA.
Il y a environ 25 ans que l'on a commencé i construire un aqueduc pour amener à Tacna les eaux de la Cordillère de Tacora, jui s*écoulent dans le lit d'une petite rivière ippelée Uchusuma. Mais malheureusement 3n n'a pas achevé une œuvre aussi intéiestante et aussi utile, soit à cause des grandes difficultés que présente son exécution, soit parce que, ayant été entreprise par des particuliers, elle a toujours manqué de cette harmonie et de cette unité indispensables dans les travaux d'une si haute importance* Au DQoment où nous écrivons cet article (15 avril 1836), on va mettre les travaux de l'aqueduc 3n adjudication^ Trois capitalistes européens
se sont présentés : parmi eux se trouve M, Hégan, qui s'est déjà chargé de la construction du chemin de fer d'Arica à Tacna. Si cet aqueduc, œuvre vraiment colossale, vient à s'achever, Tacna occupera une place distinguée parmi les villes du Pérou,
VALLÉES DE LA PROVINCE DE TACBîA.
A l'Ouest de Tacna, à dix lieues de distance, se trouve le bourg de Saîna dans la vallée de ce nom. Ce bourg est en quelque sorte le magasin d'approvisionnement de Tacna.
La petite et charmante vallée de Sama produit beaucoup de Maïs, de Zapallos, de Pommes 'de terre, du bois à brûler; enfin toutes les plantes et tous les légumes que l'on récolte dans les terres de Pan-Uevar (Porte- Pain). On appelle ainsi les terres destinées exclusivement à la culture des céréales et d'autres plantes analogues.
La vallée de Locumba est d'une haute importance pour son étendue et ses productions. A partir des hauteurs qui forment le vallon de Ilaàaya, elle produit en abondance du vin, del'eau-de-vie de qualité supérieure que l'on exporte dans la République de Bolivia; de la canne à sucre en petite quantité. Un peu au-dessous de Mirave (bourg connu dans l'histoire de la révolution du Pérou), on récolte des Zapallos, des Pommes de terre, et enfin toutes les productions des terres appelées de Pan-Llevar, à l'exception d'un petit nombre que l'on ne cultive pas, parce que l'on ne veut pas, ou qu'on s'en soucie fort peu, car le sol est partout d'une fertilité extrême. Aussi les fruits sont-ils délicieux, bien qu'il n'y en ait pas une grande variété. On y trouve, entre autres, des Cachiments (Ghirimoyas) , des Pêches, des Melons, des Pastèques ou Melons d'eau (Sandias), des Figues en grande abondance, car les figuiers forment d'ordinaire les enclos des fermes (haciendas). Enfin on y rencontre encore quelques autres fruits aussi exquis.
Il y a dans la vallée de Locumba une rivière d'une eau malsaine, quoique d'un cours assez considérable. Celte malheureuse circonstance empêche qu^on ne puisse en tirer presque aucun avantage.
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Le climat de la vallée dUlabaya est délicieux, tempéré; mais,àmesm*e que Ton descend vers le bourg de Locumba, la chaleur augmente ainsi que Tinsalubrité du climat : en effet, il règne à Locumba de violentes fièvres tierces.
La vallée de Cinto est une vallée transversale qui coupe presque perpendiculairement celle de Locumba, près du bourg de ce nom. L'eau y est rare, mais le sol est d'une fécondité fabuleuse : tout est planté de vignes, à l'exception des hauteurs; et Ton y récolte un vin délicieux. On distille également de l'eau-de-vie de qualité supérieure. Ces deux articles sont un objet de commerce avec la République de Bolivia. Toutes les productions de la vallée de Ginto sont d'une nature excellente : les raisins d'Italie sont d'une grosseur prodigieuse, par exemple de la grosseur d'un œuf de pigeon.
VILLE DE TACXA.
Cette belle ville s'accroît considérablement à cause de son commerce avec Bolivia. Depuis le tremblement de terre du 18 septembre 1833, à 6 heures du matin, qui détruisit entièrement celte ville, elle a changé avantageusement d'aspect et de solidité. On con- 4Struit aujourd'hui les maisons avec plus de régularité et de solidité; les murs sont en briques et les toitures en bois. On y trouve néanmoins plusieurs maisons avec des façades en pierres de taille. A la date où nous écrivons, la population s'élève à 15,000 habitants environ.
Les rues principales de Tacna sont au nombre de trois, tracées parallèlement; la rue centrale est la plus large, et elle a environ un mille de longueur.
La longueur, ainsi que la largeur des sec • tions des rues [cvadras), varie beaucoup : ainsi tantôt ces dimensions sont de huit, tantôt de neuf, et même de douze varas.
Tacna possède une grande place {Plaza mayar)^ et une place du Marché, située au centre de la ville, et construite en grande partie par une souscription de quelques habitants notables, qui, toujours occupés des intérêts de la population , s'efforcent par leurs dons et leurs généreux concours de
faire tout le bien possible à la charmante ville de Tacna.
La nouvelle place du Marché, que l'on appelle la jRecoi;a, forme un parallélogramme avec deux galeries à colonnes sur deux des côtés, et deux façades en pierre de taille sur les deux autres.
Jusqu'à présent on n'a pas encore pu, pour des raisons qu'Userait inutile d'exposer ici, construire une église digne de ce nom. Il y en a actuellement une qui n'a que les quatre murs et qui a souffert des secousses des tremblements de terre. Il y a aussi mie pauvre chapelle dans le môme état.
On a commencé à bÀtir un hôpital par souscription. Le collège de la Victoria n'est, à proprement parler, qu'un local, puisqu'on manque de ressources pour installer convenablement l'enseignement. Tacna est assurément l'une des villes les plus mal partagées sous le rapport de l'instruction.
Cette ville possède une magnifique promenade qui suit parallèlement la rivière dans toute la longueur de la ville. Chaque rue possède un pont pour traverser la rivière qui est profondément encaissée. Ces pools sont ornés d'une colonne de marbre : l'entrée est fermée par des tourniquets, afin que les bestiaux n'y puissent passer
Le second chemin de fer construit au Pérou est celui d'Ârica à Tacna, d'une longueur de plus de quatorze lieues. Il y a peu d'années qu'il est achevé : le gouvernement du Pérou a facilité et largement protégé une entreprise aussi utile, exécutée par l'industrieux M. Hégan. Il est vrai qu'aujourd'hui les muletiers de Tacna ont souffert considérablement dans leur industrie des transports : mais le pays en général a gagné considérablement à l'exécution de celte colossale entreprise. Tacna spécialement en retire d'immenses bénéfices. Cette ville progresse d une manière étonnante : elle est, en effet, dans une position avantageuse , elle est la voie presque indispensable du commerce considérable que le Pérou fait avec la République de Bolivia.
La Ville de Tacna a donné le jour à des hommes d'un grand talent et d'une science profonde. A la fin du siècle dernier, florîssaient le docteur don Isidoro de Herrera,
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:uré de San Pedro de Buenavista^ dans Tarhevôché de Charcas, homme instruit dans es sciences divines et profanes. Le doceur don Ignacio de Castro , curé de lan Geronimo de Cuzco^ et recteur du colëge de San Bernardo, savait parfaitement luit langues, et on rapporte qu'il les parlait outes avec une égale facilité. It connaissait . fond la littérature et un grand nombre de ciences et possédait une mémoire si prodi- ;îeuse que, dit-on, il lui suffisait de lire une bis rapidement quelque chose pour le savoir. 1 écrivit plusieurs ouvrages : mais ses I Fiestas del Cuzco » (Fêtes de Cuzco) sont a meilleure preuve que Ton puisse produire )Our témoigner de sa grande érudition.
Le vertueux senor docteur don Francisco le Paula Gonzalez Vigil est également un savant profond dans les sciences ecclésiastipies, comme le prouvent ses travaux érudits, par exemple : a La Défense des Gouvernements U des Évéques, contre les prétentions de la Cour de Rome, » Cet ouvrage a été condamné par le pape Pie IX sans la moindre raison, ni le moindre fondement. En effet, cet écrivain distingué s*était abreuvé de la doctrine de Jésus-Christ à sa source véritable , avant qu'elle eût été corrompue. Mais le temps et la civilisation de l'époque lui ont rendu justice. Ce prêtre vertueux est aussi un orateur éloquent^ un écrivain clair et logique dans Tenchainement de ses pensées. A la tribune du Congrès de 1834, il se fit remarquer par son éloquence entraînante^ son patriotisme et son grand courage.
Le mouvement de la population pendant le second semestre de 1861^ a été le suivant :
Naissances. Décès.
Hommes 189 160
Femmes 168 124
Total.
Mariages. .
La Cour supérieure a condamné 56 criminels ainsi classés :
Ëtrangers.
Nationaux
Sur ce nombre, 29 ont été condamnés pour vol, 14 pour homicide, et les autres pour divers crimes.
PROVINCE D'AIUCA.
LIMITES
La province d'Arîca est bornée au Nord et au' Nord-Est par celle de Tacna; au Sud, parcelle deTarapaca; à l'Est, par la République de Bolivîa, et à l'Ouest, par l'océan Pacifique. ^
DIVISION IK>LITIQUE.
Cette province, nouvellement créée par un décret du 25 juin 4855, renferme six districts et trois cures, savoir :
Ârica, Belen, Socoroma,
Libilcar,
Lluta,
Codpa.
Ârica,
CURES
Belen.
Codpa,