LIMITES OU TERRITOIRE NATIONAL ET DE L'EMPIRE OU BRESIL
Suivant l'article 7 du traité conclu avec l'empire du Brésil en 1851, la frontière est fixée au bourg de Tabatinga. A partir de ce point, vers le Nord, il faut tirer une ligne droite qui va rencontrer perpendiculairement le rio ïaptira, à son confluent avec l'Apaporis ; et de Tabatinga dans la direction du Sud, la limite est tracée par le Javari, à partir de son confluent avec l'Amazone.
Le bourg de Tabatinga est situé sur la rive gauche de l'Amazone, fleuve que les Brésiliens connaissent sous le nom de Solimôes, A partir de Tabatinga la ligne droite tirée vers le Nord, jusqu'au confluent de l'Yapura et de l'Apaporis, n'est pas encore déterminée, et par conséquent l'empire du Brésil étend sa domination sur tout ce territoire.
Le confluent de la rivière Javari ou Yabari avec l'Amazones ou Maraiion, se trouve à une lieue au delà de la frontière de Tabatinga. La source de cette rivière n'est pas encore connue : les uns pensent qu'elle sort des grandes forêts de Cu2C0, et d'autres que c'esl un écoulement de rUcayaii, dont rorigioe est le grand Apurimac : mais l'opinion de l'auteur de ce livre est, suivant toutes les données acquises, que le Javari est un écoulement de' la rivière Apurimac y qui prend plus tard le nom d'Ucayali. Ces limites onl besoin d'être déterminées sur les lieux mêmes, et d'être fixées d'une manière définitive. [Voir plus haut, pages 2, 3, A et 5.)
Limites du Pérou et de la République de la Nouvelle-Grenade.
Les limites du Pérou et de la Nouvelle-Grenade sont :
1° Le rio Putumayo, en remontant son cours, à trente lieues au Nord de l'Amazone. Les Espagnols entretenaient un détachement sur ce point ;
2"* L'embouchure du rio Aguarico, dans le rio Napo, située à soixante-dix lieues Ancoor fluent de ce dernier avec le Maranon ou Amazones.
Limites du Pérou et de la République de l'Equateur,
Les limites du Pérou et de l'Equateur sont: 1° Le cours du Napo, sur une longueur de
soixante-dix lieues, jusqu'à l'embouchure de
l 'Aguarico et le rio de la Coca; 2° Le cours du rio Pastaza jusqu'au bourg
d'Andoas, où réside une autorité péruviemie.
Etendue du territoire désigné sous le noM de province littorale de Loreto.
Suivant le décret du 13 avril, cette province s'étend :
1« A l'Est, depuis la frontière de Tabatinga jusqu'au point nommé Tingo-Maria, c'est-àdire sur une longueur de trois cents lieues, et en suivant le cours du ^Maranon et de l'Huallaga;
2° Au Nord, sur une largeur de soixantedix lieues, en suivant le cours du rio Napo jusqu'aux limites de la république de l'Equateur et de la Nouvelle-Grenade;
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU
3" Au Sud , sur une laideur de soixanteseize lieues, en suivant le cours de l'Ucayali, jusqu'au bourg de Sarayacu, et de là, en traversant toutes les tribus situées sur les rives (le ITcayali, jusqu'aux rios PachileaCj Pan- QOA ^t Tambo.
TEMP^RATVaE «ÉNÉKALE DU VASTE
teAutoire de LORETO,
Le climat est chaud et humide : néanmoins il est favorable à la santé dans toute l'étendue de la province. On ne connaît dans ce pays ni lièvres constantes, ni fièvres tierces, ni autres maladies endémiques, si pernicieuses pour l'bumaaité. La dyssenterie, seule, sévit k certaines époques, à cause de l'intempérance des habitants.
Aux changements de saison, lesenfants sont attaqués de violentes coqueluches qui les déciment quelquefois. On rencontre aussi des ca.t de petite vérole, mais elle n'est jamais bien violente. D'ailleurs, quand cette maladie se maiiifeste, les indigènes prennent le parti d'émigrer dans l'intérieur de la MontaHa (Pays des Forêts), et là ils attendent que l'épidémie ait disparu. Ils agissent de la môme maoière quand In dyssenterie règue dans le pays. Enfin la fièvre tierce sévit sur les bords (le quelques rivières, ainsi que nous le dirons plus loin.
SitiNE «lnéRAL.
Or a découvert des mines d'or près des sources du rio Napo, du rio Tigre et du rio Santiago de Borja; néanmoins ce métal ne s'y rencontre pas aussi abondamment que plusieurs voyageurs se le sont Gguré. Au contraire, suivant la statistique donnée par ceux qui ont tenté de les exploiter, ce métal est assez rare. Quant à l'argent, on ne se souvient pas d'en avoir rencontré.
On trouve dans ce pays de la craie bleue qui pourrait servir pour lu peinture , de la craie jaune, de la craie blanche d'une qualité supérieure, égale à la rêruse; de la craie noire, du charbon de terre, inférieur à celui d'Europe; des mines de sel gemme d'une étendue considérable, en blocs ou en couches; ces mines ne se rencontrent que sur les bords de l'Huallaga : elles servent à l'ap-
provisionnement de tout le pays de Maynas, des bourgades situées sur les frontières de l'Equateur et même du Brésil.
SÈGKE VÉti^AL.
Bois de construction : des Cédées de qualité supérieure, de l'Acajou (Gaoba) d'une beauté remarquable, connu dans la province sur le nom d'Aguano. On en rencontre de plusieurs espèces. On trouve ensuite un grand nombre d'arbres particuliers au pays, désignés sous des noms indigènes. Parmi celle foule innombrable de végétaux arborescents nous citerons : Vllauba, le Muena jaune, le Muena blanc, le Muena noir, le Caita mvena, ie Macacauba, le Quinilla, le Bemo, le Catpi, le Cacapano, le Charapilla, le Mauba, VAlfaro, le Taninbuca, VIspingo, le Mecunasti, le Storax ou Styrax (Estoraque], le Chillica brava, le Guacapus, le Palo de Crus (l'Arbre de la Croix), le Palo de san~ gre (l'Arbre de sang) ; ces deux dernières espèces sont vraiment remarquables. Le Paio de Cruz est de deux couleurs naturelles : il est blanc et noir. Le Palo desangre est d'une belle couleur rouge, et, quand il est travaillé, il brille d'un éclat naturel. La plupart de ces arbres sont employés à la construction des navires et des maisons.
Parmi les antres produits du pays nous citerons : le Cacaoyer, le Quinquina , l'amandier (Almendras), le CanneWer (Palo de Canela), la Vanille, le Bombonax, sorte de paille à tisser les chapeaux, et la Sahepareille (Zarzaparrilla). Ce dernier article est assez abondant, et fort eslimé sur les marchés d'Europe. 11 y a près de quarante ans que l'on parcourt toutes les forêts dans le but d'extraire la racine de la salsepareille, qui est la seule partie recherchée. On l'expédie au Brésil, où elle se vend assez cher, pour être de là réexpédiée en Europe. La salsepareille paye un droit d'exportation trés-élevé, sans que le Pérou, qui la produit, en retire aucun bénéfice.
\ji Cire est de trois sortes : la blanche, la jaune et la noire. Elle se consomme dans l'intérieur du Pérou. Son exploitation est très-facile pour les indigènes, qui peuvent en recueillir de grandes quantités. Mais les prix que les blancs leur offrent sont trop mi-
GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PEROU
nimes, d'où il résulte que les Indiens se refu* sent à parcourir les forêts pour la recueillir.
Résines. Cette province produit VEncens, le Storax ou Styrax (Estoraque), le Camphre, la Gonime élastique ou Caoutchouc^ le Copal, le Lacre (cire d'Espagne), la Gomme laque et d'autres gommes et résines dont on ne connaît pas encore les propriétés.
Liquides balsamiques : VAndiruha^ fruit d'un arbre qui produit une huile que l'on consomme au Brésil, et qui est assez estimée. Au Brésil on conserve cet arbre avec soin; il est défendu de le couper poilr en faire du bois de chauffage. Il est très-répandu dans notre Montana ou pays des Forêts. Le Copahu (Copaiba)^ liquide distillé par l'arbre de ce nom. Le Sang dragon^ liquide distillé également par l'arbre qui porte ce noiù. Le Lèche caspiy liqueur blanche et douce comme du lait : c'est une boisson salutaire, dont on fait continuellement usage dans le pays pour guérir les maux de ventre et la dyssenterie.