IDIÉE GÉNÉRALE DE LA PROVINCE
Le district de Pisco , voisin de celui de Chincha, renferme les vallées de Chunchanga^ San -Miguel y Humay , Condor et las Ollas. Elles sont arrosées par la rivière qui sort du lac Ocucocha, et qui coule au Nord de Pisco. Cette rivière se jette dans Tocéan Pacifique, au Sud-Est d'une colline blanche, appelée la Vescray c'est-à-dire la Plâtrière, parce qu'elle contient beaucoup de plâtre. On a entrepris autrefois d'y creuser un souterrain pour faire passer les eaux de la rivière : on u ainsi obtenu un pont solide qui subsiste encore aujourd'hui. A l'est de cette colline se trouve une bonne saline.
Dans la Pampa qui est plus à l'est, a eu lieu la bataille de Agtui Santa en 1842»
Les propriétaires ont cherché à obtenir de rhumidité en creusant des fossés, et y ont planté la vigne et autres arbres fruitiers. On appelle ces fossés Ollas (Marmites).
A rOuest-Nord-Ouest de la rade sont situées les fameuses iles de Chincha^ dont les immenses dépôts de guano constituent aujourd'hui la plus grande richesse du Pérou. La roche, qui forme la base de ces lies, est la Protogyne : elle se décompose lentement sous Faction des vagues et l'influence des éléments, et elle se désagrège peu à peu. Au Sud-Sud-Ouest on rencontre plusieurs îlots jusqu'à Tile de San-Gallan, située à deux lieues et demie de Pisco. Le mamelon [morro) de Lechuza se trouve une lieue plus loin.
Au Nord-Est, il y a un excellent mouillage appelé las Paracas , sans bas-fonds et à Tabri des vents : mais malheureusement il n'y a pas d'eau douce. Le fond de la mer atteint depuis 5 jusqu'à 11 brasses.
Dans le bourg de la Magdalena^ situé sur le bord de la mer, les Indiens se livrent à la pèche, parce que le poisson abonde dans ces parages. On l'expédie dans les provinces de l'intérieur.
Au sud de la ville de Pisco se trouvent des Salines, dont on a exporté au Chili des pains de sel de plus d'un quintal.
DESCBIPTION DE PISCO.
La ville primitive de Pisco était située sur le bord de la mer. Elle était riche et populeuse : c'est pour ce motif que le vice-roi, marquis de Manscra^ lui donna le titre de ville en 1640, en changeant son nom en celui de San-Clemente de ManseraJ^WQ a été pillée par des pirates anglais en 1G22 et en 1685; le tremblement de terre de 1687 causa une inondation, ce qui obligea les habitants d'abandonner le lieu qu'elle occupait d'abord pour la rebâtir dans l'endroit où elle s'élève actuellement.
Pisco est aujourd'hui une belle ville, avec des rues droites et quelques édiflces remarquables. Elle possède une église paroissiale, un couvent de Récollets franciscains , aujourd'hui supprimé, qui avait été fondé en 1602; un autre couvent, celui de San-Juan de Dios, fondé en 1634, et où l'on soigne un certain nombre de malades ; l'église de San-
Ignacio, qui appartenait à la maison des Jésuites, et qui a été construite vers Tan 1700. Une chaussée construite en forme de digae sert de chemin de communication du port à la ville ; elle est flanquée de chaque côté de fossés, comme on en rencontre dans les euvirons pour l'écoulement des eaux et l'assainissement du pays.
Le port de Pisco est exposé le soir à plusieurs vents : la rade est à TOuest-Nord-Ouest des magasins de la plage. Les petites embarcations mouillent à cinq brasses au plus. C'est le premier point où débarqua Tarmée libéra tricele 8 septembre 1820: pour ce motif le Congrès de 1822 nomma Pisco la W/éon le Port de V Indépendance.
On a récemment construit dans ce port une jetée tout en fer, qui avance sur la mer, sur une longueur de plus de 700 varas (588 mètres ). Le mouillage n'est pas très-bon, et les navires y sont exposés à de violents coups de mer. Pour éviter les accidents ils sont obligés de jeter l'ancre à une assez grande distance du port.
MOUVEMENT GOMMEBCIAL ET MABITIR.
En 1860, on a exporté par ce port 91,^ hullos (colis), 191,268 piastres en argent monnayé, 2,101 marcs d'argent en lingots, et environ 20,000 canastas (paniers) de comestibles.
L'importation a été de 197,931 bultos. La plus grande partie du commerce de ce port consiste en vins et en eaux-de-ne que l'on exporte en grande quantité.
Voici quel a été le mouvement des bâtiments pendant l'année 1860 :
Bâtiments : Tonnes :
Entrée 352 97,307
Sortie. 368 95,280
VILLE D*ICA.
Le district d'Ica est d'une fertilité extrao^ dinaire, bien que la rivière ne coule pas d'une manière permanente. En effet, pour se procurer de l'eau, il suffit de creuser des puits qui en fournissent en abondance.
Dans le village de Tacaraca, on est émerveillé de voir une vég étation aussi magnifique^ surtout celle des vignes. On en rencontre encore quelques-unes qui, depuis Tan 1606,
GÉOGRAPfflE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU.
n'oDt pas cessé de produire des raisins excellents.
Le district d'Ica produit environ 2,500 arrobes à'Italia, 400 de Muscat; 70 à 80,000 fro/(;a^ ( cruches ) d'eau-de-vie du poids de 150 livres; 10,000 tonneaux de vin de 135 livres; 8,000 quintaux de coton, et de 30 à 40^000 livres de cochenille. On compte jusqu'à 116 métairies {haciendas) qui produi* sent du vin et des liqueurs.
La ville dlca fut d'abord fondée en 1563, à quatre milles au Sud>Est de Tendroit où elle se trouve actuellement : elle avait été bâtie là où se trouve aujourd'hui le village de Tacaraca, sous le nom de Ville de Valverde. Hais un tremblement de terre, qui eut lieu six ans après, obligea les habitants de changer de séjour, et de transporter leurs foyers dans le lieu appelé aujourd'hui Pueblo Viejo (Vieille-Ville).
Cette nouvelle cité souffrit beaucoup pendant le tremblement de terre qui causa de si grands dommages dans tout le Pérou, le 13 mai 1647, et pendant celui de 1664. A la suite de ces désastreuses catastrophes, on divisa de nouveau le territoire, et Ton fonda la ville actuelle de San-Geronimo de Ica^ mot tronqué venant de l'expression quichua Huananica.
La ville d'Ica est éloignée de 14 lieues de celle de Pisco^ de 55 lieues de Lima et de 22 lieues de Huaitara qui la met en communication avec la Sierra. Un demi-cercle de collines entoure cette ville du côté de l'est. La plus remarquable de ces collines est celle de Sarajay parce qu'elle est toute composée de sables, comme les dunes des bords de la mer : les collines voisines renferment du porphyre noir tacheté de blanc et d'une dureté extraordinaire.
La ville d'Ica est de forme triangulaire. Elle contient 20 rues dont les maisons sont bâties en briques ^ avec une population de SyOOO habitants. Il y a beaucoup de maisons bien construites. La Grande Place (Plaza Mayor ) est entourée de deux galeries qui la décorent, et de dimensions proportionnées.
Parmi les établissements d'instruction publique, nous ne devons pas passer sous silence le collège national de San-Luis de Qonzaga.
Parmi les établissements de bienfaisance, on compte l'hôpital San-Juan de Bios pour les hommes, qui renferme 40 lits, et celui de Santa-Maria del Socorro pour les femmes, avec 35 lits.
PRODUCTIONS. ^ CUMAT. — COMMERCJS.
Le district d'Ica produit en abondance de l'excellente Cochenille ^ du Coton, des Caroubes, du âlaîs, du Vin, de VEau-de-vie, du Piment^ des Pallaresy des Haricots ^ etc., et un nombre infini de fruits exquis, de tubercules, de légumes, etc. C'est une véritable Terre promise.
Le climat est chaud, mais sain : de sorte que la province d'Ica a en perspective un très bel avenir.
Ica fait le commerce avec Lima et les provinces voisines, ainsi qu'avec l'étranger. Le raisin appelé Italia , les Pallares et les Haricots n'ont pas de rivaux au monde. On en exporte une grande quantité à destination de Lima et d'autres villes.
MINES
La province d'Ica n'est pas non plus dépourvue de richesses minérales. A trois lieues à l'Est de la ville de Nazca, se trouve la magnifique mine d'or de Cerro Bianco ( Mont Blanc ) dont la veine a un mètre d'épaisseur. On a déjà creusé à près de 800 varas de la surface. L'or qu'on en extrait est du titre de 22 à 23 carats.