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RIO HUA1XA6A ET SES AFFLUENTS

A deux milles au nord du Cerro de Pasco, prend sa source la rivière Huallaga^ non loin du lieu où prend à son tour naissance le Maraiion, c'est-à-dire sous le il^' de lat. S. L'Huallaga est le premier tributaire du Maranon : il coule de l'Ouest à l'Est à partir du célèbre défilé le Pongo de Manseriche^

Ses affluents sont :

UMpena.

Le Paranapura, au Nord, navigable même pour les grandes embarcations jusqu'au Varadcroj et à partir de ce point, en suivant le cours de la rivière CachiyacUj dans de petits canots jusqu'à BalxorPuerto.

GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBUQUE DU PÉROU

Le Cainarache^ qui se jette dans THuallaga, neuf lieues plus haut que le port de Yurimaguas : il est navigable pour les petites embarcations jusqu'au point nommé Yura-yacu; son cours est au Nord de THuallaga.

Le ChipuranOy au Sud, se jette dan^ THuallaga, quatre lieues plus bas que les Pongos de Chasuta. Cette rivière est navigable en petites embarcations jusqu'au point nonuné Yanayacu, à huit lieues de Sarayacu.

Le Mayo^ qui descend de Ghachapoyas, baigne les vallées de Moyobamba, et est navigable dans de petits canots jusqu'à San-Miguel, et de là jusqu'à la ville de Moyobamba. 11 est possible de le rendre navigable.

Le BiabOf au Sud, peu navigable.

Le Zapo, au Nord, navigable en canot.

Le Htiaillabamba, au Nord, descend des hauteurs de Huamalies : il est peu navigable, et ne l'est guère qu'en canot.

VAbiseOf au Nord , prend sa source sur les mômes hauteurs que le précédent; il est peu navigable.

Les affluents dont nous venons de parler

sont donnés ici d'après les souvenirs du co-

. lonel Âlbarado Ortiz, gouverneur de Loreto,

qui mérite toute confiance, car il a visité

avec soin toute cette contrée.

 cette occasion nous rappellerons ici le souvenir de notre compatriote Ijurra, dont la perte est si sensible pour notre pays.

Notre infortuné compatriote Manuel Ijurra, possédé d'un enthousiasme qu'on n'a jamais •rencontré dans aucun voyageur, a descendu dans une embarcation le cours de l'HualIaga, rédigeant un itinéraire détaillé et minutieux, quoique malheureusement sans aucune espèce d'observations scientifiques, qui pussent déterminer géographiquement le cours de cette rivière, ni aucune autre particularité utile à la science.

Il est allé deux fois en Europe en descendant le cours de l'Amazone, et enfin il est mort dans un hôpital, à New-York.

Ses travaux sont néanmoins très-importants ; car ils sont de la plus grande exactitude, et à ce titre ils méritent toute confiance, surtout pour ce qui concerne la position relative, le nom et le nombre de tous les affluents que l'HualIaga reçoit à droite et à gauche. Nous avons sous les yeux le croquis de

Manuel Ijurra , mais sans réduction sur une échelle.

Heureusement nous possédons des données plus certaines de la direction et du cours de cette rivière , que nous avons rencontrées dans un manuscrit autographe du savant voyageurThaddée Haenke, qui a descendu l'HiJâl* laga et l'Ucayali en 1790. — On a lieu de s'étonner comment, jusqu'à présent, un trayail si digne de foi n'ait pas encore été publié, et que dans tous les traités de géographie l'on dise et l'on répète tant d'el'reurs au sujet de la rivière Huallaga.

Voici comment s'exprime l'un des plus grands savants qui ait visité nos régions , et que nous respectons le plus après M. de Humboldt, pour ses connaissances profondes ea botanique et dans les autres sciences nata* relies, ainsi qu'en mathématiques :

« Un des principaux rameaux (dit Haenke) de la rivière Huallaga descend des hauteurs de Pasco, à l'Est de Lima, par une vallée longue et hérissée de rochers jusqu'à la ville de Huanuco : il entre ensuite dans les montagnes des Andes nommées Chinchao et Cochent Moi-même, en 1790, au mois de juin, quand je pénétrai pour la première fois dans c^es montagnes, je reconnus là un port à l'endroit où ce rameau principal se réunit au Chinchao; ensuite il dirige sa course vers le Nord. Il pé* nètre au milieu des difTérentes ramifications des Andes, à travers le pays des Lamas, grossissant son cours des eaux qui descendent des hauteurs de Huamalies, Moyobamba et Chachapoyas. Sous le 7*» lat. S. , il traverse un défilé ou Pongo, semblable à celui de Manserichc, mais beaucoup moins loqg; puis il coule à travers des hauteurs situées au milieu d'un terrain plat, jusqu'à son confluent avec le Maranon, dans les Missions de la Laguna, environ à 5" lat. S. et 77® 0. de Paris.

«Au-dessous d'Omaguas, continue Haenke, viennent sur la même rive apporter le tribut de leurs eaux, à différentes distances^ le Javdri (qui trace la frontière du Brésil), VYutaiy VYuruta, le Feje et le Coari. C^ sont des rivières de second ordre : néanmoins de petites embarcations peuvent remonter facilement une grande partie de leur cours, en différentes saisons, et jusqu'aux frontières mêmes du haut Pérou. •

GÉOGRAPHIE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU

o A 4'' lat. S. et 63"" long. 0. de Paris, vient se jeter dans le Maranon, la rivière appelée Purus ouCtiehivara. C'est une rivière de premier ordre, et presque égale au Maranon luimême, suivant les Indiens. Personne n*a, jusqu'à ce jour, déterminé son origine ; mais yisd des données suffisantes pour indiquer, je dirais presque avec certitude, que le bassin de cette rivière s'étend depuis la cordillère de VUcanoiajusqu'k un peu à l'Est des montagnes de Carabaya, d'où descendent un grand nombre de rivières considérables qui charrient de l'or.

« Les Indiens barbares Chuntachitos, Machuvis et PacaguaraSy qui vivent à l'ouest des Missions d'ApoIobamba, me firent connaître dans le mois d'octobre 1794, que du côté de l'occidentet à dix jours démarche des bords de la rivière Béni, on rencontrait dans ces plaines un fleuve très-considérable.

«Comme depuis l'Ucayalijusqu'auMadera, on ne rencontre pas de cours d'eau aussi grand, j'ai beaucoup de motifs pour croire que la rivière Purus et le JUano (qui est le nom du grand cours d'eau dont me parlèrent les Indiens) , ne sont qu'une seule et même rivière, et que la variété du nom dépend des nations différentes qui vivent sur ses bords. . « A une distance de cinquante lieues du Purus^ vers l'Est, on rencontre le confluent de la Cuneuse rivière Modéra avec le Mara- Bon, à 3»3(y lat. S. et 60*30' long. 0. de Paris. Elle prend sa source dans le vaste bassin formé par la Cordillère des Andes, depuis les hauteurs de Pelechuco, Sorata, la Paz, etc., jusqu'aux établissements espagnols les plus avancés dans l'intérieur des terres, tels que Mojos, Chiquitos et la Cordillère des Indiens Chirihuanaes.

u Les principales branches qui forment la rivière Madera sont :

« Le Béni. leMamoré et Vlténis.'^ous trosi sont navigables presque dès leur source.

« Le Béni est la plus occidentale des trois rivières dont nous venons de parler; il est formé par uneloule innombrable d'autres rivières déjà considérables, dont les bassins s'étendent depuis Pelechuco, Suches, Sorata, ChaillaDa, Songo, la Paz, Suri, jusqu'à la province de Cochabamba. La plus éloignée, à i^Oacst^c^est le Tuches: viennent ensuite VA-

tény le Màpiri où Sorata; le fameux Tipuani^ qui roule tant d'or; le Challana, le Coroica^ qui se confondent dans un môme lit. Une autre, comme le Chuhomani^ est la réunion du Tamampaya et du Solacama; enfin on rencontre celles de ia Paz, du Suri, du Caûamina et du Cotacajes.

« J'ai eu le bonheur de reconnaître l'origine de toutes ces rivières dans mes voyages continuels. En l'année 1794, le 22 septembre, je m'embarquai sur la rivière Tipuani, et je descendis le Béni jusqu'au bourg de Reycs, en trois jours environ. Le Béni a beaucoup de passages difficiles : au-dessous de Reyes il reçoit, à l'Ouest, entre autres rivières, le Tequéjéy le Masisi ou Cavinas, etc. A partir de sa jonction avec le Mamoré, sous le 10^ de lat. S., le Béni prend le nom de Madera. Le cours de cette rivière au milieu des plaines est doux , égal et majestueux , et forme de grandes îles : sa largeur est en quelques endroits de plus d'un quart de lieue. On y trouve des crocodiles et beaucoup de poissons. Les deux rives sont couvertes de forêts épaisses et gigantesques. Les tribus sauvages qui habitent sa rive occidentale se nomment .Cat*«naSy Pacagttaras, BubrieSy Todromanas, Nahas et Tabatinaguas ; sur sa rive orientale on rencontre les BulepaSy etc.

«Au moyen de la rivière lamma, dont la source se trouve aux environs de Reyes, on peut établir une communication entre le Béni et le Mamoré, La pente du lamma, pour une distance de soixante lieues, n'atteint pas vingt pieds.

« Le Mamoré n'est pas inférieur au Béni; il traverse presque au milieu le vaste territoire des Missions de Mojos, en descendant du Sud au Nord. Le Chaporéj qui réunit dans son lit le Paractiy \tSan Maieo, IcCont, le Chimoré, le Sacta et le Matani, descend de YuracareeSj aux environs de Cochabamba. Le Rio Grande^ qui sépare la province de Cochabamba de celle de Charcas, est un autre bras dans lequel viennent se jeter les rivières de la Cordillère voisine de la ville de Santa-Cruz. C'est à partir de son confluent avec le Mamoré, sous le lô*" de lat. S., quç les habitants de Mojos remontent cette dernière rivière, pour transporter les fruits et les productions industrielles du Pérou, à plus de

cent lieues de disiance, du bourg de TExaltacion jusqu'aux environs de Santa-Cruz.

«En octobre et novembre 1794, je poursuivis mes recherches depuis le P^m jusqu'au lamma, en continuant ma navigation par le Mamoré et le Rio Grande, jusqu'au port de Fores y aux environs de Santa-Cruz.

(( Le troisième rameau, le plus oriental, est Vliénès : il prend sa source sur les confins du Brésil. On connaît peu de chose sur son cours : ses eaux sont moins considérables que celles des deux branches précédentes du Modéra, U passe au pied du fort Principe de Reina, un des ports les plus avancés du Brésil , sous le 12° lat. S. et le 66o long. 0. de Paris. Il se réunit ensuite au Mamoré, presque sous la même latitude, et un degré à l'Ouest du port Principe de Reina.

« Voilà quels sont les principaux tributaires de cette fameuse rivière \eMadera,laL plus favorable de tous les affluents de l'Amazone pour ouvrir un jour une voie à la navigation vers le continent européen. »

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