PORT DE TASCA
A 48 lieues à l'ouest de la ville de Nazca, se trouve le port de Tasca dont le fond est une sorte de limon crayeux. Son mouillage est très-dangereux à cause du vent nommé Paracay qui souffle continuellement depuis dix heures du matin jusqu'à huit heures du soir; il oblige les bâtiments à prendre beaucoup de précautions dans la baie delnfiemilloSy qui s'étend sur un espace de 8 lieues jusqu'à la Punta Olleros ( Pointe des Potiers) , On rencontre beaucoup de récifs, et l'on est exposé à des coups de vent furieux. En un mot, toute la côte voisine de ce point est trèsmauvaise ; les embarcations moyennes et môme les grandes y courent de grands dan-
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gcrs. Tasca sert de port à la ville de Nazca, située, comme nous l'avons dit, à 18 lieues dam l'intérieur des terres.
ANTIQUITÉS
On voit encore k Nazca les restes des aqueducs construits par les Incas. Ces ruines étonnent le voyageur par leur construction hardie. 11 ne nous est pas possible d'en donner ici une description complète. Nous dirons seulement que l'un de ces aqueducs se compose de deux murailles de pierres brutes, petites, recouvertes de laides pierres carrées. La voûte du conduit par où passaient les eaux est quelquefois si élevée que l'on peut y marcher sans être obligé de se courber.
11 y a d'autres aqueducs dont le chenal a 4 ou 5 pieds debaut et 3 de large ; il y en a d'autres dont le conduit est très-étroit. Le nombre de ces aqueducs est si considérable qu'il ne nous est pas possible de les nommer tous ici.
A 8 lieues de Pisco, on voit encore les restes d'un palais que l'on appelle aujourd'hui Tambo Colorado ( c'est-à-dire l'Hâtellerie rouge). Ce palais fut construit par les Incas sous le règne de Pachacutec , époque à laquelle cette vallée fut conquise.
CHEHCf DE FER D'iCA A PISCO.
Cette ligne de chemin de fer, dont le projet est déjà fait, sera bientôt, nous le croyons du moins, construite et livrée à la circulation. Cette ^oie ferrée sera des plus avantageuses : non-seulement elle reliera un port aussi commercial que celui de Pisco avec une ville importante comme celle d'Ica, mais de plus elle donnera la vie aux départements de Huancavelica et d'Ayacucho, dont Ica est la clef de communication avec l'extérieur.
La ligne aura 14 lieues de longueur : la rampe est de 400 mètres. Cette ligne doit passer au milieu d'un terrain sec et uni, cl l'on calcule que les dépenses s'élèveront à 1 ,200,000 piastres environ (6,000,000 de fr.). Ce projet a été présenté par le sénateur Boza, et approuvé par le congrès de 18li0.
Toutréceemmcnt le Gouvernementa rendu le décret qui autorise sa construction, et a convoqué les actionnaires qui veulent bien |
souscrire pour cette entreprise. Le commerce entre les deux points que cette voie va relier suffira seul pour couvrir les dépenses et reotbourser les actionnaires.
Nous faisons les vœux les plus aidents pour que ce chemin de fer soit inauguré le plus tât possible, puisque ces voies nouvelles, sillonnées par la vapeur, portent l'industrie, la civilisation et tous les avantages de la paii aux populations de l'intérieur du Pérou.
EAUX DE nOACACBINA.
Le bruit s'étant répandu que les eaux ds petit lac de Uuacachina, situé à deux millet de la ville d'ica^ guérissaient toutes les mtladîes, ou du moins une grande partie d'entre elles, la Société médicale de Lima nomma une commission de professeurs instruits pour&ire l'examen et l'analyse de ces eaux merveilleuses.
Cette commission a publié son Rapportqoe nous donnons ci-après intégralement, ev nous le croyons très-important et trës^iltle.
RAPPOIT DE LA COHHISSION CHABCÈl t*!- NALTSEB LES EAUX HINéRAI,BS ftlCL
Lima, leM)ta*ierllll.
.4 Monsieur h MinUtre d'État , chargé dei diptrUmenti de l'IntlructUm pulilique, delaJiutladit la Bieufaitanee.
Monsieur le Ministre,
Nommés par le Gouvernement suprËme pour former une commission chargée d'étudier, au double point de vue de la chimie el de la thérapeutique, les propriétés des eaui minérales d'Ica , nous venons remplir notn mission en vous rendant compte du résultat de nos études.
Bien que nous soyons de retour depnis plus de deux mois da la province d'Ica, où nous avons séjourné plus de vingt jours, les nombreuses et difQciles opérations chimiques qu'il nous a fallu exécuter pour analyser \es cinq lacs d'eaux minérales, et l'eau potable de ce pays, nous ont forcés de retarder jusqu'aujourd'hui la rédaction du présent Rapport, que nous avons l'honneur de vous soometlre.
Voulant comprendre dans dos rechercbes
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e que nous avions jugé nécessaire pour s exacte connaissance de^ ces eaux mi- 5s, nous devons commencer par donner ographie de la localité. .
ci ce que nous croyons pouvoir dire sur et préliminaire.
'y a pas à douter que le territoire de , et le désert de sable qui Tavoisine, le dlca et ses alentours , environnés mes pittoresques, presque toutes graiment ondulées et à pentes douces, il pas à douter, disons-nous^ que tout nmense territoire n'ait été autrefois é par les eaux de TOcéan, et que son ion n'ait été produite par une force •raine très- puissante, quoique lente ;on action. Elle n'a dû être ni instantai violente, ni tumultueuse, comme le déent les produits marins abondants et conservés que Ton rencontre dans ce 1. En effet, ces produits ne sont pas es confusément et pôle-môle, comme 3 voit quand une formation géologique 3ffet d'un action violente, d'un catae, comme on dit généralement en géo-
^Ue d'Ica, capitale de la province, et î de tout cet immense territoire abanpar les eaux de la mer, est située dans e charmant, que la riche culture de la igne environnante et la douceur de son phère embellissent encore. Sa hauteur ssus du niveau de la mer, calculée avec Dmètre, est de 402 mètres, climat est tempéré, le thermomètre rade observa pendant notre séjour dans 8, c'est-à-dire pendant tout le mois de ibre dernier, a oscillé, terme moyen, le J3** minimay et le 26® maxima.
empérature annuelle moyenne, déduite rvations différentes et plusieurs fois rédans les puits de la préfecture et de la n du senor Olachea, et enfin d'une obserpratiquée adhoc^ est de 22<* centigrades, ^gromètre qui , à Lima, annonçait un astamment humide, et par conséquent maire, accuse au contraire à Ica un air largé seulement de l'humidité nécesour le maintien de l'économie animale, rgromètre de Saussure, corrigé par le de la variation que la chaleur a fait su-
bir au cheveu, a donné pour résultat 42° minima et 65® maxima^ et pendant le jour on l'a vu varier très-régulièrement du matin au soir. La môme régularité a été observée dans les oscillations du baromètre.
L'eau potable d'Ica, qui est celle que fournissent les puits, est une des meilleures que l'on connaisse, et il est difficile de rencontrer une eau aussi salubre.
Dans l'analyse que nous en donnons cidessous, on verra que la somme des matières fixes excède à peine deux décigrammes (4 grains) sur un litre d'eau.
Nous avons cru, en donnant tous ces détails, nous rendre utiles au point de vue hy-^ giénique, et faire connaître aux médecins toutes ces particularités qui influent sur la santé des malades qui viennent de toutes parts pour jouir des bienfaits que procurent les bains des lacs d'Ica.
Voici donc la composition de Teau potable.
Analyse de l'eau potable d^Ica, prise dans le puits du sefior Olachea.
Cette eau est parfaitement transparente , sans aucun goût particulier, et sans odeur ni couleur. Elle n'a aucune action sur le papier réactif. Sa température est de 22° centigrades, tandis que la température de l'air est de 26^ La profondeur du puits est de 7™ 60 cent.
Les matières gazeuses libres ont été calculées à l'état sec, à la température de 0°, sous la pression atmosphérique de 0,760 millimètres; les matières fixes ont été pesées à l'état anhydre.
Matières gazeuses libres.
Dani nn litre d'eau on Iroure ; Litre. Déeimalei.
Gaz acide carbonique libre 0,005,472
Gaz azote. , 0,010,282
Gaz oxygène 0,003,626
Matières fixes.
Gramme. Décimales.
Silice 0,003,115
Alumine et fer 0,018,600
Bicarbonate de chaux 0,094,(fl5
Bicarbonate de magnésie 0,011,376
Sulfate de chaux 0,028,733
Sulfate de soude 0,015,520
Chlorure de calcium 0,009,542
Chlorure de magnésie 0,001,478
Chlorure de sodium . 0,031,602
llatière organique : quantité sensible»
GÉOGRAPfflE DE LA RÉPUBLIQUE DU PÉROU.
Dans les environs de la ville , à une demiheure, ou à une heure au plus de chemin, on rencontre des étangs si riches en eaux minérales que celui qui ne les a point visités croirait que Ton exagère la quantité de sels qu'elles renferment.
Le géologue, en voyant ces étangs entourés de toutes parts de collines de sable, et situés en quelque sorte comme au fond d'un en" tonnoir, de manière que pour y parvenir il faut d'abord gravir une colline et ensuite la redescendre, le géologue, disons-nous, en examinant la nature du sol et celle de l'eau, n'hésiterait pas un instant à affirmer que chacun de ces lacs a été, dans les temps reculés, une véritable solfatare ^ qui depuis s'est éteinte, affaissée et creusée ainsi en entonnoir, en conséquence du vide souterrain produit pendant un long cours de siècles par l'évaporation continue des vapeurs gazeuses.
En un mot, ces lacs peuvent être assimilés à ceux d'Agnano et de l'Averne dans l'Italie méridionale, reconnus généralement par les naturalistes comme des solfatares éteintes , dont la croûte supérieure, se trouvant sans appui, s'est tout à coup effondrée dans le vide formé au-dessous par les évaporations continuelles du soufre et d'autres matières volcaniques; et, dans cette espèce d'entonnoir formé par la solfatare affaissée, les eaux voisines qui s'y sont rendues se sont aussitôt chargées de principes minéraux. On peut affirmer, sans crainte de se tromper, que les eaux des lacs d'Ica sont plus imprégnées de substances minérales que les lacs d'Italie dont nous venons de parler.
En donnant aux lacs d^Ica cette origine volcanique, il est facile d'expliquer comment on peut trouver de l'eau potiible à une distance d'une ou deux varas de chacun de ces lacs.
Il est facile de vérifier le fait que nous avançons ici : car l'eau du territoire d'Ica, qui par elle-même est parfaitement potable , se charge de principes minéraux, aussitôt qu'en suivant la pente du terrain elle vient occuper l'entonnoir formé par le cratère effondré de l'antique solfatare éteinte. Cette eau doit nécessairement s'imprégner de sulfates, de carbonates, de chlorures^ etc., qui se trouvent
réunis en cet endroit en grande quantité^ ainsi que le prouve la grande masse de cristallisations que l'on observe au fond de chaque étang. Ces cristallisations sont formées de grands cristaux que les naturels dlca appellent Cascotes (c'est-à-dire décombres).
Les plantes et les arbres que l'on observe autour de chacun de ces lacs sont les mêmes que ceux qui croissent sur tout le territoire d'Ica ; et s'il est permis de se prononcer, d'après de courtes observations faites rapidement, tandis que l'analyse des eaux occupait tous nos instants, nous dirons qu'il nous a semblé que la Flore d^un lac n'est pas différente de celle d'un autre^ ni de celle de toat autre point du territoire.
Les coquillages néanmoins ne sont pas les mômes dans des lieux différents. Aux environs de Pisco, à l'entrée du désert de saUe, on rencontre le coquillage nommé MytUus Edulis du genre MolaSy sorte de petite coquille que l'on trouve à côté de \ Hélix wrrugata de l'ordre des Gastéropodes^ et do genre Pulmunata terrestre. Dans l'intérieor du désert on trouve abondamment la Cmcha hivalva^ le Cardium fimbriatum de l'ordre des Acéphales^ la famille des Cardiatéti (Cuvier).
On y rencontre aussi le coquillage d'une espèce plus grande que les précédentes, le Concholepas peruviana, du genre Concholepas (Lamarck). Il convient d'avouer ici que ce dernier coquillage n'a pas été trouvé par le senor Ëboli, qui a recueilli les autres; mais que cette espèce lui a été donnée par Iepha^ macien don Melchor Sabroso. Ce dernier a affirmé au senor Eboli que le peuple les transporte dans le désert pour les vendre aux marchands de drogues, parce que les Indiens les considèrent comme un remède efficace.
Lac ou étang de Huacachina.
Le lac de Huacachina est le premier qui ait été découvert, et dont les vertus thérapeutiques aient été exclusivement expérimentées. L'élymologie de son nom a lieu de nous faire croire que ses propriétés physiologiques étaient déjà connues des Indiens. En effet, le mot Huacachina, suivant l'avis de ceux qui connaissent la langue quichua^ est
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dérivé du verbe hnaccachini qui signifie je fais pleurer : ce qui prouverait que nos aborigènes connaissaient les propriétés irritantes de cette eau, principalement sur l'organe de 1^ vue. Quoi qu'il en soit, les vertus thérapeutiques des eaux de Huacachina sont connues depuis longtemps. Les anciens habitants d'ica rapportent qu'un médecin de cette ville, à une époque déjà éloignée, le D^ N. Rosas, envoyait souvent ses malades, atteints d affections chroniques, prendre des bains dans le lac de Huacachina.
Toutefois les effets curatifs de ces eaux n'ont commencé à appeler l'attention que depuis environ un an, par suite de la cure opérée par elles sur un enfant qui souffrait d'une ancienne affection cutanée^ rebelle à tous les remèdes. Alors on vit accourir à ces eaux tous les malades qui souffraient de maladies semblables : ceux-ci, guéris ou soulagés, ont procuré à ce lac la renommée, exagérée, il est vrai , dont il jouit aujourd'hui. Sa situation favorable du reste,^et les moyens faciles de transport, n'ont pas peu contribué à augmenter sa célébrité.
A notre arrivée près du lac, notre premier soin fut de vérifier s'il était vrai que l'eau ne possédait pas la même température et la même densité sur tous les points. Nous envoyâmes un habile nageur pour puiser de l'eau sur différents poinls, et à différentes profondeurs. On a observé à chaque expérience que la température se maintenait constamment à 23<* centigrades et sa densité à 10® 5 dans le pèse-sels. A ce moment (iO noirembre J860, à huit heures du matin) le thermomètre à l'ombre marquait 19*» centigrades.
Nous visitâmes ce lac pour la seconde fois (e 12 novembre. Sa hauteur au-dessus du niireau de la mer fut évaluée à 379 mètres, et par conséquent il est situé à 23 mètres plus bas que la grande place d'Ica. Sa forme est Dvale : il mesure 200 mètres sur sa plus grande largeur.
Pour calculer la température annuelle moyenne, nous avons pratiqué une excavation, et nous nous sommes servis du thermomètre des géologues. L'instrument marquait 24* 16 centigrades. La couleur de Teau a changé complètement; au mois d'août elle était d'un jaune obscur : actuellement elle est
d^un vert foncé. Ces changements de couleur proviennent, soit des végétaux qui, suivant les saisons, vivent ou périssent dans l'eau, ou peut-être de l'agitation de cette eau où plus de cent personnes vont se baigner tous les jours. En effet, le mouvement de Teau peut précipiter au fond quelque matières organiques, en soulever d'autres en les tenant en dissolution ou en suspension dans l'eau.
Dans les environs de ce lac, sur les collines de sable qui ^entourent, on trouve un coquillage bivalve appelé Patela communis, du genre Patela,
L'eau est hépatique, mais elle n'est ni claire ni transparente.; un repos prolongé ne la clarifie pas: seulement, au bout de plusieurs mois, on remarque que sa couleur verte diminue insensiblement d'intensité sans former de dépôt. Elle est alcaline, et elle rougit le papier de Curcuma,
Elle ne contient pas de sulfures alcalins : en effet, si on la fait bouillir et si on la filtre, l'acétate de plomb ne forme pas de précipité noir, comme on l'observe avant de la faire bouillir. En conséquence, sa propriété hépatique provient du gaz sulfhydrique libre. D'après ces considérations, on doit conclure que cette eau est désagréable f l'odorat et au goût.
La quantité d'eau semble toujours être la môme ; néanmoins plusieurs habitants dlca assurent qu'elle éprouve une augmentation sensible dans la saison des pluies.
Dans ce lac, nous avons vu peu d^insectes : mais il y a lieu de supposer que dans la saison des fortes chaleurs ces animaux s'y développent ainsi que les infusoires , si nombreux dans les eaux minérales.
Voici l'analyse dé l'eau du lac de Huacachina : nous avertissons le lecteur que les sels ont été pesés à Pétat anhydre, et les gaz calculés à l'état sec, à la température de 0^^ et sous une pression atmosphérique de 0«,760.
Analyse de l'eau de Huacachina prise le 12 novembre 1860.
(AT. Jl.— Cette uialyse, comme les autres, est opérée sur
im litre d'eau.)
Poids spécifique de l'eau f, 075,2 il
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Matières gazeuses libres.
Litre. Décimale*.
Gaz acide sulfhydrique 0,0ô2,459
Gaz oxygène 0,000,423
Gaz azote 0,003,100
Gaz acide carbonique 0,028,477
Matières fixes.
Gnminef. Dëcinale».
Silice ^ . . 0,002,352
Sulfate de chaux 0,004,023
Bicarbonate da chaux 0,890,412
Bicarbonate de magnésie 0,903,474
Chlorure de sodium ^ . . . . 20,674,093
Sulfate de soude 26,862,135
lodure de sodium 0,083,416
Matière organique 3,725,000
Alumine et fer : quantité très-sensible.
• Étang de Pozo Hediondo.
L'étang de Pozo Hediondo (c'est-à-dire du Puits puant) ou, comme d'autres l'appellent, de Pozo Hondo (du Puits profond) ou Redovdo (rond), est situé à 412 mètres au-dessus du niveau de la mer, et par conséquent à 10 mètres au-dessus de la Plaza mayor (Grande Place) d'Ica.
L'eau de cet étang est hépatique et non alcaline : elle ne réajgit point sur les papiers réactifs, et ne renferme point de sulfures alcalins. Elle contient de Tacide sulfurique à rétat libre, comme celle de l'étang de Huacachina, Sa couleur est d'un vert obscur : au pèse-sels elle marque presque 18°. En la laissant en repos, elle ne se clarifie ni ne change de couleur. Sa température, observée à dix heures du malin, était de SG», celle de l'atmosphère étant de ^y. Il n'a pas M possible de constater la température annuelle moyenne de ce lieu, car l'homme chargé de porter l'instrument se perdit en chemin. Mais d'un autre côté, comme cet étang est peu éloigné de celui de Huacachina, on peut assurer que sa température moyenne annuelle doit être presque la môme. Gel étang a 60 mètres de long sur 18 de large : mais, à l'époque des pluies, son étendue augmente, et peut-ôlre la composition de ses eaux varie-t-elle dans la même proportion. Sa profondeur au milieu est d'un peu plus d'une vara et demie. On nous a assuré que, dans les années de chaleur extraordinaire, ce lac se dessèche, et qu'on trouve à peine au
centre un peu de fange. Le fond de ce lac est constamment couvert d'énormes cristaux, formés par les sels qui s'y déposent.
A une distance de deux ou trois mètres do bord de cet étang, on trouve de l'eau potable d'une limpidité et d'une transparence parfaites.
La configuration du sol en forme d'entonnoir est moins sensible pour cet étang que pour les autres dont nous donnons ici la description.
Analyse de Veau du Pozo Hediondo, faite le 15 novembre 1860.
Poids spécifique de l'eau 1,140,061
Matières gazeuses libres.
Litre. Dédmlaii
Gaz acide sulfhydrique 0,016,733
Gaz acide carbonique 0,038,841
Gaz azote.
Matières fixes.
Gramnet. DmîmIh.
Silice 0,005,248
Sulfate de chaux i,083,ooo
Bicarbonate de chadx 0,5T2,4IJ
Bicarbonate de magnésie^ 0,467,3aS
Chrorure de sodium 62,116,797
Sulfate de soude. . . : 183,009,101
Alumine et fer 0, 174.310
Chlorure de calcium 7,423,731
Chlorure de magnésie 13,220,738
lodure de sodium o,044,030
Matière organique 7,206,000
Bromure de sodium : quantité sensible.
Étang de Huega.
Le senor Barranca est le premier qui ait appelé l'attention publique sur cet étang, et qui y ait reconnu la présence de l'iode.
La configuration du sol où est situé l'étang de Huega est celle d'un entonnoir : à peine existe-t-il sur quelques points de sa circonférence un petit espace de terrain qui ne soil pas en pente.
Les eaux de l'étang de Huega sont alcalineS; elles réagissent sur la teinture et le papier de Gurcuma, mais elles ne sont pas hépatiques. Les sels existent en si grande abondance que le pèse-sels marque plus de 28<>, et la cristallisation au fond de l'étang est très-abondçinte. Sa hauteur au-dessus du niveau de la mer est calculée à 377 mètres; en
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uence, il est situé à 25 mètres au- 5 de la Plaza mayor (Grande Place) »a température, observée le 15 novem- 10, à dix heures du malin, était de 27,07 ades, tandis que le thermomètre à î ne marquait que 23** centigrades. La ature annuelle moyenne de la localité 25*» centigrades, résultat trouvé par îation du thermomètre des géologues ne excavation pratiquée dans ce but.
1 est d'une couleur jaune rougeâtre; t trouble et ne se clarifie pas quand aisse en repos; elle ne forme égaleucun dépôt. Sa saveur est amère et )n nous a assuré qu'en creusant à une listance de la circonférence on trouve 1 potable : mais nous n'avons pas fait «cpérience. L'étang est de forme presculaire, et son diamètre est d'un peu e 25 mètres. Dans les sables voisins, uve des coquillages appelés Mytilus , du genre Molas (Cuvier).
inalyse de Veau de Huega, prise le i^ novembre 1860.
spécifique de l'eau 1,7.40,003
Matières gazeuses libres,
Litr». Décimales.
;ide carbonique 0,032,120
tygène 0,100,210
sole 0,007,623
Matières fixes.
Gramme». Décimales.
3 de chaux 0,602,046
onate de chaux 0,054,310
»onate de magnésie 0,097,819
irc de sodium 140,366,560
3 de soude 134,125,327
late de soude 25,763,064
ne et fer 0,106,072
de sodium 0,179,340
e organique 5,671,000
ire de sodium : quantité très-sensible.
Étangs de Horovilca.
lemin qui conduit de la ville d'Ica à ca est un des plus pénibles à suivre, .voir gravi et descendu plusieurs colî sable très-élevées et presque à pic, ^e sur un terrain bas où se trouvent angs si voisins l'un de l'autre que les
naturels les considèrent comme un seul et môme lac divisé en deux par une langue de terçe. Le fond de cette espèce d'entonnoir, formé par un cercle de collines de sable assez élevées, est à 351 mètres au-dessus du niveau de la mer, et par conséquent de 51 mètres au-dessous du niveau de la Plaza mayor (Grande Place) d'Ica. Le premier étang, situé au Nord, est le plus grand : en le jugeant d'après la vue, il parait plus grand que celui de Huacachina.Le second, situé au Sud, est un peu moins grand, mais ils sont tous les deux plus profonds. La couleur des eaux est d'un jaune-vert obscur. L'étang du Sud est d'une couleur plus foncée.
On trouve au fond des deux étangs une espèce de limon couleur de sciure d'acajou, et qui adhère si fortement au corps des baigneurs que, s'ils sortent du bain sans se laver, leurs membres se trouvent recouverts d'une couche qui leur donne un diamètre considérable. Ces eaux sont toutes deux alcalines et hépatiques; mais avec cette différence que le grand étang, c'est-à-dire celui du Nord, contient du gaz sulfhydrique libre, sans sulfure alcalin; tandis que l'étang du Sud contient l'un et l'autre, comme on peut le voir par les analyses qui suivent. Aucun de ces deux étangs ne contient d'iodures.
La température des eaux, observée le 20 novembre 1860, à 7 heures et demie du matin, était de 25° centigrades, tandis que le thermomètre placé à l'ombre n'accusait que 20*»,4 centigrades. La densité moyenne, mesurée avec le pèse-sels, s'élevait à peine à un degré. La température annuelle moyenne de Horovilca, déterminée par une excavation faite ad hoc, était de 28*» centigrades. De là on peut conclure que pour compenser la température moyenne de certains mois qui est à peine de 25® et peut être môme un peu au-dessous, le thermomètre doit s'élever pendant l'été jusqu'à 33« et môme 34°, température suffocante et nuisible à la santé. En conséquence, si ces bains sont reconnus utiles en un certain jour, on devra fixer la saison où il sera permis de les fréquenter.
Nous devons ajouter que, non loin des bords de ces lacs, vers l'Ouest, il y a une source d'eau potable et transparente comme le cristal.
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Les coquillages recueillis sur les collines de sable des environs sont de deux sortes : la première est le Mytilus azuries du genre Molas; la seconde appartient à la belle espèce appelée Siria avicularia du genre Mulelas (Cuvier).
Les plantes sont également nombreuses et variées, depuis les cryptogames qui donnent aux deux étangs leur couleur verte, jusqu'aux végétaux arborescents.
Le senor Barranca a pu déterminer les espèces suivantes. Parmi les phanérogames, les genres :
Triticum,
Salix,
AruDdo,
Phecus,
Portulaca,
Baccharis/
Heliotropium,
Phœnix,
Typha,
Prosopis,
Gijscuta,
etc.
Parmi les cryptogame
s, les genres :
Parmelia,
Variolaria,
Heloodophoriim,
Alphopaca,
et Temelia.
Mais ce qu'il y a de plus nombreux dans ces étangs, ce sont les insectes. Le nom indigène qu'ils portent parait dû à cette abondance d'insectes. En effet, HorovHca est une corruption de Haru-Vilca^ mot composé qui, dans la langue de nos Indiens, signifie : essaim (Tinsectes,
Analyse de Veau du grand étang de Horovilca.
Poids spécifique de Teau 1,006,100
Matières gazeuses libres.
Litre. Décioulet.
Gaz acide suif hydrique 0,017,988
Gaz acide carbonique 0,019,536
Gaz azote 0,008,000
Matières fixes,
Grunmet. Décimale*.
Silice 0,002,161
Sulfate de chaux. 0,010,231
Bicarbonate de chaux , . 0,018,093
Bicarbonate de magnésie 0,032,629
Chlorure de sodium 1,367,139
Sulfate de soude 5,177,842 .
Carbonate de soude 5,073,511
Matière organique 0,413,729
Alumine et fer 0,001,531
Analyse de Veau du petit étang de UoroviUa.
Poids spécifique de l'eau 1,010,211
Matières gazeuses libres.
Lilret. OéciBilei.
Gaz acide sulfhydrique 0,022,734
Gaz acide carbonique OfO25.02l
Gaz azote 0,006,913
Matières fixes.
Gnaaei. Oécinici.
Silice 0,004,633
Sulfate de chaux, 0,008,151
Bicarbonate de chaux 0,150,16]
Bicarbonate de magnésie 0,014,754
Chlorure de sodium 1,269,353
Sulfate de soude 6,140,484
Carbonate de soude 3,611,846
Sulfure de sodium 0,142,676
Alumine et fer 0,088,071
Matière organique 0,462,275
En résumé, il résulte des analyses qui précèdent que les eaux minérales de Huacaehm sont alcalines, hépatiques et renferment de riode; que celles du Pozo HediondoudA hépatiques, mais non alcalines, et qu'eBes contiennent de Tiode et du brOme. Celladn grand étang de Horovilca sont alcalines et hépatiques, sans sulfure alcalin et sans iode. Enfin celles du petit étang de Horovilca sont alcalines et hépatiques, tant à cause du gaz sulfhydrique libre, que pour le sulfure alcalin, sans iode, qu'elles contiennent. Comme ces eaux n'ont pas de température propre, on ne saurait les ranger dans la catégorie des eaux thermales : ce sont des eaux froides.
Dans les analyses que nous avons données ci-dessus, nous n'avons pas parlé du gai proto-carbure d'hydrogène que l'on trouve dans ces eaux. Mais personne n'ignore qu'au fond de toutes les eaux dormantes ou d'un cours très-lent^ il se développe du gaz protocarbure d'hydrogène. D'un autre cOté si l'on met ces eaux en mouvement continuel, ou si on leur donne un cours plus rapide, ce gaz disparaîtra complètement. Il n'en est pas de même des gaz oxygène, azote et acide ca^ bonique : si une eau d'abord peu chargée de ces gaz est agitée et mise en contact avec eux, elle s'en sature complètement. En conséquence, on ne doit pas s'étonner si nous n'avons pas tenu compte du gax p^oto-ca^
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ure d'hydrogène qui, une fois que ces étangs
eront fréquentés par les baigneurs et que I eurs
aux seront mises en agitation continuelle,
oit nécessairement disparaître peu à peu.
Nous croyons de notre devoir d'avertir le
lOuvernement suprême que, dans ces eaux,
I quantité de sels et de matière organi-
ne, etc., pourra varier suivant les saisons;
iode lui-môme pourrait peut-être disparaître
une certaine époque de Tannée, également
cause du changement de saison qui diminue
»u fait disparaître totalement les végétaux
[ui vivent dans ces étangs, et qui fournis-
ent l'iode que les eaux contiennent.
Il résulte de l'observation qui précède, la lécessité d'analyser ces eaux à chaque changement de saison, c'est-à-dire deux fois au noins par an. On ne serait pas obligé, d'aileurs, d'envoyer une seconde fois une comnission pour visiter ces lieux. Le Gouverne- [nent suprême pourrait charger de ce soin le senor Olachea, étudiant de l'École de médecine, qui se trouve actuellement à Ica, lieu de sa naissance; on pourrait, disons-nous, le charger de recueillir les eaux des étangs, avec toutes les précautions que la science exige, et qu'il connaît parfaitement; de les transporter à Lima à l'ouverture de Tannée scolaire, pour renouveler l'analyse dans le laboratoire de TÉcole.
11 est temps maintenant que nous nous occupions de la partie la plus essentielle dans Tétude de ces eaux : nous voulons dire la connaissance de leurs propriétés physiologiques et thérapeutiques, qui a été notre but principal. Ce que nous avons dit de la composition chimique de ces eaux minérales permet déjà d'entrevoir quelles doivent en être les propriétés. Si Ton compare aux eaux chlorurées sodiques, dont on connaît les vertus curatives, les eaux des étangs d'Ica, il est naturel de penser qu'elles possèdent également les mêmes propriétés.
Suivant les meilleurs auteurs d'Hydrologie médicale, les eaux chlorurées sodiques représentent une médication reconsliiulive , c'est-à-dire qu'elles opèrent à la manière des agents toniques et stimulants à la fois, sur la surface digestive et cutanée, et semblent avoir une action analogue jusque dans les phénomènes les plus intimes de la nutrition.
En vertu de ce principe, dit Durand-Tardel, elles possèdent des propriétés résolutives assez caractéristiques. Elles réveillent à un haut degré l'action de la peau. Elles développent l'appétit, et rendent nécessaire une alimentation substantielle.
Elles excitent les sécrétions intestinales et urinaires, activent la circulation abdominale , provoquent les évacuations hémorrhoïdales et menstruelles, et ces dernières même quelquefois avec trop d'abondance.
Ces eaux représentent enfm une médication altérante^ c'est-à-dire qu'elles modifient en un sens particulier certaines altérations spéciales de l'organisme. A ces eaux appartiennent généralement les eaux minérales purgatives. Celles-ci déterminent des éruptions à la peau. On les emploie presque exclusivement à un usage externe. Elle possèdent des propriétés thérapeutiques spéciales et communes. Les propriétés spéciales s'exercent sur les affections lymphatiques et les scrofules; les propriétés communes s'exercent sur la paralysie, le rhumatisme, la pléthore abdominale et les ulcères.
Ces eaux sont les plus fortement minéralisées que Ton connaisse, c'est-à-dire qu'elles contiennent une plus grande proportion de principes minéralisants. La plus minéralisée contient 30 grammes de substances minérales dans un litre.
Maintenant les eaux chlorurées sodiques d'Ica, d'après les observations que nous avons pu recueillir, possèdent en grande partie toutes les propriétés que nous venons d'énoncer, et quelques autres encore qui se rapportent à leur triple action comme toniquesy stimulantes et altérantes. L'exposé que nous allons donner de ces propriétés les fera encore mieux connaître.
Action physiologique. L'action générale de ces eaux se distingue sensiblement des bains froids ordinaires. On éprouve un sentiment de bien-être qui va quelquefois jusqu'à l'hilarité^ une augmentation d'appétit et un sommeil plus tranquille; on recouvre l'agilité dans les mouvements musculaires : voilà en résumé les sensations qu'éprouvent ceux qui fréquentent les bains d'Ica, soit qu'ils se trouvent en bonne santé, ou qu'ils soient attaqués de quelque maladie.
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L'action locale est irritante. Si la peau est saine, les follicules sébacés, privés de leur sécrétion graisseuse par la saponification causée par le carbonate de soude qui abonde dans Peau, s'enflamment et quelquefois même laissent échapper du pus : d'autres fois, ils se dissolvent sous l'influence des bains, ou bien laissent échapper une petite quantité de sang, espèce de sueur hémorrhagique.
Ces légères phlegmasies paraissent des éruptions cutanées tout à fait particulières : elles participent des caractères de V acné y du prurigoy de la gale^ etc.
La forme que ces éruptions affectent varie beaucoup : tantôt ce sont de petites granulations disséminées sur une grande superficie; tantôt des plaques, ou, ce qui est plus commun^ des lignes semblables aune égratignure d'épingle, d'épine ou d'un corps aigu du môme genre.
Enfin on voit fréquemment des hémorrhagies, dans lesquelles le sang s'échappe par le bout des seins : ce phénomène s^observe plus communément chez les femmes ou les personnes robustes.
Quand la peau est dépouillée de son épiderme, et les membranes muqueuses de leur épithélium, on éprouve, au contact de l'eau, un sentiment d'odeur insupportable, qui disparaît pendant la durée du bain.
S'il existe une plaie, les tissus musculaires à nu prennent un aspect semblable aux substances animales plonjgées dans la saumure : la suppuration diminue, et toute mauvaise odeur se dissipe. Ce phénomène est semblable à ceux que produisent les astringents. Cette eau, appliquée sur les cheveux, les débarrasse des matières grasses, et, .si son action se prolonge, elle finit par leur faire prendre une couleur rougeâtre.
11 y a des personnes, mais elles sont peu nombreuses, sur qui l'action locale des bains reste sans effet; on remarque seulement sur la peau la réaction qui se produit dans tout bain froid plus ou moins prolongé.
On cite également plusieurs exemples de personnes qui, se trouvant en bonne santé, se sont baignées et ont contracté une maladie. Entre autres cas on cite ceux de deux enfants, .dont l'un fut attaqué d'un érésipcle, et l'autre d'une angine inflammatoire.
Maintenant nous demanderons : ces maladies ont-elles été véritablement causées par l'action directe de ces bains, ou ne sont-ce que de simples coïncidences? Il est difficile de décider d'après un si petit nombre d'observations : ce qui embarrasserait le plus dans la réponse à donner, c'est qu'un grand nombre de personnes saines se sont baignées sans éprouver la moindre altération dans leur santé.
Action thérapeutique. La commission a réuni un grand nombre d'observations sur des personnes qui ont employé ces bains pour différentes maladies. Mais si ces observations sont remarquables par leur grand nombre, elles ne sont pas, de leur nature, suffisantes pour formuler un jugement aussi exact des vertus thérapeutiques des eaux minérales d'Ica, que la science médicale l'exige.
Beaucoup de ces observations^ bien que recueillies avec le plus grand soin, sont incomplètes; soit que les malades aient quitté les bains avant que l'on pût connaître si leurs effets étaient favorables ou contraires, soit parce que, ces malades se trouvant disséminés à de grandes distances , il n'était ps possible de les suivre jusqu'à leur domidle, situé quelquefois à plusieurs lieues dlca.
D'autres observations ou, pour mieux dire, des histoires sont basées seulement sur le témoignage des malades ; et bien que l'on ait tâché d'appliquer rigoureusement une critique sévère à cette espèce d'investigation, des doutes se sont élevés fréquemment dans l'esprit de la commission, tant à cause delà facilité avec laquelle une personne étrangère à la science peut se tromper dans le diagnostic des maladies, que pour l'exagération que, même avec la meilleure foi du monde, revêtent d'ordinaire les récits des malades, chez qui il n'est pas rare de trouver le sentiment du merveilleux à un degré fort prononcé.
11 y a des personnes qui assurent avoir été guéries par un seul bain des maladies chroniques du poumon et du foie. D'autres affi^ ment être entrées dans l'étang au moment de l'éruption des boutons de la petite vérole : l'éruption aurait disparu sans aucun inconvénient pour la santé, et la guérison aurait été complète et instantanée^
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nt le témoignage d'autres personnes, ividu se trouvait prêt à succomber aaladie (on ne dit pas laquelle) ; les Ds rayaient abandonné comme incu-
quelques bains auraient suffi pour e une guérison complète.
)mmission ne peut se vanter d'avoir oin de ces guérisons, ni d'autres faits it mer\'eilleux s'ils étaient vrais : mais aurait les admettre sans offenser la lison.
qu'il en soit^ dans la statistique que Ions donner, on trouvera un extrait lervations recueillies par la commis-
de celles qui lui ont été communi- )ar les docteurs Ocampo , Huerto , Ballen et Silva.
03 observations il y a eu :
s où l'on a obtenu une cure radicale ; s où Ton a remarqué une amélioratable; is où la maladie s'est aggravée; et
is où l'on n'a trouvé aucun soulage-
ulte des données fournies par cette [ae, que les maladies dans lesquelles des bains a donné le meilleur résultat
îs éruptions;
is maladies cutanées ;
L paralysie;
î cancer;
I rhumatisme chronique;
asthme nerveux ;
les désordres des voies digestives.
la phthisie pulmonaire, les effets ne înt pas avoir été complètement défa- 5. Dans les éruptions cutanées, il y a s eu un changement en faveur du , sauf un cas de psoriasisy où l'on n'a é qu'un seul bain.
les désordres de la digestion, les effets s ont toujours été avantageux : nous tnons dans cette classe les gastralgies, )epsies, etc.
liffre des observations sur le cancer 3ts considérable : mais si l'on songe te maladie est regardée comme incuir les moyens que la science possède ornent, excepté par les opérations
chirurgicales, qui cependant ne sont pas toujours suivies d'un bon résultat, tout changement favorable danslecours d'une si terrible maladie mérite une mention toute particulière.
Six cas de cancer se sont présentés à l'examen de la commission. Le premier malade n'a éprouvé aucun soulagement : c'était un cancer ulcéré du pénis qui avait rongé le membre entier. L'individu, objet de cette observation, était très-pauvre, et n'était pas secouru comme le demandait la gravité et la nature du mal dont il était atteint.
Le second cas était un cancer de la lèvre qui avait envahi toute la joue. Une opération chirurgicale, pratiquée par le D' Wendel, retrancha toute la partie que l'on supposait dans de mauvaises conditions. Le cancer ne tarda pas, comme il arrive ordinairement^ à se reproduire à la plaie des lèvres, où le manque de chair ne permit pas d'abord de réunir les tissus. Le cancer se manifesta de nouveau dans la partie de l'ulcère non cicatrisée, et une sanie abondante et fétide coula de la surface cancéreuse. L'action de l'eau de Huacachina appliqué en topique, a désinfecté complètement la plaie et cicatrisé les bords, quoique isolément, parce que le défaut de chair ne permit plus de rapprocher les tissus. L'état général du malade est très-satisfaisant.
Le troisième cas était un cancer ulcéré de la poitrine, avec une abondante suppuration • fétide, des douleurs lancinantes insupportables, des engorgements glandulaires sous l'aisselle, et une cachexie cancéreuse des plus prononcées. L'état général était si défavorable, et la maladie avait fait de si profonds ravages dans l'organisme, que l'on attendait par moments, suivant l'expression d'un médecin très-intelligent qui la soignait, la fin prochaine de la pauvre malade.
L'application topique de l'eau de Huacachina et des bains généraux de la môme eau ont produit une modification extraordinaire dans la maladie. L'état général est si satisfaisant que la malade peut se livrer à ses occupations habituelles. Lesengorgements des glandes ont disparu presque complètement. La poitrine présente l'aspect d'un morceau de chair conservé dans la saumure : il n'y a
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plus de suppuration, plus de mauvaise odeur, plus de douleurs. On ne peut pas dire que la malade soit guérie, mais on peut assurer, pour rhonneur de la vérité, que la science ne connaît aucun autre traitement capable de produire une modification si favorable que celle obtenue par Teau de Huacachina.
Le quatrième cas était un squirrbe à la poitrine. Déjà on avait pratiqué Texlirpation d'une des mamelles atteinte d'une tumeur squirrheuse, quand le même phénomène se manifesta dans l'autre mamelle, accompagné d'engorgements dans les glandes voisines. L'application de l'eau en compresses a diminué presque toute la tumeur, et l'engorgement glandulaire de l'aisselle.
Les deux derniers cas étaient des cancers de l'utérus. Dans l'un, il se produisit une amélioration très-sensible; mais dans l'autre on parvint à peine à désinfecter l'ulcère , à diminuer la suppuration, mais non les douleurs.
Dans les paralysies provenant d'apoplexie, on n'a pas remarqué d'amélioration, ou, si l'on a cru en observer, elle était plutôt due à l'imagination des malades qu'à un acheminement réel vers la guérison.
Les rhumatismes, soit articulaires, soit musculaires, ont été presque constamment suivis de guérison. Les syphilis chroniques ont toujours été radicalement guéries.
L'asthme nerveux, maladie très-commune au Pérou, et principalement à Lima, a été combattu avec succès par les bains d'Ica. Dans les six cas observés parla commission, il s'est constamment produit une amélioration considérable. Bien qu'il soit avéré que cette maladie est périodique dans ses manifestations, et qu'on puisse prendre les intervalles de repos pour une guérison définitive, l'amélioration observée dans l'état des malades fréquentant les eaux d'Ica parait avoir un caractère de persistance, tout à fait différent de celui qu'on a remarqué dans les autres.
D'après l'examen détaillé que nous venons de faire des observations recueillies sur les lieux, il résulte que les maladies dans lesquelles l'application des eaux minérales d'Ica semble produire les meilleurs résultats, sont :
La Dyspepsie, ou désordres de la digestion;
Le Rhumatisme;
La Paralysie ;
Les Maladies cutanées;
Le Cancer et
L'Asthme essentiel ou nerveux.
Les résultats obtenus sur le cancer sont les plus remarquables, d'autant plus que cette maladie est réputée incurable par la majorité des médecins^ et qu'elle est rebelle à toas les médicaments connus, exceptéà l'iode, unique agent thérapeutique qui compte quelques guérisons. La confirmation des propriétés des eaux d'Ica, dans la cure de cette terrible maladie, serait par conséquent un grand bienfait pour l'humanité.
Pour nous résumer, cette propriété curative des cancers, ainsi que toutes les autres vertus dont nous avons parjé, exigent un plus grand nombre de preuves pour être admises. L'expérimentation clinique sur une grande échelle est le seul moyen de confirmer les vertus de ces eaux. En conséquence, noos croyons qu'il est nécessaire que cette eipérimentation ait lieu désormais, et qu'on&dlite autant que possible Tusage de ceseinL Nous demandons surtout que l'application des bains soit soumise à l'étude et à l'examen d'un professeur intelligent et sérieux.
Dans ce but, la commission a proposée la préfecture d'Ica, pour remplir cette charge, le docteur don Léonidas Bail en qui, suivant nos instructions, a continué nos observations cliniques au lac de Huacachina. En conséquence, nous croyons nécessaire de le maintenir dans cette fonction, en lui donnant pour mission de rendre, chaque trimestre, compte au Gouvernement du résultat de ses recherches.
Nous croyons qu'il est également nécessaire de continuer les expériences sur celte eau, dans les différentes localités de la République, spécialement dans Lima, mais sur une quantité d'eau restreinte, afin que l'on puisse faire un plus grand nombre d'essais, et que les malades, dans l'impossibilité de se rendre aux eaux d'Ica, ne soient pas privés de leurs vertus bienfaisantes.
Comme ces eaux sont fréquentées par un grand nombre de malades dont les infirmités
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exigeraient, outre les bains, le secours d'aures médicaments^ il serait bon que la gênéosîté du gouvernement s'étendît jusqu'à eux, m leur fournissant gratuitement ces médicaaents, par l'intermédiaire de l'Inspecteur de anté attaché aux bains.
Comme complément de ces mesures saluaires, et afin d'arriver à un meilleur résultat lans ces études, il serait également convelable d'établir une police médicale près du ac de Huacachina, afin de mettre un terme LUX abus qui se commettent aujourd'hui.
£n effet, on voit se baigner librement toute espèce de personnes, parmi lesquelles il y en i un grand nombre de bien portantes, et qui l'ont aucun besoin de prendre ces bains, [^'obligation de porter un permis, écrit de la nain de l'Inspecteur médical , pour être mtorisé à prendre un bain, serait le moyen e plus efficace pour réprimer ces abus jourlaliers.
La commission n'ayant pu recueillir qu'un ^etit nombre d'observations relativement aux itteis produits par les eaux minérales dans chacune des maladies à la cure desquelles îUes ont été appliquées, il ne nous est pas >08sible de déterminer le nombre de bains
qu'il serait nécessaire de prendre pour obtenir la guéri son de chacune de ces maladies, ni la manière la plus convenable dont elle doit être dirigée. Il appartient à l'expérimentation clinique de résoudre ces problèmes.
Nous dirons la même chose de l'usage interne de ces eaux. Dotées de propriétés excessivement purgatives, elles ne peuvent servir comme dépuratifs que dans certaines maladies causées par la présence d'un virus particulier, comme dans la syphilis et le cancer.
Comme boisson, ces eaux doivent être administrées avec la plus grande prudence. On commencera par de petites doses d'eau minérale, môlée d'une égale quantité d'eau ordinaire, et l'on augmentera la quantité de la première, à mesure que les voies gastriques s'habitueront aux effets qu'elle produit.
Tel est, senor Ministre, le rapport que nous avons cru devoir vous adresser, sur le résultat de la mission médicale que le Gouvernement suprême a bien voulu nous confier.
Signé : José Ebou.
M. Arosemeiva Quesada.
José Gasimiro Ulloa.
nàOQnATEa pu pérou.
APPENDICE
APPENDICE
US nous faisons un plaisir d'insérer ici le Mémoire suivant, sur
des plus importantes provinces du Pérou , composé par le savant
•aliste Raimondi, et publié à Tiraa en 1862, aux frais de la Répu-